Chevalerie Féminine : les 9 Preuses ou le féminisme avant-gardiste.

Publié le 10 Septembre 2013

Chevalerie Féminine : les 9 Preuses ou le féminisme avant-gardiste.

La Chevalerie fascine, tant les femmes que les hommes, encore aujourd'hui, pour les valeurs fraternelles, chevaleresques et courtoises qu'elle représente. Or, s'il est peu commun de penser à une chevalerie féminine, il n'est pas irrationnel de dire que ces valeurs peuvent, aussi, se conjuguer au féminin : la Fin'Amor, par exemple, n'est pas réservée aux seuls hommes, et nous avons eu, en Occitanie, des Trobaïritz (féminin de Trobador) à la réputation égalant celle de ces Messieurs : par exemple, Azalaïs de Porcairagues, Marie de Ventadour ou Beatritz de Dia. Mais je leur consacrerai un prochain billet.

Venons-en aux 9 Preuses. A l'issue du XIVème siècle, afin de contrecarrer la misogynie ambiante, Jehan Le Fèvre, natif de l'Oise et Procureur au parlement de Paris, composera le "Livre de Leësce" honorant la bravoure et le courage féminins à travers neuf grandes figures -qui changeront selon les pays tant son succès est retentissant- issues de la mythologie païenne : Reines et Amazones. Leurs exploits sont aussi remarquables que ceux de leur modèle masculin. A noter, un détail, qui n'en est pas un pour moi : Penthésilée, Preuse et reine des Amazones est représentée dans l'imagerie médiévale sur son cheval avec des armes au cygne, elle est donc une chevalière au cygne et Godefroy de Bouillon, Preux lui aussi, est, pareillement, le plus célèbre chevalier au cygne. Simple coïncidence?

Jehan était donc un féministe d'avant garde, et nous a transmis, avec cette légende, une sublimation des femmes à une période où, soumises au dogmatisme de l'Eglise de Rome, elles ne revêtaient, pour l'essentiel, qu'un second rôle, sexuel et domestique, ou étaient les objets d'une instrumentalisation maritale stratégique.

Consulter l'ouvrage en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k330698

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L'article a été publié ce matin. Absente pour la journée, je m'attendais à avoir des commentaires de féministes en furie. Certes, c'était risqué. Pourquoi? Parce que Jehan est aussi l'auteur d'un traité anti-féministe qui aurait inspiré "La Cité des Dames" à Christine de Pizan : "Les Lamentations de Mathéolus" (dont le lien est joint, en plus!). Tout cela pour dire qu'il faut être prudent(e)s avec les hommes qui se disent féministes et qui oeuvrent, paraît-il, pour les femmes : le font-il pour eux-mêmes ou défendent-ils réellement les droit et les intérêts des femmes? Donc, se méfier des apparences, et, au sujet des femmes, rien ne vaut le travail et les études des femmes elles-mêmes.

Cependant, les valeurs chevaleresques, un grand oui, mais initiées par les femmes, et pour les femmes, c'est quand même mieux!

L'histoire ne nous dit pas quelles étaient les intentions de Jehan ...

Sororellement,

Penthésilée, reine des Amazones, et Preuse.

Penthésilée, reine des Amazones, et Preuse.

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