Publié le 29 Janvier 2017

Ma fille a fait un bisous à A en cachette de E. Elle m'a expliqué qu'en fait il était amoureux des deux, mais qu'il la préférait à E, il le lui avait dit. Je lui ai demandé comment elle se sentirait si A et E se faisaient des bisous en cachette? Et ce qu'elle ressentait en pensait qu'il était aussi amoureux d'E? Si cela lui faisait de la peine? Si elle était sûre qu'il ne disait pas la même chose à E? Finalement elle préfère K ou V qui ne sont amoureux que d'elle, car en plus ils sont gentils, font des blagues et sont intéressants. Mais elle ne sait pas quoi leur dire, elle me dit être timide.

Curieusement j'ai toujours trouvé très très sadique de faire endurer à plusieurs personnes (femmes ou hommes) de se concurrencer et de faire des "efforts" afin de séduire quelqu'un-e. Non seulement celles (ou ceux) mis en compétition se soumettent a une règle dégradante, humiliante et inique en acceptant de souffrir (ces masochistes), mais en plus que se cache-t'il de forcément déviant dans le coeur (ou l'esprit) de l'affreux/se narcissique qui jouit d'autant de pouvoir sur autrui en les abaissant à des rôles d'objets à sa disposition? Bon, il aura fallu que j'ai près de quarante ans pour savoir ce que c'est d'avoir deux personnes en tête (oui, chez moi l'un-e chasse systématiquement l'autre et encore c'est si j'ai vraiment été malmenée, à bout de patience et de ce que j'avais a donner) et d'avoir envie des deux, de me sentir proche des deux au point que je serais bien embêtée si je devais choisir tant les deux m'attirent. Disons que le militant à temps plein fait écho à mes propres axes de vie et que je suis particulièrement allergique aux piqûres du scorpion, que je connais tout de même un peu mieux que le premier et que je trouve irrésistible. Dans tous les cas ils m'émeuvent tous les deux, je les désire tous les deux, juste assez pour alimenter quelque rêverie. Mais, si je venais à constater qu'ils étaient tous les deux attirés par moi, il ne me viendrait pas à l'esprit de les mettre en concurrence afin de les départager, voir de leur imposer des épreuves et que le meilleur gagne. Non non non. 

Vous devez vous demander où je veux en venir. En fait, la compétition, c'est l'un des piliers de notre société, nous ne sommes pas éduqué-e-s dans le but de nous améliorer ou de coopérer mais plutôt d'arriver en tête en battant l'autre. Oui, battre. Gagner, être le premier, dépasser les autres et non se dépasser à soi-même. Evidemment, vous l'aurez remarqué, certains ne reculent devant rien, n'existant même qu'en écrasant autrui, se sentant vivre quand ils jouissent de la souffrance qu'ils infligent. Cela vous parle? C'est commun, et pourtant, c'est pervers. Alors c'est vrai qu'il arrive à tout le monde d'être blessant-e plus ou moins inconsciemment, l'être humain peut être génial mais il est aussi fait d'orgueil, de narcissisme, de pulsions. Mais tout le monde ne prend pas plaisir à faire mal, certain-e-s font même tout ce qui est en leur pouvoir pour être le plus bienveillant possible. Ce monde est violent, régi par la violence, et rien, à part peut-être la prise de conscience des femmes, ne m'inspire plus réellement confiance, trève d'optimisme :  mon coeur se serre en pensant que les élections amerloques vont se traduire dans la pensée collective et universelle par l'exclusion et la violence, l'intégrisme, la misogynie, l'homophobie, l'antisémitisme, le racisme. Il faut programmer d'avoir à faire face à la malignité dans les années à venir, on sait bien que les states donnent souvent le la, alliés à un autre fou qu'est Poutine contre une non moins prétendue islamisation de l'Occident. Si au moindre combat de coq, nous sommes foutus, même sans -et ce sera tellement plus pernicieux, insidieux- il faut se dire que cette vague scélérate, à moins que l'on ne se distingue lors de ces élections, va nous ensevelir et nous regarderons impuissant-e-s s'effondrer ce qu'il nous reste de bases saines, justes et égalitaires. C'est un peu, en effet, une guerre idéologique : quand on entend que la Russie revient sur sa loi contre les violences intra-familiales par "tradition" ou que les Républicains font censurer une mesure contre la violence éducative ordinaire en excluant  «tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles» de la règle civile devant être lue aux couples au moment du mariage, ou en lisant les commentaires haineux des droites extrêmes contre la Women's March ou les tensions certaines à l'Assemblée pour l'adoption de l'extension au numérique pour le délit d'entrave à l'IVG, ou les circonstances de la mort de Pateh Sabally, cela, je le répète, ne m'inspire rien qui vaille.

