La parité absolue, l'espoir de l'Humanité

Publié le 7 Août 2016

Cycle Dianique
Cycle Dianique

La Parité, selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales : 1. Rapport d'égalité, de similitude entre deux choses ou deux êtres (le plus souvent comptables). Parité absolue d'idées; parité parfaite; parité de salaire, de traitement. Ces deux terribles journées (...) avaient coûté à l'ennemi cent cinquante mille hommes de ses meilleures troupes, dont cinquante mille tués sur le champ de bataille. Il n'y avait nulle parité avec nos pertes, qui ne s'élevaient pas à cinquante mille (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t.2, 1823, p.27).À quinze ans, un adolescent et une jeune fille sont vraiment du même âge. Ils s'aiment ou ils croient s'aimer. À vingt ans, cette parité d'âge n'est plus que dans les dates (Bourget, Sens mort, 1915, p.217).

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La parité absolue, concept philosophique du XXIIème siècle?

Voilà, tu vois, la parité, à la base c'est pas compliqué. C'est considérer les femmes comme des êtres humains à part ... entière! Mais moi, la parité, parce que je suis une grande idéaliste, je l'imagine partout, à chaque instant, à chaque battement de coeur. Peut-être est-ce parce que j'ai été habituée à -presque- tout partager à part égale que j'envisage l'autre systématiquement comme mon égal-e, avec au moins autant de valeur que moi? Un peu, genre, ce que dit le préambule de la constitution qui garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme depuis 1946!

Car oui, la parité, c'est une question de salaire, certes, -à postes et qualifications égales les femmes sont rémunérées, en moyenne, 24% de moins- ; d'accession à l'éducation, à la formation et à l'embauche ; c'est aussi le problème de la précarité, notamment des femmes seules avec enfants et des retraitées (pour rappel : http://adelaisetjasmine.over-blog.com/pr%C3%A9carit%C3%A9-des-femmes-en-2013-des-donn%C3%A9es-alarmantes ), ou les affaires domestiques dont se chargent environ deux fois plus les femmes que les hommes. Que dire alors de la parité en politique? Jamais de femme présidente réellement pressentie en France, seulement 15% de femmes maires ou 19 % à l'Assemblée Nationale? Qu'en est-il de cette autre strate édifiante de notre Société, la Haute Fonction Publique ou même des directions et conseilsd'administration des grosses entreprises? Les médias? Puis est-ce qu'il y a des p'tits garçons qui rentrent au pays l'été afin qu'on leur coupe une partie du gland -plaisir sacrilège oblige- et qu'on les force à se marier avec des femmes de 20, 30, 40 ans leurs aînées, voir plus? 12 768 viols ont été déclarés en France en 2014, soit un viol toutes les 40 minutes (et encore qu'il ne s'agit que ceux qui sont déclarés). Une femme meurt tous les 2 jours et demi sous les coups de son conjoint. Voilà pour la piquouze de rappel, des faits quantifiables, pour rafraîchir la mémoire voir informer au besoin.

