Publié le 18 Mars 2014

Le Printemps s'en vient [Droit de réponse de Flore]

Je suis ode à la vie, la rayonnante à la gorge laiteuse,
Les lèvres pourpres ou rose tendre, audacieuse,
Non pour le plaisir de la chair mais pour celui de rire,
Regarder la nature s'éveiller doucement, et revivre,
Après le long repos hivernal et la stagnation profonde,
Le soleil étend désormais les bras et ses merveilleuses ondes,
Pour que les couleurs pales resplendissent de mille éclats,
Et que dansent les pétales et corolles sur un alléluia.

Satanée Rome antique faisant de moi une courtisane,
Seules les initiées à mon culte sauront lire les arcanes,
De la résurrection dont il est question à mes fêtes,
Je suis lune et l'autre parmi les astres, du ciel la conquête,
Et je pourfend la mort de ma lame tranchante,
Panse avec les simples la douleur lancinante,
Des corps célestes se relevant de la guerre et du trépas,
Grâce aux incantations des sorcières et des fées des bois.

Nul ne dit que Zéphyr n'avait point mon consentement,
Quand il m'enleva pour faire de moi son épouse, librement,
Ou si, comme le veut la légende il vit en moi une femme publique,
Prostituée vouant son corps-objet facile à l'étreinte alchimique,
Des dieux dominateurs s'éprenant d'une simple mortelle,
Faisant des femmes des filles mineures, sous leur tutelle,
Ils m'impotent peu car mes racines sont en Rome ancienne,
Celle que les Étrusques ont édifiée, belle et souveraine.

A Toulouse où l'on célèbre encor le Trobar on me vénère,
Pour l'ancienne Académie des Jeux Floraux je suis l'altière,
Et les trobadors des temps modernes ressortent leur plume,
Louant la nostalgie de la grâce et les humides brumes,
Qui se lèvent aux Printemps quand l'astre diurne les pénètrent,
Laissant courir jaune d'or et rouge sang sur les vagues champêtres,
Et embrasent le coeur de toute choses en un opus commun,
Dont les nymphes se font l'écho, chantant sous les embruns.

Et la nuit et le jour, voici donc qu'ils se joignent,
En un cercle parfait tel un yin et un yang,
Il est temps de préparer l'équinoxe de printemps,
De clore le cycle en célébrant le premier jour de l'an,
Où les heures filent dans la durée parfaitement équitable,
Je suis celle qui dans les sabliers rajoute le sable,
Pour que ce clair-obscur ne dure qu'un instant fécond,
Laissant emprunter aux héroïnes l'escalier en colimaçon.

Sororellement,

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Publié le 17 Mars 2014

Lettre à France [Droit de réponse de Constance]

Mon sang et ma chair font l'histoire des Albigeois,
De Toulouse à Carcassonne sur le fil, je m'octroie,
Une ballade en terres sanctifiées par le sang versé,
Ecouter le murmure des pierres racontant le clergé,
Et l’insolente insoumission des mes gens face à l'oppresseur,
Languedociens fiers de défendre le pays qui est le leur,
Faits d'armes, paysans enhardis et noblesse révoltée,
Le diable inquisiteur semant le trépas sur les bûchers.

Sans mon époux qui sait si la croisade aurait été lancée?
Il dénonça l'hérésie et demanda main forte pour déraciner,
L'esprit de tolérance et de partage animant l'Occitanie,
Que la France souhaitait soumettre par la force et à l'envie ;
Raymond V faisant le jeu despote et sournois des catholiques,
Face à la maison Trencavel protectrice des hérétiques,
Sonna le glas de la religion dite des Bonshommes,
Uns et indivisibles dans l'esprit tels des atomes.

L'histoire ne dit pas s'il me répudia car je pris leur défense,
Avant de dire au Roi mon frère sa mauvaiseté et sa violence,
Certes, de haut lignage je fus dans le sillage du Vatican,
Si hérétique je ne fis, je ne souhaitais guère de mal à ces pauvres gens,
Qui méprisaient au plus haut point les mariages politiques,
Préférant les unions d'amour plutôt que stratégiques ;
Mais, Princesse de France je suis soumise à mon destin,
Celui d'être objet, monnaie d'échange pour Souverains.

