La femme Étrusque, grande oubliée des féministes.

Publié le 10 Août 2014

La femme Étrusque, grande oubliée des féministes.

Grande Civilisation oubliée de l'Antiquité, étouffée par les Grecs et les Romains qui étaient leurs rivaux, les Étrusques, qui s'appelaient eux-mêmes Rasna, ancêtres des Toscans, n'ont toujours pas révélé tous les mystères de leurs origines et de leur langue. Ce peuple très religieux, de fins bâtisseurs, astronomes et navigateurs a pourtant largement contribué à l'édification de Rome, dont les trois premiers rois furent Étrusques.

L'Étrurie était constituée de 12 villes-états, et le manque d'unité entre elles, face aux Romains, a signé leur perte : les Étrusques auraient été plus doués à l'Art de l'Amour qu'aux stratégies guerrières.

La seule trace que nous ayons d'eux dans l'hexagone est le site de Lattara (Lattes dans l'Hérault, en Languedoc) où des amphores datant du Vème siècle avant JC attestent le commerce des vins avec ce peuple. Ce sont eux qui auraient initié à la viticulture dans le Sud de la France, rien que ça!

Selon les auteurs Grecs et Romains de l'Antiquité comme Posidonios ou Théopompe, les Étrusques étaient connus pour leur mollesse, leurs prétendus gout du luxe, des banquets copieux et leur débauche. Mais, comme nous l'avons vu par ailleurs, je me méfie des sources inquisitoriales​ car l'Histoire est souvent écrite par les vainqueurs.

Nous savons au sujet des femmes Grecques et Romaines qu'elles étaient dépendantes de leurs pères puis de leurs maris, et leurs étaient soumises. Simples maîtresses de maison, nous n'avons rien à leur envier : les femmes plus libres étaient considérées comme des prostituées (du Latin prostituere, exposées au public), donc des femmes de mauvaise vie. D'ailleurs, elles étaient souvent esclaves ou affranchies.

Il en est tout autre de la condition de la femme Étrusque. Avant tout chose, il est important de dire qu'il n'est nulle question, ici, d'un matriarcat. Mon analyse et mon ressenti me font penser à une tradition où il est question de femmes et d'hommes et non de mères et de pères, d’adultes et non de parents. Donc de transmissions et de comportements non infantilisants comme le sont les religions et les sociétés en règles générales. Il est à noter, pour ceux qui comprendront mon clin d'oeil, que certaines femmes Étrusques avaient une activité manuelle qui était le tissage.

Ce qui faisait bondir ceux qui dénoncent leurs moeurs légères, c'est que les femmes Étrusques assistaient aux banquets, souvent sur le même klinè que leurs époux (lit de table, où ils étaient couverts tous deux par le même manteau), mais qu'elles pouvaient, aussi, prendre place à côté de n'importe quel homme, et, surtout, trinquer à la santé de qui elles souhaitaient. La vie publique leur était ouverte, et les jeux et cérémonies, par exemple, ne leur étaient pas interdits. Elles étaient belles à voir, prenaient grand soin de leur corps, et se paraient de bijoux finement stylisés et de belles draperies. Elles avaient des biens propres, un prénom, et donnaient même leur nom à leurs enfants. L'égalité entre femmes et hommes semble donc bien être un pilier de cette Civilisation brillante et raffinée.

Jusqu'à ce jour, l'ouvrage le plus complet que j'ai pu lire sur les moeurs Étrusques et notamment sur la condition des femmes en Étrurie, est "Regards sur la Truphè Étrusque" d'Yves Liébert, docteur ès lettres et sciences humaines, maître de conférences à l'Université de Limoges, enseignant de littérature Latine et d’Étruscologie. Je ne dis pas que les anciens auteurs sont sans intérêt, et que la réputation des Étrusques est infondée : nous ne pouvons étudier qu'eux, puisque nous n'avons rien des Étrusques eux-mêmes, si ce n'est ce que nous apprend ce qu'ils ont laissé dans leurs tombes. Mais il faut prendre en considération le regard misogyne des Grecs et des Romains au sujet des femmes Étrusques, ainsi que leurs rivalités.

Réflexion de pleine lune de la nuit du 9 Aout 2014...

Omphale, reine de Lydie en Asie Mineure, acheta selon la légende comme esclave et soumettra Hercule, héros pour le moins puissant, symbolisant à merveille la force, attribut masculin par excellence, afin qu'il expie un crime. Ce mythe met en scène une inversion des rôles dominant/dominé au sein du couple : Omphale apprendra à Hercule à tisser la laine, l'obligera à se travestir en femme et portera sa peau du lion de Némée en s'armant de sa massue. Comme vous le savez, pour moi, à contrario des Romains et des Grecs, les femmes Étrusques étaient -plus- libres, et c'est un sujet qui me captive. Selon Hérodote, les Étrusques auraient justement émigré de Lydie. Que penser de cette coïncidence? En outre l'omphalos [ὀμφαλός], "nombril, ombilic" représentait chez les Grecs le "nombril du monde", entendre le centre, dont Pausanias nous dit, dans "Description de la Grèce" (livre X - chapitre XVI) "Ce que les Delphiens nomment le nombril est en marbre blanc ; c'est, à ce qu'ils prétendent, le milieu de la terre, et Pindare a dit la même chose qu'eux dans une de ses odes." (livre X - chapitre XVI) représenterait bien plus qu'un point géographique mais un centre spirituel dont l'endroit serait marqué donc par cette pierre après que Zeus ait lâché deux aigles aux points extrême occidental et oriental, laissant tomber cette pierre aux points où ils se rencontraient. On ne peut guère ne pas ce questionner entre ce qui pourrait rapprocher la reine Omphale et l'omphalos, nombril du monde, centre de la terre .....

Comme d'hab, en quête de sens!

Sororellement,

Hercule aux pieds d'Omphale, Gustave Boulanger.

Hercule aux pieds d'Omphale, Gustave Boulanger.

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Mythes Fondateurs, #Symbolisme, #Société

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