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Publié le 29 Avril 2017

Oui. 

 

La maternité, ce bagne.

 

Il y a 10 ans, j'étais simple commerciale, dans la pub, et je gagnais ev 2000€ nets, j'avais un véhicule de société, une carte essence illimitée, un tel avec forfait 3h + mutuelle aux frais de l'entreprise, des tickets restos. J'étais célibataire. Les Jeudis soirs, c'était bringue et pastas/dessins animés à 5h du mat' (je bossais pour un hebdo, les Vendredis, on corrigeait les pubs donc on ne voyait pas de clients). La belle vie, vraiment, quand j'y repense. A 25 ans, j'étais libre, mais pétrie de doutes et de complexes. Si j'avais su ... j'aurais fait carrière.

 

Aujourd'hui, je suis précaire. Seule avec mes deux filles de 6 ans et demi et 8 ans. Après les violences conjugales, physiques et psychologiques que j'ai subi. Après être passée pour folle et maltraitante. Après la psychiatrie, la séparation de la chair de ma chair. Après m'être retrouvée, à cause du père de mes filles, sdf. Après le foyer. Après avoir accepté d'être exploitée en tant que cheffe de publicité pour sortir du foyer, et récupérer mes filles. Après avoir pris 50 kilos, être devenue diabétique, hyper tendue, je suis précaire. Mais j'ai de la chance. Aujourd'hui, j'ai un logement social avec un jardin, dans ma ville le bus est gratuit (ma voiture m'a lâché) et j'ai un arrêt juste à côté, j'ai le droit à l'Auberge du coeur (deux grands cabas par jour pour 1,20 € pour 3), j'ai le droit à des billets de train gratuits sur ma région, des tarifs en fonction de mes ressources pour les activités périsco dont la municipalité est pourvue (centre équestre, conservatoire de musique, école d'arts plastiques, école des sports, théâtre), le musée propose des ateliers enfants gratuits, les animations de noel, dont les manèges, le sont aussi. Une ville de gauche quoi, vraiment. D'ailleurs, on n'est pas très loin de Bordeaux, j'ai eu des RV,pour des postes de cheffe de pub : Cdiscount, les Pages Jaunes, entre autres. Je n'y suis pas allée. Les trajets, on est à 40 mn. Puis j'ai pas envie du stress, je suis seule, pas envie de faire retomber la pression sur mes filles après le taf, les courses, le ménage, les devoirs, les repas. Oui mais il y a 10 ans, j'avais une vie sociale, riche. Et une vie professionnelle ... intense. Et je pouvais tout payer, moi-même. Il y a 10 ans, j'avais une vie. De femme. Aujourd'hui, je connais que les joies -et les sacrifices-, de mère. Je ne veux pas "refaire" ma vie. Je ne pourrais rien payer, rien partager. Un resto? je peux pas. Un week-end? Je peux pas. Un pot? Ca dépend à quelle heure, j'ai mes filles, demain il y a école, je n'ai pas les moyens de les faire garder. Faire un cadeau? Pas plus. Bon là au moins, j'ai plein d'idées pour les attentions d̶é̶b̶i̶l̶e̶s amoureuses. A ce propos d'ailleurs, les hommes semblent mieux comprendre que les femmes, cette fierté-là. Me faire entretenir? OMGoddesses, quelle horreur. C'est ça que veut le FN. Des femmes au logis. Qui s'occupent de la marmaille. Un papa, une maman. C'était le slogan de la manif pour tous. De La Rochère et Boutin invitent d'ailleurs leurs ouailles à rejoindre Le Pen. Je dois représenter l'archétype de Lilith à leurs yeux, moi qui ai eu tant d'amants, et même une amante. Moi qui ne veux pas me marier, qui me suis faite débaptiser. Moi qui souhaite me faire ligaturer les trompes, pour baiser en paix. Moi qui suis culturellement cathare et d'inspiration dianique. Libertine d'esprit (et non, ce n'est pas sexuel). Je dois rentrer dans le droit chemin, et me laisser mourir. Les hommes dans leur rôle, les femmes aussi. Les femmes n'existent pas. Leurs désirs non plus.

 

Non, leurs câlins, leurs bons résultats à l'école, leur bon comportement en société, leur esprit avisé, ça ne me nourrit pas assez, je n'en suis pas fière au point que cela me suffise. Leur père baise, voyage, fait de SES bateaux, travaille, est libre de tout mouvement, lui. Mais il est instable et dangereux, pour elles. Je les adore, hein, que ce soit dit. Mais avec elles aussi, souvent, je peux pas, payer.

 

Bienvenu.e.s en patriarcat.

 

Avec sororité,

 

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Religion, #Féminicides

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Publié le 17 Avril 2017

Que dis-tu mon amour?
 
Cet élixir réanimant, dans la rosée,
Ma psyché comateuse,
Livrée aux quatre vents,
Perdant le Nord,
Désemparée d'un amour fol,
Frustrée dans cette envie !
C'est que l’intérêt que je te porte, démon,
Ne se résorbe pas,
Car il ne se résume pas
À ce soudain appétit sexuel ...
Il est vrai, qu’Éros le bien nommé
Divagua dans les méandres de mes stigmates,
Endolorie par les mémoires camisolées :
C'est la rage que tu as libérée,
Et tous ces émois soudainement saturés,
Par une chape de plomb chimique,
Avortant mes noces alchimiques ...
 
Ris-tu, mon amour?
 
Mon coeur lacéré, démon,
Par tes lames affûtées,
Ton dard de scorpion
À la queue recourbée,
Sur mon corps en famine,
Mendiant une caresse, un baiser ;
Envoûtée par d'obscures messes noires
Endiablant mes idéaux humanistes :
Je suis déchue, peureuse et sombre,
Sans tes yeux posés sur moi,
Sans ta voix si douce à mon âme ;
 
Mais que dis-tu mon amour?
 
Serais-tu réellement si fourbe,
N'as-tu donc juré, par Hygie et Panacée?
J'hallucine, j'hallucine, j'hallucine ;
N'es-tu donc pas si beau, et si riche, humainement, 
Que je te vois, avec mes yeux amoureux et gourmands?
N'as-tu pas un coeur pur sous tes faux-airs de Narcisse?
Ne serais-je que l'écho d'un enchantement désastreux?
Ne serais-tu qu'un placebo, mon amour,
Mon nocebo ...
 
Ne dis-tu mon amour?
 
Un faux pour un vrai,
Un mal pour un bien,
Tu me rends confuse,
Tu joues du paradoxe,
Tu es infaillible, mon amour.
 
Que dis-tu mon amour?
 
Que ton coeur est noir,
Putréfié par l'argent et le pouvoir,
Que tu es un perfide illusionniste,
Manipulateur et sadique,
Bête et méchant?
 
Je ne me résous à le croire, mon amour,
Mon coeur à ce jeu là, ne s'égare jamais,
Et je ne peux douter de t'avoir aimé,
Bouleversée par ce que tu &.
 

Illustration Frantisek Drtikol

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Publié le 14 Mars 2017

Danger.

 

Non pas que la menace islamiste -tant celle imposant la charria sur notre sol que celle posant des bombes- n'existe pas, mais elle n'est en rien comparable pour le pays, en regard des houles FN qui réveilleraient d'une façon décomplexée les haines, d'un côté comme de l'autre. Laisser les intégristes musulmans mener leurs ouailles un temps, j'entends les laisser faire, permettrait aux intégristes cathos et autres fanatiques nationalistes de légitimer une droitisation des plus nauséabondes en instaurant un climat de terreur délétère. Chacun son terrorisme.