Que n'ai-je eu la force d'âme et le courage d'Aliénor,
Mariée à mon frère, me marchandant pour mon pesant d'or,
Ma vie est une tragédie sur la quelle personne ne se penche,
A l'ombre des fastes de la cour j'ai trouvé tous mes dimanche,
Dans un petit village du Tarn ou ma fille aux yeux lilas,
Sera éduquée avec son fils aux arts et à l'amour courtois ;
Ils sont si bons que ma souffrance ne fut pas vaine,
Ils font honneur au sang bleu qui coule dans leurs veines.

En Palestine j'ai trouvé raison d'être et de rire,
A l'Ordre des Hospitalier je me suis liée pour revivre,
Dans le don afin d'oublier le sang et la croisade,
Qui ont fait rouler mes larmes en cascade ;
Les Templiers me sont grès des legs que je leur fit,
J'ai reconnu les chrétiens par leurs oeuvres accomplies,
Qui ne sont pas mensonges mais vérités sages,
Tout comme l'étaient en Languedoc les prodigues du paratge.

Sororellement,

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Publié le 14 Mars 2014

Noli me tangere [Droit de réponse de Myriam de Magdala]

Je suis l'amante, l'inconsolée, la madone et la catin,
L'initiée au culte des mystères, le saint des saints,
Celle qui fit face aux Romains sur le chemin de croix,
Qui ne trouve grâce aux yeux des hommes de la Loi,
Mon Rabouni dont je suis disciple et belle âmie,
Fut par delà les cieux mon intime envie,
Ce fils de dieu dédicant à l'amour sur son sillage,
Grand commandeur des anges, des astres et des sages.

Ma paroles et mes louanges sont fleurs bleues,
Que ma beauté sereine et sauvage transcende,
Couverte d'or et de joyaux scintillants,
Je me consume de mille feux dévorants,
Mon âme, déchaînée, au quatre directions,
Des vents déshonorants la folle Passion,
Du Christ supplicié et condamné à mort,
Trahi par les siens et condamné à tort.

Au désert mes compagnes Lilith et Salomé,
Lèvent leur voile rouge sur l'infernale réalité,
Celle des Justes sous le joug de la perversion,
Ô, prophétesses des sables, levez cette malédiction,
Qui rend aphone face aux perfides malveillances,
Et impuissante sans le sang pur de l'espérance ;
Ils ont crucifié mon Roi, celui que j'attendais,
Le visage entre les mains dans les jardins d’Éternité.

Le choeur des anges m'est tristement familier,
Je m'y suis consacrée à trop voir ma peine ruisseler,
Je ne me repens de rien, je n'ai pas commis de faute,
Mais j'erre du soir au matin la pluie filant entre les notes,
Des mélopées célestes des âmes exilées sur une île,
Celle des bonne gens souffrant, l'écume de l'amère entre les cils ;
Je suis Une et bénie entre toutes les femmes,
Le paraclet ondoyant sur moi a posé sa flamme.

Qu'importe alors que je sois la mère ou la fille,
L'épouse, la soeur, l'apôtresse ou sa seule famille,
Il a su en un regard revenir sur le Temple perdu,
Celui de l'apocalypse annonçant les anges déchus,
La jalousie des hommes n'est que feinte,
En réalité ils me haïssent, pour l'étreinte,
Celle que jamais ils n'auront en un frisson,
Qui entrelace les battements de coeurs au diapason.

Sororellement,

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Publié le 11 Mars 2014

Sang Royal [Droit de réponse d'Aliénor d'Aquitaine]

Alors que mon aïeule Languedocienne m'a légué la violette,
Le souffre m'embaume car aux hommes je vole la vedette,
Et si personne ne sait guère y lire le mercurius,
C'est que je règne en d'autres coutumes et us,
Un palais fait d'or noir aux jardins d'espérance,
Je suis la Reine, la grande Éléonore de France,
Celle que les dévots auraient pu condamner pour hérésie,
Mais, ô grands dieux, j'ai su tenir les rennes de ma vie.

