Laïcité, religion, initiation et femmes.

Publié le 5 Septembre 2013

En Languedoc, Occitanie, l'essence même de la Société dans la quelle nous évoluons est judéo-chrétienne, donc de tradition abrahamique, bien que certaines mémoires plus justes et douces se délient, mais dans la colère : celles du chapitre de la Croisade contre les dits cathares, les Albigeois. Des vagues d'émotions peuvent nous submerger à la simple évocation de ces années de pillages et massacres prodigués par l'alliance des Rois de France, voleurs de terres et de pierres, et de l'église de Rome -imbus de pouvoir qu'ils étaient, tous- venue asservir le peuple et éradiquer l'hérésie qui rendait plus sain, plus libre. Aux amoureux de la poésie, je conseille d'ailleurs vivement la lecture de la "Chanson de la Croisade Albigeoise" par Guillaume de Tudèle, favorable aux croisés mais condamnant les massacres et par l'Anonyme, fidèle aux valeurs qui ont fait l'Occitanie médiévale. Plus actuel, vous pouvez vivre le voyage accompagnés par Christian Salès et Anne Brenon, avec leur Opus "La Canso". Toujours en musique, Jordi Savall et "Le Royaume Oublié".

 

Les traditions abrahamiques sont phallocrates, androcentrées et patriarcales donc misogynes : Lillith, Ève, Marie de Magdala, Salomé (...), démone, tentatrice, prostituée, séductrice, bref, des "sorcières" ; autant de raisons d'associer ces femmes au combat de celles qui veulent changer la face du Monde et équilibrer la balance, non pas la balance intérieure, mais bien celle de la Justice. Le plaisir des femmes, leur mystique et leur royaume intérieur boudés, stigmatisés, diabolisés. Ciel que les hommes ont dû méconnaître la gent féminine pour en avoir peur à ce point! Car oui, c'est bien la peur que les hommes ont des femmes qui fait de ces dernières des martyrs. Mais est-ce à nous de porter la culpabilité ou la honte alors qu'il suffirait, bien souvent, qu'ils sachent maîtriser leurs bas instincts et viles pulsions? La libido, le serpent? Ne sont-ils pas initiés, pour certains, dans de belles Loges ou de beaux Clubs dont le but serait de rendre plus humain? Mais comment, alors que la Régularité Maçonnique, par exemple, évince les femmes, peut-on jauger un homme à des qualités qu'il n'aurait que pour ceux qu'il considère être ses semblables, tout en occultant plus de la moitié de l'humanité? Certaines techniques se transmettent ésotériquement ("L'ésotérisme désigne un ensemble de mouvements et de doctrines relevant d'un enseignement élitiste caché, souvent accessible par l'intermédiaire d'une « initiation »." Wikipedia) d'homme à homme. Nous sommes bien loin de l'écervelé Kamal et de son site web public (voir article ."Putains de techniques"). Il n'y a pourtant rien de gratifiant à s'honorer soi-même...

 

Pour autant, même si effectivement féminisme et laïcité font bon ménage, ce ne sont pas les religions les responsables des maux qui nous animent ; les responsables sont bien les hommes qui ont édifié un Société par eux-mêmes et exclusivement pour eux-mêmes. Pourquoi donc les Eglises catholiques et orthodoxes n'ordonnent-elles toujours pas de femmes prêtres? Ne voyez-vous pas le joug sournois du persécuteur? "Les persécutés n'ont pas toujours raison mais les persécuteurs ont toujours tort ..." disait le Languedocien Pierre Bayle. Et évidemment, ce n'est pas parce-qu'ils ont pour eux le nombre qu'ils ont raison. Ils sont dépositaires de ce dieu fratricide, homicide, despote et vengeur : laissons-le leur, mais rien ne nous empêche de combattre, aussi, auprès des femmes qui souhaitent entrer en religion, bien souvent par vocation. Qu'elles puissent en avoir le droit sans être soumises aux règles misogynes, et sans se suffire des miettes. L'égalité et le respect de la dignité doivent passer par là aussi.

 

Sororellement, 

 

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Religion, #Féminisme, #Laïcité, #Catharisme, #Société, #Musique et Poésie

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cg 05/09/2013 23:35

Je ne comprends pas très bien car les Cathares (probablement issu d'une vague bogomile - aujourd'hui perpétuée par la Fraternité blanche) proscrivait l'acte sexuel- Sexe banni, libido étouffée- C'est pas bcp mieux- Toujours les obsessions viriles au fond mais en creux cette fois.

