L'amour, opium des femmes

Publié le 3 Décembre 2016

Quand je regarde autour de moi et que je tends l'oreille, je suis atterrée : pourquoi donc les femmes souffrent-elles autant, en amour? Pourquoi autant de désillusions, d'insatisfactions, de frustrations, en général? Vérifiez par vous mêmes quelles sont les femmes réellement épanouies et celles qui subissent leur relation amoureuse, ou qui sont -seules- dans l'effort afin qu'elle soit harmonieuse. En regardant se mouvoir mes deux filles, en apprenant sur leurs comportements innés et acquis, je me rends compte qu'il y a une grande part de conditionnement à cet espoir que l'on met en l'amour. Si j'ai décidé de virer le câble d'antenne de la TV dernièrement, et de ne plus leur laisser l'accès aux écrans en semaine, c'est d'une part afin de choisir moi-même les dessins animés que j'ai envie qu'elles regardent, je pense notamment au cinéma jeune public d'Art et Essai, des documentaires et autres émissions genre E=M6, mais aussi parce que j'ai pris conscience que les modèles féminins des séries ou des dessins animés n'étaient, en général, pas très ambitieux : entre la princesse qui rêve d'un baiser du prince et l'ado qui veut chanter ... et plaire, l'univers des gamines est réduit à néant. C'est du conditionnement, et je dirai même plus, c'est un conditionnement patriarcal.

 

Cette conscience là, avant que mes filles ne soient placées, donc bien avant l'entrée en maternelle, m'avait fait faire un certain nombre de choix tel celui de ne pas vouloir les "marketer" : je ne voulais pas entendre parler des princesses disney, barbies et autres hello kitty, roses, et dérivées sur un milliard d'objets qui polluent leurs consciences très influençables. C'est d'ailleurs exactement ce qu'explique Michel DESMURGET, chercheur français spécialisé en neurosciences cognitives, chargé de Recherches au CNRS, dans "TV Lobotomie" : la TV rend débile pour faire de la place dans le cerveau à la publicité et ainsi afin de pousser à la consommation. C'est le capitalisme. Elles ont été placées, ont goûté à tout ça, tout comme à noel d'ailleurs alors que je souhaitais les élever dans la magie de la nature avec le solstice d'hiver, le symbolisme de l'obscurité et de la lumière,  le jour et la nuit, la conscience. Celle de ne pas célébrer la naissance de l'enfant Jésus des cathos, celui de l'église de Pierre -l'Apôtre-, qui renia 3 fois le Christ sur la croix. La magie de la nature, car être un brin écolo et la préserver, l'honorer je dirai même, c'est plus important pour elles que de se faire baptiser. Je disais donc qu'elles ont été placées, ont goûé à tout ça, je suis dégoûtée mais n'ai pas eu à coeur de les en priver par la suite : le mal était fait. J'y viens petit à petit, en dépolluant leur conscience du mieux que je peux. Peut-être que quand elles ne croiront plus au père noel, nous ne célébrerons plus noel, mais le solstice ! Bref, conditionnement donc, patriarcal, et parfois même à forte imprégnation non chrétienne -car il ne faut pas confondre- mais bien catholique, à notre insu. 

 

Donc ces jeunes filles qui doivent être sages, passives, soumises, propres, bien se tenir, ne pas rire fort, ni dire de gros mots, depuis leur tendre enfance, on leur fait croire au prince charmant et en l'attendant, elles l'espèrent à tel point qu'elles sont souvent focalisées sur l'idée de cette rencontre magique qu'elles rêvent avec force, ce qui les rend vulnérables car nous sommes en patriarcat. Et que cette société est phallocrate et androcentrée, niant la violence faite aux filles et aux femmes, qu'elle soit psychologique ou physique. Alors souvent elles endurent car paraît-il, la violence et la supériorité du sexe masculin sont naturelles, alors il faut s'effacer : c'est l'instinct de survie. C'est convenu, tout le monde accepte ce fait établi, c'est comme ça, depuis la nuit des temps. A part peut-être chez certaines tribus Amazones. Et puis, la société avive la rivalité entre filles, mais tout simplement car l'homme ne peut régner qu'en divisant. Alors et si? Que se passerait-il si l'on apprenait à nos filles, plutôt que de plaire aux garçons, à se faire plaisir et à penser par elles-mêmes? La valeur d'une quête de sens, celle de l'amitié, de l'humanisme? Le gout de l'effort pour réaliser ses rêves? Si nous creusions leur appétit au point qu'elles ne dépendent d'absolument personne pour être heureuses? En travaillant par exemple, car bien travailler à l'école, c'est non seulement une grande satisfaction intellectuelle, mais c'est aussi se donner les moyens de faire le métier que l'on a envie et ça, c'est vraiment épanouissant! Aiguiser leur esprit critique leur permettra en outre de chercher à se faire une idée par elles-mêmes sans en référer à un homme et à ne pas accepter ce dont elles n'ont pas réellement envie. Vous savez, le fameux consentement? Et puis ma foi, si elles rencontrent l'amour, tant mieux, mais cela ne devrait pas être un but en soi, pas dans cette société là...

 

 

Illustration autoportrait de Bryan Lewis Saunders sous Butylone

 

Avec sororité,1

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société

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