 

J'en reviens à mes rêves, ceux mentionnés dans le laïus introduisant ce blog, ceux que j'ai fait après la naissance de ma fille, il y a 6 ans, et qui m'ont tourmentée au point d'en perdre la raison tant ces visions d'horreur étaient insoutenables. Le pays était à feu et à sang, des filles et des femmes violées, kidnapées pour constituer de nouveaux harems et autres maisons clauses, les maisons et les magasins pillés, les voitures explosant dans la rue, pendant que certains en profitaient pour assassiner, en bandes organisées. Désolation. Et bien entendu, non, il n'était pas question des musulmans, mais d'hommes de nationalités et religions diverses et variées, attendant tapis dans l'ombre afin de pouvoir passer à l'acte. Ce ne sont que des rêves, me direz-vous. Certes. Mais, j'aime autant faire avorter Nyx de sa fille Éris -quand on voit de quoi elle enfante- , déesse de la discorde (tiens cela me fait songer aux discordiens qui la vénèrent, pratiquant la chaos magick, y aurait-il un lien avec l'opération mindfuck?), tant qu'il est encore temps, du moins, si cela est dans mes cordes ; mais je n'y arriverai pas seule. Alors oui, il est vrai que nous pouvons craindre une invasion, car dans le lots de migrants -qui fuient leur pays en guerre-, il y a des terroristes et autres fous de dieu, des fanatiques : le déni des islamo-gauchistes à ce sujet est justement ce qui génère autant de haines et de discriminations, l'invisibilisation de cette problématique nourrissant les fantasmes des uns comme des autres. Halte au relativisme culturel, le risque est réel, pourquoi prendre le peuple pour des mineurs incapables d'entendre, de comprendre, de penser par lui-même? L'idée n'est pas de trop en faire (ou pas assez) mais de dire ce qui ne va pas nous ne sommes pas tous anarchistes ou immatures au point de vouloir faire basculer le pouvoir juste pour en jouir. Certaines bonnes volontés, et ce de façon tout à fait désintéressée ambitionnent sincèrement (naïvement?) de déjouer le sort funeste de l'Humanité, quel que soit le bord politique qui nous gouverne. Nous pouvons, aussi, trouver des solutions, #Ensemble. Je crois que c'est ça, la démocratie participative, non?

 

Parlons d'état d'esprit, car bien entendu, on ne peut pas exclure une -toute prétendue- élite (l'étymologie nous ramène d'ailleurs ici au sens religieux de l'élu) sous seul prétexte qu'elle a du pouvoir et/ou de l'argent ; en revanche, à ces fonctions, elles/ils sont censés représenter le peuple, ses intérêts et servir ses droits or ce sont bien souvent les intérêts de l'Etat qui priment, non pour la Nation en soi mais bien pour ses élus qui se servent plutôt qu'ils ne servent. Pour cette raison le peuple est stratégiquement divisé, seule façon pour certains partis de régner en attisant les haines et en créant des discriminations. Mais ainsi est l'être humain, la classe moyenne préférera taper sur les pauvres qui "abusent" du système plutôt que sur tous ces escrocs corrompus qui détournent impunément des milliards, et pourtant ce sont bien eux les véritables abuseurs d'autant plus rageant qu'ils profitent (parfois) de la clémence de la justice et de la complicité des médias. Ce n'est qu'une question d'argent : comme il se fabrique, à qui profite réellement la pauvreté, à qui profite de maintenir les pauvres (souvent les femmes d'ailleurs), dans cet état de servitude? Je vais vous éclairer sur une conquête sociétale des droites extrêmes ces dernières années, puisque le plafond de verre concernant la carrière des femmes vient d'elles, en paupérisant les femmes seules avec enfants, non seulement elle les rendent vulnérables au point que certaines se remettent en couple acceptant par désespoir des conditions de vie insoutenables, mises en "concurrence" avec les femmes de l'Est ou musulmanes se soumettant avec moins de difficulté car culturellement éduquées à servir le foyer/les hommes, mais en plus elles sont présentées comme un (mauvais) exemple de ce à quoi la quête de liberté peut aboutir, incitant par la même à subir les violences sans rien dire : c'est clairement l'intérêt des hommes Russes qui a fait, dernièrement, dépénaliser les violences domestiques : certains en rêvent, en France, oui oui. Ces hommes veulent nous garder asservies, d'autant qu'ils estiment qu'on leur prend leurs emplois ! Non vraiment, on ne peut pas comparer les luttes des extrêmes gauches et celles des extrêmes droites. 

 

Alors non, le FN ne sera pas la panacée, bien au contraire, pensez-y ... Si l'ordre naît du chaos selon certains, d'autres estiment que le chaos représentera le salut et purifiera les Nations, un bain de sang censé apaiser le courroux des cieux. Alors, vraiment, non merci.

 

 

Edit  du 18/03, je m'adresse à MHV, qui m'a soufflé des mots doux sorores, -peut-être est-elle trop pro FN- quand je lui ai demandé un peu de franchise sur les raisons qui lui ont fait supprimer mon billet? Je souhaitais lui répondre, parce que ce genre de trouduc' se dit féministe et vient t'humilier en privé, sans raison, juste pour le plaisir. Sans grand courage d'ailleurs. Juste de la malignité, rien de constructif, vous en conviendrez.

 

"Ah, et donc, tu prônes un universalisme où seul ce qui te semble digne d’intérêt a le droit d'être? Parce qu' en dehors de toi rien n'a le droit d'exister? Tu connais le principe de liberté, d'expression notamment? Tu sais que je me bats pour que toutes les femmes puissent s'exprimer librement, même celles que je ne comprends pas, même celles que je n'aime pas, même celles dont j'abhorre les idées, même celles qui ne peuvent faire qu'avec mépris et condescendance, comme toi?"

 

 

Avec sororité,

 

Illustration : Nyx avec le génie de l'amour et des études, Pablo Americo.

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Féminicides, #Figures féminines

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Publié le 11 Mars 2017

Sulfur.

 

Tu sens le soufre.

 

On me l'a dit quelques fois. Cela m'a toujours blessée, car je ne comprenais pas pourquoi.

 

Si je me questionne sur l'appartenance catholique, même inconsciente, de certains occitanistes -car je ne peux simplement pas comprendre qu'après toutes ces persécutions, tous ces massacres (des cathares aux franc-maçons, en passant par les templiers et les sorcières),  certains se revendiquent encore de cette religion en terme de spiritualité, à moins que seul le gout du pouvoir ne les anime-, c'est que les choses sont claires : les manifestations de ces dernières années contre les droits des homosexuels, la régression des droits ainsi que des libertés des femmes, visant à repositionner la famille dite traditionnelle comme exemple moteur et fondamental de la Société sont, aussi, des persécutions. Mais si je me questionne pareillement sur les sympathisants cathares fleurtant avec les droites extrêmes, je ne peux non plus me réduire à penser que le déclin de notre belle civilisation soit le fait de Na Loba, la sulfureuse louve dont personne ne sait lire le mercure, archétype de femme plutôt que celui de mère, à l'instar de Marie-Madeleine face à la Vierge ou Lilith plutôt qu'Eve, femmes libres assimilées à des démones prostituées par les pères de l'église comme le fut Acca Larentia, lupa, à l'origine de Rome, et certainement issue d'un culte anciennement Étrusque. Tellement facile, encore une fois, d'exciser symboliquement la force et la fougue féminines, de museler le(s) désir(s) des femmes, et de les voiler afin de les soumettre, en niant leur être plutôt que d'éduquer ces mâles au consentement et au respect. La louve, symbole fort chez les Celtes, les Romains et les Nordiques (entre autres), symbolisant les instincts, la force et la puissance, le retour à la nature sauvage, la meute ... La louve, mère adoptive de Mowgli, aussi.

Dans l'absolu, distinguant l'être humain de ses pensées et de ses actes, l'un étant ontologiquement bon (concept d'égalité concernant ce qui nous anime) et le reste dépendant de l'expérience, donc du vécu, du conditionnement familial et sociétal, des tramas et autres fractures psychiques, du rapport à la violence et à la souffrance, au bonheur, de la résilience au malheur, de la capacité à aimer et être aimé, de la chimie du cerveau etc etc. Bref, de son rapport individuel au monde.- Néanmoins, au delà des conceptions philosophiques sur la nature des esprits ou le sexe des anges, ne pouvant relever que de l’agnosticisme me semble-t'il, il faut admettre que si seul l'Amour peut être céleste et divin, on ne peut nier que la réflexion initiale censée mener à un cheminement spirituel ne peut aller de paire avec la violence exprimée par certaines croyances menant à un endoctrinement servant la malignité, le pouvoir... Je ne pense pas que nous puissions comparer les droites extrêmes intimant les pauvres à rester asservis, esclaves du Système dont les salaires ne permettent qu'à payer leurs factures, ou encore alimentant et protégeant l'hégémonie phallocrate visant à faire des femmes des esclaves sexuelles et domestiques ou encore excluant et persécutant des êtres humain.e.s plus bronzé.e.s, selon leurs convictions spirituelles ou leurs choix amoureux et les luttes pour la justice, l'égalité et la vérité de ces mêmes persécuté.e.s, humilié.e.s, violenté.e.s, esclaves modernes, victimes du patriarcat.

D'ailleurs, tout comme le fait ci-dessous la philosophe Simone Weil, j'ai personnellement attribué la cause de cette défaite Occitane au Comte de Toulouse ici.

