Articles avec #feminin sacre tag

Publié le 20 Avril 2017

Il y a dans l'air comme une effluve de Rose,

Celle de mon sang coulant sur tes épines,

En adviendra quelque autre métamorphose,

Sublimant toujours la nature de mon être infime.

C'était subtil et doux, j'en aurais fait une overdose,

Tant de fois charmée j'ai rêvé, d'humeur chagrine, 

Lovée sur ton coeur, Valentin sachant l'apothéose,

Et les frémissements timides de nos âmes carlines.

Sur le bouts des doigts j'aurais appris ta gnose,

Très haut dans les cieux là où l'amour s'enracine, 

Si belles et puissantes sont de telles osmoses,

Qu'elles laissent, en s'éteignant, comme un air de famine.

Tu me manques et alors, j'ai bien le droit si je l'ose,

De ressentir un tel émoi, quand la peine me dessine, 

Ce fut si bon de prendre une pause,

Dans ces tourments que tu devines.

C'est aujourd'hui le jour de la Rose, 

Et je n'ai eu que les sournoises épines,

Sans toi mon printemps sera morose,

Mais je détruirai ce Mal que Kali me destine.

 

 

@ T

 

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 17 Avril 2017

Que dis-tu mon amour?
 
Cet élixir réanimant, dans la rosée,
Ma psyché comateuse,
Livrée aux quatre vents,
Perdant le Nord,
Désemparée d'un amour fol,
Frustrée dans cette envie !
C'est que l’intérêt que je te porte, démon,
Ne se résorbe pas,
Car il ne se résume pas
À ce soudain appétit sexuel ...
Il est vrai, qu’Éros le bien nommé
Divagua dans les méandres de mes stigmates,
Endolorie par les mémoires camisolées :
C'est la rage que tu as libérée,
Et tous ces émois soudainement saturés,
Par une chape de plomb chimique,
Avortant mes noces alchimiques ...
 
Ris-tu, mon amour?
 
Mon coeur lacéré, démon,
Par tes lames affûtées,
Ton dard de scorpion
À la queue recourbée,
Sur mon corps en famine,
Mendiant une caresse, un baiser ;
Envoûtée par d'obscures messes noires
Endiablant mes idéaux humanistes :
Je suis déchue, peureuse et sombre,
Sans tes yeux posés sur moi,
Sans ta voix si douce à mon âme ;
 
Mais que dis-tu mon amour?
 
Serais-tu réellement si fourbe,
N'as-tu donc juré, par Hygie et Panacée?
J'hallucine, j'hallucine, j'hallucine ;
N'es-tu donc pas si beau, et si riche, humainement, 
Que je te vois, avec mes yeux amoureux et gourmands?
N'as-tu pas un coeur pur sous tes faux-airs de Narcisse?
Ne serais-je que l'écho d'un enchantement désastreux?
Ne serais-tu qu'un placebo, mon amour,
Mon nocebo ...
 
Ne dis-tu mon amour?
 
Un faux pour un vrai,
Un mal pour un bien,
Tu me rends confuse,
Tu joues du paradoxe,
Tu es infaillible, mon amour.
 
Que dis-tu mon amour?
 
Que ton coeur est noir,
Putréfié par l'argent et le pouvoir,
Que tu es un perfide illusionniste,
Manipulateur et sadique,
Bête et méchant?
 
Je ne me résous à le croire, mon amour,
Mon coeur à ce jeu là, ne s'égare jamais,
Et je ne peux douter de t'avoir aimé,
Bouleversée par ce que tu &.
 

Illustration Frantisek Drtikol

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 11 Mars 2017

Sulfur.

 

Tu sens le soufre.

 

On me l'a dit quelques fois. Cela m'a toujours blessée, car je ne comprenais pas pourquoi.