 

 

Il n'est jamais trop tard pour se reconvertir, professionnellement ou pas d'ailleurs, se former, reprendre les études en fonction des besoins sociétaux actuels. J'ai 25 ans encore à tirer, autant mettre coeur et esprit à l'ouvrage. Courage et sororité!

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société

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Publié le 21 Janvier 2017

L'impact du porno sur la sexualité des hommes a pour conséquence directe la souffrance psychique que cela génère chez les femmes qui brident forcément leur désir ne se sentant elles-mêmes pas désirées pour ce qu'elles sont mais plutôt objétisées, comparées, remplaçables, jetables, non désirables, infériorisées. Je sens poindre encore l'ultime attaque de névrose que je prends de plein fouet à chaque fois que j'aborde le lien très serré entre le désir qu'éprouvent certaines femmes et la capacité qu'ont leurs amants à les érotiser (au sens noble : l'érotisme n'est pas un vice, ni perversion, ni pornographie) c'est à dire à connaître d'autres éthers en fantasmant une joute érotique avec elles. Non, je ne parle pas que de cul, de pénétration, de cuni ou de fellation, mais de tout cet avant plein de promesses, à la fois tendres ou coquines, sensuelles ou torrides, cet avant où l'on ne s'effleure qu'avec les yeux -miroirs des âmes- où nos inconscients se mêlent pour des joutes exquises ... cet avant où l'on s'accorde quel que soit le degré d'intimité désiré (purement sexuel, affectif, intellectuel, spirituel) cet avant où l'on se met au diapason, où l'on se mord, où l'on se pique, où l'on s'entraîne dans les profondeurs abyssales. Alors certes, il y a un avant, le tout premier, et ceux qui suivent : cet avant, c'est le royaume du désir. Une connivence entre deux amant-e-s qui s'interpellent au plus profond sans forcément s'être touché-e-s, c'est une vibration qu'il me plait d'imaginer telle un bouclier protecteur, celui derrière le quel les amant-e-s se trouvent et se retrouvent, communient plus qu'ils ne communiquent, se mêlent et se nouent. Oui, je sais, ça plombe un peu l'ambiance, c'est hormonal paraît-il, le cerveau qui nous jouerait des tours, sans détour. Les troubadours ne le savaient pas quand ils créèrent l'amor de lonh, celui où l'on ne se touche que par la pensée ... au moins pendant un temps. Oui je sais, c'est rome antique, je l'assume parfaitement, au moins autant que j'assume aimer brûler d'un désir plus violent, avide, possessif et les joies du rough sex. Enfin dans mes fantasmes, car je suis à jeun depuis plus de 6 ans (j'ai mal à mon gras et les pro-féministes ne courent pas les rues mais j'ai faim de tout, miam ... j'ai un séducteur nombriliste ou deux qui m'ont mise en appétit ces sadiques ... je les pendrais bien par le nez à un hameçon géant pour les jeter aux requins 凸(`⌒´メ)凸) et je suis encore dubitative quand je repense à mon ex pourtant violent en dehors du sexe, qui ne faisait que l'amour et qu'en douceur, se sentant "sale" dans certains de mes commandos armés et trouvant ma lingerie sexy comme porte ja' en dentelle et autres corsets trop sulfureux à son gout. Maudit complexe madone et catin institué par les pères de l'église, j'aurai ta peau.

