Publié le 19 Février 2017

Si je me prête à ce jeu aujourd'hui, c'est qu'il est souvent question d'obscurantisme quand il s'agit de religion, et que le catharisme n'y coupe pas : qui se sera intéressé au sujet de près aura pu constater qu'il attire bon nombre d'illuminé-e-s plus ou moins sectaires, plus ou moins dangereux, et que dans tous les cas il est un ciment très prisé pour les conflits d'ego, ce qui est diamétralement opposé à l'esprit, s'il en est, cathare. Ce qui suit n'est que ma définition personnelle, que je ne cherche bien entendu pas imposer à qui que ce soit, mais qui peut, peut être, éclairer d'autres chercheuses-eurs en marche vers ce pacifisme décomplexé. Ce billet permettra en outre aux militant-e-s féministes qui me connaissent plus ou moins de lever certains doutes quant à un éventuel prosélytisme et aux abonné-e-s de mon blog de savoir avec plus de précision de quelle façon je me situe personnellement face aux différents courants que représentent le catharisme actuellement.

 

Tout d'abord, même si je milite pour l'accès à l'ordination des femmes quelles que soient les religions, -ce qui était déjà le cas en catharisme au Moyen Age-, je n'envisage pas le catharisme comme une religion à proprement parler, faite de dogmes et de rites mais plutôt comme une spiritualité de la transcendance de l'être aspirant à une paix profonde et à une connaissance de lui-même et du monde tout aussi approfondie. Je rejoins rarement Freud mais pour le coup je dois avouer qu'il me semble avoir raison quand il exprime que le besoin du religieux, du père, est immaturité flagrante : récemment, j'expliquais que les religions, dans leur ensemble, infantilisent. Agnostique plutôt qu'athée, c'est à dire me questionnant plutôt qu'affirmant mon intime conviction, j'appréhende d'un très bon oeil que les dits cathares aient abordé le problème de la divinité en parlant de bon ou mauvais principes, et aient considéré l'ordination en elle même comme le fait de s'ouvrir à l'entendement du bien. Pour le reste, j'ai fait mienne l'approche d'Abraham Maslow, père de la psychologie humaniste, estimant que chaque être humain est susceptible de connaître des états paroxystiques ou autres extases, le fameux sentiment océanique du Nobel de Littérature pacifiste et humaniste Romain Rolland, proche de la féministe Malwida Von Meysenbug et fervent opposant à la première guerre mondiale : on a trop tendance, aujourd'hui, à refuser aux individus d'être animés par des valeurs spirituelles ou humanistes (d'autant plus s'il s'agit de féminisme) fortes, de partir à la découverte de leur psyché ou de défendre avec convictions leurs idées et droits, d'expérimenter des états de conscience modifiés sous prétexte que la psychiatrie les assimilerait à des délires. C'est l'éternel problème : qu'est-ce qui est réellement démentiel, qu'est-ce qui ne l'est pas? Qu'est-il interdit d'aborder sous prétexte que nous n'en savons pas assez scientifiquement sur le sujet? Finalement, est-ce que je ne connais pas existe ou n'existe pas? Est-ce que ce que je ne connais pas est forcément condamnable, nuisible? Juste parce que moi je ne sais pas ou que cela ne me ressemble pas? Pour illustrer ces propos, je prends toujours l'exemple des extra-terrestres. Si demain Pierrette, Paula ou Jacqueline viennent me voir pour me dire qu'elles ont vu des extra-terrestres, je vais les croire. Je n'ai pas dit que je croirais aux extra-terrestres, mais je croirais qu'elles, en tous cas, elles croient en avoir vu. Pourquoi remettrais-je en question ce qu'elles me disent sous prétexte que moi, je n'en ai jamais vu? Et d'ailleurs, est-ce que parce que je ne les ai jamais vus, ils n'existent pas?

 

