Livre, "Un cerveau nommé désir - sexe, amour et neurosciences" de Serge Stoléru

Publié le 23 Mai 2017

Serge Stoléru est psychiatre, Docteur en psychologie, et chercheur à l'INSERM, il est passionnant, je n'en suis qu'à une cinquantaine de pages, et si j'ai du mal avec les stéréotypes sexistes sous couvert de biologie que j'ai rencontré jusque là (3 déjà), j'avoue que son ouvrage est passionnant. Mais n'est-il pas justement, afin d'introduire ses recherches, un poil sarcastique avec tous ces clichés éculés? Et quand bien même, peut-être n'est-il pas déconstruit? De toutes façons, c'est un sujet qui me captive depuis l'adolescence, que j'ai abordé sous plusieurs coutures, philosophique, spirituelle, romantique, poétique, et qui quand on le ramène à sa dimension chimique plutôt qu'alchimique -moi qui ai toujours été nulle en chimie- est sacrément riche. J'ai l'impression que nous n'en sommes qu'aux balbutiements, c'est captivant. Alors, non seulement j'apprends que la taille des testicules selon les espèces est proportionnelle à la concurrence entre spermatozoïdes ... de différents individus ; entendons par là que plus les femelles auront de partenaires simultanément, plus ils auront de grosses testicules pour être performants (en reproduction, donc, cela ne fait pas tout, on est bien d'accord : certaines femmes au contraire, seront comblées d'un partenaire qui prend son pied comme un fou corps âme et esprit sans pour autant avoir des spermatozoïdes féroces, c'est ce qui nous diffère justement, de préférer élire un amant plutôt qu'un père éventuel selon son capital ... génétique) ; mais en plus j'apprends que le taux de testostérone des nouveaux pères chute de façon vertigineuse. Or, la testostérone est l'une des hormones du désir sexuel, et sa chute réduit de surcroît les comportements agressifs, contrairement à l'ocytocine qui provoquerait de l'agressivité défensive.

 

"Aussi, que se passerait-il pour le campagnol polygame si le gène qui gouverne la synthèse du récepteur de la vasopressine du campagnol monogame lui était injecté? Avec les progrès techniques de génétique, cette expérience a pu être réalisée et son résultat est clair : le polygame, une fois doté du gène version "campagnol monogame", se transforme en un compagnon manifestant tous les signes d'un attachement durable à une femelle spécifique - bref, il est devenu monogame a son tour."

 

c des prairies : monogame
c des montagnes : polygame et réagit au injections de vasopressine en devenant polygame à son tour
c des près : polygame mais pas de récepteurs afin d'accueillir la vasopressine dans le pallidum ventral donc l'effet de l'administration de l'hormone est nul. Mais, manipulé génétiquement afin de produire des récepteurs de vasopressine, son comportement change et il devient monogame.

 

Cette injection, dans le pallidum ventral, zone du cerveau qui s'active d'ailleurs à la vue d'aliments que l'on aime (se nourrir, corps et âme, dévorer, donc ; suivez mon regard) nous indique bien qu'il y a un rapport entre monogamie et la quantité de récepteurs de vasopressine qui tapisse les parois du pallidum. Qu'est-ce que le plaisir en somme? Compulsions, addictions ... faut-il retapisser? Quid du campagnol des montagnes qui multiplie les relations sexuelles et est très solitaire, sans de toute évidences connaître les joies que procurent l'ocytocine et la dopamine notamment dans le noyau accumbens qui sera stimulé chez ce campagnol pendant la copulation en général et pas avec un partenaire en particulier?

 

On sait que l'ocytocine a un rôle prépondérant dans l'attachement et l'empathie notamment, elle est encore appelée hormone du bonheur, et que la dopamine, qui transmet des informations entre neurones, est essentielle dans le plaisir que procurent l'amour et le sexe, entre autres. Cette rencontre avec la vasopressine, certes addictive, qui ne se fait pas dans le noyau accumbens des campagnols de montagne et des près est-elle une anomalie, ou une évolution ? Comment dans la même espèce peut-on observer des comportements sociaux d'accouplement aussi différents?

 

Histoire de répondre à celles et à ceux qui veulent calquer leurs comportement sexuels personnels en souhaitant en faire un modèle sociétal. D'ailleurs ce serait marrant de déterminer quelle zone s'active chez celles et ceux se reconnaissant comme étant sapiosexuel.le.s? On tient un homme par les deux manches, qu'elles disent. Quand je leur répondrais "non, par la vasopressine" et que je ricanerais de circonstances, je passerais encore pour moitié-folle ;-)

 

 

Hâte de dévorer  ...  ce livre et de découvrir ce qui me permet de désirer sexuellement aussi intensément et cette facilité orgasmique, à tous les niveaux...

 

 

 

 

 

 

Avec sororité,

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Bibliographie, #Société, #Sexualité

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