Fiat Lux et anté-christ, aux racines païennes du christianisme.

Publié le 14 Août 2014

"A Secret", Fred Appleyard
"A Secret", Fred Appleyard

Alors voilà, cela fait des mois voir des années que je potasse, ou que j'étudie -par curiosité- si vous le préférez, le christianisme tout en gardant un regard critique quant aux fêtes religieuses qui nous ont été imposées sur le calendrier, fêtes et symbolismes souvent empruntés au paganisme, c'est à dire à des cultes plus anciens, que l'on retrouve notamment en Egypte, Grèce ou Rome Antique (donc en Étrurie aussi) , voir chez les anciens Celtes. Il me vient l'envie de partager le fruit de ce travail de recherches et d'analyse, que je mettrai à jour au fur et à mesure que le courage me prendra, c'est laborieux comme tâche! Espérant que vous partagez mon plaisir ;-)

6 Janvier, l'Epiphanie. Oui, c'est bien le jour où l'on se partage la galette, et ce serait une tradition qui remonterait à la Rome Antique où l'on tirait de véritables fèves en l'honneur de Saturne ; les Romains célébraient aussi à cette période Janus, dieu à double face, celui qui regarde en avant et vers l'arrière, dieu du commencement et des fins, dieu des portes ! L'épiphanie/théophanie (de "théo" dieu et "phan" apparaître) célèbre désormais Jésus visité par les Rois Mages venus d'Orient afin d'offrir l'or, la myrrhe et l'encens ; simples mages [μάγοι], la tête dans le ciel étoilé, ils ne deviendront rois qu'à partir du IIIème siècle sous la plume de Tertullien, écrivain Carthaginois issu d'une famille Berbère, devenu théologien et Père de l'église, luttant activement contre le Paganisme et le Gnosticisme, même chrétien. Mais il existait aussi une épiphanie [Ἐπιφάνεια] d’Apollon à Delphes (c'est à dire son arrivée), représentée sur le fronton Est de son Temple selon Pausanias. Avant le IVème siècle l'on célébrait aussi Noel à cette date...Oui, les Rois-Mages auraient bien suivi une étoile pour trouver l'enfant, et, pour l’anecdote entre le 1er et le 6 Janvier nous pouvons voir, si nous observons le ciel, une pluie d'étoiles filantes dans la constellation du Bouvier, si chère aux cathares, les "quadrantides". L'épiphanie correspond au début du carnaval ["carnaval" est issu du latin "carnelevare" ("carne" viande et "levare" enlever), signifiant "entrer en carême", le carnaval débutant le 6 Janvier pour l’Épiphanie (célébrant JC visité par les Rois Mages) et s'arrête le mardi gras, où tout est permis, veille du début du carême. Cette fête hautement populaire serait donc rythmée par les croyances et un calendrier "saint" chrétien]. Carnaval, carnelevare, enlever la viande, donc ne plus manger de viande? Je n'en suis pas si sûre. On peut avoir une autre lecture, du moins, moi j'ai la mienne. Ôter la viande, la chair, pourrait autant exprimer le trépas, le dernier souffle, la mort physique. Quitter son corps pourrait aussi revêtir un sens plus symbolique ou spirituel : mourir à soi-même, transcender les appétits mondains, l'égo, les pulsions charnelles afin de voir évoluer sa psyché loin des obligations et moeurs purement matérielles, vers une foi plus profonde ou la sagesse, la méditation, le détachement. Ainsi, "quitter son corps" ou s'en détacher symboliquement pourrait être, aussi, une définition littérale de carnelevare. Une ascèse, mais là encore, à ne pas entendre au sens religieux mais philosophique voir poétique, terme emprunté au terme grec originel askêsis «exercice», qui s'appliquait à de nombreuses disciplines dont l'athlétisme, aux métiers ainsi qu'aux arts. En Egypte Antique, cette période correspond à la célébration la crue du Nil fertilisant les semences, et à celle du dieu Rê, le soleil, le feu divin.