Le catharisme, ce n'est pas des gars qui croient qu'au paradis il y a 72 vierges qui les attendent, ou d'autres qui estiment qu'une femme respectable se doit de s'identifier à une sainte ayant enfanté sans se «souiller». D'ailleurs, ce sont bien ces croyances en particulier qui génèrent un viol toutes les 7 minutes, en France, sans compter les viols pédocriminels ni les viols conjugaux : n'est-il pas souvent reproché aux femmes d'avoir trop bu, d'être habillées trop court plutôt que de reprocher aux hommes de ne pas savoir maîtriser leurs pulsions, et ainsi d'être des criminels? Pourtant, le profil de l'archidiacre Frollo est assez commun, et c'est bien aux femmes, impures et tentatrices, que l'on demande de se voiler : est-ce à dire que [tous] les hommes sont incapables de se maîtriser? Quelle insulte! Le catharisme estimait que les esprits qui habitent les corps sont les mêmes chez les femmes et les hommes, et considérait donc chacun-e comme égal-e. Le catharisme, estimait que la violence et la souffrance sont fils et petit fils du diable, donc du mauvais principe -pour cette raison, ils rejettaient la croix et la crucifixion au sens large-, et que ce sont pourtant elles qui mènent ce monde où «dieu» n'a aucune part, hors mis dans le coeur des hommes. Oui, chez les cathares, le message de Jésus etait pris au pied de la lettre : dieu est Amour. D'où l'idéal de bienveillance absolue que nous leur connaissons. Les cathares estimaient néanmoins, que chacun-e pouvait avoir accès aux Ecritures dites saintes et les enseignaient à toutes et tous afin que chacun-e soit libre de se défaire de l'endoctrinement de l'époque, c'est à dire celui de l'église catholique laquelle estimait, elle, que seules les élites pouvaient être instruites ; mais tout cela n'avait-il pas vocation à maintenir les esprits dans l'asservissement et l'ignorance afin de mieux les manipuler? Le terreau était propice au vivre ensemble, spirituellement et humainement, au Paratge, à la mystique des amant-e-s qu'était (entre autres) le Trobar, qui fut une réelle valeur ajoutée de cette civilisation Occitane, celle où l'amour de dieu, quel qu'il soit, des femmes, des hommes et de l'humanité était réellement un but individuel et collectif : Convivéncia, Larguesa, Sens, Valor, Onor, une très belle trame d'écheveau qui fut endommagée -jamais détruite- par ce génocide culturel,  car elles rendaient peut-être trop conscient-e-s, trop libres .... En tous les cas, j'ai toujours défendu, en la matière, la valeur de Marie-Madeleine, l'apôtresse, l'initiée, l'amante, et la sagesse de son Evangile apocryphe. Cela ne changera pas. Et je propose, depuis des années, ici officiellement et très sérieusement, de lui associer la cardabelle tout comme le sont d'autres chardons pour les douleurs du Christ ou de la Vierge, en symbolisme. Pourquoi les siennes, en tant que femme et non mère, seraient-elles invisibilisées? Son Evangile (du Grec ancien εὐαγγέλιον «bonne nouvelle»), exprime pourtant très bien le rejet de Pierre qui l'humilie publiquement, Pierre ayant renié Jésus sur la croix, trois fois, et pourtant père du catholicisme... 

 

Question : que savons nous de la chimie du cerveau lors d'une assomption, d'une ascension et autres extases ... orgasmiques ? N'avez-vous donc jamais été ravis, vous aussi, par les anges? Les neurosciences proposeraient-elles, à l'avenir, des explications à certains états hors du commun sans passer par la pathologisation de la moindre hypersensibilité, intuition, soif accrue de liberté ou idéalisme?

 

 

Alors, il est vrai que je suis Carcassonnaise, et que chez nous, cette histoire est toujours vivante, vibrante, secrète, excitante ; certains n'y verront certes qu'une utopie mais n'a-t'on pas besoin de souffler dans les voiles de nos idéaux pour faire avancer nos embarcations? Devons-nous nous laisser abattre et accepter la violence si prégnante ici bas où nous sommes en pleine guerre idéologique et au bord de la guerre mondiale, assommé-e-s par toutes formes de radicalisations et autres terrorismes? Devons nous faire semblant de ne pas voir ce qui ne va pas? Ne peut-on pas envisager une nette amélioration, l'espérer, oeuvrer pour? Bâtissons, bâtissons.

 

 

Adelphiquement

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Catharisme, #Religion, #Spiritualité, #Occitanie, #Laïcité