Cicne&Ròsa 08/09/2013 23:14

Je repense à ce que tu dis, en effet peut-être sont-elles plus aimées qu'il n'y paraît, mais certainement pas à leur juste valeur : les mères sont aimées, oui. Parce qu'elles pardonnent, trop justement. Mais pour les femmes, c'est à venir, du moins on y travaille.

cg 08/09/2013 16:27

Je ne me permettrais pas de te dire si tu es féministe ou pas. Tout le monde se peut qualifier comme il le décide. En outre, je n'ai pas à me reconnaître ou pas dans les autres, et ne doute pas plus que ma façon de penser ne te pose pas de problème. Et heureusement.

Les points que j'ai évoqués sont purement théoriques, rien de personnels.

Les opinions d'auteurs psychanalytiques restant avec pour fondement basique une position si ce n'est phallocrate, tout du moins patriarcal et paternaliste- Ce qui nous ramène au fait que, de par le monde, paternalistes et phallocrates n'ont pas obligatoirement une aversion pour les femmes, même lorsqu'ils les soumettent à des féminicides, qu'ils soient extrêmes ou bénins. J'en tiens donc toujours pour que les femmes sont plus aimés que haïes et que mettre la misogynie en mire systématiquement enraye l'analyse politique féministe. En tout cas, elles ne sont pas respectées et leur intégrité en cela, et c'est pour ma part ce qui est en cause à abattre.

Je vois plus d'intérêt également à utiliser le concept de préconscience (voir mon index / bal), plutôt que d'inconscient. Quant à me servir des pensées émises par des hommes, je ne m'en prive pas non plus lorsqu'elles sont capables de faire abstraction ou table rase de paternalisme (au sens large féministe, du bien au mal).

Cicne&Ròsa 08/09/2013 09:07

Excellent choix de site d'un Carcassonnais d'adoption, très complet.
"Nous" c'est en général, et c'un constat. Oui, j'aborde certaines choses avec le filtre de la psychanalyse, Jung et Maslow, qui ne sont pas connus pour leur misogynie, sont très intéressants à lire.J'ai appris beaucoup de choses avec les hommes, dont mon métier, et jusqu'à aujourd'hui, il n'est pas un domaine ou je leur laisse le pouvoir quand des trames inconscientes, ou non, misogynes se pointent. Je préfère les fuir que me soumettre et continuer avec mes acquis plutôt que leur donner raison quand ils ont tort (domination/violences) d'autant que je ne suis absolument pas une dominatrice non plus : je n'aime pas les rapports bestiaux. Que tu ne te reconnaisses pas dans ma façon de penser le féminisme ne me pose pas le moindre problème : je n'ai rien à prouver à personne, je partage mes réflexions sur le sujet et j'ai beaucoup à apprendre des femmes de tête qui oeuvrent pour cette cause.

cg 08/09/2013 00:34

Les bogomili étaient bulgares http://www.catharisme.eu/publications/bib-cathare/bogomilisme-bulgarie/
et la fraternité blanche, leur héritière- Rapidement et bien qu'incomplet.. sous toutes réserves donc http://fr.wikipedia.org/wiki/Fraternit%C3%A9_blanche_universelle

L'inconscient collectif, n'est qu'une une construction hypothétique, on ne peut le poser en certitude-
Archétypes (à quel auteur te réfères-tu exactement ?) que "nous" projetons sur les autres, qui nous ?

En fait, tu tiens un discours psychanalytique ou psychologiste mais en tout cas qui ne peut être féministe ? Freud et ses différents avatars sont fort peu féministes- Les aberrations instillées dans tous les recoins de la société font encore des ravages-

Cicne&Ròsa 07/09/2013 22:08

La misogynie est, selon le Littré que j'affectionne particulièrement, une aversion pour les femmes. Le Larousse nous dit "Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour les femmes ; qui témoigne de ce mépris." Il n'est donc pas question que de haine. La haine envers les femme est de l'intégrisme misogyne. Mais parlons du mépris, sa forme la plus courante. C'est un système de gouvernement, inhérent à la peur de la nature de certaines femmes perçues comme dangereuse par certains hommes. Ils s'en prennent rarement à celles qui leur font peur, ou bien sont trop lâches pour le faire de face. Les mythes? L'inconscient collectif s'en nourrit et les archétypes, que nous projetons sur les autres le plus souvent par manque de remise en question et mauvaise connaissance de nous-mêmes, traduisent nos schèmes comportementaux qui sont souvent des automatismes.