C'est l'histoire d'un fantasme

Publié le 3 Juin 2017

Vendredi, au boulot, on parlait BDSM, liberté de choix et toussa. J'en reviens aux directives de l'OMS sur la santé sexuelle, car ces directives excluent la violence. J'ai une position assez particulière sur le sujet, de la même façon que je distingue l'érotisme, où la femme peut être initiatrice en faisant monter graduellement la tension sexuelle, contrairement à la pornographie où la plus part du temps elle n'est qu'un objet, un bout de viande qui subit. Les jeux dominants dominés (ce que j'appelle des joutes érotiques), avec deux personnalités fortes qui se soumettent tour à tour par respect ou amour avec toutefois cette crainte de se sentir à la merci de la malignité de l'autre -c'est un jeu de confiance comme dans "jeux d'enfants"- avec pour principe de ne pas se faire de mal consciemment (inconsciemment oui, ça arrive à tout le monde, mais ce n'est pas une volonté de nuire) je trouve ça très excitant. Oui, je trouve que connaître les faiblesses et failles de l'autre sans les charcuter dans le but de le soumettre/le mettre sous emprise, c'est excitant. Risqué, mais excitant.

 

J'entends que dans le bdsm, (déjà je découvre que le d veut dire discipline) tout le monde consent, c'est très codifié et toussa. Mais je ne peux pas m'empêcher d'évoquer la question du faux consentement, celui, -clairement masochiste- de ceux et celles qui subissent plus ou moins consciemment par amour, pour faire plaisir. Evidemment, quelle que soit la configuration, les désirs, pas forcément que dans le bdsm. Le sadisme (selon mes connaissances sur le sujet à ce jour (on m'a conseillé un bouquin de Bethony Vernon que je vais lire) implique de prendre du plaisir en faisant mal, et le masochisme de prendre du plaisir en souffrant. Physiquement ou psychiquement. J'y vois de la jouissance dans la violence. J'ai du mal à concevoir qu'on puisse jouir de faire mal sans y voir (désolée) un truc malsain, même si c'est un jeu de rôle codifié. J'entends néanmoins que quand c'est réellement consenti tout le monde s'éclate. Cela ne me choque pas. Aborder autrui -dans ce cas précis- en essayant de déceler si le consentement est réel, cela me semble hyper intrusif. A moi de trouver la bonne distance pour ne pas que mes idéaux ne viennent entraver la liberté de mon interlocuteur mais vérifier tout de même qu'il soit bien libre de ses mouvements. C'est ce que je vais apprendre bientôt, en formation écoute, méthode Karl Rogers. Tout un we, voir deux. Loin de la maison, frais remboursés, discussions et vin rouge jusqu'à pas d'heure entre féministes, cela va faire un bien fou! Musique aussi, musique...

 

Pour en revenir à mon fantasme. J'aimerais un jour ... aller dans un club échangiste avec un mec très très jaloux .... et très très fidèle . ... mais très très jaloux et vraiment très très très fidèle. Oui j'ai conscience que dans cet endroit là c'est difficile. Un moment où je suis bien dans ma peau bien-sur, ardemment désirée par l'homme de mes pensées.... mais alors très très jaloux .... et puis très très fidèle ...... que je ne sente pas une pointe d'éros pour les femmes qui viennent l'allumer (ou je lui arrache le pénis avec les dents). Oui je suis sûre que ça peut chémar, on m'a toujours dit que les garçons étaient forts. Plus forts que les filles. Je serais bien dans ma peau, un peu éméchée, un poil sexy, j'rais danser ... et malgré tout (dominatrice, certes, un poil) je reviendrais vers lui tout le temps, par le regard, les gestes, pour lui démontrer ... que c'est lui et lui seul. Histoire de souligner que c'est de lui précisément dont j'ai envie, pas de sexe. Que je ne réponds pas à un besoin en somme mais à une envie ; que ce n'est pas un choix par dépit. Un poil exhib, certes. Bon. C'est clairement BD et pas du tout SM, c'est le moins que l'on puisse dire, et après? Tiens, j'ai là le scénario de ma prochaine nouvelle érotique ;-)

 

 

Mais pour ce faire, idéalement, puisque l'on parle de couple, de fantasme, de relations, autant dire qu'il se débrouillera pour le ménage + repassage, ou le faire lui même pour nous deux ou le faire faire à ses frais et ainsi moi j'aurais envie de gérer les repas et les courses qui vont avec. Le genre boniche, très peu pour moi, merci... Ciel, quel plaisir de faire la cuisine et partager la table, avec qqn qui a envie d'autre chose que de pâtes, de crudités et de steack haché ... Des plats traditionnels, Sicile, Cambodge, Ecosse, Maroc, Inde ... saveurs et parfums du tour du monde ... mmmùmmmm le rêve. Symboliquement cela en dit long aussi, ce partage des tâches : l'un qui nettoie, range et ordonne, l'autre qui nourrit et fait preuve de créativité, il est fort à parier que dans cette configuration précise l'on puisse trouver des similitudes avec les personnalités de chacun et la façon d'entretenir la flamme qui assure la chaleur et la fusion du couple d'âmants ...

 

Aspirante à la liberté - qui est d'abord affaire de rapport à soi-, je crois encore qu'il est possible rester libre et fou amoureux, exclusif et fidèle non par principe, mais juste parce qu'on ne manque de rien et que l'on ne souffre d'aucune frustration avec l'être adoré tant la relation est saine. Je crois qu'on peut être extrêmement fusionnel, désirant et avoir besoin de solitude pour se ressourcer sans crainte de perdre/blesser l'autre. Je suis trop romantico-idéaliste peut-être mais je crois aussi que l'on peut construire un couple où règne confiance absolue. Le pied (oups j'allais écrire le piège ) quel soulagement pour l'esprit d'aimer qqn de fiable.

 

Avec sororité, 

 

 

 

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Sexualité

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