La terre fertile et les eaux cristallines ont béni mon âme,
Chevauchant la vallée bercée par la danse des flammes,
Puissance et beauté auréolent de gloire mon nom,
Noblesse et patience sanctifient mon bleu d'horizon.
Ma légende est telle que les Rois se bousculaient pour un instant amantin,
Et virent en l'éclat de ma sombre prunelle l'étoile du matin,
L'éblouissante Vénus aux reflets roses et cuivrés,
Aux sens électriques et à l’envoûtante mélopée.

Mes racines s'entrelacent dans le Sud, je suis une Occitane,
Qui enrichit le Trobar à mille lieues du monde profane,
Du nectar de la voie lactée des poètes à l'aérienne vocalise,
Dans mes salons l'on ne prie ni crie, mais l'on devise,
Ma cour d'Amor d'un renom qui n'est plus à prouver,
S'est faite à l'ombre des tours et détours d'un ostal fortifié,
Et j'ai vu naître les premières grandes cathédrales gothiques,
L'architecture, autre art sacré par vagues amnésiques.

Soeurs d'armes il me plait de partir en Croisade suivie,
Par celles et ceux de mon peuple pourfendant l'ennemi,
Ou avivant mes passions et protégeant mes intérêts,
Aussi fidèlement que si nos sangs étaient mêlés.
Je manie l'épée pus finement que les fils de Pendragon,
Et le verbe aussi sûrement que les Amazones,
Le plaisir de combattre se transmet haut le coeur
Quand il s'agit de protéger et de défendre ses soeurs.

Pour m'être rebellée je perdis 16 ans de ma vie en prison,
Peine levée par mon bien aimé fils Richard au Coeur de Lion,
Scandaleuse et séductrice sont des traits qui souvent reviennent,
Quand il est question de l'insoumise et indomptable Reine,
Mes affaires de coeur semblent primer dans l'Histoire sur mon courage,
Déterrez donc mes qualités afin de me rendre hommage,
Faites de moi une femme libre et ambitieuse à souhait,
Ayant transmis la fougue et l'appétit de la vie au peuple Français.

Sororellement,

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Publié le 11 Mars 2014

Le chant du cygne [Droit de réponse de Léda&Némésis]

-Je suis l'obscure, l'absente, la fille de la nuit,
Justicière impactant bruyamment sur vos vies,
L'implacable vengeresse des crimes inhumains,
Scrutant inlassablement vos penchants malsains,
Et je rétribue équitablement à bonne ou mauvaise fortune,
L'on m'évoque par l'air et l'eau les soirs de pleine lune,
Afin de redresser le sort d'un être malchanceux
Ou de rendre clairs quelque déboire amoureux.

-Je suis la lumineuse, la présence, la grâce solaire,
Peintres et poètes romantiques fascinés par mon éther,
Brodent autour d'une histoire vielle comme le monde,
Qui aurait certainement rougit les foudres d'Esclarmonde,
Celle d'un dieu s'éprenant d'une simple mortelle,
Qui ne se soumet point à sa loi et se rebelle,
Et se retrouve fixée, éternelle, dans la voie lactée,
Ayant fui avec empressement afin de trouver la paix.

Némésis, tu combats aussi escroquerie et boniment,
Gloire aux Cieux qui t'ont vue naître, de Nyx ou d'Océan,
Mais au fond des âges importe peu ta parentelle,
Zeus n'a guère besoin d'eux pour te trouver fort belle,
A une incessante course il se presse à ton corps et tes pieds,
Oubliant même l'art consistant à te laisser respirer,
Ce jeu de plaintes et d'intimidations est harcèlement,
Sinon toi, qui peut le punir d'être aussi violent?

-Léda, en effet, Zeus nous poursuit depuis la nuit des temps,
Pour nous faire siennes, c'est humiliant et lassant,
Rien d'un beau mythe, c'est une tragédie féminicide,
Mais les gynécées sont des maisons closes aux remous acides,
Encerclant les femmes et leurs idées au minimum vital,
Une prison dorée pour l'univers microcosmique de leur mental,
Insidieusement dociles et soumises au sexe dit fort elles errent,
En Etrurie plutôt qu'en Grèce et Rome elles auraient pu s'y soustraire.