"Ce coup les fit plier ; il avait été infligé à cet effet. Il ne leur fut pas permis de s'en relever ; les atrocités se succédèrent. Il se produisit des effets de panique très favorables aux agresseurs. La terreur est une arme a un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent a conserver leur liberté et leur bonheur que ceux qui songent à détruire et à écraser ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent les hommes libres contre des agresseurs. Les gens d'oc subirent défaite après défaite : tout le pays fut soumis. S'il faut croire le poète, Toulouse, ayant prété serment à Simon de Montfort, sur le conseil du comte de Toulouse lui-même, après la défaite de Muret, ne songea pas à violer sa parole ; et sans doute les vainqueurs auraient pu s'appuyer sur l'esprit de fidélité qui dans ce pays accompagnait toujours l'obéissance. Mais ils traitèrent les populations conquises en ennemies, et ces hommes, accoutumés à obéir par devoir et noblement, furent contraints d'obéir par crainte et dans l'humiliation. "  Simone Weil, "L'inspiration Occitane".

"Mais que personne ne pense que je m'abaisse pour les riches, s'ils deviennent pires qu'ils ne sont ; car une joie pure naît en moi et me guide ; cela me tient doucement joyeux et me délasse dans la parfaite amitié de celle qui me plaît le plus ; et si vous voulez savoir son nom, demandez-le dans la contrée de Carcassonne." Peire Vidal

Alors, encore un mythe misogynisé?

 

Avec sororité.

Illustration : "Na Loba" toile en cours, noir et bronze, acrylique

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Publié le 8 Janvier 2017

Facebook a fermé "Babylone 2.0".

+ de 50 000 mecs, jeunes et moins jeunes, partageaient des photos [souvent volées, et sans autorisation, cela va de soi] de leurs conquêtes nues, ou en tenue sexy, dans un groupe secret, et se marraient ensemble à commenter leur physique, et leurs exploits sexuels. 50 000. 50 nuances de mépris, de violence, de souffrance, de tentatives de suicide, d'intimidation, de chantage, de sadisme, de perversion, de menaces, de honte, de culpabilité. 50 nuances de misogynie. 50 nuances de mort, physique ou psychique. Facebook avait autorisé la publication de ces images alors que les photos des FEMEN, la toile "L'origine du monde" de Courbet ou la Marianne de Delacroix sont floutées quand elles ne sont pas carrément supprimées pour avoir été signalées en masse. Donc en fait, Facebook a fermé Babylone 2.0 juste parce cela a fait des vagues, et que la presse, alarmée par les féministes, a relayé cette information de la plus haute importance.... La peine encourue est de 2 ans de prison et 60 000€ d'amende depuis peu, selon l'article 226-1 du Code Pénal. Les moralistes vous diront que les filles sont responsables de s'être laissées prendre en photo. Alors, souvent d'abord, les filles et femmes ne savent pas qu'on les a prises en photo, ensuite, l'érotisme au sens noble n'est pas perversion : ce jeu peut et devrait être un piment pour deux d'amant-e-s amoureux-ses et respectueux-ses l'un-e de l'autre... le fantasme serait donc prohibé au sein du couple et affiché partout dans la pub? Oui mais voilà, c'est sans compter sur la perversion de ces Messieurs, estimant que le corps des femmes leur appartient. En général, ils préfèrent plutôt détruire une femme qui les a fait planer grave plutôt que d'imaginer qu'elle en fera planer un autre. Alors ils ne lésinent pas sur les moyens, pour lui faire mal. Une pétition est en cours ici notamment pour une journée de sensibilisation des jeunes générations.

C'est bien ça le plus difficile à vivre quand on a toujours aimé, respecté et eu confiance aux hommes ... quand on a toujours cru en l'amour ... de se dire qu'en fait ... ce n'est peut-être pas [vraiment] réciproque, et préférer se faire des plans sur la comète sans eux, plutôt que de tenter l'aventure à nouveau -pour la énième fois- car entre toutes ces les techniques de manipulations perverses vendues à prix d'or, le porno qui a fait de la femme un objet consommable, interchangeable et jetable, les masculinistes qui se battent contre les droits des femmes, sans compter les briseurs de femmes libres en bandes organisées et les intégristes religieux qui voilent les ambitions des femmes cherchant à se réaliser en dehors de la maternité ... on n'ose plus croire en l'amour hétérosexuel, ni en faire un moteur, ou un principe éducationnel ... Un homme vraiment bien, ça ne court pas les rues ... faut arrêter de laisser nos gamines se shooter à cet opium qu'est l'amour et que lui inculquent les romances Disney. Et je plussoie l'équipe de Two Girls 1 Mag qui explique si bien, -ironiquement, en remerciant les hommes- que la peur qui nous anime toutes et que nous nous transmettons de soeur en soeur et de mère en fille, d'être moquées ou fantasmées, publiquement humiliées, et qui engendre d'avoir à choisir finalement entre célibat ou paranoïa, pèse lourd sur notre capacité à pouvoir accorder notre confiance.

 

 

Mais si mon dégoût s'arrêtait ici ... j'en suis bouleversée.... les soldats Français ayant violé des femmes et des enfants en Centrafrique ne seront pas poursuivis, l'affaire est étouffée. Comment les hommes peuvent-ils être aussi pourris, la justice aussi vermoulue et les politicards aussi corrompus? Si ils et elles avaient étés des femmes et des enfants blancs, est-ce que cela aurait changé quelque chose? Le viol est un crime de guerre, le viol est acte de cruauté dans les conflits armés, quelle que soit la guerre, quelle que soit la couleur de peau ou la nationalité des hommes : la perversion XY... Non, le viol n'est pas du sexe, pour sexer il faut être deux à consentir, à désirer. Le viol c'est de la domination, des pulsions prédatrices et mortifères, une agression, de la violence, un crime. Le viol, c'est considérer d'autres êtres humains comme des objets à sa disposition, c'est déchoir en humanité, c'est n'être plus qu'une sous-merde parmi les hommes. Ne pas condamner c'est être complices, cautionner. On sait à quoi s'en tenir. J'en avais touché deux trois mots ici il y a quelques années.

Ma dernière amertume cette semaine concernera Christophe Béjach ancien conseiller de Montebourg à Bercy, condamné (qu') à du sursis pour avoir envisagé des clichés pornographiques avec trois petites filles et planifié un rapport sexuel avec la plus grande, de 12 ans. Il a été retrouvé dans son ordi des images de pénétration d'enfants. Du sursis. Il était dépressif le pauvre. Sinon, il y a aussi la gamine de 12 ans violée par 10 garçons, dont 1 majeur, ou le réseau pédophile de Youtube. On pensera à ces révoltantes affaires de raids anti-féministes qui défrayent la chronique actuellement, et encore, vous vous doutez bien que cette haine distillée publiquement n'est que la partie visible de l'iceberg. Pas besoin de creuser beaucoup, les joyeusetés tombent du ciel.

Ces exactions patriarcales, cette perversion XY que vous êtes encore bien trop nombreux et nombreuses à ne pas vouloir voir corrompent l'être humain-e, avilissent l'humanité et détruisent la planète. Je n'en suis pas exempte mais je travaille à mon amélioration ; c'est ce que les cathares appelaient le melhorament, quoi qu'en disent les religieux du Livre conditionnés par les dogmes qu'ils associent à une toute prétendue loi divine. Alors dites vous bien qu'il n'y a pas de trop petite pierre quand on construit une meurtrière dans un rempart, et qu'ignorer une injustice, c'est prendre le parti du tortionnaire. Je terminerai avec la savoureuse et caustique écrivaine Jaqueline Kelen, qui a été productrice à France Culture pendant 20 ans, dont j'adore la plume suave et bien trempée dans son ouvrage "Un chemin d'ambroisie" : " Je comprends que le manichéisme, puis le catharisme aient voulu résoudre cette sombre énigme en évoquant le Démiurge mauvais, créateur de ce monde. "

 

Avec sororité.

 

 

J'avoue

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminicides, #Féminisme, #Manipulation, #Femen

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Publié le 13 Décembre 2016

Donc Adélais&Jasmine est radicalement et résolument féministe, qu'on se le dise. Et c'est sans appel.