 

La problématique du porno, c'est qu'aujourd'hui avec internet tout le monde y a accès en un rien de temps sans la moindre surveillance et que donc [c'est le plus terrible] des gosses à peine sortis de l'enfance y trouvent matière à parfaire voir carrément à instruire leur éducation sexuelle. Le sentiments, la romance, le respect, le consentement, les préliminaires, le désir même sont vandalisés, les femmes rabaissées, humiliées, violentées et les pratiques de plus en plus hard sont devenues le commun au grand dam des actrices de films X qui acceptent, selon Ovidie, des condition de travail absolument insoutenables. Le problème, c'est qu'à un moment donné, cette perversion instillée au goûte à goûte s'est étendue insidieusement au point que nous sommes dans une permissivité laxiste et relativiste tolérant ce que jamais nous ne devrions, au moins afin de préserver l'innocence. Je pense à un Polanski par exemple, poursuivi par les EU pour des faits "graves mais anciens" selon A. Azoulay Ministre de la Culture, ayant drogué et violé une mineure de 13 ans, qui aujourd'hui est nommé président des Césars : n'y avait-il personne de plus ... exemplaire? Un choix éthique et juste n'est-ce pas ce qu'attend le public, finalement? Autre exemple, cette affaire de réseau pédophile sur Youtube, vous me demanderez le rapport, mais c'est des causes aux effets ... Les trois P, Prostitution, Pornographie et Pédophilie, les trois piliers du patriarcat. Ici l'un de ces piliers, que le féminisme vise bien entendu sciemment : la pédocriminalité. Oui car on évitera de dire [pédo] philie : philia φιλία est le mot grec qui exprime le sentiment qu'est l'amitié, et de fait la réciprocité dans ce lien. On considère qu'un élève par classe est victime d'inceste ... Quand les gosses font leur éducation sexuelle sur uporn, que le sentiment est devenu le boulet des "faibles", que le respect et le consentement ne sont plus transmis dans l'éducation, que la violence et la domination sont des codes sociétaux forts, cela donne un bien vilain horizon, surtout pour les filles et les femmes, à priori, mais pour les garçons et le hommes aussi, qui deviennent pervers en devenant addicts à cette violence, car cela en est, de la violence. Et quand on lit les témoignages de paye ton bahut/ta fac/ton couple/ta robe/ta blouse, c'est à pleurer. Pour prendre conscience de ce qu'est réellement la misogynie au quotidien, il n'y a pas mieux !

 

Bref, pas de quoi vouloir faire des gosses/construire ou sauver un couple avec ce genre de personnalité formatée par ce qui relève d'une éducation genrée, c'est un conditionnement sociétal, un barbarisme dont je me demande bien le but? Quand j'écoute certains conseils sexo assez communs comme "imaginez faire l'amour avec qqn d'autre pour mettre du piment"  ou "les femmes désirent leur homme quand il les trompe, car ce qui attise le désir, c'est le manque" je dois avouer que je me sens particulièrement mal à l'aise : l'autre n'est pas une poupée gonflable (et dire qu'il en est commercialisé qui ressemblent à des enfants, spécialement pour les pédocriminels) et l'exclusivité plutôt que le manque peut, aussi, attiser le désir, des femmes. Là encore, objection patriarcale de subir des relations toxiques où l'on se fait humilier et rabaisser sous prétexte que les hommes seraient "comme ça". En fait, les sexologues étant souvent des hommes, (il est mal vu qu'une femme s'intéresse, affiche ou vive librement sa sexualité), il n'est bien entendu jamais question d'abandonner certains privilèges! C'est donc demander aux femmes d'endosser un rôle maternel et sacrificiel en acceptant et endurant des souffrances intolérables sous prétexte qu'elles servent la toute puissance du sacro-saint phallus. En fait, c'est pervers. Et je doute que les hommes, amoureux, supporteraient à ce sujet 1/3 de ce que l'on subit à être mises en permanence en concurrence, pornifiées, humiliées. Bien entendu, il faut aller au delà du cas individuel, et voir les causes, ainsi que les effets. A qui profite réellement la stimulation de ce désir masculin vagabond si savamment orchestrée et cette pornification des femmes dont on s'évertue à éteindre le désir, diabolisé depuis la nuit des temps? Ah mais oui, à la préséance de la domination masculine!