L'Oeuf nait de deux et un est un trois, maxime des alchimistes,
Nous fumes toutes deux l'ombre de l'une, pacifistes,
Quand nous aurions dû guerroyer pour notre dignité,
Au fil de ces entrelacs plutôt que gagner l'éternité,
Sans l'une et l'autre Troie n'aurait pas eu sa place,
Dans les manuels répartis dans le temps et l'espace,
Et la beauté d'Hélène aurait jouit d'un autre renom,
Si nous avions mis, alliées, nos âme au diapason.

Sororellement,

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Publié le 9 Mars 2014

Suspens [Droit de réponse de Πενθεσίλεια-Penthésilée]

Les trois angles du prisme laissent passer les rayons,
Des flammes solaires qui dansent lentement sur mon front,
Et mon âme s'élève vers mes soeurs éclatantes,
Quand, enchanteresses, nous évoquons Rhadamanthe ;
Qu'il en soit ainsi, car je suis de divine naissance :
Initiée à l'Art de la guerre, par l'épée se transmet la puissance,
Que m'a légué mon père Arès, le tempestueux,
Respecté et craint à la fois au plus haut des cieux.

Reine parmi les Reines, preuse, mes armes au cygne,
Révélant l'étendue de mes dons et talents est un signe,
De reconnaissance face au plaidoyer des coeurs purs,
Et la vaillance passionnée de celles combattant en armure,
N'a d'égale que l'ondulation de notre beauté provocante,
Portée aux nues par quelques rimes désespérées et piquantes,
Car si les artistes nous louent, d'autres nous tiennent en disgrâce :
Des femmes libres et émancipées, un mythe qui les agace.

Mais il ne faut pas croire que nous oeuvrons par mépris,
Ainsi se lisent nos serments, nous ne désavouons que la misogynie,
Non pas que nous haïssions les hommes qui seraient nos rivaux,
Mais nous déracinons les maux et en faisons nos égaux,
Afin que la concorde règne et que cessent les injustices,
Par la lame forgée d'incantations et maléfices,
Jusqu'à sacrifier le galbe de notre sein droit,
Afin de pouvoir manier l'arc et porter le carquois.

Quant à ceux qui confondraient Érinyes et Amazones,
Je dis que la vengeance ne nous anime et les désarçonne .
Si impunément les mâles infériorisent et humilient,
C'est simplemen pour tenir entre eux leurs homélies,
Car souvent, la femme n'est guère malveillante,
Quant elle est pleine d'une liberté fertile et abondante,
Dont elle ne sait elle-même rien faire de répréhensible,
Tant le bonheur partagé de ses espoirs est la cible.

Les arcanes majeures ne dévoileront l'ésotérique tellurisme,
De notre cercle de rébellion qu'à celles enjouées en féminisme,
Car les morsures d'un Fol Amor de nature célestine,
N'épargne pas l'ouvrage du temps des filles de Mélusine,
La noblesse de la joute invitant à s’entre-tuer,
Comme nous le firent, à Troie, Achille et moi-même Penthésilée,
En un regard, un mot et un geste à l'inspiration dramatique,
Ébranlant en l'espace de la magie d'un instant la gloire phallique.

Sororellement,

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Publié le 9 Mars 2014

Accords [Le droit de réponse d'Esméralda].

Fleur de Lys, mes ballades mélomanes,
Derniers instants avant la lune diaphane,
Drapée dans une fine soie sauvage,
Noire, les embruns iodés sur le visage,
Ne sauraient en aucun cas être errements,
Je fixe la nuit bien plus finement,
Les élixirs de l'éternelle jeunesse,
Éclats stellaires, qui sont plus que promesses.

Fleur de Lys, ta beauté doucement s'éteindra
Car elle n'est qu'ornement et tu douteras.
Tu douteras des filtres et des poisons
Qui t'ont fait t'attacher ce beau garçon,
Dont tu n'as pas su faire un homme
Car l'amour seul transforme.
La morsure de la passion est belle
A qui sait s’éprendre de l’Éternel.