2 Février, la Chandeleur ou purification chez les chrétiens car Marie, comme toute mère Juive, devait offrir un sacrifice 40 jours après l'accouchement pour le "rachat de son premier né", car "dieu" avait épargné les premiers nés Hébreux lorsqu'il avait infligé les dix plaies d'Egypte aux Égyptiens. Purification qui doit être effectuée avant la présentation de Jésus au Temple... Le vocable "chandeleur" nous vient du mot chandelle et l'origine de la fête est païenne ; elle était donnée en l'honneur du dieu Pan pour les Lupercales, les Romains parcourant les rues en agitant des flambeaux. Lupercale est aussi le nom de la grotte qui aurait abrité la louve ayant allaité Romulus et Rémus au pied du mont Palatin, mythe fondateur de Rome, dont les trois premiers rois furent Étrusques. Leur mère, Réa Sylva, vestale, fut condamnée car elle avait fait voeux de chasteté et devait rester pure pour veiller sur le feu sacré du Temple. Leur nourrice sera Acca Larentia, parfois assimilée à une prostituée comme le sont souvent les femmes libres dans l'antiquité Gréco-Romaine. Acca Larentia, déesse chthonienne (ou tellurique, divinité ancienne) qui fut elle même rapprochée de la déesse Angérona. Mais chez les Celtes aussi, on fêtait Imbolc, célébrant la fertilité deBrigit, déesse mère, soeur et filles des dieux, veillant à l'inspiration, à la guerre ainsi qu'à la guérison : rite de purification de la fin de l'hiver et du renouveau de la vie, les jours rallongeant à cette période. C'est donc, depuis des temps anciens, une fête de la lumière et de la purification.

25 Mars l'Annonciation. L'annonciation, qui préfigure la naissance du Christ, est souvent représentée par l'archange Gabriel offrant un lys, symbole de pureté, de virginité, à la Vierge Marie. Or ces représentations ne seraient que tardives, suivant l'introduction du lys en France par les Croisés revenus de Moyen Orient. Cette fleur avait déjà une forte valeur symbolique et le catholicisme en fit l'attribut de la Vierge Marie. Mais ce qui est saisissant c'est que dans la mythologie Romaine, Junon, reine des dieux et déesse du mariage, enfanta Mars (nom, comme vous pourrez le constater, du premier mois du Printemps) sans l'aide de son brutal époux Jupiter grâce à un lys enchanté que lui aurait offert la déesse Flore, sur un simple contact, ; en bref, par l'opération du Saint-Esprit! Selon la mythologie Grecque, le lys serait issu du lait pur d'Héra (Junon chez les Romain), donc, nous l'avons vu, mère du ciel, reine des dieux, Héraclès la tétant avec tant de force que deux goûtes tombèrent, l'une dans le ciel, formant la voie lactée, et l'autre sur terre, créant ainsi le lys immaculé. C'est enfin la période de l'équinoxe de Printemps, date à la quelle la journée est égale à la nuit, mais nous reviendrons avec la fête de Pâques.

