Éloge du plaisir ... et de la déconvenue !

Publié le 22 Juillet 2016

Éloge du plaisir ... et de la déconvenue !

Aujourd'hui je me questionnais sur ce qu'il restait finalement quand on n'a plus rien à partager avec quelqu'un. Non pas par mépris ou affront mais simplement parce qu'on a bu jusqu'à la lie le calice de malveillance, aussi infime son contenu puisse-t'il paraître. Ou parce qu'on a changé, évolué, voir involué. Parce qu'on regarde l'autre et qu'on ne lui en veux plus de nous avoir fait souffrir, de nous avoir trahi, abandonné, rejeté, humilié. Parce qu'on s'est essoufflé à trouver la force de l'aimer quand même malgré les échardes dans le coeur... Alors, que reste-t'il quand on désaime? Du respect, certes.. et encore? Mais aussi, souvent, une image de soi déformée, si notre miroir était les yeux de l'autre. Et si cet autre est la famille? Est-ce que je lui dois quelque chose? Que cache l'obligation du devoir familial, quand on n'aime plus la famille? Aujourd'hui, on m'a fait remarquer mon silence. Je sais me taire quand je n'ai pas envie de parler, quand je n'ai rien à partager. Sans me sentir mal alaise. Je n'aime pas faire semblant. Je n'aime pas la notion de devoir. Ni celle de principe. Si ce qu'intimement je suis, en tant qu'être sensible, est écorché consciemment, juste parce que j'ai en face de moi un autre qui n'existe qu'en écrasant, écorchant, ben j'estime que je ne lui dois rien. Pas même un sourire : si je n'ai pas envie, je n'ai pas envie. Je n'ai d'ailleurs jamais considéré devoir plus respecter mes aînés que ceux qui étaient moins avancés dans l'âge que moi. Le respect, ça se conquiert, en toute réciprocité. D'égal-e à égal-e. Ça se gagne et ça se perd, à l'instar de la confiance. Est-ce que ça me fait plaisir de te sourire? De te saluer? De venir te voir? De t'ouvrir mon coeur? Est-ce que j'en ai envie? Si ta simple présence m'insupporte, pourquoi me forcer? Et si c'étaient mes valeurs fondamentales qui étaient ébranlées quand je me mens et que je te souris, ou que je te parle, que je viens te voir? Alors, être fidèle, oui, mais d'abord à soi-même, à ce qui nous épanouit, aux racines de notre bien. Ainsi sont le premiers pas vers la véritable liberté, celle d’être soi-même, en toutes circonstances.

Vous me direz, c'est difficile, à moins de vivre en ermite. Mais si au lieu de faire notre devoir, nous faisions simplement ce qui nous semble juste? Pas par obligation, mais parce que nous en avons envie? Certes, on me l'a souvent reproché, de ne faire que ce que j'avais envie, notamment dans le cadre professionnel, et cela m'a valu quelques avertissements. Mais si le travail est fait et les résultats sont là? Ne sommes nous pas capables de compromissions réciproques en vue d'un plaisir partagé plus authentique et plus intense? Doit-on soumettre, se soumettre, paraître, ou être? Le bonheur ne construit-il pas avec tous ces petits plaisirs, que nous nous accordons? Dont ceux notamment de faire plaisir à autrui quand nous en avons vraiment envie? De même, le gars qui va consulter une pute pour ses troubles sexuels ou affectifs ne s'encombre pas des désidératas de la praticienne et ne se rend pas compte qu'il la viole, alors même que je prends un plaisir incommensurable à veiller au désir de mon amant et suis absolument incapable de prendre du plaisir -avec lui- si lui n'en prend pas -avec moi-. C'est dire si penser à ses envies et son plaisir personnel est égo centré ! Après tout, c'est ça être libre, se faire plaisir sans opprimer/dévaloriser/rabaisser autrui. Tout le reste n'est que servitude volontaire.

Ainsi les principes ne sont que des dogmes édifiés pour des êtres humains incapables de penser par eux mêmes. De juger de la valeur d'une pensée, d'un acte, par eux même. Avec les principes, on doit ou l'on ne doit pas, mais on ne se doit jamais à soi-même. Avec les principes, on n'affine pas son esprit critique, sa citoyenneté, on n'évalue pas la justesse d'un geste, d'un idéal. Les principes ne sont pas des garde fous, ils sont des règles religieuses. Penser égalité me semble alors être la base de toute relation saine, mais peut-être suis-je trop insubordonnée à fuir ainsi les schémas de dépendances, du moins quand je les décèle et que j'ai le courage de les combattre... Moi je ne peux pas m'empêcher d'offrir des petits plaisirs sincères, un regard tendre, un sourire, un compliment, une caresse, une fleur.

Dans tous les cas ainsi en est il de la notion de PARATGE en langue d'Oc, n'est-ce pas? À la vie à l'Amor, alors ;-)

Avec sororité,

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Spiritualité, #Sexualité, #Féminisme

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