Fleur de Lys, sa main cherche la mienne,
Et ses lèvres gourmandes ont prit gout à la peine,
Que tu m'infligeas d'un regard hautain,
Sous un ciel orageux un beau matin.
Par jalousie, tu me condamnes à la pendaison,
Et si cet homme n'a su entendre raison,
C'est qu'en vain je l'ai aimé de tout mon être
Et qu'avec Quasimodo je dois disparaître.

Fleur de Lys, il est si laid, ce Bossu protecteur,
Que je n'ai su lui faire place dans mon coeur ;
Qu'à cela ne tienne, alors je me ravise,
Et je poserai mes doigts sur sa chemise,
Afin de sentir le sang battre dans sa poitrine,
Et pressentir l'intime communion divine,
Car nul homme n'a le droit de se jouer de moi,
Et d'humilier ainsi la profondeur de mes émois.

Fleur de Lys, accordons-nous, ne soyons pas sottes,
Regarde-le se pavaner, il nous prend pour des idiotes,
Ma force n'est pas de l'aimer mais de m'aimer plus encor ;
Je te prie de bien vouloir faire un effort,
Pour me regarder en face, sois donc honnête,
Tu sortiras de l'église le port altier, diadème sur la tête ;
Il n'a su choisir et nous abuse toutes deux,
Avec du miel et des regards langoureux.

Sororellement,

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Publié le 8 Mars 2014

APPEL CITOYEN –LA FRANCE EST COUPABLE DE NON-ASSISTANCE A FEMMES EN DANGER

Un billet particulier ce soir, au nom de toutes les victimes de violences psychologiques, choisissant bien souvent le silence, qu'il soit éternel ou mutisme. L'impact de telles violences, et des perversions narcissiques, banalisées comme je le précisais dans un précédant article, fait froid dans le dos. Merci d'aider cette avocate courageuse, recherchant une association féministe de plus de 5 ans, qui osera ébranler le système en dénonçant l'une des premières causes des violences dans la sphère privée : le harcèlement, mal qui s’installe si insidieusement que l'on ne s'en rend souvent pas compte.

Les Tribunaux de Bordeaux et de Toulouse réouvrent des dossiers concernant des femmes ayant attenté à leur propre vie dans un élan désespéré suite à des violences conjugales. Soyons actrices et acteurs cette prise de conscience collective : dénonçons les violences, soutenons les victimes, prêtons nos voix à celles qui ne sont plus.

"L’Union Européenne a publié une enquête inédite sur les violences faites aux femmes : sur 42.000 femmes européennes interrogées, une sur cinq dit avoir été victime de violences, 43% d’entre elles déclarent avoir subi des violences psychologiques.

La France figure dans le peloton de tête de ce dramatique palmarès : 47% des femmes interrogées déclarent avoir fait face à des violences, une française sur deux dit avoir été victime de violences psychologiques au sein de son couple.
L’impact mortel des mots a-t-il à nouveau été oublié par notre pays ? N’est-ce-pas nier leur terrible pouvoir ? Faut-il à nouveau rappeler que sans une préparation psychique destinée à la soumettre, aucun individu n’accepterait la violence physique ?
La violence psychologique est le ciment de la violence conjugale et doit être considérée comme l’équivalent psychique du meurtre lorsqu’elle conduit au suicide
Un chiffre n’est jamais pris en compte : celui des femmes qui se suicident en suite des violences subies Il s’agit là du meurtre psychique : un « suicide forcé »
Quand le corps est touché c’est que l’esprit ne répond plus, n’offre plus de résistance, n’a plus de force. Quand la violence physique s’installe, processus irréversible, la femme est davantage emprisonnée. Plus la violence physique augmente, moins la victime peut partir.
Et privées de toute perspective d’échapper à son conjoint violent et de tout espoir, il n’existe plus qu’une seule issue pour ces femmes : mettre fin à leur jour.
Quand la victime est acculée au suicide : on doit parler de suicide forcé.
Ce crime peut et doit être condamné sur le fondement de l’article 222-7 du Code Pénal : « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », puni de 15 ans d’emprisonnement. Cette motivation implique que la mort de la victime ait procédé des violences volontairement commises à son encontre et ne soit dues à aucune cause étrangère à celles-ci. Les violences peuvent être physiques mais également morales et psychologiques. Telle est la définition du SUICIDE FORCE.
Alors même que les suicides dus au harcèlement moral dans la sphère du travail sont reconnus, pourquoi tant de peur, qu’il en soit de même dans la sphère privée ?
Force est de constater qu’il s’agit d’un déni pur et simple des souffrances subies par ces femmes. Le constat est effrayant, effroyable, glaçant : leur mort ne mérite pas que la justice s’en saisisse, pas plus qu’elle ne s’est inquiétée de leur vie.
Si la Justice reste aveugle et sourde, il est de notre devoir moral et citoyen de nous insurger contre cette passivité, cette inertie, en dénonçant tous faits de violences, pour sauver des vies, ou tous suicides qui sembleraient être la cause directe des violences, parce que la Justice n’est pas qu’une institution, elle est aussi la mémoire de victimes.
Je ne me rendrais pas complice du crime contre l'humanité d'une seule femme. Se taire, c'est être complice de cette violence, pire c'est se rendre coupable de non-assistance à personne en danger. La victime se tait souvent, détruite psychiquement, parce qu'elle ne vit déjà plus. Elle est déjà morte psychiquement, elle est déjà morte dans son âme, dans son esprit. Et se suicider c'est faire cesser cette souffrance.
Mais, du plus profond de son être, elle espère qu'une main lui soit tendue. Et parfois, de sa tombe, la victime continue de hurler ses souffrances que personne n'a voulu entendre.