Pâques est la fête chrétienne la plus importante, elle célèbre la résurrection de Jésus après sa passion [du latin passio du verbe patior c'est à dire souffrir, endurer ; nous parlerons d'endura, vocable occitan définissant l'ascèse très stricte et rituelle observée par celles et ceux qui demandaient le consolament, c'est à dire le baptême spirituel par imposition des mains, chez les chrétiens dits cathares.] Sa date est fixée au premier dimanche qui suivra la pleine lune après le 21 Mars, date de l'équinoxe de printemps. Il ne faut pas la confondre avec la Pessa'h (Pâque) Juive au cours de la quelle on commémore l'exode des Juifs hors d'Egypte. Mais cette résurrection n'est pas une tradition, un culte nouveaux. Les anciens Celtes célébraient par exemple Ostara, symbolisant le renouveau de la nature après la longue période hivernale. La vie après la mort en somme, alors qu'en équinoxe la nuit et le jour sont d'égale durée. C'est la période où l'on sème dans les champs, où les animaux font leurs parades amoureuses. Le nom anglais de cette fête est Easter, d'une ancienne déesse anglo-saxonne, Ēostre -pour l'équinoxe de printemps le soleil se lève exactement à l'est, east en anglais-, que nous pouvons rapprocher de la Babylonienne et Assyrienne Ishtar, encore Inanna chez les Sumériens ou de la Phénicienne Astarté, déesse duelle, insufflant la vie et de la mort, maîtresse en amour comme à la guerre. L'un des symboles de cette déesse est l'étoile, celle de vénus, brillant le matin et le soir, l'étoile du berger, en réalité une planète, l'astre le plus brillant après la lune et le soleil. Rien à voir à priori mais à cette période de l'année, tous les 24 Mars, les Galles, prêtres de Cybèle, déesse Phrygienne, s'émasculaient à l'occasion des sanguinarias, célébrant ainsi la puissance de la déesse qui, dans un excès d'amour éperdu rendit fou Attis qui se castra.

L'Ascension quant à elle, célébrée 40 jours après Pâques, marque, dans la tradition chrétienne, l'élévation de Jésus vers le ciel. Les anciens Celtes célébraient Beltaine, fête ou le feu tient une place sacrée, purificatrice, nourri d'offrandes aux dieux. A cette date, les beaux jours s'annoncent, passant de la saison sombre à la saison claire, le soleil réchauffe la terre fertilisée par ses rayons, faisant naître les premières fleurs ; le voile entre ce monde et le monde céleste est fin, propice aux rencontres avec des êtres surnaturels. Selon la légende, Le roi Arthur et sa demi-soeur, la fée Morgane s'uniront une nuit de Belataine et concevront Mordred, qui donnera la mort des années plus tard à son père, souhaitant siéger sur son trône. Les Romains quant à eux célébraient la déesse Flore (Chloris chez les Grecs) avec les floralies ou jeux floraux, célébrant la floraison, et, pour l'anecdote, l'une des plus vieilles sociétés savantes d'Europe est l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse, qui fut fondée par des troubadours Languedociens après la Croisade contre les Albigeois ou cathares, où sont encore aujourd'hui primés de talentueux poètes.

24 Juin Saint Jean le Baptiste ou Saint Jean d'été. Jean là est un prophète, ascète du désert, ayant annoncé la venue de Jésus, et la tradition chrétienne nous dit qu'il baptisait d'eau au bord du Jourdain. Pour la Saint-Jean, on danse autour des feux de joie, rite qui permettait, dans les anciennes croyances, de bénir les moissons. Cette date n'est pas anodine, c'est celle du solstice d'été, Litha chez les anciens Celtes, journée la plus longue de l'année, le soleil étant à son zénith. La déesse est enceinte du dieu qui va naître à Yule, autre sabbat mineur, pour le solstice d'hiver. Moment propice pour célébrer l'amour et la prospérité des récoltes Les Romains célébraient Fortuna (Tyché chez les Grecs), déesse de la chance et du hasard ; elle est la divinité de la destinée comme les Parques, distributrice des biens et des évènements, mais aussi déesse du passage. Fors (fortuit) comme Fortuna dériveraient de la même racine indo-européenne que le verbe ferre, "porter" "donner". En Mésopotamie aussi, où l'on célébrait Tammuz/Dumuzi, dieu de la végétation, symbolisant la mort et la renaissance de la nature, berger devenu l'amant d'Inana/Ishtar qu'il remplace aux enfers.

15 Aout assomption.

1 Novembre toussaint

25 Décembre noel

27 Décembre saint jean l'évangéliste

Pâques/ascension

La croix

La colombe

Sororellement,

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Religion, #Spiritualité, #Symbolisme, #Mythes Fondateurs, #Manipulation

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article