Séduction et emprise tyrannique : diviser pour mieux régner?

Publié le 29 Janvier 2017

Ma fille a fait un bisous à A en cachette de E. Elle m'a expliqué qu'en fait il était amoureux des deux, mais qu'il la préférait à E, il le lui avait dit. Je lui ai demandé comment elle se sentirait si A et E se faisaient des bisous en cachette? Et ce qu'elle ressentait en pensait qu'il était aussi amoureux d'E? Si cela lui faisait de la peine? Si elle était sûre qu'il ne disait pas la même chose à E? Finalement elle préfère K ou V qui ne sont amoureux que d'elle, car en plus ils sont gentils, font des blagues et sont intéressants. Mais elle ne sait pas quoi leur dire, elle me dit être timide.

Curieusement j'ai toujours trouvé très très sadique de faire endurer à plusieurs personnes (femmes ou hommes) de se concurrencer et de faire des "efforts" afin de séduire quelqu'un-e. Non seulement celles (ou ceux) mis en compétition se soumettent a une règle dégradante, humiliante et inique en acceptant de souffrir (ces masochistes), mais en plus que se cache-t'il de forcément déviant dans le coeur (ou l'esprit) de l'affreux/se narcissique qui jouit d'autant de pouvoir sur autrui en les abaissant à des rôles d'objets à sa disposition? Bon, il aura fallu que j'ai près de quarante ans pour savoir ce que c'est d'avoir deux personnes en tête (oui, chez moi l'un-e chasse systématiquement l'autre et encore c'est si j'ai vraiment été malmenée, à bout de patience et de ce que j'avais a donner) et d'avoir envie des deux, de me sentir proche des deux au point que je serais bien embêtée si je devais choisir tant les deux m'attirent. Disons que le militant à temps plein fait écho à mes propres axes de vie et que je suis particulièrement allergique aux piqûres du scorpion, que je connais tout de même un peu mieux que le premier et que je trouve irrésistible. Dans tous les cas ils m'émeuvent tous les deux, je les désire tous les deux, juste assez pour alimenter quelque rêverie. Mais, si je venais à constater qu'ils étaient tous les deux attirés par moi, il ne me viendrait pas à l'esprit de les mettre en concurrence afin de les départager, voir de leur imposer des épreuves et que le meilleur gagne. Non non non. 

Vous devez vous demander où je veux en venir. En fait, la compétition, c'est l'un des piliers de notre société, nous ne sommes pas éduqué-e-s dans le but de nous améliorer ou de coopérer mais plutôt d'arriver en tête en battant l'autre. Oui, battre. Gagner, être le premier, dépasser les autres et non se dépasser à soi-même. Evidemment, vous l'aurez remarqué, certains ne reculent devant rien, n'existant même qu'en écrasant autrui, se sentant vivre quand ils jouissent de la souffrance qu'ils infligent. Cela vous parle? C'est commun, et pourtant, c'est pervers. Alors c'est vrai qu'il arrive à tout le monde d'être blessant-e plus ou moins inconsciemment, l'être humain peut être génial mais il est aussi fait d'orgueil, de narcissisme, de pulsions. Mais tout le monde ne prend pas plaisir à faire mal, certain-e-s font même tout ce qui est en leur pouvoir pour être le plus bienveillant possible. Ce monde est violent, régi par la violence, et rien, à part peut-être la prise de conscience des femmes, ne m'inspire plus réellement confiance, trève d'optimisme :  mon coeur se serre en pensant que les élections amerloques vont se traduire dans la pensée collective et universelle par l'exclusion et la violence, l'intégrisme, la misogynie, l'homophobie, l'antisémitisme, le racisme. Il faut programmer d'avoir à faire face à la malignité dans les années à venir, on sait bien que les states donnent souvent le la, alliés à un autre fou qu'est Poutine contre une non moins prétendue islamisation de l'Occident. Si au moindre combat de coq, nous sommes foutus, même sans -et ce sera tellement plus pernicieux, insidieux- il faut se dire que cette vague scélérate, à moins que l'on ne se distingue lors de ces élections, va nous ensevelir et nous regarderons impuissant-e-s s'effondrer ce qu'il nous reste de bases saines, justes et égalitaires. C'est un peu, en effet, une guerre idéologique : quand on entend que la Russie revient sur sa loi contre les violences intra-familiales par "tradition" ou que les Républicains font censurer une mesure contre la violence éducative ordinaire en excluant  «tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles» de la règle civile devant être lue aux couples au moment du mariage, ou en lisant les commentaires haineux des droites extrêmes contre la Women's March ou les tensions certaines à l'Assemblée pour l'adoption de l'extension au numérique pour le délit d'entrave à l'IVG, ou les circonstances de la mort de Pateh Sabally, cela, je le répète, ne m'inspire rien qui vaille.

 

 

Il n'est jamais trop tard pour se reconvertir, professionnellement ou pas d'ailleurs, se former, reprendre les études en fonction des besoins sociétaux actuels. J'ai 25 ans encore à tirer, autant mettre coeur et esprit à l'ouvrage. Courage et sororité!

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société

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