POUR CELLES QUI N’ONT PLUS LA FORCE DE VIVRE, POUR CELLES QUI N’ONT PLUS LA FORCE DE PARLER, POUR TOUTES CELLES QUI EN SONT MORTES.


Yael Mellul
Avocate, Féministe


Pour Sarah morte à l’âge de 19 ans, qui s’est suicidée en suite des violences infligées par son conjoint."

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Féminicides, #Société

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Publié le 8 Mars 2014

Par la plume et la lame, tu vaincras.

Profession de foi d'une Chevaleresse-Trobairitz du XXIème siècle.
Au nom des femmes, des arts, de l'amour et de la liberté.

Bien ancrée dans ce siècle obscur, alors que certains répandent de bien viles pensées, inquisitrices et moyenâgeuses, je m'engage à m'honorer moi-même en tant que femme libre, spirituelle et artiste. Que ma lame reste affûtée et ma plume alerte afin de dénoncer les pressions et multiples violences que subissent les femmes, et que ma langue se délie savamment afin de défendre leur dignité ainsi que leurs droits, notamment celui de s'exprimer librement en toute sécurité. Que je ne me résigne pas face aux injustices et que je sache aviser les consciences éclairées des engrenages grippés quand je repérerais le coup du sort faisant blocage. Que la liberté, celle qui ne nuit à personne, soit mon seul but et que mes forces naturelles me permettent d'être en Joy en toutes circonstances ; que mes choix consolident mon opiniâtreté ainsi que mon indépendance d'esprit. Que mon envie d'aimer soit fin'amor, dans le respect de ma sensibilité et mes sentiments ainsi que mes désirs sublimés. Que ma fibre artistique, qu'elle plaise ou non, me permette d'exprimer mes émois les plus profonds sans honte, culpabilité, remord, ni regret. Que l'esprit des lieux continue à m'inspirer au moins autant que les grands noms de l'insurrection et que ma rébellion ne se nourrisse jamais de haine. Que je trouve le courage de rester juste et vraie face à l'adversité. Que les coeurs soient réchauffés et les âmes confuses apaisées à mon contact, les espoirs lumineux et les rêves en route ....

8 Mars 2014, journée internationale des droits de la femme et de la paix internationale.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Trobairitz&Trobadors, #Société, #Spiritualité

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Publié le 7 Mars 2014

AERAFEM – Association pour l'éradication des féminicides dans le monde.