Et non, je ne suis pas parano en m'égosillant sur la coalition politico-religieuse patriarcale qui fait régresser nos droits un peu partout dans le monde et nous intime à reculer face à certaines de nos ambitions notamment en ce qui concerne l'égalité et la parité aux postes clefs. Il n'y a pas pire aveugle que celle qui ne veut pas voir : il suffit de lire la presse spécialisée (je n'ai pas dit d'allumer TF1 ou BMFM ou TPAMP).... L'idée c'est de se renseigner un minimum avant de coller une pathologie grave à quelqu'un en le marginalisant, en l'excluant sous prétexte qu'on ne connait/ne comprend pas ce dont il parle. Vous êtes-vous seulement imaginé une seconde que ... vous n'étiez peut-être pas au courant? Genre as-tu au moins essayé de réfléchir, rechercher, analyser par toi même en dehors de tout ce qui facilite ton "instruction" (médias de masse) pour que tu penses comme ta voisine? Alors oui, on me dit que j'exagère quand je fais remarquer, en pleine campagne présidentielle, que les candidats draguent les communautés religieuses comme les cathos ou les musulmans sans même les interpeller, laicité oblige, sur la misogynie de leur culte qui n'estime pas les femmes suffisamment pures et éclairées pour enseigner le Coran ou devenir Papesses. Alors même que les plus intégristes de ces deux courants (que l'on essaie d'invisibiliser en minimisant leur capacité de nuisance) pourrissent le vivre ensemble qui fut autre fois pourtant si cher aux Occitans, au temps des cathares en Languedoc. Non, ce n'est pas une utopie. Non, je n'exagère pas. Je veux que vous m'expliquiez POURQUOI une femme, en France, ne peut pas officiellement enseigner le Coran si elle en a envie ou ambitionner d'être ordonnée Prêtresse catholique. Expliquez moi avec des mots simples pourquoi ce n'est pas possible et pourquoi vous estimez que j'exagère! Expliquez moi pourquoi on n'Instaure pas clairement le débat sur le sujet tout en désamorçant les bombes? Si c'étaient les noirs ou les homos qui étaient mis de côté, on crierait au scandale raciste et homophobe. Mais pour les femmes, cette  moitié de l'humanité, cela ne dérange personne? L'idée de la laIcité c'est que chacun-e puisse se sentir libre de vivre sa foi. Certes mais la quelle? Celle d'inférioriser les femmes? D'humilier encore et encore leur pauvre condition?

 

 

Voilons-les. Voilons-nous. Bâchons-nous. A l'heure où des centaines, des milliers de femmes se battent pour pouvoir enlever le voile en terre d'Islam sans être lapidées, brûlées à l'acide, condamnées à mort, à la prison ou violentées de toutes les façons possibles et imaginables que ce soit, à l'heure ou des imams en France (Rachid Abou Houdeyfa par exemple) disent à un public mineur qu'une femme non voilée ne doit pas s'étonner d'être violée, car les femmes non voilées sont sans honneur, d'autres, tout à fait libres de ne pas se voiler, sur notre territoire, recouvrent leur chevelure (ou leur corps) d'un voile de pudicité renvoyant l'image à celles qui ne le font pas qu'elles sont d'impures tentatrices et aux hommes d'animaux incapables de maîtriser leurs pulsions. Curieusement, ces dernières années, celles qui n'en portaient pas en portent, celles qui en mettaient des colorés se cachent sous des teintes de plus en plus sombres, et après on va on va souligner un soupçon de paranoia chez moi si je dis que la charia s'impose insidieusement dans certains quartiers. Mais bordel, n'avez-vous donc pas compris que les campagnes "femmes et espace public" ou que les actions menées par La Brigade des Mères permettent de dénoncer ces états de faits? Entendez-vous que les intégristes cathos menés par les droites extrêmes agissent en réaction? L'idée n'est pas de viser les musulmans, ni les chrétiens, mais bien les fondamentalistes des deux bords, ceux qui s'entre-tuent avec nouEs ou milieu. Je ne confonds pas islamiste et musulman, pas plus que je n'oublie que dans certaines campagnes les femmes seules sont mal vues dans les cafés, et même que j'ai été un jour invitée dans un restaurant -à la grande ville, Paris- interdit aux femmes le soir. C'est dire. Rien de tel que la misogynie des cadres et cadres sup-qui-planquent-leurs-cadavres, misogynie bien connue par les commerciales et les infirmières, par exemple, mais aussi par les femmes politiques ou flics : le plafond de verre, ce n'est pas le fruit de mon imagination ou ma névrose ou ma paranoia. En général, c'est plutôt ... l'ormeta.

 

 

Je ne vais pas m'étaler sur la prostitution, j'étais de tout coeur avec Rosen dans son combat, combat rondement mené que nous avons gagné (pénalisation des clients), et j'en avais même créé le logo qui a fini en autocollant sur la veste de Pascale Boistard mine de rien, j'étais contente! D'ailleurs les filles d'OLF coucou, si je pouvais avoir un autocollant ou une affiche en retour, pour le service rendu à la Nation, ce serait sympa. Donc oui, abolitionniste hein. Si tu estimes que ta fille/mère/soeur est trop bien pour vendre son corps à ton pote, c'est pareil pour toutes les autres filles et femmes. On n'est jamais vraiment très très libre de se prostituer. Surtout quand on sait le nombre d'étudiant-e-s de plus en plus élevé qui se prostituent pour payer leurs études. C'est un peu la même chose quand je dis aux vieux porcs qui affichent sur les réseaux sociaux des photos de (jeunes) femmes nues : d'abord on ne connait pas les circonstances dans les quelles ont étés prises les images, ni si la femme en question autorise au partage. Cela peut être, genre, ta fille ou petite fille gros vicelard qui a fait un cliché érotique avec son amoureux, puis un jour elle l'a quitté et il s'est vengé en partageant son intimité : c'est du revenge porn, et c'est un délit. Dans le doute. Partage pas, vieux vicelard. Ou jeune vicelard. Ecervelé dans tous les cas. Là aussi, une hystérie collective de ces chieuses de féministes. https://fondationdesfemmes.org/le-delit-de-revenge-porn-adopte-dans-le-code-penal/

 

 

Donc pro-choix pour ce qui est de l'avortement, abolitionniste (quel que soit l'esclavagisme ; être celui de son patron en bossant exclusivement pour payer ses factures, ou pour la prostitution, ou le servage sexuel et domestique pour ce qui est du mariage, etc) ouvertement d'inspiration dianique, provoc et laique. Touchée par l'anti spécisme, écolo-peut-mieux-faire, mais pas végé. Altermondialiste. Opposée à la GPA et à l'éducation genrée. 

 

Voili voilou.

 

Avec sororité ;-)

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Religion, #Féminicides

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Publié le 1 Décembre 2016

Discussion ce soir avec une amie qui me demande ce que je pense de Salomé, et justement, cela fait des années que je tourne autour de ce mythe sulfureux sans pour autant ressentir ce personnage féminin comme néfaste. Je pensais plutôt en faire une poésie dans ma série [Droit de réponse] peut-être que cela viendra après. Ce qui me chagrine c'est que d'autres femmes puissent voir dans son comportement une insulte à "dieu" la condamnant à être prédatrice alors qu'il y a de très fortes probabilités que ce mythe ait été misogynisé par les dits pères de l'Eglise comme c'est souvent le cas avec les femmes de la Bible. Alors, si cette petite aventure peut ouvrir une réflexion chez d'autres féministes qui se questionnent elles aussi à ce sujet ..

 

D’abord effectivement on oppose Salomé à Jean le Baptiste qui lui est célébré pour le solstice ... d'été (nuit la plus courte de l'année, ritualisée dans de nombreuses cultures dites païennes) , et ce n'est pas la saison! Rires. En fait, elle est diabolisée autant que lui peut être sacralisé dans son rôle de précurseur du Christ criant dans le désert, baptisant d'eau au delà du Jourdain, à Béthanie (la maison d'Anne?), et je pense même encensé au sein de certaines loges dites des "deux Jean". La peur du pouvoir féminin, la séduction, la danse, la sensualité dans ce mythe précis ne sont-ils pas le caput mortuum de l'ascète -immature?- dévoué à dieu? N'y-a-t'il pas une double initiation dans cette attirance? Pourquoi autant de misogynie? L'ombre de l'archétype de Lilith plane ... et c'est un exemple précis d'imprégnation dans l'inconscient collectif qui oppresse la moitié de l'Humanité, les fameux 52 %.

