APPEL CITOYEN –LA FRANCE EST COUPABLE DE NON-ASSISTANCE A FEMMES EN DANGER

Publié le 8 Mars 2014

APPEL CITOYEN –LA FRANCE EST COUPABLE DE NON-ASSISTANCE A FEMMES EN DANGER

Un billet particulier ce soir, au nom de toutes les victimes de violences psychologiques, choisissant bien souvent le silence, qu'il soit éternel ou mutisme. L'impact de telles violences, et des perversions narcissiques, banalisées comme je le précisais dans un précédant article, fait froid dans le dos. Merci d'aider cette avocate courageuse, recherchant une association féministe de plus de 5 ans, qui osera ébranler le système en dénonçant l'une des premières causes des violences dans la sphère privée : le harcèlement, mal qui s’installe si insidieusement que l'on ne s'en rend souvent pas compte.

Les Tribunaux de Bordeaux et de Toulouse réouvrent des dossiers concernant des femmes ayant attenté à leur propre vie dans un élan désespéré suite à des violences conjugales. Soyons actrices et acteurs cette prise de conscience collective : dénonçons les violences, soutenons les victimes, prêtons nos voix à celles qui ne sont plus.

"L’Union Européenne a publié une enquête inédite sur les violences faites aux femmes : sur 42.000 femmes européennes interrogées, une sur cinq dit avoir été victime de violences, 43% d’entre elles déclarent avoir subi des violences psychologiques.

La France figure dans le peloton de tête de ce dramatique palmarès : 47% des femmes interrogées déclarent avoir fait face à des violences, une française sur deux dit avoir été victime de violences psychologiques au sein de son couple.
L’impact mortel des mots a-t-il à nouveau été oublié par notre pays ? N’est-ce-pas nier leur terrible pouvoir ? Faut-il à nouveau rappeler que sans une préparation psychique destinée à la soumettre, aucun individu n’accepterait la violence physique ?
La violence psychologique est le ciment de la violence conjugale et doit être considérée comme l’équivalent psychique du meurtre lorsqu’elle conduit au suicide
Un chiffre n’est jamais pris en compte : celui des femmes qui se suicident en suite des violences subies Il s’agit là du meurtre psychique : un « suicide forcé »
Quand le corps est touché c’est que l’esprit ne répond plus, n’offre plus de résistance, n’a plus de force. Quand la violence physique s’installe, processus irréversible, la femme est davantage emprisonnée. Plus la violence physique augmente, moins la victime peut partir.
Et privées de toute perspective d’échapper à son conjoint violent et de tout espoir, il n’existe plus qu’une seule issue pour ces femmes : mettre fin à leur jour.
Quand la victime est acculée au suicide : on doit parler de suicide forcé.
Ce crime peut et doit être condamné sur le fondement de l’article 222-7 du Code Pénal : « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », puni de 15 ans d’emprisonnement. Cette motivation implique que la mort de la victime ait procédé des violences volontairement commises à son encontre et ne soit dues à aucune cause étrangère à celles-ci. Les violences peuvent être physiques mais également morales et psychologiques. Telle est la définition du SUICIDE FORCE.
Alors même que les suicides dus au harcèlement moral dans la sphère du travail sont reconnus, pourquoi tant de peur, qu’il en soit de même dans la sphère privée ?
Force est de constater qu’il s’agit d’un déni pur et simple des souffrances subies par ces femmes. Le constat est effrayant, effroyable, glaçant : leur mort ne mérite pas que la justice s’en saisisse, pas plus qu’elle ne s’est inquiétée de leur vie.
Si la Justice reste aveugle et sourde, il est de notre devoir moral et citoyen de nous insurger contre cette passivité, cette inertie, en dénonçant tous faits de violences, pour sauver des vies, ou tous suicides qui sembleraient être la cause directe des violences, parce que la Justice n’est pas qu’une institution, elle est aussi la mémoire de victimes.
Je ne me rendrais pas complice du crime contre l'humanité d'une seule femme. Se taire, c'est être complice de cette violence, pire c'est se rendre coupable de non-assistance à personne en danger. La victime se tait souvent, détruite psychiquement, parce qu'elle ne vit déjà plus. Elle est déjà morte psychiquement, elle est déjà morte dans son âme, dans son esprit. Et se suicider c'est faire cesser cette souffrance.
Mais, du plus profond de son être, elle espère qu'une main lui soit tendue. Et parfois, de sa tombe, la victime continue de hurler ses souffrances que personne n'a voulu entendre.


