Le pêcher de vigne ou L'Art de la séduction

Publié le 22 Août 2014

Le pêcher de vigne ou L'Art de la séduction

Réflexions nocturnes suite à une discussion. Espérant ne pas heurter la sensibilité de l'initiatrice de cette réflexion.

La pêche de vigne ou L'Art de la séduction, ce fruit défendu par le patriarcat judéo-chrétien.

Non, je ne vais pas faire ici l'apologie de cette mode ambiante qui se résume à chercher à séduire dès que l'on croise un ressortissant de l'autre sexe, histoire de combler un besoin de reconnaissance ou de considération généralement installé dans la petite enfance : flagrant délit d'immaturité psycho-affective... Je ne ferai pas non plus l'apologie des diktats édifiant les stéréotypes genrés, tellement avilissants pour les femmes, ni des fameuses techniques dites de séduction, vendues à prix d'or, qui n'ont pour simple but que la manipulation et causent beaucoup de souffrance.

Ce soir, on m'a dit que l'on ne pouvait pas séduire et aimer, que les deux étaient antinomiques. Complexe madone et catin, est-ce ci que tu te caches? Moi, en Amor, je suis une grande idéaliste, et la folie qui m'anime m'amène sur un sentier escarpé diamétralement opposé. Je m'explique.

Certes attendre d'un homme qu'il fasse votre bonheur est à élever au rang de la soumission suprême, ce serait confondre un besoin rendant dépendant et un sentiment ressenti par un individu libre de toute entrave plus ou moins inconsciente. Quoi que, l'est-on réellement un jour? Le fait est que j'ai bon espoir d'avoir un jour une vie de couple très épanouissante, ayant fait un break de quatre ans afin de conscientiser et de chasser en moi ce qui fait souffrir. L'amour m'a toujours inspirée, faite rêver, et si j'ai eu mon lot d'histoires ou d'aventures, amants d'un soir, de quelques semaines, de quelques mois ou de quelques années, on peut dire que je n'ai jamais été réellement la même, mais n'ai jamais été réellement épanouie non plus. Sentimentale, douce, gentille et attentionnée, il en fallait peu pour que l'on me cantonne à ce rôle maternant par excellence qui entérinait, sans même que je n'en prenne conscience, le début de la fin : mon tempérament méditerranéen reprenait vite le dessus et ne supportait guère la tiédeur et l'à peu près. Car non, je n'étais pas que ça. Un problème a pourtant longtemps persisté : mon poids ; porte-jarretelle, bas, petite robe noire fendue sur la cuisse, talons hauts pas pour moi ... vous conviendrez que les bourrelets sont gommés sur les gravures de mode et que la femme ronde devient bien vite -aux yeux du plus grand nombre- ridicule s'il lui prend l'envie de revêtir une tenue communément acceptée comme sexy, mais qui peut être aussi sobrement élégante, simplement féminine voir chic selon les sphères dans les quelles vous évoluez. Alors donc nous voilà au coeur du problème : non seulement demain, j'ambitionne d'être éperdument amoureuse et d'être aimée en retour -ah ces poètes, que feraient-ils sans amour, ou ne feraient-ils pas par amour- mais en plus, j'ai envie d'exploiter mon potentiel de séduction et d’envoûter littéralement mon homme/partenaire/compagnon par la simple force de ma psyché et de mon éros, dans le but de joutes amicales et intimes, aussi profondes que pourront l'être nos sentiments respectifs et réciproques. N'est-ce pas là, le Trobar inspiré? Sublimation du désir n'était point, je le rappelle, en Languedoc réservé aux seuls hommes ... Est-il vraiment antinomique de vouloir faire fondre l'être aimé par l'étendue de ses qualités humaines, de sa capacité à donner et à partager certes mais en le subjuguant, aussi, pour des raisons qui font de Lilith, pour les Pères abrahamiques, une démone, vile et obscure tentatrice? Pourquoi le désir ne mènerait-il pas vers l'illumination, la transe, la musique des sphères éthérées en somme, mais le silice et la souffrance, si? Les femmes ne seraient-elles pas toutes, un peu, des magiciennes à l'image de Circé, brûlant d'un feu sacré? A la fois mères, amantes, soeurs et épouses, croissant -et décroissant tiens, c'est cyclique- selon les axes de développement de la maturité psycho-affective, sexuelle, intellectuelle et spirituelle ? Pourquoi devrais-je choisir entre la madone et la catin, qui m'oppriment, puisque c'est un mal misogyne, androcentré et phallocrate?

I fell good ☼

Sorellement,

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Commenter cet article

As 01/03/2015 18:08

Ah, oui. Ces mots-là, je les comprends..