 

Donc en cette journée extraordinaire de marche mondiale des femmes contre l'investiture du Trump je vous dis, avec sororité, qu'on ne se laissera pas abattre, la porte est et restera toujours ouverte, chez moi.

 

Edit du 22/01 à 21h17

 

Ouh là là, fallait s'y attendre, si certains estiment ce billet carrément initiatique d'autres réclament le porno comme un droit (comme ce fut le cas avec la prostitution) nous disant  "insurgez-vous plutôt sur la maltraitance Animale que sur des vidéos de cul qui rendent service" ou d'autres encore estimant que *pudibonderie* les représentations sont tabous car le sexe serait un aspect rejeté de la vie. Ils ne savent plus quoi inventer pour pouvoir continuer à se masturber sans culpabiliser, ces amateurs de voyeurisme. Alors bien entendu, on va commencer avec l'hypocrisie nauséabonde, genre, nous demander de nous insurger contre la maltraitance animale plutôt que contre les maltraitances faites aux femmes sous prétexte que certains ont besoin du porno pour avoir une érection ... pauv' gars! Ensuite, il n'est pas question de rejeter les représentation de l'éros, mais de faire en sorte qu'il reste intimement lié à la psyché afin que s'épanouisse la volupté ... mais pour les deux amants, pas que pour un seul! Les femmes ne sont pas au service des hommes, et dans le porno, elles sont trop souvent violentées, humiliées, rabaissées. Les hommes n'ont pas plus de libido que les femmes, et s'ils travaillaient plutôt à faire croître le désir et la tension érotique de leur amante, ils connaîtraient des merveilles qu'aucun porno ne pourrait remplacer : pourquoi les femmes rendraient-elles services, comme esclaves sexuelles, aux hommes? Là on parle de porno, pas d'érotisme et il n'est que très très très rarement question de l'érotisation du corps des hommes à destination des fantasmes des femmes. Du reste, je n'ai pas d'érection (clitoridienne) en me rinçant l'oeil sur un homme dont je ne sais rien de son "intérieur" (sa psyché)... un abruti, un mec creux, fasciste, intégriste, islamiste, nazi ne me donne pas envie, qu'en sait-on sur papier glacé? Excusez-moi de ne pas donner dans la superficialité : les hommes seraient-ils tous aussi peu profonds? Mais il est vrai que je suis sapiosexuelle, je vous en demande un peu trop. Les femmes ne sont pas des objets prédestinés à vous faire dresser la verge messieurs, ni juste là pour votre bon plaisir. Ce qui est réellement tabou, c'est la violence et l'humiliation que subissent les femmes sous prétexte que "ça rend service" à des frustrés sans le moindre égard pour l'objet de leur désir, tant qu' ils jouissent. C'est pervers. Et puis, franchement, il y a des Clubs où l'on peu s'exhiber, regarder, échanger, caresser, lécher, pénétrer, se faire pénétrer, attacher, soumettre (...) l'entrée est payante, réservée aux adultes consentant-e-s et où l'on peut s'adonner à tous types de fantasmes (je ne parle pas de cruauté ni de perversion) en étant, dans le feu de l'action, conscients de la condition et du consentement des participant-e-s et de la façon dont les femmes (et les hommes) sont réellement traité-e-s. What else?