 

Si je me questionne sur l'appartenance catholique, même inconsciente, de certains occitanistes -car je ne peux simplement pas comprendre qu'après toutes ces persécutions, tous ces massacres (des cathares aux franc-maçons, en passant par les templiers et les sorcières),  certains se revendiquent encore de cette religion en terme de spiritualité, à moins que seul le gout du pouvoir ne les anime-, c'est que les choses sont claires : les manifestations de ces dernières années contre les droits des homosexuels, la régression des droits ainsi que des libertés des femmes, visant à repositionner la famille dite traditionnelle comme exemple moteur et fondamental de la Société sont, aussi, des persécutions. Mais si je me questionne pareillement sur les sympathisants cathares fleurtant avec les droites extrêmes, je ne peux non plus me réduire à penser que le déclin de notre belle civilisation soit le fait de Na Loba, la sulfureuse louve dont personne ne sait lire le mercure, archétype de femme plutôt que celui de mère, à l'instar de Marie-Madeleine face à la Vierge ou Lilith plutôt qu'Eve, femmes libres assimilées à des démones prostituées par les pères de l'église comme le fut Acca Larentia, lupa, à l'origine de Rome, et certainement issue d'un culte anciennement Étrusque. Tellement facile, encore une fois, d'exciser symboliquement la force et la fougue féminines, de museler le(s) désir(s) des femmes, et de les voiler afin de les soumettre, en niant leur être plutôt que d'éduquer ces mâles au consentement et au respect. La louve, symbole fort chez les Celtes, les Romains et les Nordiques (entre autres), symbolisant les instincts, la force et la puissance, le retour à la nature sauvage, la meute ... La louve, mère adoptive de Mowgli, aussi.

Dans l'absolu, distinguant l'être humain de ses pensées et de ses actes, l'un étant ontologiquement bon (concept d'égalité concernant ce qui nous anime) et le reste dépendant de l'expérience, donc du vécu, du conditionnement familial et sociétal, des tramas et autres fractures psychiques, du rapport à la violence et à la souffrance, au bonheur, de la résilience au malheur, de la capacité à aimer et être aimé, de la chimie du cerveau etc etc. Bref, de son rapport individuel au monde.- Néanmoins, au delà des conceptions philosophiques sur la nature des esprits ou le sexe des anges, ne pouvant relever que de l’agnosticisme me semble-t'il, il faut admettre que si seul l'Amour peut être céleste et divin, on ne peut nier que la réflexion initiale censée mener à un cheminement spirituel ne peut aller de paire avec la violence exprimée par certaines croyances menant à un endoctrinement servant la malignité, le pouvoir... Je ne pense pas que nous puissions comparer les droites extrêmes intimant les pauvres à rester asservis, esclaves du Système dont les salaires ne permettent qu'à payer leurs factures, ou encore alimentant et protégeant l'hégémonie phallocrate visant à faire des femmes des esclaves sexuelles et domestiques ou encore excluant et persécutant des êtres humain.e.s plus bronzé.e.s, selon leurs convictions spirituelles ou leurs choix amoureux et les luttes pour la justice, l'égalité et la vérité de ces mêmes persécuté.e.s, humilié.e.s, violenté.e.s, esclaves modernes, victimes du patriarcat.

D'ailleurs, tout comme le fait ci-dessous la philosophe Simone Weil, j'ai personnellement attribué la cause de cette défaite Occitane au Comte de Toulouse ici.

"Ce coup les fit plier ; il avait été infligé à cet effet. Il ne leur fut pas permis de s'en relever ; les atrocités se succédèrent. Il se produisit des effets de panique très favorables aux agresseurs. La terreur est une arme a un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent a conserver leur liberté et leur bonheur que ceux qui songent à détruire et à écraser ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent les hommes libres contre des agresseurs. Les gens d'oc subirent défaite après défaite : tout le pays fut soumis. S'il faut croire le poète, Toulouse, ayant prété serment à Simon de Montfort, sur le conseil du comte de Toulouse lui-même, après la défaite de Muret, ne songea pas à violer sa parole ; et sans doute les vainqueurs auraient pu s'appuyer sur l'esprit de fidélité qui dans ce pays accompagnait toujours l'obéissance. Mais ils traitèrent les populations conquises en ennemies, et ces hommes, accoutumés à obéir par devoir et noblement, furent contraints d'obéir par crainte et dans l'humiliation. "  Simone Weil, "L'inspiration Occitane".