 

D'où l'enjeu de conscientiser la double quête initiatique à percevoir dans ce mythe ainsi que l'aspect symbolique de la tête qui est demandée par la mère (la Mère?), le crâne (caput mortuum des alchimistes). C'est le  désir sexuel -tout supposé, elle danse- qui en fait, selon l'iconographie patriarcale, donc misogyne, une perfide tentatrice, manipulatrice. Ramenant les hommes à des esclaves de leur libido bien incapables de la maîtriser. Voilons-là! Selon certains dont Oscar Wilde, elle chercherait à séduire Jean Le Baptiste pour le détourner de dieu -ou de son destin-. Exemple d'interprétation à forte domination masculine, n'aurait-elle t'elle pas eu plutôt une mission, une quête spirituelle de même valeur, elle aussi? Et pourquoi non? On le sait, la femme en tant qu'être libre, c'est le mal. L'étymologie de ce prénom nous ramène par ailleurs à שָׁלוֹם Shalom, paix ; je ne pense donc pas qu'il soit réellement question d'une condamnation à mort mais d'une décapitation symbolique, le premier mot qui me soit venu à l'esprit est "capitulation". De plus, subdūcere, séduire, "soulever" donc tirer du bas vers le haut pour certains quand pour d'autres c'est détourner du droit chemin. Question de « charme », d'enchantement donc d'un côté contre une question de manipulation de l'autre. Ici se pose effectivement la question du consentement mutuel à ce jeu là qui est parfois conscient et respecté et parfois pas. La méconnaissance des femmes et de leur rapport à leur éros, ce désir pourtant reconnu comme impérieux chez les hommes ne trouve pas d'écho positif dans sa libre expression en ce qui concerne la psyché féminine -nous pouvons faire une parallèle dans ce rejet avec la sphynge d'Oedipe - qui se doit de recevoir et d'être soumise car ayant un sexe de nature introvertie. C'est oublier que le clitoris est,1 lui aussi, un organe érectile.

 

Salomé par Gustave Moreau

 

Cela fait par ailleurs plusieurs années que je propose le solstice d'hiver sous l'égide d'Angérona la bien nommée, déesse Romaine très ancienne, certainement Étrusque, et pour ceux qui célèbrent aussi le christianisme, je pense que l'on peut parfaitement éclairer la dualité masculine et féminine du Christ en Marie-Madeleine et Jean l’Évangéliste, frère et soeur. En toute égalité.

 

« L'attachement à la matière
engendre une passion contre nature.
Le trouble naît
"Soyez en harmonie..."
Si vous êtes déréglés,
inspirez-vous des représentations
de votre vraie nature.
Que celui qui a des oreilles
pour entendre entende. » Évangile de Marie-Madeleine

 

Alors à ceux qui m'on fait remarquer que ces deux personnages féminins "voulaient être" de même niveau que les deux Jean, je rétorque que non, ce n'est pas une question de vouloir mais d'être, car c'est ontologique. Et je n'attends absolument pas que ce me soit validé par des pontes mâââles ni chez les cathares, ni chez les franc-maçons, les martinistes, les rose-croix ou que sais-je encore qui, ne représentent pour moi aucunement un pouvoir, un ascendant spirituel quelconque au quel je devrais me soumettre.

 

Avec sororité, 

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Publié le 19 Octobre 2016

Au bout de 700 ans, finalement, c'est fait. L'Évêché d'Ariège a demandé pardon pour le bûcher de Montségur et des centaines de sympathisants sont allé rendre hommage aux cathares, Dimanche 16 Octobre alors que les zozos de LMPT étaient dans la rue pour casser du PD et des FEMEN. Tu vois Ludovine, je voulais te toucher deux mots sur mon genre, pas princesse ni rose du tout, mais plutôt violet et chevaleresque.

 

Je pense que la psyché de l'être humain, pour atteindre un état de plénitude "réel" et constant, doit avoir des axes d'évolution parfaitement ajustés. Ainsi, maturités affective, intellectuelle, sexuelle et spirituelle me semblent indissociables et indispensables au bon développement psychique de la femme et de l'homme, en dehors de l'aspect physique, ou parallèlement, c'est entendu. On pourrait penser à des normes graduées, comme par exemple viser un esprit critique affiné, l'honnêteté et l'éthique pour l'intellect, la sincérité, l'assertivité et la bienveillance pour l'affect, l'intégrité, la réciprocité et la fusion pour l'éros, l'étude, la tolérance et le libertinage pour les choses de l'esprit. Le leurre est de penser qu'en malmenant, ignorant l'un de ces 4 aspects, l'être humain pourra se libérer de sa condition d'esclave esclavagiste, progresser, être le meilleur de lui même, dans le vrai, l'authentique, le "soi" de Jung.  L'empathie, les neurones miroirs, permettent de comprendre la souffrance et la compassion, de la ressentir. L'expérience permet elle d'éprouver, d'endurer notre dualité, et de nous améliorer, d'apprendre à devenir juste et bienveillant non en refoulant notre partie obscure, au contraire, en l'éclairant de notre conscience, en l'aimant "quand même". Je prends l'exemple du désir sexuel, la libido ou l'éros donc, au quel je donne 5 niveaux d'expression, de développement : instincts (sexe), besoins (ventre), affects (coeur), intellect (tête), et plus si aff'. La sublimation de cette énergie vitale et sacrée est bien mystérieuse.... Me comprends-tu Ludovine ou vous n'apprenez pas ça au caté? Qu'en disent les prêtres pédo-criminels chez vous? Désolée, c'est que chez nous, les femmes ont un esprit et s'en servent. Tu vois Ludovine,  mon expérience de vie ne vaut pas mieux que la tienne, et inversement. Je souligne juste ici que l'on ne peut guère écouter activement, aiguiller, conseiller, panser les maux de l'âme sans connaître le type de combat/remous dont il s'agit, surtout chez les hommes : l'archidiacre Frollo se croit bien en mission pour dieu. Cette haine/peur, mépris des femmes ainsi que ce "désir de pureté"  sont pathologiques : ce sont des pulsions libidineuses de prédation refoulées que les femmes ainsi que les enfants hélas subissent depuis la nuit des temps... Pourtant, ce sont bien souvent ces mêmes hommes malades qui conseillent et ordonnent, qui guident les peuples ....

Hélas, notre Société Occidentale tend à sacraliser l'intellect seul et voue un culte à l'argent et au corps. La notion de pouvoir devient alors indispensable pour écraser les rivaux dans cette compétition qu'est la vie, tout les coups sont permis, manipulation et humiliations publiques se démocratisent. Ce monde avilissant, bourré de principes pourtant, de dogmes, et méprisant les valeurs élevées rend malade : la conscience de toute cette violence et de toute cette souffrance ne peuvent que mener, après l'abattement et la révolte, à une quête de sens. 

Mourir sans avoir vécu avec intensité son Aventure intérieure profonde et sublime, quel gâchis!

 

Amistats et avec sororité,

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Publié le 25 Février 2015

Prédation psychique, quand la domination masculine devient autre chose que du sexisme.

Qu'elle se lève et le dise, celle qui n'a jamais connu un abus, qu'il soit d'ordre psychique ou physique. Mes diverses interventions sur les groupes dédiés au féminisme et/ou à la violence psychologique me laissent dans les vapes ce soir. Et pas celles de l'encens que j'aurais pu allumer pour me détendre sauf qu'il me donne parfois des hauts le coeur et des malaises, tout comme le son de l'orgue, d'ailleurs. Certainement une mémoire transgénérationnelle léguée par l'une de mes ancêtres morte sur le bûcher, qu'elle soit cathare, sorcière, ou faiseuse d'anges... Comme un gout de reviviscence, d'impuissance, d'injustice. Alors ces prédateurs psychiques, souvent manipulateurs, comment faire pour s'en défaire, s'en prémunir alors que leur jeu parfait respire la sincérité, l'authenticité des émotions? Comment faire pour simplement se faire comprendre face à un entourage qui détient parfois, quand il s'agit des services sociaux, des forces de l'ordre ou de la justice, les clefs de votre avenir, de votre destinée, de votre vie? Et les proches qui ne se doutent généralement de rien et sont, eux aussi, manipulés? Car que les choses soient claires, il ne s'agit pas ici de simples menteurs ... Un constat : leurs proies sont souvent sensibles, empathiques, généreuses et pas nécessairement dépendantes affectives comme l'on pourrait le penser. Mais oui, une dépendance se crée. Qu'elle s'exprime par un besoin viscéral de se sentir aimée, estimée, respectée par l'agresseur, ou même de vouloir percer son, ses mensonges et manigances -car certaines, comme ce fut le cas pour moi, sont littéralement obsédées par une vérité qui forcément leur échappe, voulant déjouer les pièges tendus par leur agresseur- la proie, pas forcément naïve mais souvent candide, voit souvent sa volonté propre réduite à néant. Le prédateur est patient, il guette. En attendant de pouvoir asseoir son emprise, il charme, observe, analyse, épie, décortique la candeur objet de ses fantasmes inassouvis. Est-ce cette capacité de ressentir, cette profondeur, cette noblesse des sentiments -ou du raisonnement- qui le ramènent à ses propres failles affectives et/ou intellectuelles, voir spirituelles? Le manque en lui lui fait-il autant de violence qu'il la détourne vers l'objet de son acharnement? Oui, le prédateur est patient. Et il attendra d'être sûr de la nature des sentiments que sa proie nourrit à son égard -donc sera capable de se faire aimer d'elle véritablement- avant de commencer son jeu destructeur. Puis, il prendra conscience de sa puissante malfaisance, se nourrissant de la souffrance de l'autre, et il cherchera à faire plus mal encore, après s'être assuré de la confiance que lui porte sa partenaire. Et c'est les yeux fermés souvent, que le candide fait confiance. Sans vérifier. Et il donne, sans attendre de contrepartie, sans se protéger. Un peu en contrepoint à la violence qu'il sait effective, en bon observateur lui aussi, partout dans le monde. Mourir… dormir, dormir ! peut-être rêver ! le prédateur ne vous laissera pas partir sans lutter ... Plutôt vous achever, vous briser, que de vous voir heureuse sans lui, voir, pire avec un autre que lui .... Alors il ne reculera devant rien, ou plutôt jouera de tous les subterfuges pour ne reculer que devant ce que la loi ne lui pardonnerait pas. Garder la tête haute, ne pas ternir son image. Un narcissisme souvent flagrant finalement quand objectivement on prend le temps de l'écouter, de l'observer.