 

Edit du 30 Janvier à 21h

Ce matin, alors que j'avais publié ce billet dans le groupe "Pour une éthique contemporaine", sur facebook, l'un des administrateurs, au près du quel je défendais que la pornographie n'aidait pas à la jouissance féminine car trop violente, m'affirmait au contraire que le porno aidait à l'épanouissement de la sexualité des femmes, et soulignait mon puritanisme (lol). Il s'agit de Gérard Vignaud, psychologue et psychanalyste, président de l'Institut d'éthique contemporaine, dont les deux dernières conférences avait pour thème la femme libre. Depuis, j'ai été éjectée du groupe sans préavis, et mon billet aurait été supprimé, lui aussi, selon un membre de l'Institut avec le quel j'ai discuté en messagerie privée. Si quelqu'un connait ce Monsieur, saluez le de ma part et proposez-lui plutôt de revenir aux basiques et de se former en éthique humaniste, car la misogynie et l'irrespect flagrant dont il a fait preuve, sans compter le déni de la violence en question, -ce qui est le propre des pervers- sont hélas le pâle reflet de ce que les femmes ont a subir quand il s'agit de leur sexualité. J'adore quand un vieux bitard veut m'expliquer ce qui doit ou non m'exciter. 

"On entre en éthique quand, à l’affirmation par soi de sa liberté, on ajoute ... la liberté de l’autre ..." Paul Ricoeur (piqué sur leur site, à mourir de rire)

Good night

 

Illustration Emily Balivet, Les trois Parques, ou Moires

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Sexualité

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Publié le 17 Janvier 2017

Non, je ne t'écrirai pas, ce serait juste pour maintenir un lien que je veux indéfectible et je sais qu'il n'en est rien. Je t'ai trop investi, je ne renie rien ni ne veux faire marche arrière, mais la confiance rompue, à quoi bon aller plus avant? Pourtant, j'en ai, des choses à te dire. A toi, et à toi seul ... c'est le gout que tu m'as rendu, celui du partage, de l'intime. Celui qui fait mal, celui qui m'épuise, qui me voit me réveiller en sursaut en pleine nuit, qui me donne des palpitations, qui me frustre, qui m'endolorit ... qui m'écorche. Désespérance. Je ne te remercie pas, je ne m'ouvrirai plus, c'est fini, même si j'ai envie de lui : il n'est pas sadique.

 

Non, je ne t'écrirai plus, à quoi servirait de te dire le mal qui me ronge à part nourrir le pouvoir que tu as sur moi ipso facto?

 

Je me rends donc au silence, en silence. Et ne veux plus prononcer ton nom ni entendre parler de toi.

 

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Manipulation

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Publié le 14 Janvier 2017

Ce livre est une véritable révélation pour moi, tant il concentre tous les sujets de réflexions qui m'animent depuis l'adolescence. Non pas que j'y apprenne beaucoup, mais quand la Société te met dans la marge tant tes sujets de recherche et ta pensée sont singuliers, il est vraiment salvateur, cet écho. Bien-sûr, Jacqueline Kelen n'est parfois pas tendre, notamment avec certains de mes défauts ou mauvaises habitudes, mais que je suis foncièrement encline à corriger : le simple fait de savoir que nous sommes au moins deux à avoir ces réflexions sur l'amour et le divin -en soi, et celui que la vie nous intime à partager- est absolument libérateur. Je vais enfin pouvoir reposer en paix, sans me demander sans cesse ce qui ne tourne pas rond chez moi pour être a ce point habitée par cet esprit ardent, que je devine aujourd'hui contagieux.

 

Jamais je n'aurais pu imaginer que mon rapport à l'amour, à la vie, à la spiritualité, au féminin, au sacré, pouvait être aussi familier à une autre femme ... que j'ai découverte au hasard d'une vidéo où il était question à la fois des cathares, du trobar, de la fin'amor, des fedelis d'amor, d'éros et psyché, du complexe madone et catin, de la misogynie des Ecritures dites saintes, de poésie et d'[extase].

 

Exquise, cette femme et exquise et parle un langage qui fait scintiller toute la poussière d'étoiles en mon âme. Quelques extraits (mais pas trop) du début du livre "Un chemin d'ambroisie" de J.KELEN, que j'ai dévoré. Elle a été productrice à France Culture 20 ans et est l'autrice d'une 30aine d'ouvrages. Elle est d'une spiritualité qui sonne avec authenticité. Je recommande vivement cet ouvrage, qui rend assurément ses lettres de noblesse au plus mystérieux des sentiments...

