Féminité&mé(r)dias.

Publié le 9 Février 2014

Féminité&mé(r)dias.

S'il est un milieu éminemment masculin, c'est bien celui des médias -presse, télévision, radio, internet- à quelques exceptions près. Véritable centre névralgique de notre Société, c'est grâce à eux que sont relayées les informations locales ou mondiales (ce qui n'est plus exactement le cas aujourd'hui grâce aux blogs personnels et aux réseaux sociaux), que sont lancées les modes, que sont véhiculés l'art et la culture, les idées politiques et religieuses, que sont manipulées les masses, comme c'est le cas actuellement en ce qui concerne les polémiques autour du genre, voile opaque minimisant l’oppression féminine face aux intégrismes religieux guidant les droites extrêmes.

Prenons ben conscience que la femme, telle que nous la trouvons dans les publicités (quand ce ne sont pas de toutes jeunes filles de 12, 13 ou 14 ans) est un produit marketé visant donc à la consommation. Mais l'argent n'est pas le seul moteur à l'objétisation de ce genre féminin mannequin, maltraité par le milieu de la mode. Le fantasme masculin phallocrate permet ainsi de nourrir des rivalités entre les filles, car, en divisant, il peut régner en maître et ébranler la cohésion féminine qui nous permettrait pourtant de nous imposer brillamment et en force dans toutes les sphères représentatives du pouvoir.

Sournoisement et insidieusement, les hommes sculptent donc un, voir plusieurs modèles féminins selon leur imaginaire malade. Tiens, cela me souvient le mythe d'Adam délaissant Lilith, libre et faite d'argile tout comme lui, pour se faire une Ève selon ses propres mesures et désidératats. Ainsi en va-t'-il de la complémentarité : moitié et moitié ne font qu'un, c'est ce qu'il est dit du mariage (culte garantissant à l'homme la soumission de l'épousée). Alors que chez moi, 1 + 1 font deux, mais deux est un 3. Nous disions donc, les "hommes" créent leurs fantasmes féminins à la plastique plus que parfaite (retouchée par des logiciels) et hypersexualisés (sois belle, sensuelle et tais-toi) et ces créatures envahissent les médias, inspirant les jeunes filles forgeant leur personnalité ou culpabilisant les femmes normales, moins superficielles, plus évoluées, ne vouant pas un culte à leur corps. Oui, la beauté est toute relative, et oui, moi aussi je préfère regarder des courbes plus esthétiques que mes bourrelets et mes vergetures. Parce que je suis conditionnée par les stéréotypes de la beauté, transmis par les médias et donc les hommes. Si certaines se font refaire la bouche, les seins, se mettent au régime, se vernissent les ongles, s'épilent, se découvrent, c'est surtout pour leur plaire, quoi qu'elles en disent. Ainsi les efforts, en séduction, ne sont pas égaux entre femmes et hommes, car les femmes sont éduquées afin de (se) donner et cette générosité inclut le sens et la profondeur du pardon. Ce qui me pose un cas de conscience car cette trame inconsciente est le fait religieux des attributs de la dite Vierge Marie ou d'autres déesses à l'imago maternelle. Les femmes, ainsi, sacrifient ce qu'elles sont afin de répondre à ce que la norme sociale, savamment édifiée en androcentrisme, attend d'elles.

Alors Messieurs, pour plus de justice, comment vivriez vous que nous vous mettions en concurrence déloyale juste pour vous donner l'impulsion de répondre à nos pulsions, même les plus mortifères? Que nous vous dévalorisions au point de ne plus voir en vous qu'un objet marketing interchangeable? Que nous ne nous intéressions plus à qui vous êtes réellement afin de projeter un fantasmagorique idéal masculin que nous définirions nous-mêmes? Que nous arrêtions tout effort afin de vous plaire (ou de sympathiser) et de communiquer avec vous? Que nous vous mettions en compétition afin de savoir ce que vous valez? Que nous prenions de grande décisions sans même vous consulter? Que nous vous interdisions d'être libres? La liste est longue, il suffit d'inverser les rôles...

Mieux vaut s'écouter et être une femme de confort qu'une conquête de réconfort...

Sororellement,

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