"Mais que personne ne pense que je m'abaisse pour les riches, s'ils deviennent pires qu'ils ne sont ; car une joie pure naît en moi et me guide ; cela me tient doucement joyeux et me délasse dans la parfaite amitié de celle qui me plaît le plus ; et si vous voulez savoir son nom, demandez-le dans la contrée de Carcassonne." Peire Vidal

Alors, encore un mythe misogynisé?

 

Avec sororité.

Illustration : "Na Loba" toile en cours, noir et bronze, acrylique

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 14 Janvier 2017

Ce livre est une véritable révélation pour moi, tant il concentre tous les sujets de réflexions qui m'animent depuis l'adolescence. Non pas que j'y apprenne beaucoup, mais quand la Société te met dans la marge tant tes sujets de recherche et ta pensée sont singuliers, il est vraiment salvateur, cet écho. Bien-sûr, Jacqueline Kelen n'est parfois pas tendre, notamment avec certains de mes défauts ou mauvaises habitudes, mais que je suis foncièrement encline à corriger : le simple fait de savoir que nous sommes au moins deux à avoir ces réflexions sur l'amour et le divin -en soi, et celui que la vie nous intime à partager- est absolument libérateur. Je vais enfin pouvoir reposer en paix, sans me demander sans cesse ce qui ne tourne pas rond chez moi pour être a ce point habitée par cet esprit ardent, que je devine aujourd'hui contagieux.

 

Jamais je n'aurais pu imaginer que mon rapport à l'amour, à la vie, à la spiritualité, au féminin, au sacré, pouvait être aussi familier à une autre femme ... que j'ai découverte au hasard d'une vidéo où il était question à la fois des cathares, du trobar, de la fin'amor, des fedelis d'amor, d'éros et psyché, du complexe madone et catin, de la misogynie des Ecritures dites saintes, de poésie et d'[extase].

 

Exquise, cette femme et exquise et parle un langage qui fait scintiller toute la poussière d'étoiles en mon âme. Quelques extraits (mais pas trop) du début du livre "Un chemin d'ambroisie" de J.KELEN, que j'ai dévoré. Elle a été productrice à France Culture 20 ans et est l'autrice d'une 30aine d'ouvrages. Elle est d'une spiritualité qui sonne avec authenticité. Je recommande vivement cet ouvrage, qui rend assurément ses lettres de noblesse au plus mystérieux des sentiments...

 

"Je comprends que le manichéisme, puis le catharisme aient voulu résoudre cette sombre énigme en évoquant le Démiurge mauvais, créateur de ce monde."

"Lorsque deux fins amants ont célébré le rituel d'amour, ont communié et louangé dans cette secrète liturgie, désormais la prétentieuse sexologie, les bizarreries érotiques et les élucubrations freudiennes leur paraissent totalement dérisoires." 

"Mais pour les catholiques bien endoctrinés, l'appel de l'éros et, pire, le consentement à l'éros ont fait naître en eux un nouveau péché, la culpabilité. C'est même une caractéristique majeure du psychisme des catholiques."

"Le château de l'amour se construit par le toit. Et ses plans sont d'abord tracés dans le ciel."

"Peu de préceptes religieux résistent lorsqu'on évacue de la psyché humaine la peur, la honte et la culpabilité. Plus précisément, ce qui résiste n'a rien à voir avec la morale ou l'endoctrinement : c'est le message spirituel vivant." 

"Le côté du coeur joue volontiers des tours à la femme Celle-ci préférera souvent le malheur, l'exil et le châtiment, mais avec l'homme qu'elle aime, plutôt que la liberté, la joie et la beauté vécues solitairement."

"On n'épouse pas une femme libre. Mais celui qui aimerait véritablement une femme libre aurait pour seul désir de devenir libre lui aussi."