Bon vent à toi, amour toxique. Le mauvais jour chez toi. Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir
la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs
et à l’arrêter par une révolte ? Mourir… do
rmir ...

Et moi qui pensais délirer quand, lors de l'une des premières soirées que nous passions ensemble, mon intuition m'a soufflé : "attention, attention, DANGER", en mon fort intérieur. Il avait l'air si gentil.

-Oui mais, après cela, comment voir ce qui est invisible à nos yeux Petit Prince?

-"Tu es folle", répondit le Petit Prince ;-)

Sous le dôme épais, où le jasmin, à la rose s'assemble....

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Féminicides, #Manipulation

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Publié le 3 Mai 2014

Affaire Cantat : l'association "Femme Libre" porte plainte pour violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner.

Tribunal de Grande Instance de Bordeaux

A l’attention de Madame le Procureur de la République,

Place de la République

33 000 Bordeaux

PLAINTE SIMPLE CONTRE X pour violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner, infraction prévue et réprimée par les articles 222-7 et 2-8 du Code pénal.

L’association FEMME LIBRE, représentée par sa Présidente, Madame Joëlle MELLUL (pièces n°1), dûment habilitée (pièce n°2) et domiciliée en cette qualité audit siège

A L’HONNEUR DE VOUS EXPOSER LES FAITS SUIVANTS :

En 1993, Madame Kristina RADY épouse CANTAT, née le 23 août 1968, à Budapest (HONGRIE), organisatrice d’évènements artistiques, rencontre Monsieur Bertrand CANTAT, né le 5 mars 1964 à Pau (64), musicien.

En 1997, Madame RADY et Monsieur CANTAT se marient. De leur union naissent deux enfants

- Milo CANTAT

- Alice CANTAT

En 2002, peu après la naissance de leur second enfant, Monsieur CANTAT quitte Madame RADY afin de s’installer avec sa nouvelle compagne : Madame Marie TRINTIGNANT.

Le 27 juillet 2003, Madame TRINTIGNANT meurt sous les 19 coups dont 4 mortels de Monsieur CANTAT, qui sera jugé coupable et condamné à 8 ans d’emprisonnement le 24 mars par les juridictions lituaniennes. Par décision de Monsieur le juge d’application des peines LAFLAQUIERE en date de 2007, Monsieur CANTAT bénéfice du régime de la liberté conditionnelle, durant lesquelles il sera soumis à des mesures de contrôle judiciaire.

En 2007, à sa sortie de prison, Monsieur CANTAT reprendra de manière épisodique la vie commune avec Madame RADY, qui aura des relations amoureuses avec deux autres hommes.

Le 10 janvier 2010, Madame RADY décède à son domicile, des suites d’un suicide par pendaison.

Ce suicide est la conséquence directe des violences psychologiques subies par Madame RADY pendant sa vie commune avec Monsieur Bertrand CANTAT, violences constituées notamment par :

- des coups

- une emprise sur la vie de Madame RADY

- un isolement social

- un chantage

entraînant une dégradation des conditions de vie de Madame RADY, de sa santé physique et psychique entraînant la mort de Madame RADY par suicide par pendaison.

C’est dans ces circonstances que l’association FEMMES ET LIBRES se voit contrainte de vous saisir d’une plainte contre X.

  1. SUR LES VIOLENCES AYANT ENTRAINE LA MORT SANS INTENTION DE LA DONNER
  1. Sur l’élément légal

L’article 222-7 du code pénal dispose que « les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont punies de quinze ans de réclusion criminelle ». L’article 222-8 du code pénal dispose que « l’infraction définie à l’article 222-7 est puni de vingt ans de réclusion criminelle lorsqu’elle est commise – sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à état de grossesse, est apparente ou connu de son auteur ».

Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner impliquent que la victime ait subi un dommage de mort et que celle-ci ait nécessairement procédé des violences volontaires commises à son encontre et ne soit pas due à une cause étrangère à celle-ci.

Les violences peuvent également être morales et psychiques, qui ont eu pour conséquence directe le suicide-forcé de la victime, qui, du fait même de ces violences, se trouvait dans un état de particulière vulnérabilité. En effet, la Cour de cassation estime qu’en l’absence de contact avec la victime, l’infraction est constituée lorsqu’existe une atteinte à l’intégrité psychique de la victime, soit par un choc émotif ou soit par une sérieuse émotion (Cass., ch. crim., 6 février 2002, 01-82.645).

  1. Sur l’élément matériel

2.1. Sur les actes positifs de violence commis par Monsieur CANTAT sur la personne de Madame RADY

2.1.1. Sur les coups portés par Monsieur CANTAT sur la personne de Madame RADY

En l’espèce, dès la reprise de la vie commune en 2007, Monsieur CANTAT adopte un comportement violent envers Madame RADY. Celle-ci se livre alors sur le répondeur de ses parents six mois avant sa mort.

En effet, en juillet 2009, Madame RADY a appelé ses parents pour évoquer les problèmes qu’elle rencontrait au sein de son couple faisant état de violences volontaires répétéesde la part de Monsieur CANTAT sur sa personne.

Ses parents étant absents, Madame RADY a laissé un message de 7 minutes et 33 secondes sur le répondeur. Cet enregistrement a été intégralement reproduit dans le livre Bertrand Cantat-Marie Trintignant l’amour à mort. Un extrait publié par le journal L’Express le 25 juin 2013 (pièces n°3 et n°4) tend à démontrer la matérialité de tels actes :

« Allo, salut maman, salut papa, c’est Cini [le diminutif de Kristina] qui parle… Ici beaucoup de choses se sont passées et des pas bonnes, c’est pourquoi je ne savais vraiment plus quoi vous dire, et donc je ne vous appelais pas, et après ça faisait si longtemps que je vous avais pas appelés que je n’osais même plus vous rappeler sans savoir que dire, comment vous expliquer la raison pour laquelle je ne vous avais pas appelés, le cercle vicieux, même quand on a 40 ans (…)Hélas, je n’ai pas grand-chose de bon à vous offrir, et pourtant il aurait semblé que quelque chose de très bon m’arrive, mais en l’espace de quelques secondes Bertrand l’a empêché et l’a transformé en un vrai cauchemar qu’il appelle amour. Et j’en suis maintenant au point – alors que j’avais du travail pour tout ce mois-ci, ce qu’il ne supporte pas – qu’hier j’ai failli y laisser une dent, tellement cette chose que je ne sais comment nommer ne va pas du tout [mot inaudible], mon téléphone, mes lunettes, il m’a jeté quelque chose, de telle façon que mon coude est complètement tuméfié et malheureusement un cartilage s’est même cassé, mais ça n’a pas d’importance tant que je pourrai en parler ».

Par le jet d’objets à l’encontre de Madame RADY, Monsieur CANTAT a adopté un comportement violent se traduisant notamment par des coups portés contre sa compagne, caractérisant des violences contre l’intégrité physique de Madame RADY.

2.1.2. Sur l’isolement social de Madame RADY

Monsieur CANTAT opère avec technique : il commence d’abord par couper Madame RADY de sa famille, puis il étend cet isolement au cercle professionnel de Madame RADY. Ainsi, il obtient un isolement social total de celle-ci, qui se sent piégée, enfermée, emprisonnée.