 

"Je comprends que le manichéisme, puis le catharisme aient voulu résoudre cette sombre énigme en évoquant le Démiurge mauvais, créateur de ce monde."

"Lorsque deux fins amants ont célébré le rituel d'amour, ont communié et louangé dans cette secrète liturgie, désormais la prétentieuse sexologie, les bizarreries érotiques et les élucubrations freudiennes leur paraissent totalement dérisoires." 

"Mais pour les catholiques bien endoctrinés, l'appel de l'éros et, pire, le consentement à l'éros ont fait naître en eux un nouveau péché, la culpabilité. C'est même une caractéristique majeure du psychisme des catholiques."

"Le château de l'amour se construit par le toit. Et ses plans sont d'abord tracés dans le ciel."

"Peu de préceptes religieux résistent lorsqu'on évacue de la psyché humaine la peur, la honte et la culpabilité. Plus précisément, ce qui résiste n'a rien à voir avec la morale ou l'endoctrinement : c'est le message spirituel vivant." 

"Le côté du coeur joue volontiers des tours à la femme Celle-ci préférera souvent le malheur, l'exil et le châtiment, mais avec l'homme qu'elle aime, plutôt que la liberté, la joie et la beauté vécues solitairement."

"On n'épouse pas une femme libre. Mais celui qui aimerait véritablement une femme libre aurait pour seul désir de devenir libre lui aussi."

"Le lien est tissé menu entre une vie spirituelle authentique et la vie amoureuse que l'on y mène, y compris dans les relations sexuelles : ce qui est en Haut (les réalités célestes) résonne dans ce qui est en Bas (les éventements terrestres, la condition humaine et charnelle) ; et ce qui vit en bas réjouit ou afflige l'en Haut. L'érotique désigne précisément le lien indissoluble, forcément amoureux, entre l'en Bas et l'en Haut."

"A ressasser la douceur de la virginale mère, il devient pour un homme impossible ou effrayant de s'abandonner à l'amour de la femme."

"Comme la plupart des femmes préfèrent avoir un homme dans leur vie plutôt que de manifester l'Eternel Féminin et d'éclairer le monde par leur esprit, il y a infiniment plus de gentilles ménagères rebaptisées muses que de femmes éveilleuses et créatrices. Celles-ci sont le plus souvent solitaires, à la fois par gout, par destin, et par défection masculine."
 
 

 

Avec sororité, 

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Publié le 9 Janvier 2017

Il semblerait que le ton de mes derniers billets, réactionnels, écrits sur le coup de la colère, aient pu heurter certaines sensibilités. Il est vrai que je n'avais pas mis de gants. Bien entendu, le problème ce n'est pas l'homme en soi, mais le système patriarcal qui oppresse les femmes, du moins celles qui se veulent libres. Alors moi, ce qui me dérange, c'est que ce soit la forme et pas le fond qui ait interpellé, c'est à dire qu'on me soupçonne de misandrie plutôt que de s'indigner des exactions que je dénonce sur mon blog.  Ce que je trouve finalement assez symptomatique de l'aveuglement actuel quand il s'agit de remettre en question la suprématie du sacro saint phallus. Alors c'est vrai, j'ai choisi d'offrir à mes filles, à mes soeurs, à mes nièces de pouvoir s'épanouir en ce monde quoi qu'elles aient envie de faire de dire et de porter demain en combattant le sexisme et la misogynie où qu'ils se trouvent. Oui, parfois je suis déroutée (j'avais écrit dégoûtée, mon correcteur a fait des siennes, j'ai laissé) par les hommes, qui sont rappelons-le à l'origine des guerres, et la plus part du temps de la violence en général (meurtres, viols, pédophilie, agressions, vols, casses etc), des extinctions massives d'espèces et de la destruction de la planète : j'abhorre clairement et sans honte leur gout du pouvoir et de la domination. Oui je sais, #NotAllMen. Minimiser et invisibiliser ceci c'est faire la part belle à toutes ces exactions, silencier les victimes en donnant de la puissance aux bourreaux. Mais parfois ils m'attendrissent et m'émeuvent aussi -les hommes, pas les bourreaux-, certainement devrais-je le dire plus souvent, afin que les choses soient claires. En fait la vérité vraie c'est que je les aime tellement, je les considère tellement comme mes égaux en humanité que je ne leur laisse rien passer ; certain-e-s me diront trop idéaliste, mais n'est-ce pas ce qui fait tendre l'être humain-e vers le haut? N'est-ce pas ce qui donne envie de se dépasser et de d'envisager l'autre, toujours, sous son meilleur aspect, au summum de ses possibilités? Pourquoi n'aurais-je pas le droit de rêver la Cité Idéale? Je dis souvent "ce que mère pardonne femme ne pardonne point". Cela veut dire que nous sommes tellement conditionnées à endurer et à pardonner parce que ça a toujours été comme ça que le moindre mouvement de révolte de la psyché (où devrais-je écrire Psyché) est considéré comme problématique et rencontre de nombreuses oppositions tant la gent masculine n'a pas l'habitude d'être responsabilisée sur ces affaires là. Parce que la violence est associée à la puissance de la virilité dans ces enjeux de pouvoir. Celle d'un mâle dominant quoi, pas d'un homme. Croyez-vous vraiment que c'est en les infantilisant comme le ferait une mère que nous allons avancer sur cette question précise de la non-violence?

