Le chant du cygne [Droit de réponse de Léda&Némésis]

Publié le 11 Mars 2014

Le chant du cygne [Droit de réponse de Léda&Némésis]

-Je suis l'obscure, l'absente, la fille de la nuit,
Justicière impactant bruyamment sur vos vies,
L'implacable vengeresse des crimes inhumains,
Scrutant inlassablement vos penchants malsains,
Et je rétribue équitablement à bonne ou mauvaise fortune,
L'on m'évoque par l'air et l'eau les soirs de pleine lune,
Afin de redresser le sort d'un être malchanceux
Ou de rendre clairs quelque déboire amoureux.

-Je suis la lumineuse, la présence, la grâce solaire,
Peintres et poètes romantiques fascinés par mon éther,
Brodent autour d'une histoire vielle comme le monde,
Qui aurait certainement rougit les foudres d'Esclarmonde,
Celle d'un dieu s'éprenant d'une simple mortelle,
Qui ne se soumet point à sa loi et se rebelle,
Et se retrouve fixée, éternelle, dans la voie lactée,
Ayant fui avec empressement afin de trouver la paix.

Némésis, tu combats aussi escroquerie et boniment,
Gloire aux Cieux qui t'ont vue naître, de Nyx ou d'Océan,
Mais au fond des âges importe peu ta parentelle,
Zeus n'a guère besoin d'eux pour te trouver fort belle,
A une incessante course il se presse à ton corps et tes pieds,
Oubliant même l'art consistant à te laisser respirer,
Ce jeu de plaintes et d'intimidations est harcèlement,
Sinon toi, qui peut le punir d'être aussi violent?

-Léda, en effet, Zeus nous poursuit depuis la nuit des temps,
Pour nous faire siennes, c'est humiliant et lassant,
Rien d'un beau mythe, c'est une tragédie féminicide,
Mais les gynécées sont des maisons closes aux remous acides,
Encerclant les femmes et leurs idées au minimum vital,
Une prison dorée pour l'univers microcosmique de leur mental,
Insidieusement dociles et soumises au sexe dit fort elles errent,
En Etrurie plutôt qu'en Grèce et Rome elles auraient pu s'y soustraire.

L'Oeuf nait de deux et un est un trois, maxime des alchimistes,
Nous fumes toutes deux l'ombre de l'une, pacifistes,
Quand nous aurions dû guerroyer pour notre dignité,
Au fil de ces entrelacs plutôt que gagner l'éternité,
Sans l'une et l'autre Troie n'aurait pas eu sa place,
Dans les manuels répartis dans le temps et l'espace,
Et la beauté d'Hélène aurait jouit d'un autre renom,
Si nous avions mis, alliées, nos âme au diapason.

Sororellement,

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