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Publié le 14 Février 2017

Certains vous diront, chacun-e son rôle, et c'est précisément l'objectif des droites extrêmes et intégristes religieux mains dans la main : des fils immatures qui recherchent une deuxième maman pour les couver (repas, linge, ménage, éducation des enfants, bref toutes les affaires domestiques) par pur égoïsme car alors qu'elles s'affairent, corvéables à merci, eux se prélassent, s'amusent, s'instruisent, font carrière etc etc. La régression du partage des tâches ménagères est d'ailleurs un indice fort du sexisme qui anime l'inconscient collectif, pourtant, un homme qui se colle -lui aussi- aux tâches les plus ingrates au sein du foyer, c'est quand même ultra sexy et cela laisse plus de temps et d'énergie aux amants pour défaire les lits : faire ou défaire, à deux, c'est quand même mieux! C'est ici que l'on peut identifier me semble-t'il la naissance du complexe madone et catin, celui qui induit que certaines femmes seraient présentables publiquement, de bonnes moeurs, se pliant fort volontiers aux apparences que l'on sait tous parfois trompeuses, donc bonnes à marier car soumises et assignées à ce rôle d'esclaves sexuelles et domestiques, excisées symboliquement, et d'autres au contraire stimulantes et excitantes car plus insaisissables, indépendantes, libres et instruites, un peu à l'image que nous avons des courtisanes et autres femmes libres souvent assimilées à des prostituées dans l'antiquité parce qu'elles ne dépendaient d'aucun homme, du moins en particulier. Je parle là, bien entendu, de représentations symboliques, voir archétypales, dans la psyché masculine, il n'est donc pas question de cataloguer les femmes en fonction de ces deux critères, bien au contraire, c'est d'ailleurs l'objet de ce billet. Mais sexuellement, ce complexe oedipien divise : pourquoi donc y aurait-il la mère, respectable d'un côté et la pute, cristallisant toutes les pulsions, même les plus mortifères, de l'autre -vous conviendrez aisément que l'une et l'autre servent soit l'affect soit l'éros masculins-, WTF? Que ce soit dit, je sors les griffes pour protéger la sphinge en moi, que j'assume parfaitement ; et le p'tit Oedipe, ben il n'est roi, ni au pieu ni à table, faut pas pousser mémé dans les orties, et quand bien même, si je venais à dévorer un pénis, le mec repartirait quand même avec à la fin des débats ; vous me prenez pour qui? A moins qu'il ne me force à ce que je ne consens pas, et là c'est tant pis pour lui, quitte à passer pour virago!

 

Chroniques de Nuremberg

 

Madone et catin ... tiens mais ... ce ne seraient pas les «pères de l'église» qui auraient créé cette dichotomie dans les consciences afin de perpétrer l'infantilisation des êtres humains, instituant ainsi de la façon la plus vicieuse leur asservissement? Madone : Marie, la vierge mère de JC et la catin : Marie, apôtresse des apôtres et amante de JC ... l'une honorée et l'autre diabolisée tout comme le sont Lilith, la fée Morgane, les Amazones, ou la sphinge? La femme offrirait-elle à l'homme le pouvoir de se libérer au point qu'il n'ait plus besoin de croire en toutes ces bondieuseries? Serait-il en son pouvoir de proposer un éther au dessus du 7ème ciel, ou un paradis vivant, sur terre? Car oui, c'est en infantilisant qu'ils assoient leur pouvoir ; pourquoi s'appelleraient-ils pères sinon, d'ailleurs? Et pourquoi les êtres humains adultes que nous sommes auraient-ils besoin de parents de substitution et non de relations où l'on considère l'autre d'égal-e à égal-e, l'envisageant avec au moins autant de valeur que nous en avons nous mêmes? Pourquoi serions nous ces mineur-e-s qui avons besoin que l'on pense ou agisse à leur place, comme si nous étions dans l'incapacité de le faire? Oui, vraiment, je me questionne? Pourquoi donc les pères des églises, les pères des religions auraient à ce point peur des femmes, au point de les haïr dès lors qu'elles estiment et expriment ne pas avoir besoin d'eux, ni des hommes? Car oui, nous parlons d'égalité ici, pas de complémentarité. Je n'ai pas besoin de toi parce que tu me complètes dans l'absolu. Le besoin rend dépendant, pas amoureux. Je ne suis pas la moitié de moi-même, la moitié d'un tout qui te serait destiné et qui formerait une unité avec toi. Je te désire toi, en particulier. Nos qualités et compétences en revanche se complètent, oui! Mais tu es mon égal. Non, je ne suis pas cette enfant naïve qui attend le prince charmant parce qu'on lui met en tête depuis l'enfance justement, avec des contes, qu'elle sera sauvée par un homme. C'est du conditionnement, sociétal et éducationnel à la soumission et à la passivité : à qui profite le crime? Au patriarcat ... à ce monde édifié pour des hommes, par d'autres hommes, pour des fils, par des pères. Une société dans la quelle les hommes se cooptent et se couvrent entre eux, planquant impunément leurs cadavres de femmes, et ravageant la psyché féminine de toute cette violence et cette perversion dont ils savent faire oeuvre.