En effet, les coups portés par Monsieur CANTAT ont pour effet immédiat que Madame RADY n’appelle plus ses proches notamment parce qu’elle ne sait pas quel sujet abordé avec eux sans leur mentir :

« Allo, salut maman, salut papa, c’est Cini [le diminutif de Kristina] qui parle… Ici beaucoup de choses se sont passées et des pas bonnes, c’est pourquoi je ne savais vraiment plus quoi vous dire, et donc je ne vous appelais pas, et après ça faisait si longtemps que je vous avais pas appelés que je n’osais même plus vous rappeler sans savoir que dire, comment vous expliquer la raison pour laquelle je ne vous avais pas appelés, le cercle vicieux, même quand on a 40 ans(…) Mais je n’ai pas voulu vous parler de tout ça, naturellement vous pouviez deviner qu’une série d’événements encore plus regrettables que ceux de 2003 a eu lieu, car à l’époque cela ne m’était pas arrivé à moi, tandis que maintenant cela m’arrive, et déjà à plusieurs reprises j’ai échappé au pire,et puis c’est intenable ».

Le fait de couper tout contact avec sa famille démontre les premières failles de Madame RADY en raison des violences qu’elle subit. Cela marque nécessairement le premier stade de l’isolement : l’isolement familial.

En outre, Monsieur CANTAT ne supporte plus que Madame RADY travaille. Sa réaction pour le lui faire comprendre est de porter des coups à l’encontre de sa compagne :

« Et j’en suis maintenant au point – alors que j’avais du travail pour tout ce mois-ci, ce qu’il ne supporte pasqu’hier j’ai failli y laisser une dent, tellement cette chose que je ne sais comment nommer ne va pas du tout (…) »

Madame RADY ne souhaitant plus provoquer d’une quelconque manière Monsieur CANTAT cède à la violence en abandonnant le travail qu’elle avait pour le mois. L’emploi de l’imparfait « j’avais » démontre ce renoncement. Cela marque indubitablement le second stade de l’isolement : l’isolement professionnel.

L’accumulation de l’isolement familial et professionnel marque l’avènement de l’isolement social qui est ressenti comme un enfermement non seulement physique mais psychologique que Madame RADY exprime en ces termes qui ne laissent place à aucun doute : « avec Bertrand dans un état aussi grave, on n’arrive pas à réfléchir la tête claire et, de peur, on ose à peine respirer ».

Au regard de l’ensemble de ces éléments, il est manifeste que Monsieur CANTAT a tenté et réussi à totalement isoler Madame RADY de toute relation extérieure à leur couple, afin de pouvoir exercer au mieux son emprise psychologique sur elle.

2.1.3. Sur l’emprise exercée par Monsieur CANTAT sur la personne de Madame RADY

Madame RADY explique à ses parents lors de ce message qu’elle ne les appelle plus en raison de la honte qu’elle ressent à leur parler des faits dont elle est victime.

« Allo, salut maman, salut papa, c’est Cini [le diminutif de Kristina] qui parle… Ici beaucoup de choses se sont passées et des pas bonnes, c’est pourquoi je ne savais vraiment plus quoi vous dire, et donc je ne vous appelais pas, et après ça faisait si longtemps que je vous avais pas appelés que je n’osais même plus vous rappeler sans savoir que dire, comment vous expliquer la raison pour laquelle je ne vous avais pas appelés, le cercle vicieux, même quand on a 40 ans (…) ».

Au-delà de la honte ressentie par toute victime de violences, celle éprouvée par Madame RADY se replace dans un contexte où tout l’entourage a connaissance des comportements violents qu’elle subit, mais personne n’agit – ne réagit. Aussi, elle est confortée dans l’idée – malheureusement trop répandue – que le problème doit venir d’elle. En témoigne les propos qu’elle tient dans le même enregistrement, lorsqu’elle évoque que la famille CANTAT assiste aux violences que lui inflige Monsieur CANTAT :

« Tout le monde, bien sûr, dans la rue le considère comme une icône, comme un exemple, comme une star, et tout le monde désire que pour lui tout aille bien, et après il rentre à la maison et il fait des choses horribles avec moi devant sa famille ».

Sans réaction des témoins directs ou indirects de telles violences subies par Madame RADY, elle se renferme sur elle-même, n’osant plus appeler quiconque.

Par ailleurs, détruite psychiquement, Madame RADY cède aux pressions psychologiques exercées par Monsieur CANTAT. Lorsque Madame RADY explique que « Et j’en suis maintenant au point – alors que j’avais du travail pour tout ce mois-ci, ce qu’il ne supporte pas – qu’hier j’ai failli y laisser une dent, tellement cette chose que je ne sais comment nommer ne va pas du tout (…) », elle emploie le passé pour déclarer qu’elle avait du travail pour tout le mois de juillet. Cet emploi de l’imparfait trahit les intentions de Madame RADY, qui, ruée de coups, a cédé aux pressions imposées par Bertrand CANTAT de ne pas travailler, celui-ci ne pouvant supporter qu’elle s’expose aux regards de tiers..

Ce recul se fait contre sa volonté morale : sous la contrainte, la menace de recevoir de nouveaux coups, elle décide de ne plus travailler.

En outre, Madame RADY fait part de sa peur grandissante pour sa vie. Elle se livre à au moins sept reprises sur ce sujet au cours du message laissé à ces parents :

« Mais ça n’a pas d’importance tant que je pourrai en parler

(…) J’ai essayé et j’essaie de vivre de telle manière que je ne sois pas obligée de fuir, car soit il sera déjà trop tard pour fuir faute d’être encore en état pour le faire

(…) si j’en ai la force et qu’il n’est pas trop tard, je déménagerai dans un autre pays et je disparaîtrai simplement, car je dois disparaître

(…) avec Bertrand dans un état aussi grave, on n’arrive pas à réfléchir la tête claire et,de peur, on ose à peine respirer

(…) vous ne sauriez imaginer pire que ma vision de la chose, et Bertrand est fou, il croit que c’est là le plus grand amour de sa vie et que, mis à part quelques petits dérapages, tout va bien.

(…) j’espère qu’on va pouvoir s’en sortir et que vous pourrez encore entendre ma voix, et sinon, alors, vous aurez au moins une preuve que…

(…) seulement on ne peut s’en sortir saine et sauve »

Ces propos traduisent l’état de peur, de terreur dans lequel se trouve Madame RADY face au comportement qu’adopte Monsieur CANTAT à son encontre. Cet effroi tend à démontrer l’emprise que Monsieur CANTAT exerce sur Madame RADY.

Au regard de ces éléments, il est manifeste que Monsieur CANTAT avait une emprise psychologique d’une exceptionnelle ampleur sur Madame RADY.

2.1.4. Sur le chantage effectué par Monsieur CANTAT

Monsieur CANTAT exerçait un chantage affectif sur la personne de Madame RADY. Ce chantage s’exerçait de deux façons : d’une part à l’égard des enfants du couple, d’autre part au sujet du suicide qu’il pourrait commettre envers sa propre personne.

Ce fait de chantage à l’égard des enfants du couple, Milo et Alice, est étayé par les déclarations de Madame RADY elle-même dans sa lettre de suicide qu’elle adresse à son compagnon de l’époque, Monsieur François SAUBADU, dont un extrait est reproduit dans un article du magazine VSD publié le 24 octobre 2013 (pièce n°5) :

« il mest difficile de commencer à écrire. J’avais l’habitude d’écrire, mais seulement demes rêves, des sentiments qui me pèsent, qui viennent sans commande depuis que Bertrand a embêté Cini (…) je t’envoie ça maintenant (…) Une menace de vie. Une plainte, c’était une demande de secours. (…) Il essayait de faire du chantage émotionnel et par les enfants ! ».

Ce chantage avait pour but d’empêcher Madame RADY de le quitter.

Par ailleurs, le chantage au suicide semblait être une habitude de Monsieur CANTAT. En effet, Madame RADY témoigne de la réaction qu’il aurait eue si Madame RADY venait à mourir et que des personnes – témoins des violences qu’elle a subies de la part de Monsieur CANTAT – venaient à se confier aux services de police :

« j’espère qu’on va pouvoir s’en sortir et que vous pourrez encore entendre ma voix, et sinon, alors, vous aurez au moins une preuve que… mais des preuves il y en a, les gens dans la rue et nos amis, car ce qu’ils ont vu hier quand Bertrand a tout cassé, et j’ai eu peur que pour une fois cela ne se passe pas chez nous mais chez nos amis, et donc si telle chose devait arriver, ils pourraient témoigner, même si un témoignage n’aurait aucun sens car tel que je connais Bertrand, il se suiciderait, et alors les enfants resteraient là, orphelins. J’aimerais tant l’éviter ».

Ainsi, le chantage affectif semble être une technique bien maîtrisée par Monsieur CANTAT pour parvenir à ses fins.

