Le catharisme actuel et ses sectes.

Publié le 11 Septembre 2013

Celles et ceux qui se seront intéressé-e-s au catharisme auront pu constater le sectarisme actuel qui peut le recouvrir, voir l’étouffer. Si j'apprécie de lire les historien-ne-s et autres Docteur-e-s, c'est qu'ils nous permettent d'avoir un regard objectif et critique sur le sujet. Le reste est affaire personnelle.

 

Il faut, dans un premier temps, bien distinguer le catharisme de la Civilisation Occitane et de la tradition des Trobairitz et Trobadors, même si l'unité que ces trois entités formait a fait la réputation du bien vivre -larguesa, valor, onor, convivéncia et paratge- en Occitanie médiévale ; le Languedoc fut ainsi une terre propice à l’hérésie.

 

AMORC, franc-maçons, rose-croix d'or, graaliens, templiers, anthroposophes, ésotérisme nazi, intégristes catholiques convaincus du bien fondé de l'inquisition, -attention, je ne dis pas là qu'ils sont tous sectaires- mais aussi d'autres groupes ésotériques et occultistes de plus ou moins grande envergure gravitent autour du catharisme et peuvent induire les chercheurs en erreur voir même les mettre en danger. D'où la nécessité d'aborder le thème, au moins dans un premier temps, avec le prisme et la justesse des historiens, afin de ne pas prendre ses propres désidératas pour des réalités. Les dits cathares, qui s’appelaient eux mêmes bonnes femmes (bons hommes) ou bonnes chrétiennes (bon chrétiens) étaient des spirituel-e-s avant d'être des religieux, qui veillaient au bien de tout ce qui est vivant, et qui avaient une lecture originale de l’Évangile, accessible à chacun selon eux, et non réservée à une toute prétendue élite cléricale. Ils démystifiaient les Écritures, n’honoraient pas Jésus, mais le Christ, du moins, son maître, l'amour ; et, une fois engagés en "dieu" (Le Bon Principe chez les dits cathares, ce qui se faisait essentiellement après une vie mondaine accomplie, et nécessairement avec le consentement du conjoint, souvent dans la fleur de l'âge donc) souhaitaient vivre une vie dénuée de tout attachement terrestre, libres de toute entrave donc tout en vivant dans le monde, au milieu et avec le peuple. Les "ancien-ne-s" étaient celles et ceux qui étaient reconnus pour l'ancienneté de leur foi, leur sagesse, leurs connaissances et leur bienveillance ; ils n'avaient aucun pouvoir temporel ni ne cherchaient, de quelque façon que ce soit, à dominer autrui.

 

Le plus grand nombre porte le catharsme en son coeur (et pas que chez nous!), ils sont simples, humains, parfois spirituels, et un devoir de mémoire et de réconciliation les ronge de l'intérieur, notamment quand ils sont confrontés, de près comme de loin, à la violence de ce monde et à l'injustice. Mémoires et résiliences transgénérationnelles?

 

Donc, s'il est question de mystères, en catharisme, il ne s'agit que d'enseignements et de "révélations" -ou prises de conscience- accesibles à tout le monde et quant à la gnose, il n'est question que de conscience et de connaissance de soi non superficielle. Les idées d’extrême droite, certainement véhiculées par Otto Rhan, ne sont pas cathares : les cathares étaient humanistes et fraternels. Les courants politiques régionaux ne sont pas cathares : les cathares ne s'occupaient que de l'esprit. Les "enseignement" payants et secrets ne sont pas cathares : depuis quand facture-t'on l’Évangile (εὐαγγέλιον - bonne nouvelle)? Les végétariens ne sont pas plus cathares que les autres : ce n'est pas parce qu'ils sont plus doux avec les animaux qu'ils le sont nécessairement avec les hommes, ou les femmes ;-)

 

Il y a tout un marketing institutionnel du "pays cathare" qui vend même de l'agneau façon bouchère. Le catharisme est donc, aussi, un piège à touristes biens que nos châteaux -qui ne sont pas cathares comme on essaye vous le faire croire- méritent vraiment le détour pour de belles ballades.

 

N'écoutez pas non plus les inquisiteurs d'aujourd'hui, pharisiens et domini canis qui "gardent" le christianisme.

 

Alors, vraiment, si cet univers vous inspire, soyez vigilant(e)s, sachez qu'il n'y a pas de Parfait(e)s et que ce terme est un vocable emprunté à l'inquisition qui définissait de la sorte les dits cathares ou Albigeois engagés en "dieu" (n'oublions pas que pour eux, "dieu" est en l'Homme), les "hereticus perfectus". Prenez le temps et essayez de vous faire une idée par vous même.

 

Amistats, et Sororellement.

 

PS : ne cherchez pas à trouver le mot PARATGE dans un dictionnaire occitan. Chacun a sa propre définition. La mienne concerne les relations humaines : "de niveau et à âmes égales, totjorn".

 

 

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Catharisme, #Manipulation, #Religion, #Mythes Fondateurs

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