En cette veille de 8 Mars, il me tenait à coeur de présenter via mon blog quelques démarches de copines féministes. Fraîchement éclose, cette association crée par Chistine Gamita rencontrée sur facebook autour de son groupe "Pour que le féminicide soit reconnu par le droit Français" ("Ce groupe agit pour la reconnaissance urgente en droit des féminicides, au titre de crimes contre l'humanité, de tous, pas seulement meurtres et assassinats - La conscience du "féminicide" point en 1801, stoppée en plein vol alors que ses violences plus que sexuelles viennent sous plusieurs plumes du XIXème. Des fillettes aux femmes, le déni de justice et de protection perdure gravement. Les regards commence à peine à se déciller. Ce n'est pas d'alarmisme gratuit, ce n'est féminisme ni victimaire, ni réformiste.
- L'omerta sur ce terme perdure et les actes criminels demeurent tolérés, relativisés, minimisés, dispersés, atomisés, bornés, limités... restreint au "sexuel", au sexué, à l'orientation sexuelle, à la sexualité. Cela s'avère préjudiciable à toutes les parties. Au nom de la neutralité humaniste ? Par quelle peur, quelle retenue ? On fait joujou avec le tabou mais, de fait, il pèse sur les mots sans s'opposer aux actes féminicides eux mêmes. ...") vise à pérenniser le labeur de longues années de recherches publiées sur son journal cyberethno, à savoir son blog , dont vous trouverez le lien en fin d'article -une véritable mine d'informations-

Adhérez à cette association, AERAfem (éradication des féminicides dans le monde, basée à Paris) pour la participation symbolique d'un timbre ... Formulaires à disposition ci : https://www.facebook.com/groups/FEMINICIDES/568013899950528/

Pour ce qui est de la définition du concept de féminicide, voici ce que Christine nous en dit :

" A - FEMINICIDES -феминициди и етнология, концепти-

Spécificité & impunité, le pentasyllabique des féminicides qui dit tout en quintessence !

  • Définissons -

Toute destruction partielle ou totale, physique ou psychologique de fille ou de femme, en tant que telle ou comme telle, propre à la dégrader, y compris les agressions sexuelles ; en tout cas, visiblement perpétrée pour motif d'être de sexe féminin --Cette définition enrichie reste proche de celle d'une juriste italienne- Etre de sexe féminin n'est pas restreint au domaine du désir et il ne suffit pas de se vouloir victime pour le devenir ou l'être.


Cette dégradation s'incarne manifestement sociale, économique, institutionnelle, coutumière, traditionnelle (religieuse et caetera) d'évidence systémique et jusqu'à systématique, lorsque les féminicides meurtriers s'avèrent de masse, ou "gynocide". Ma définition pourrait fort bien servir à un article pénal bien senti car les méfaits ne sont pas moins graves, tragiques et nombreux que les pratiques génocidaires de crimes contre l'humanité déjà interdites sans ambages. Ce terme est tassé sous silence depuis fin des années 90, alors qu'adopté clairement en Droit international- (le champ lexical médical de contagion cyclique ne parait pas adapté mais le journalisme affectionne les titres à slogan).

Depuis 2008, un tournant lexical semble imposé par une organisation étatsunienne et son collège d'expert américains tente de caler, sans consultation de linguistes ou de l'ensemble des féministes, le terme fémicide en place deféminicide. http://susaufeminicides.blogspot.fr/2008/11/tournant-lexical.html

  • Antonyme - S'il y avait lieu, son contraire serait "masculicide". Cependant, nous devons noter que malgré les apparences aucun n'est relevé. En effet, les "androcides" connus de longue date et peu décryptés jusqu'ici ne se révèlent pas en position antagoniste mais de similitude partielle. A ce titre, ils sont évoqués dans l'article suivant étant en seconde partie du présent texte. http://susaufeminicides.blogspot.fr/p/androcides.html

Conséquemment à définition ci-dessus en gras, l'on peut préciser les dommages entraînés par "préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée" Nations Unies, adoptée également par OMS, cf. Résolution 1993. http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/48/104
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs239/fr/index.html

