Publié le 29 Avril 2015

Dans les griffes de la nuit, la nuit, la nuit ...

Entre mes cils charbonneux une perle s'échappe.
Rendez-moi l'insouciance, je veux être !
Être comme la Vouivre,
Pleine de la lune et de la terre,
Je veux sentir virevolter mon âme,
Éprise de ces feux que Beltaine rallume...

Et qu'y brûlent les tourments de mes vies glauques!

Je pleure les étoiles échouées dans l'écume,
Et toi banshee, aide-moi à les raccrocher dans les cieux :
Ce sont mes espoirs déchus et mes rêves maudits.
Elles vivent encore en mon seing,
À l'encre violette au parfum d'aubépine.

Êcho, ivre d'amour et brisée par le sort,
Ta voix de miel trouble mes pensées...
Némésis vengera ta douleur!
La fleur immaculée des poètes
Prendra racine dans le reflet de Narcisse suppliant,

Mais jamais ne s'épuiseront les qualités de ton coeur.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie

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Publié le 29 Avril 2015

Emily Dickinson, morceaux choisis.

Il n'y a pas de frégate comme un livre,
Pour nous emporter en terre lointaine,
Ni de coursier comme une page,
De fougueuse poésie—
Le plus pauvre peut être du voyage,
Sans l'injure du péage—
Qu'il est frugal le chariot,
Qui transporte l'âme humaine.

***

Doux scepticisme du cœur—
Qui sait —et ne sait pas—
Et tangue ainsi qu'une flotille,
De parfums affrontant la neige,

Qui appelle et diffère la vérité,
Craignant la sèche certitude,
Comparée à l'exquis tourment,
Passion frémissant de peur—

***

Il y a une solitude de l'espace,
Une solitude de la mer,
Une solitude de la mort,

Mais toutes seront nombreuses,
Comparées à ce lieu plus profond,
A cette intimité polaire,
Une âme qui se reconnaît elle-même—
Infinité finie.

***

J'étais morte pour la beauté, mais à peine
Etais-je installée dans la tombe,
Qu'un autre, mort pour la vérité,
Fut mis dans une chambre à côté—
Doucement il demanda «pourquoi j'étais tombée»;
«Pour la beauté», répondis-je—
«Et moi, pour la vérité, c'est tout un—
Nous sommes frère et sœur», dit-il—
Et ainsi, comme des parents rencontrés la nuit,
Nous parlions d'une chambre à l'autre—
Jusqu'à ce que la mousse atteignît nos lèvres—
Et recouvrît —nos noms—

***

Folles nuits —folles nuits!
Si j'étais avec toi
De folles nuits seraient
Notre luxure!
Futiles —les vents—
Pour un cœur au port—
Plus de boussole—
Plus de carte!
Ramant dans l'Eden—
Oh! lamer!
Si je pouvais amarrer —ce soir—
En toi!

***

Ah, Nécromancie chérie!
Ah, Sorcière érudite!
Enseigne-moi l'art,
Que j'inocule la peine,
Que docteurs en vain apaisent,
Ni qu'aucune herbe de toute la plaine,
Pourrait guérir!

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie

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Publié le 29 Avril 2015

CES FEMMES QUI ONT FAIT L'HISTOIRE...Rosa Bonheur.

Rosa Bonheur (née à Bordeaux en 1822 et morte en 1899 en Seine et Marne)

Marie-Rosalie Bonheur, peintre et sculptrice Française, s'est imposée à force de détermination et grâce à son talent sans borne dans le monde de l'art ; captivée par le dessin dès l'enfance, elle alliera à sa passion pour les animaux la peinture et deviendra la plus grande peintre animalière de son temps, exposant dans le monde entier. A talent hors du commun, tempérament et vie hors norme, c'est ce que nous allons découvrir au travers du vent de liberté qui souffle sur cette destinée glorieuse déjouant les interdits moralisateurs de son siècle...

Garçon manqué, elle sera élevée à la campagne avec ses deux frères, à une époque qui considérait les femmes comme mineures et incapables. Son père, idéaliste, peintre paysagiste et professeur de dessin, étant très en avance sur son temps quant au statut des femmes, initiera de la même façon ses enfants aux arts, les encourageant tous à suivre sa propre voie, le talent ayant précocement éclot dans la fratrie. Elle quittera la campagne Girondine en 1830 afin de rejoindre, accompagnée de sa mère et de ses frères, son père à Paris, et deviendra élève dans son atelier après avoir été apprentie couturière après la mort de sa mère en 1833. A 14 ans, elle rencontre le grand amour de sa vie, Nathalie Micas, qui deviendra peintre elle aussi, dont le père commande un portrait à Raymond Bonheur, son propre père. Elles ne se sépareront plus qu'à la mort de Nathalie, en 1889. Elle expose pour la première fois au Salon de sculpture et de peinture de Paris à à peine 19 ans, et s'y fera remarquer en obtenant ne médaille de bronze. En 1849, elle succédera son père, qui vient de mourir, au poste de directrice de l'école gratuite de dessin pour jeunes filles. Montant à cheval comme un homme, fumant le Havane et s'habillant de vêtements masculins avec l'aval d'un permis de police qui lui était accordé pour raisons médicales, jamais pourtant, la moindre ombre ne vint ternir le tableau de sa réputation. Ses contemporains iront même jusqu'à la comparer à George Sand, pour son amour pour la campagne et ses manières masculines. C'est grâce à son oeuvre «Le marché aux chevaux» en 1853, qu'elle acquiert une notoriété lui valant une reconnaissance internationale, alors même que les femmes n'étaient pas admises au conservatoire. Après 1855, toute sa production étant vendue d'avance, elle ne paraît plus au Salon. Forte de ces succès, en 1865, l'impératrice Eugénie, qui l'avait déjà visitée l'année précédant dans son très grand atelier qu'elle fit construire à By, près de la forêt de Fontainebleau, où elle vit avec Nathalie, Madame Micas mère et sa lionne Fatma, en liberté -non sans aménager des espaces pour ses autres animaux-, viendra lui remettre en main propre les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur, ce qui fera d'elle la première femme artiste à recevoir cette distinction. Elle recevra une panoplie de Sioux, des arcs, et des flèches de la main de Buffalo Bill en 1889, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris alors qu'elle l'avait invité chez elle. Rosa refera sa vie avec Anna Klumpke, une autre peintre, qui lui survivra.

De nos jours, il est toujours possible de visiter son atelier au musée-château de By, près de Thomery.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Figures féminines, #Féminisme

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