 

Tous mes espoirs sont dans mes voeux d'égalité donc, à la plume d'oie, sur le papier parchemin d'un carnet en cuir.

 

Avec sororité,

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme

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Publié le 8 Janvier 2017

Facebook a fermé "Babylone 2.0".

+ de 50 000 mecs, jeunes et moins jeunes, partageaient des photos [souvent volées, et sans autorisation, cela va de soi] de leurs conquêtes nues, ou en tenue sexy, dans un groupe secret, et se marraient ensemble à commenter leur physique, et leurs exploits sexuels. 50 000. 50 nuances de mépris, de violence, de souffrance, de tentatives de suicide, d'intimidation, de chantage, de sadisme, de perversion, de menaces, de honte, de culpabilité. 50 nuances de misogynie. 50 nuances de mort, physique ou psychique. Facebook avait autorisé la publication de ces images alors que les photos des FEMEN, la toile "L'origine du monde" de Courbet ou la Marianne de Delacroix sont floutées quand elles ne sont pas carrément supprimées pour avoir été signalées en masse. Donc en fait, Facebook a fermé Babylone 2.0 juste parce cela a fait des vagues, et que la presse, alarmée par les féministes, a relayé cette information de la plus haute importance.... La peine encourue est de 2 ans de prison et 60 000€ d'amende depuis peu, selon l'article 226-1 du Code Pénal. Les moralistes vous diront que les filles sont responsables de s'être laissées prendre en photo. Alors, souvent d'abord, les filles et femmes ne savent pas qu'on les a prises en photo, ensuite, l'érotisme au sens noble n'est pas perversion : ce jeu peut et devrait être un piment pour deux d'amant-e-s amoureux-ses et respectueux-ses l'un-e de l'autre... le fantasme serait donc prohibé au sein du couple et affiché partout dans la pub? Oui mais voilà, c'est sans compter sur la perversion de ces Messieurs, estimant que le corps des femmes leur appartient. En général, ils préfèrent plutôt détruire une femme qui les a fait planer grave plutôt que d'imaginer qu'elle en fera planer un autre. Alors ils ne lésinent pas sur les moyens, pour lui faire mal. Une pétition est en cours ici notamment pour une journée de sensibilisation des jeunes générations.