Le terme de "féminicide" vient aussi à être autopsié sous la plume de "Marcela Lagarde [(docteure en anthropologie) qui] affirme que le « féminicide » est un concept novateur qui va au-delà du concept de D. Russell [(docteure en sociologie)] de "fémicide" car il inclut l’impunité.". Femicide issu de feminicide non publié mais conçu par Orlock en 1974. Femicide nous laisse donc sur notre faim pour deux raisons, il a probablement fait son temps. A voir... http://www.mueveteporlaigualdad.org/noticias/2012_0510.aspAu Mexique, à l'origine de la Loi de 2007, María Marcela Lagarde y de los Ríos (Ciudad de México, 1948) -"Etnóloga y doctora en Antropología. Profesora de los postgrados de Sociología y de Antropología de la Universidad Nacional Autónoma de México, así como del Diplomado en Estudios Feministas. Presidenta de la Red Por la Vida y la Libertad de las Mujeres. Presidenta de la Comisión Especial de Feminicidio de la Cámara de Diputados de México de la LIX Legislatura. Diputada promotora de la Ley General de Acceso de las Mujeres a Una Vida Libre de Violencia."- "Desde el movimiento de mujeres, es un término que está buscando un lugar en el discurso criminalístico; a su vez, pretende visualizar una situación de violencia sistemática y silenciada durante muchos siglos por la indiferencia y tolerancia social." Flora Tristán, La violencia Contra la mujer: Feminicidio en Perú, 2005 p. 14 http://es.wikipedia.org/wiki/Violencia_contra_la_mujer#cite_ref-41


Lorsqu'il est question d'une qualification en Droit, il s'agit d'obtenir des statistiques et non pas des enquêtes.http://awid.org/fre/Library/Feminicides-la-cle-reside-dans-la-volonte-politique-de-mener-des-enquetes-efficaces-qui-permettront-de-mettre-fin-a-l-impunite#_ftn3
et http://femicidealerts.blogspot.fr/

S'agissant de ces pratiques coercitives convenues et tolérées dans toutes les sociétés humaines, d'invariant de degré et nombre divers. L'on peut penser qu'il s'agit de répercussions d'un ensemble coutumier articulées par des croyances de système patriarcal. Le même qui aurait permis l'émergence de la valence défavorable aux sexe féminin, également d'invariant. Un autre exemple d'invariant est la valence différentielle des sexes considéré par Françoise Héritier http://www.darktube.org/watch/la-valence-diff%C3%A9rentielle-des-sexes-par-fran%C3%A7oise-h%C3%A9ritier-1-4

Pas de bénéfice du doute - Quel intérêt de toujours surenchérir la peine - Quel que soit le poids de la condamnation et l'application de la loi du talion patriarcal, peine de mort ou castration pour punir, il n'est pas douteux que tant que les féminicides ne seront pas formulés sans ambages et dans toutes leurs variations, ils ne deviendront pas tabous car ils resteront neutralisés en homicides* et banales violences communes, comme vu ici réduits aux "meurtres de femmes parcequ'elles sont femmes" comme si nous étions resté en 1801 au jour de naissance terminologique. Pourtant plus de deux cents ans ont passé, et tant de personnes encore s'escriment à cacher que les féminicides ne sont pas que mortels. http://femmessolidaires93.files.wordpress.com/2013/04/communiquc3a9-de-presse.pdf

A noter que le 8 août 2013 par décret-loi, l'Italie (cinquième nation européenne à ratifier la Convention d'Istanbul) aura été la première à reconnaître en Europe le crime de "femminicidio des violences extrêmes envers les femmes" -onzième au monde- Peut-on imaginer que se profile l'interdiction par Code pénal des féminicides, crimes contre l'humanité de paix et de guerre. Les féminicides sont de tous les âges et permettent au système de se perpétuer, axe, moteur, pilier... En société de droit, ne nous reste qu'un seul moyen de camper un interdit social. Le droit pénal. Il faut y parler d'une approche structurelle car se contenter d'aggraver les peines reste renforcement de sparadrap sur jambe de bois. Les garer en champ guerrier par sous catégorisation de génocide ne rime pas à grand chose, quant aux meurtres de femmes en homicides, ils y dorment déjà bien enfouis au milieu de tous les assassinats crapuleux. Ce ne serait donc que piètres et ultimes impasses, goulet d'étranglement, dans lesquels il serait difficile de faire marche arrière."

Je vous laisse aller en lire l'article entier sur son blog ....

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Féminicides, #Société

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