"Le lien est tissé menu entre une vie spirituelle authentique et la vie amoureuse que l'on y mène, y compris dans les relations sexuelles : ce qui est en Haut (les réalités célestes) résonne dans ce qui est en Bas (les éventements terrestres, la condition humaine et charnelle) ; et ce qui vit en bas réjouit ou afflige l'en Haut. L'érotique désigne précisément le lien indissoluble, forcément amoureux, entre l'en Bas et l'en Haut."

"A ressasser la douceur de la virginale mère, il devient pour un homme impossible ou effrayant de s'abandonner à l'amour de la femme."

"Comme la plupart des femmes préfèrent avoir un homme dans leur vie plutôt que de manifester l'Eternel Féminin et d'éclairer le monde par leur esprit, il y a infiniment plus de gentilles ménagères rebaptisées muses que de femmes éveilleuses et créatrices. Celles-ci sont le plus souvent solitaires, à la fois par gout, par destin, et par défection masculine."
 
 

 

Avec sororité, 

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 1 Décembre 2016

Discussion ce soir avec une amie qui me demande ce que je pense de Salomé, et justement, cela fait des années que je tourne autour de ce mythe sulfureux sans pour autant ressentir ce personnage féminin comme néfaste. Je pensais plutôt en faire une poésie dans ma série [Droit de réponse] peut-être que cela viendra après. Ce qui me chagrine c'est que d'autres femmes puissent voir dans son comportement une insulte à "dieu" la condamnant à être prédatrice alors qu'il y a de très fortes probabilités que ce mythe ait été misogynisé par les dits pères de l'Eglise comme c'est souvent le cas avec les femmes de la Bible. Alors, si cette petite aventure peut ouvrir une réflexion chez d'autres féministes qui se questionnent elles aussi à ce sujet ..

 

D’abord effectivement on oppose Salomé à Jean le Baptiste qui lui est célébré pour le solstice ... d'été (nuit la plus courte de l'année, ritualisée dans de nombreuses cultures dites païennes) , et ce n'est pas la saison! Rires. En fait, elle est diabolisée autant que lui peut être sacralisé dans son rôle de précurseur du Christ criant dans le désert, baptisant d'eau au delà du Jourdain, à Béthanie (la maison d'Anne?), et je pense même encensé au sein de certaines loges dites des "deux Jean". La peur du pouvoir féminin, la séduction, la danse, la sensualité dans ce mythe précis ne sont-ils pas le caput mortuum de l'ascète -immature?- dévoué à dieu? N'y-a-t'il pas une double initiation dans cette attirance? Pourquoi autant de misogynie? L'ombre de l'archétype de Lilith plane ... et c'est un exemple précis d'imprégnation dans l'inconscient collectif qui oppresse la moitié de l'Humanité, les fameux 52 %.

 

D'où l'enjeu de conscientiser la double quête initiatique à percevoir dans ce mythe ainsi que l'aspect symbolique de la tête qui est demandée par la mère (la Mère?), le crâne (caput mortuum des alchimistes). C'est le  désir sexuel -tout supposé, elle danse- qui en fait, selon l'iconographie patriarcale, donc misogyne, une perfide tentatrice, manipulatrice. Ramenant les hommes à des esclaves de leur libido bien incapables de la maîtriser. Voilons-là! Selon certains dont Oscar Wilde, elle chercherait à séduire Jean Le Baptiste pour le détourner de dieu -ou de son destin-. Exemple d'interprétation à forte domination masculine, n'aurait-elle t'elle pas eu plutôt une mission, une quête spirituelle de même valeur, elle aussi? Et pourquoi non? On le sait, la femme en tant qu'être libre, c'est le mal. L'étymologie de ce prénom nous ramène par ailleurs à שָׁלוֹם Shalom, paix ; je ne pense donc pas qu'il soit réellement question d'une condamnation à mort mais d'une décapitation symbolique, le premier mot qui me soit venu à l'esprit est "capitulation". De plus, subdūcere, séduire, "soulever" donc tirer du bas vers le haut pour certains quand pour d'autres c'est détourner du droit chemin. Question de « charme », d'enchantement donc d'un côté contre une question de manipulation de l'autre. Ici se pose effectivement la question du consentement mutuel à ce jeu là qui est parfois conscient et respecté et parfois pas. La méconnaissance des femmes et de leur rapport à leur éros, ce désir pourtant reconnu comme impérieux chez les hommes ne trouve pas d'écho positif dans sa libre expression en ce qui concerne la psyché féminine -nous pouvons faire une parallèle dans ce rejet avec la sphynge d'Oedipe - qui se doit de recevoir et d'être soumise car ayant un sexe de nature introvertie. C'est oublier que le clitoris est,1 lui aussi, un organe érectile.