C'est bien ça le plus difficile à vivre quand on a toujours aimé, respecté et eu confiance aux hommes ... quand on a toujours cru en l'amour ... de se dire qu'en fait ... ce n'est peut-être pas [vraiment] réciproque, et préférer se faire des plans sur la comète sans eux, plutôt que de tenter l'aventure à nouveau -pour la énième fois- car entre toutes ces les techniques de manipulations perverses vendues à prix d'or, le porno qui a fait de la femme un objet consommable, interchangeable et jetable, les masculinistes qui se battent contre les droits des femmes, sans compter les briseurs de femmes libres en bandes organisées et les intégristes religieux qui voilent les ambitions des femmes cherchant à se réaliser en dehors de la maternité ... on n'ose plus croire en l'amour hétérosexuel, ni en faire un moteur, ou un principe éducationnel ... Un homme vraiment bien, ça ne court pas les rues ... faut arrêter de laisser nos gamines se shooter à cet opium qu'est l'amour et que lui inculquent les romances Disney. Et je plussoie l'équipe de Two Girls 1 Mag qui explique si bien, -ironiquement, en remerciant les hommes- que la peur qui nous anime toutes et que nous nous transmettons de soeur en soeur et de mère en fille, d'être moquées ou fantasmées, publiquement humiliées, et qui engendre d'avoir à choisir finalement entre célibat ou paranoïa, pèse lourd sur notre capacité à pouvoir accorder notre confiance.

 

 

Mais si mon dégoût s'arrêtait ici ... j'en suis bouleversée.... les soldats Français ayant violé des femmes et des enfants en Centrafrique ne seront pas poursuivis, l'affaire est étouffée. Comment les hommes peuvent-ils être aussi pourris, la justice aussi vermoulue et les politicards aussi corrompus? Si ils et elles avaient étés des femmes et des enfants blancs, est-ce que cela aurait changé quelque chose? Le viol est un crime de guerre, le viol est acte de cruauté dans les conflits armés, quelle que soit la guerre, quelle que soit la couleur de peau ou la nationalité des hommes : la perversion XY... Non, le viol n'est pas du sexe, pour sexer il faut être deux à consentir, à désirer. Le viol c'est de la domination, des pulsions prédatrices et mortifères, une agression, de la violence, un crime. Le viol, c'est considérer d'autres êtres humains comme des objets à sa disposition, c'est déchoir en humanité, c'est n'être plus qu'une sous-merde parmi les hommes. Ne pas condamner c'est être complices, cautionner. On sait à quoi s'en tenir. J'en avais touché deux trois mots ici il y a quelques années.

Ma dernière amertume cette semaine concernera Christophe Béjach ancien conseiller de Montebourg à Bercy, condamné (qu') à du sursis pour avoir envisagé des clichés pornographiques avec trois petites filles et planifié un rapport sexuel avec la plus grande, de 12 ans. Il a été retrouvé dans son ordi des images de pénétration d'enfants. Du sursis. Il était dépressif le pauvre. Sinon, il y a aussi la gamine de 12 ans violée par 10 garçons, dont 1 majeur, ou le réseau pédophile de Youtube. On pensera à ces révoltantes affaires de raids anti-féministes qui défrayent la chronique actuellement, et encore, vous vous doutez bien que cette haine distillée publiquement n'est que la partie visible de l'iceberg. Pas besoin de creuser beaucoup, les joyeusetés tombent du ciel.

Ces exactions patriarcales, cette perversion XY que vous êtes encore bien trop nombreux et nombreuses à ne pas vouloir voir corrompent l'être humain-e, avilissent l'humanité et détruisent la planète. Je n'en suis pas exempte mais je travaille à mon amélioration ; c'est ce que les cathares appelaient le melhorament, quoi qu'en disent les religieux du Livre conditionnés par les dogmes qu'ils associent à une toute prétendue loi divine. Alors dites vous bien qu'il n'y a pas de trop petite pierre quand on construit une meurtrière dans un rempart, et qu'ignorer une injustice, c'est prendre le parti du tortionnaire. Je terminerai avec la savoureuse et caustique écrivaine Jaqueline Kelen, qui a été productrice à France Culture pendant 20 ans, dont j'adore la plume suave et bien trempée dans son ouvrage "Un chemin d'ambroisie" : " Je comprends que le manichéisme, puis le catharisme aient voulu résoudre cette sombre énigme en évoquant le Démiurge mauvais, créateur de ce monde. "

 

Avec sororité.

 

 

J'avoue

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminicides, #Féminisme, #Manipulation, #Femen

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