Lettre à France [Droit de réponse de Constance]

Publié le 17 Mars 2014

Lettre à France [Droit de réponse de Constance]

Mon sang et ma chair font l'histoire des Albigeois,
De Toulouse à Carcassonne sur le fil, je m'octroie,
Une ballade en terres sanctifiées par le sang versé,
Ecouter le murmure des pierres racontant le clergé,
Et l’insolente insoumission des mes gens face à l'oppresseur,
Languedociens fiers de défendre le pays qui est le leur,
Faits d'armes, paysans enhardis et noblesse révoltée,
Le diable inquisiteur semant le trépas sur les bûchers.

Sans mon époux qui sait si la croisade aurait été lancée?
Il dénonça l'hérésie et demanda main forte pour déraciner,
L'esprit de tolérance et de partage animant l'Occitanie,
Que la France souhaitait soumettre par la force et à l'envie ;
Raymond V faisant le jeu despote et sournois des catholiques,
Face à la maison Trencavel protectrice des hérétiques,
Sonna le glas de la religion dite des Bonshommes,
Uns et indivisibles dans l'esprit tels des atomes.

L'histoire ne dit pas s'il me répudia car je pris leur défense,
Avant de dire au Roi mon frère sa mauvaiseté et sa violence,
Certes, de haut lignage je fus dans le sillage du Vatican,
Si hérétique je ne fis, je ne souhaitais guère de mal à ces pauvres gens,
Qui méprisaient au plus haut point les mariages politiques,
Préférant les unions d'amour plutôt que stratégiques ;
Mais, Princesse de France je suis soumise à mon destin,
Celui d'être objet, monnaie d'échange pour Souverains.

Que n'ai-je eu la force d'âme et le courage d'Aliénor,
Mariée à mon frère, me marchandant pour mon pesant d'or,
Ma vie est une tragédie sur la quelle personne ne se penche,
A l'ombre des fastes de la cour j'ai trouvé tous mes dimanche,
Dans un petit village du Tarn ou ma fille aux yeux lilas,
Sera éduquée avec son fils aux arts et à l'amour courtois ;
Ils sont si bons que ma souffrance ne fut pas vaine,
Ils font honneur au sang bleu qui coule dans leurs veines.

En Palestine j'ai trouvé raison d'être et de rire,
A l'Ordre des Hospitalier je me suis liée pour revivre,
Dans le don afin d'oublier le sang et la croisade,
Qui ont fait rouler mes larmes en cascade ;
Les Templiers me sont grès des legs que je leur fit,
J'ai reconnu les chrétiens par leurs oeuvres accomplies,
Qui ne sont pas mensonges mais vérités sages,
Tout comme l'étaient en Languedoc les prodigues du paratge.

Sororellement,

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