Mais, philosophiquement, qu'est-ce qu'un concept -le quel pourrait même devenir fondamental et s'étendre au racisme ou à l'homophobie par exemple- pourrait nous apporter ? φιλοσοφία ou «aimer la sagesse», oui, l'idée est bien de remonter aux causes afin d'essayer d’arrêter de panser les plaies béantes des unes comme des autres, qui ne sont hélas, que les conséquences d'un manque de parité, dû à la misogynie patriarcale. Et là je viens de manger un kiwi, histoire de réflexion, car je ne sais pas comment aborder ce qui suit. Pour moi, nous avons, nous féministes, à travailler sur l'inconscient collectif, car c'est là que Pandore est trop curieuse, Lilith trop sulfureuse, Al-lat une impudique éhontée (pour reprendre le terme de Sérénade Chafik qui m'a en partie inspiré ce billet d'humeur avec son article «Nous femmes sur nos terres d'Islam»(http://laregledujeu.org/2016/06/20/29392/nous-femmes-sur-nos-terres-d-islam/) Penthésilée trop virago, ou bien encore Flore et Cassandre violées, Héra subissant les infidélités chroniques de son violeur de Zeus, Esméralda la duperie mortelle de Phoebus ainsi que la perversion de Frollo, Aliénor et Esclarmonde, trop libres, Maryam de Magdala, trop initiée, Salomé, trop sensuelle, Boadicée, trop rebelle, Circé, trop ensorcelante... Et qui sais-je encore? N'est ce pas dans cette trame inconsciente que le mâle se sent légitime dans son rôle de dominant voir de prédateur? N'ont-elle pas été, toutes, non soumises par essence, par nature, mais soumises par le-s mâle-s, l'histoire, le mythe? N'est-ce pas ce qu'elles sont en tant que femmes, ou êtres humaines, qui est piétiné, souillé, brisé, banni? Sans parler des dégâts inhérents aux grandes religions monothéistes, dans les quelles les femmes n'existent qu'en tant que filles, ou mères : dévastateur en réalité, une excision psychique, symbolique. Or elles ne servent en rien «dieu», elles servent les hommes, qui se servent, entre eux. Un autre genre de plafond de verre, en somme. Reste à définir pourquoi certaines ont besoin d'entrer en religion et de crouler sous le poids des dogmes et des maîtres plutôt que de vivre une spiritualité libre? Toujours est-il que je préfère accompagner ces femmes dans leur trip plutôt que leur opposer la laïcité à tout prix, l'un n'empêchant pas l'autre : ce n'est pas le chemin le plus facile pour se libérer, mais que vaut l'expérience du vécu? Qui suis-je pour réduire leur choix à de la folie, de l'inconscience? Vous trouverez sur ce blog plusieurs poésies issues d'un recueil en cours d'écriture, "De Lune à l'Autre", déclamant un droit de réponse de plusieurs personnages féminins issus de la littérature, de l'histoire ou de la mythologie, et soulignant la misogynie qu'on ne perçoit pas toujours...

Travailler sur l’inconscient collectif c'est aussi soigner nos refoulements, frustrations, souffrances, hontes, culpabilités et autres joyeusetés transgénérationnelles, tout ce que l'on encaisse car d'autres générations ont encaissé en se disant c'est normal, c'est relatif à tel ou tel genre. Des exemples concrets. Etre au service, faire plaisir. Je ne dis pas que dans une relation équilibrée ce n'est pas jouissif, quand c'est réciproque. J'affirme que les femmes sont éduquées depuis des lustres à se sacrifier. Autre exemple alors même que TOUS les hommes que j'ai connu n'auraient jamais supporté d'être mis en concurrence, c'est moi qui en prenait plein la tête si je faisais remarquer l'indélicatesse voir carrément une fois, l'infidélité. Qui n'a pas vécu ce genre de situation ou l'autre devient nettement manipulateur voir malveillant avec des phrases du genre "tu te fais des films","tu fais des histoires","c'est pas vrai il ne s'est rien passé" et arrivent à te faire douter alors que ça c'est passé sous tes yeux? Un piège pervers et narcissique aussi vieux que l'humanité. Et là, dans ces situations précises, c'est bien aux femmes de s'armer car eux aussi se transmettent ce subterfuge de génération en génération.... Technique malhonnête, comme souvent, plutôt lâche et infantilisante : c'est patriarcal. Faire passer les femmes pour folles ou hystériques, c'est pas nouveau, et ça marche, pourquoi s'en passer après tout. N'est-ce pas ce qu'on risque chaque fois que nous sommes poussées à bout, quand nous explosons, finalement? Cette conscience ne nous pousserait-elle pas à subir plutôt qu'à nous révolter, par crainte, d'être effectivement prises pour folles ou de la violence que pourrait éventuellement générer cette résistance?

Alors oui, la parité ne peut-être qu'absolue, finalement.

Avec sororité.

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Spiritualité, #Sexualité

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