POUR CELLES QUI N’ONT PLUS LA FORCE DE VIVRE, POUR CELLES QUI N’ONT PLUS LA FORCE DE PARLER, POUR TOUTES CELLES QUI EN SONT MORTES.


Yael Mellul
Avocate, Féministe


Pour Sarah morte à l’âge de 19 ans, qui s’est suicidée en suite des violences infligées par son conjoint."

Sororellement,

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Féminicides, #Société

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Ania 16/03/2014 08:59

J'ai partagé votre article du Facebook.
C'est l'une des causes les plus urgentes en France !

arnile 16/03/2014 09:11

Je comprends votre position, mais un homme meurt tous les 10 jours sous les coups de sa conjointe! Bien sûr, il y a 4 fois plus de cas de femmes tuées par leur conjoint, mais faut-il pour autant taire les violences ( je parle de vraies violences, pas les délires de complots juridiques des masculinistes) faites aux hommes. Cela devrait être un seul et même combat: la violence faite à son partenaire de vie, car sinon, c'est du communautarisme.

arnile 09/03/2014 13:47

Je suis très étonnée que vous ne parliez que des femmes. Déjà parce que les hommes se suicident bien plus que les femmes, mais que vous semblez penser que les femmes ne peuvent être que des victimes, jamais des bourreaux. Mon ami actuel a vécu la maltraitance aux mains de son ex-femme pendant 8 ans, mais ne voulait pas partir car il avait peur de perdre ses enfants. Tortures psychologiques, dépréciations continuelles, dévalorisation, puis elle l'a isolé de sa famille, de ses amis ( il n'avait le droit de voir personne, pas droit d'aller sur internet, elle lui avait acheté un téléphone sans accès internet et elle vérifiait tous les numéros qu'il appelait), il travaillait mais c'est lui qui devait aller chercher les enfants après l'école alors qu' elle ne travaillait pratiquement jamais. Son argent à lui était l'argent du couple, mais le sien à elle lui appartenait en propre. Il a fait deux tentatives de suicide, puis vers la fin, elle s'est mis à le battre, mais comme elle faisait 1.55 m et lui 1.87 m, la police lui a ri au nez quand il est allé se plaindre: une femme ne peut pas taper un homme! Mais quand vous n'êtes pas violent, et qu'on vous a éduqué à ne pas répondre aux coups, que faites-vous? Au final, c'est son frère et ses deux sœurs qui sont venus le forcer à partir, l'ont mis de force dans une voiture, après la deuxième tentative de suicide, pour le sortir de là. Ils lui ont fait reprendre des études quelques mois après, car elle lui avait fait tout abandonner, pour qu'il ai la tête dans le guidon, c'est là que je l'ai rencontré. Et 3 ans après, il est toujours marqué, la reconstruction est lente. Mais c'est encore plus dur du fait qu'il est très dur de faire reconnaître qu'il a été une victime, surtout d'une femme: il a vraiment fallu des dizaines d'attestations et de certificats médicaux pour que la violence à son égard soit reconnue, et encore, ce n'a été le cas que parce que l'école des enfants a signalé que les enfants avaient des traces de coup, ce qui a permis à mon ami d'obtenir la garde alternée, oui, garde-alternée, pas exclusive, on sait qu'elle est violente avec ses enfants mais elle les garde une semaine sur deux!
Donc de grâce, n'oubliez pas que les hommes aussi peuvent être des victimes et que notre société , qui force les hommes à se taire quand ils sont maltraités, sous-prétexte que eux ils sont forts, et qui fait croire que toutes les femmes sont douces et des victimes, entretient les stéréotypes et la souffrance pour tous le monde.

Cicne&Ròsa 09/03/2014 16:42

Bonjorn Arnile, en effet, la perversion et le sadisme n'ont pas de sexe, et si je suis personnellement engagée pour la faire reconnaître comme une forme délirante et une pathologie de la psyché, je m'appuie sur le féminisme afin de faire entendre ma voix. Du reste, il n'y a pas que les hommes qui ont à faire au déni de justice face aux violences psychologiques, les gendarmes n'ayant pas reçu mes plaintes à deux reprises alors que je sortais de couches et que j'avais deux enfants en bas âge à m'occuper. C'est le combat que chacun doit porter personnellement, selon ses idées, idéaux et valeurs. Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint, pour cete raison, mon combat est féministe .....