Au regard de l’ensemble des éléments, il apparaît que l’élément d’acte positif de violence est rempli.

2.2. Sur les conséquences des violences psychologiques sur Madame RADY

Les conséquences des violences psychologiques sur Madame RADY sont d’une part l’enfermement psychique, d’autre part la tentative de trouver des solutions vite balayées par le chantage affectif qu’exerce Monsieur CANTAT aboutissant à ce que Madame RADY ne trouve pour seule solution : le suicide – afin d’échapper à l’emprise de ce dernier.

En effet, en juillet 2009, lorsque Madame RADY laisse un message sur le répondeur de ces parents, son état semble dépressif et anxieux. Anxieux, en raison de la terreur qu’elle ressent envers son compagnon Monsieur CANTAT. Elle affirme à plusieurs reprises qu’elle pense mourir de ces coups.

Dépressif, en raison de la honte qu’elle ressent face à son incapacité à donner des nouvelles à ses parents et raconter ce qu’elle vit au quotidien. Son sentiment de honte la conduit à évoquer les souffrances quotidiennes qu’elle vit, néanmoins à aucun moment elle ne dit clairement : « Bertrand me frappe, il me fait peur, je crois que je mourrai sous ses coups ». Mais les mots employés ne laissent aucune place au doute face à la description des évènements. Cette pudeur marque le déni de la responsabilité de Monsieur CANTAT.

Néanmoins, à cette époque, Madame RADY tente encore de trouver des solutions pour échapper à son emprise en évoquant à plusieurs reprises au cours de l’enregistrement des possibilités de départ pour elle et ses enfants.

Or, en janvier 2010, dans sa lettre de suicide, elle évoque les raisons d’un tel geste : le chantage effectué par Monsieur CANTAT à l’égard des enfants. Cet ultime chantage achève Madame psychologiquement RADY. Elle ne peut pas le quitter sans qu’il ne s’en prenne à leurs enfants :

« il mest difficile de commencer à écrire. J’avais l’habitude d’écrire, mais seulement demes rêves, des sentiments qui me pèsent, qui viennent sans commande depuis que Bertrand a embêté Cini (…) je t’envoie ça maintenant (…) Une menace de vie. Une plainte, c’était une demande de secours. (…) Il essayait de faire du chantage émotionnel et par les enfants ! ».

Aussi, pour garantir la protection de ces enfants, mais ne pouvant continuer à vivre aux côtés de Monsieur CANTAT, la seule solution que Madame RADY a trouvé – dans cet état dépressif, anxieux, sans aucune lueur d’espoir, et en l’absence de réaction de ses proches au cauchemar qu’elle vivait – est le suicide par pendaison.

(…) si j’en ai la force et qu’il n’est pas trop tard, je déménagerai dans un autre pays et je disparaîtrai simplement, car je dois disparaître

En effet, la seule solution qu’aura trouvée Madame RADY pour disparaître est de se pendre.

Ainsi, l’élément matériel de dommage de mort sur la victime est rempli.

2.3. Sur le lien de causalité entre les actes positifs de violence et les conséquences sur la personne de Madame RADY

La violence psychologique est une violence faite de mensonges, sarcasmes, mépris, humiliations, puis du dénigrement, isolement, état de dépendance financière, harcèlement, menaces, la victime va ainsi progressivement être privée de son libre-arbitre et de regard critique sur la situation.

Ce processus d’emprise entraîne chez la victime une abolition totale de ses capacités de jugement, qui la conduisent à accepter l’inacceptable, à tolérer l’intolérable.

Les conséquences traumatiques dont souffrent les femmes sont considérables : s’opère une véritable rupture identitaire.

En effet, ce processus d’emprise entraîne chez la victime une saturation de ses capacités critiques et une abolition totale de ses capacités de jugement, une perte de sa valeur sociale et humaine qui la conduisent à accepter l’inacceptable, à tolérer l’intolérable.

La violence psychologique doit être considérée comme l’équivalent psychologique du meurtre; une réelle destruction psychologique qui peut, en effet, représenter essentiellement une tentative de se débarrasser de l’Autre aussi complètement que s’il était physiquement détruit.

Le rapport du Professeur HENRION, remis au Ministre de la Santé en février 2001, conclut, notamment, que les violences au sein du couple sont une des causes principales de la mortalité des femmes, qu’il s’agisse de suicides, d’homicides ou de décès dus à des pathologies en lien avec les violences.

Les femmes victimes de violence conjugale perdent 1 à 4 années de vie en bonne santé (OMS).

Elles font 5 fois plus de tentatives de suicides que le reste de la population. C’est là que l’on peut parler de meurtre psychologique.

En France, en 2009, on peut dénombrer 232 suicides de victimes de violences conjugales, et 140 femmes, mortes sous les coups de leur conjoint (pièce n°6).

On peut donc considérer qu’il existe plus de femmes qui meurent des conséquences traumatiques directement liées à la violence psychologique, au meurtre psychique, que de femmes mortes de la violence physique de leur conjoint.

L’Organisation Mondiale de la Santé a établi que « la violence constitue l’un des principaux problèmes de santé publique dans le monde » et qu’il convenait de « faire de la violence une priorité de la recherche en santé publique ».

Les conséquences traumatiques directement liées aux violences psychologiques subies par Madame RADY sont clairement énoncées aux termes de sa lettre de suicide et du message laissé sur le répondeur de ses parents.

Le principe de violence psychologique a été entériné par la loi du 9 Juillet 2010 qui a créé ce délit.

Ce principe a également était consacré dans le cadre de la Convention égalité Homme-Femme du Conseil de l’Europe adoptée le 11 mai 2011 à Istanbul (pièce n°7).

Aussi, désormais, la violence psychologique est considérée au même titre que la violence physique.

Le suicide doit être considéré comme une conséquence traumatique directement liée aux violences psychologiques

Il conviendra en conséquence de constater que les violences psychologiques subies par Madame RADY du fait de Monsieur CANTAT ont entraîné sa mort.

Il conviendra de constater que cette infraction a été commisse sur Madame RADY, victime d’une particulière vulnérabilité du fait de ses séquelle traumatiques : rupture identitaire, effondrement intérieur, saturation des capacités critiques et de jugement, altération de la conscience, syndrome dépressif.

Il conviendra de constater que le suicide en date du 10 janvier 2010 de Madame RADY procède d’une conséquence directement liée aux violences psychologiques perpétrées par Monsieur CANTAT.

Par conséquent, le délit de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner prévu par l’article 222-7 du Code Pénal et par l’article 222-8 du Code Pénal est constitué à l’encontre de Monsieur Bertrand CANTAT.

  1. Sur l’élément intentionnel

Conformément à la lettre des articles 121-3 et 222-7 du code pénal, le crime de violences volontaires ayant entrainé la mort suppose non pas l’intention du résultat sur la victime mais une intention d’adopter un comportement violent.

En l’espèce, c’est en toute connaissance de cause que Monsieur CANTAT a adopté ce comportement violent envers Madame RADY. En effet, la répétition des épisodes violents tend à démontrer – si nécessaire – le caractère intentionnel d’une telle conduite.

Au regard des éléments soulevés, l’infraction de violences volontaires ayant entraîné la mort est constituée.

  1. SUR LE PREJUDICE SUBI PAR L’ASSOCIATION FEMME LIBRE

L’article 2 des statuts de l’association FEMME LIBRE dispose que : « l’association a pour objet l’amélioration de la condition de la femme » (pièce n°1).

En l’espèce, l’amélioration de la condition de la femme induit nécessairement l’amélioration de l’image de la femme qui est renvoyée dans notre société, l’amélioration de son statut tant social que professionnel mais également des actions visant à mettre fin aux violences que subissent les femmes au quotidien, tant dans la sphère publique que dans sphère privée. Les violences volontaires subies par Madame RADY exercées par Monsieur CANTAT ayant conduit à la mort de Madame RADY portent dès lors indubitablement atteinte aux statuts de l’association FEMME LIBRE.

Il ne fait dès lors aucun doute que l’association FEMME LIBRE a subi et subit encore un préjudice certain et direct du fait des agissements de Monsieur CANTAT caractérisé par la mort de Madame RADY en raison des violences qu’elle a endurées.

C’est la raison pour laquelle, l’association FEMME LIBRE dépose plainte contre Monsieur Bertrand CANTAT ou toute autre personne que l’enquête révèlera pour les infractions prévues et réprimées par les articles l’article 222-7 du Code Pénal et par l’article 222-8 du Code Pénal ou toute autre infraction que les investigations pourront révéler.

Madame Joëlle MELLUL

Présidente de FEMME LIBRE

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Féminicides

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