Et les chefs religieux créèrent la mère sacrificielle, l'esclave parmi les esclaves

Publié le 27 Décembre 2016

Non mais sérieux, on s'attendait à quoi? Qu'on nous applaudisse et qu'on nous suive parce que le féminisme -cette idée radicale que la femme est un-e être humain-e à part entière- c'est subversif? Les droits des femmes régressent partout dans le monde et on s'étonne encore, que certains, que l'on pensait nos amis, des êtres dignes de notre confiance et de notre amour nous tournent le dos ou nous malmènent sans que nous ne comprenions pourquoi? Non mais sérieux, on s'attendait à quoi? À ce qu'ils admettent la différence de traitement et notre piètre condition? À ce que, finalement, ils abandonnent consciemment certains de leurs privilèges par respect et/ou amour pour nous? À ce qu'ils combattent cette injuste coalition politico-religieuse patriarcale visant essentiellement à nous remettre à notre place, baillonnées, à leur disposition, derrières nos fourneaux?  Non mais sérieux, on croyait quoi? Qu'ils allaient faire preuve d'empathie, d'intelligence? Qu'ils allaient, pacifistes dans l'âme, être guidés par un esprit de justice et d'équité? Qu'ils allaient faire un effort?

 

Nos mères -et la société patriarcale en général- les éduquent comme des dieux depuis l'enfance, et les femmes continuent à les infantiliser en les servant comme des dieux, j'entends par là, en s'occupant encore trop souvent de leur linge, des repas, du ménage, des courses, des soins aux enfants, même quand elles travaillent autant qu'eux : le mythe de la double journée des femmes n'en est pas un. Et vous croyiez qu'après avoir été servis comme des dieux toute leur vie -à moins d'avoir étés rendus plus nobles par des féministes- quand le choix se poserait, le plus grand nombre allait nous suivre? Parce que la question se pose actuellement, l'engouement pour les droites extrêmes est un indice cruel de l'état d'esprit qui mène les peuples : l'élection de Trump en est la preuve ; tout, même le pire, mais surtout pas une femme! Combien passent leurs nerfs impunément sur leur famille, femmes ou enfants, considérés comme plus fragiles, à cause paraît-il de la pression subie au boulot ... Sous prétexte que cela a toujours été comme ça, personne ne dit rien comme si c'était normal ? Combien considèrent leurs infirmières, commerciales, secrétaires (...) comme de simples vides couilles, des putes à leur disposition, le repos du guerrier et les jettent une fois "consommées"? Entend-on souvent qu'un cadre a été viré pour avoir sauté son employée en lui promettant monts et merveilles? Non! En général, c'est l'employée qui est virée, harcelée, poussée à bout, à la faute. Ormeta. Tu vois, comme j'ai été une mauvaise mère sacrificielle, que j'ai dénoncé les violences que je subissais, que j'ai quitté le père de mes deux filles alors qu'elles étaient bébés, qu'en plus j'étais traumatisée, j'ai été punie. Punie de ne plus réussir à affronter la situation, qui avait pourri parce que sa violence a lui n'a pas été maîtrisée. Oui, j'ai été punie, désenfantée, bannie de ma famille -comme en 2007 je l'avais été par une grosse boite de médias gratuits, perdant tout, pour être tombée amoureuse de l'un de mes cadres-, internée en psychiatrie, contrainte à une médication qui m'a anesthésiée des années durant et fait prendre 50 kilos, parce qu'il a été pointé ma façon de réagir à la violence et pas la violence elle même. À cause d'un abruti qui n'a pas pris mes différentes plaintes qui auraient pu coûter du pénal à mon agresseur, -le protégeant lui, donc- tout en se foutant de ma gueule et en me mettant, mes filles et moi même, en dangerAu contraire, les différentes décisions de justice ont glorifié son sentiment de toute puissance et d'impunité. Aujourd'hui, ce rôle de mère sacrificielle m'a rattrapée (non je ne regrette pas d' avoir la garde de mes filles), je n'ai pas eu le choix, on me l'a imposé. Quand lui voyage, s'achète des bâteaux, est mobile professionnellement, libre de toute entrave, me mettant à sa disposition pour son droit de garde, a des boites de capotes vides qui traînent, moi j'ai tiré une croix sur ma carrière, vis en dessous du seuil de pauvreté, là où je peux mais surtout trop loin du moindre lien affectif avec un-e adulte, refuse des entretiens pour des postes très intéressants mais chronophages et me suffit de sa pension alimentaire (fixée au minimum) tout en subissant encore sa violence sans que personne ne l'ait remis à sa place. Je meurs en tant que femme à son profit, et ça tu vois, c'est aussi un privilège qu'ils ne veulent pas perdre. 

 

C'est là que j'ai envie de remercier l'Huma et Marianne, l'une faisant la lumière sur le harcèlement et les menaces que subissent les féministes voir l'exemple de Flo Manradet dernièrement et signer ici la pétition SVP et l'autre pour son dossier spécial Femmes. Ou les Inrocks aussi, féministe friendly, cela donne envie de se ré-abonner à la presse papier, très malade à cause du web, et c'est quasiment un geste militant ! Alors bon, faut absolument arrêter de se dire que si les droits des femmes régressent partout dans le monde alors que les intégrismes religieux ainsi que les politicards conservateurs (les bases mêmes du patriarcat) font de plus en plus parler d'eux, c'est une fortuite coïncidence, et que si les féministes se font agresser c'est qu'elles exagèrent, ou le cherchent ! Bref, pensez à vous inscrire sur les listes électorales, plus que qq jours (jusqu'au 31/12), parce qu'entre Trump et Poutine, à la moindre friction, on va le sentir passer, le combat de coqs.

 

 

 

 

 

Avec sororité,

 

 

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Religion, #Manipulation, #Femen

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