 

 

Alors et vous, plutôt madone ou catin? Ou bien les deux? Avec le/la même partenaire ou conjoint-e et amant-e(s) différent-e-s? Osez-vous ou n'osez vous pas tout exprimer avec celle/celui que vous aimez? Osez-vous être vous même, avec votre clair-obscur?

 

Avec sororité,

Evidemment, des femmes hypersexualisées, potiches. De belles plantes quoi. Sinon, pourquoi ne pas faire rentrer les Kurdes dans l'UE?

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Sexualité

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Publié le 11 Février 2017

Je viens de lire un excellent billet de Céline Héquet, ici sur les prétendus préjugés et discriminations que certains hommes subiraient notamment à cause des féministes dans notre société. Il est évident qu'ils souffrent, aussi, du conditionnement lié à l'éducation genrée et du poids des stéréotypes. C'est indéniable. Mais a-t'on déjà vu une classe dominante se plaindre de ce que lui fait subir la classe qu'elle opprime? #NotAllMen. Nan nan, je ne pratique pas la méthode d'amplification de l'équipe féminine de Mystère Obama à la Maison Blanche!

 

Quand inlassablement, finalement, tu décides de faire confiance, quand même. Parce qu'au delà des clivages et des stéréotypes de genre, tu sais pertinemment ce qui les conditionne et la puissance de l'égrégore (pensée/inconscient collectif d'un groupe) de la meute masculiniste ... Les femmes combattent pour leurs droits, leur dignité alors que ces mâles guerroient, eux, pour leurs privilèges et garder le pouvoir. Nous ne cherchons pas des alliés pour les dominer, les séduire, les perdre en leur faisant du chantage ou en les harcelant, nous ne visons pas leurs places, ne voulons pas leur mal ... je sais ces peurs très profondément ancrées dans la psyché masculine, je sais aussi trop bien la violence qu'elles éveillent, j'ai regardé de nombreuses fois, impuissante, des hommes que j'aimais -amis, amants- basculer dans ce côté obscur et se repaître de ma souffrance parce qu'ils finissaient par m'évaluer comme dangereuse, bien satisfaits de m'avoir mise hors d'état de nuire .. mais dangereuse pourquoi? Pour leur virilité? Leur statut de dominant? Nous cherchons des alliés pour combattre la misogynie, et les inégalités que nous subissons tous les jours, pour dénoncer les injustices devant les quelles plus personne ne se lève tant elles sont banalisées. Oui, toi, homme, je persiste à te faire confiance et à avoir envie de t'aimer, malgré mon coup de mou après l'élection de Trump et tous les remous que je sais qu'elle provoquera, lui qui hait tant les femmes ... Alors oui, il faut savoir faire confiance, pas tout le temps, pas sans condition, mais je l'assume, questions d'éducation.

 

 

Les pères de la psy, de la politique, de la communication, de la justice, des finances, de l'industrie, de la médecine, de la philosophie, des sciences etc etc sont, bien entendu, des hommes. Tout a été pensé et créé, par eux et pour eux, c'est le principe même du patriarcat que les féministes s'évertuent de détricoter, théorisant selon l'expérience et le savoir féminins, non en tant que tels ontologiquement mais se transmettant transgénérationnellement selon les normes sociétales et éducationnelles. Or, sous prétexte que ces théories ne se reflèteraient pas parfaitement dans les leurs ou pointeraient autre chose comme par exemple le fait que ce soit la structure de la psyché des femmes pauvres et maltraitées et non la violence et la justice patriarcales qui soient à remettre en question concernant la personnalité sensitive soit disant pathologique, elles auraient moins de valeur? Comment alors ne pas pathologiser la violence ou la perversion qui édifient quand même la structure du patriarcat? Pourquoi toujours envisager Camille Claudel comme une malade mentale, une femme fragile, et non comme une artiste talentueuse, certainement hypersensible et traumatisée par ce que lui a fait subir le "grand" Rodin, narcissique et égoïste, s'appropriant leurs oeuvres à deux mains, et humiliant ses sentiments en la manipulant au point de la mettre sous emprise? Qu'en dirait un-e victimologue comme Muriel Salmona aujourd'hui? Des exemples psy car ils me semblent tellement plus faciles à saisir afin d'illustrer mon propos. Et que j'ambitionne de décrocher un Doctorat, en psycho. Oui. Je vais révolutionner la psycho. J'en ai assez de ces théories et concepts, de ces préjugés parfaitement misogynes .....

 

Avec sororité, 

 

Illustration : L'amour vainqueur de Bouguereau (toujours autour du mythe d'Eros et Psyché, Psyché que l'on reconnait, cachée, à ses ailes de papillon)

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme

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