Publié le 20 Juillet 2014

Loup y es tu?

J'ai toujours eu peur du carnaval. Ces processions d'individus masqués fleurtant avec un symbolisme le quel, bien souvent, leur échappe, sous couvert d'une activité festive dont découle l'unité des esprits me déconcerte profondément, me ramenant à l'horreur absolue, les pénitents aux bonnets pointus. Du reste, seuls les pénitents bleus m'étaient apparus sympathiques au cours d'un rêve où je me trouvais dans un édifice gothique de Narbonne (le quel?), endormie sur un livre massif et ancien, alors qu'une bande de joyeux lurons tout vêtus de bleu -que j'ai associé à des étudiants- passaient derrière-moi se moquant gentiment de mon assoupissement. Ils me réveillèrent et je les suivis en passant sous la voûte vers un je ne sais où.

De nature curieuse, j'ai cherché à comprendre d'où me venait cette peur (adolescente, si j'étais en balade avec les copines pour le carnaval, je me cachais, ne supportant pas seulement la vue de la personne sur des échasses qui ouvrait le cortège). J'ai appris que "carnaval" est issu du latin "carnelevare" ("carne" viande et "levare" enlever), signifiant "entrer en carême", le carnaval débutant le 6 Janvier pour l'Epiphanie (célébrant JC visité par les Rois Mages) et s'arrête le mardi gras, où tout est permis, veille du début du carême. Cette fête hautement populaire serait donc rythmée par les croyances et un calendrier "saint" catholique.

Carnaval, carnelevare, enlever la viande, donc ne plus manger de viande? Je n'en suis pas si sûre. On peut avoir une autre lecture, du moins, moi j'ai la mienne. Ôter la viande, la chair, pourrait autant exprimer le trépas, le dernier souffle, la mort physique. Quitter son corps pourrait aussi revêtir un sens plus symbolique ou spirituel : mourir à soi-même, transcender les appétits mondains, l'égo, les pulsions du corps afin de voir évoluer sa psyché loin des obligations et moeurs purement matérielles, vers une foi plus profonde ou la sagesse, la méditation. Ainsi, quitter son corps pourrait être, aussi, une définition littérale de carnelevare. Une ascèse, mais là encore, à ne pas entendre au sens religieux mais philosophique voir poétique, terme emprunté au terme grec originel askêsis «exercice», qui s'appliquait à de nombreuses disciplines dont l'athlétisme, aux métiers ainsi qu'aux arts.

Jung introduira d'ailleurs en psychologie analytique le concept de persona (du latin "personare", résonner, retentir), désignant les masques des acteurs de théâtre de l'antiquité, qui modifiaient les voix, afin de les rendre plus profondes, voir irréelles, mais qui les rendaientt accessibles au public. Ainsi, selon Jung, toute personne porterait un masque afin de s'adapter à la société codifiante et codifiée, définissant les dogmes de la normalité, se perdant elle-même, laissant dans l'enfance ce qu'elle est réellement. Terrain de jeu au quel se sont parfaitement adapté les personnalités manipulatrices, qui n'ont de cesse de changer de masque selon les individualités ou les circonstances.

Reste le loup, magnifique objet d'art ne couvrant pas tout le visage, très prisé dans les soirées érotico-gothiques, mais que j'aimerais bien remettre au gout du jour, pour le plaisir de l'élégance! Il ne me reste plus qu'à me rendre à Venise, pour le carnaval ;-)

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Religion, #Spiritualité, #Catharisme

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Publié le 12 Juillet 2014

"Émeraude", châssis entoilé 50x70, acrylique.

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Tableaux-peintures-dessins, #Figures féminines

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