 

Salomé par Gustave Moreau

 

Cela fait par ailleurs plusieurs années que je propose le solstice d'hiver sous l'égide d'Angérona la bien nommée, déesse Romaine très ancienne, certainement Étrusque, et pour ceux qui célèbrent aussi le christianisme, je pense que l'on peut parfaitement éclairer la dualité masculine et féminine du Christ en Marie-Madeleine et Jean l’Évangéliste, frère et soeur. En toute égalité.

 

« L'attachement à la matière
engendre une passion contre nature.
Le trouble naît
"Soyez en harmonie..."
Si vous êtes déréglés,
inspirez-vous des représentations
de votre vraie nature.
Que celui qui a des oreilles
pour entendre entende. » Évangile de Marie-Madeleine

 

Alors à ceux qui m'on fait remarquer que ces deux personnages féminins "voulaient être" de même niveau que les deux Jean, je rétorque que non, ce n'est pas une question de vouloir mais d'être, car c'est ontologique. Et je n'attends absolument pas que ce me soit validé par des pontes mâââles ni chez les cathares, ni chez les franc-maçons, les martinistes, les rose-croix ou que sais-je encore qui, ne représentent pour moi aucunement un pouvoir, un ascendant spirituel quelconque au quel je devrais me soumettre.

 

Avec sororité, 

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 8 Août 2016

Elle et ses chats noirs ...
Elle et ses chats noirs ...

Fille du Soleil pour les uns, je rayonne de beauté et de grâce,

Ou d'Hécate la lunaire pour les autres, je m'impose par l'audace,
Et j'attire dans mes filets les voyageurs aux longs cours,
Marins, héros ou guerriers, ils rêvent de me faire la cour,
Alors pour les éprouver, je les séduis et les enivre gaiement,
Mais qu'ils ne se jouent de moi ou ce sont des nuits de tourments,
Qu'il leur sera infligé, mes colères sont telluriques et anciennes,
Mes filtres en fauves les transformeraient, je suis magicienne.

Si ma naissance fait de moi une créature envoûtante, céleste,
La légende, elle, me prête une aura maléfique, noire et funeste,
Car mes poisons d'une grande renommée sont sorcellerie :
Je commande au ciel, fait choir les étoiles et ma jalousie,
N'ayant d'égale que le feu animant ma passion pour la vie terrestre,
C'est au coeur de mon somptueux palais que je séquestre,
Les malheureux qui croisent ma route et cherchent à me dominer,
Braves loups ou lions, grâce à mes breuvages, à mes pieds.

Tout est de métal précieux sous ma main délicate et experte,
Il me plait d'entonner de troublantes mélopées aux dieux offertes,
Sur mon ouvrage, tissant ma toile aussi grande que la mer, immortelle,
Ouvrant la destinée d'Ulysse, humiliant ses compagnons rebelles,
Aux lois qui sont les miennes sur l'île d'Aiaié, où je domestique,
Les âmes sauvages des hommes les rendant amnésiques,
De leur liberté passée, ils vont, chiens et chats sous mes doigts,
Quand ce n'est pas en pourceaux que je les métamorphose sans émoi.

Mais mon cœur s'éprit pour ce roi qui venait d'Ithaque, c'est ardemment,
Aidé par Hermès, et le moly à fleur laiteuse, qu'il résista à mon enchantement,
Homme de bravoure et de tempérance, il échangera un corps à corps,
Contre la vie de ses hommes et son retour au Pays, non pour de l'or,
Après l'avoir effleuré de ma baguette, le plaisir brûlant les chairs,
Une année de communion de sens, de partages et d'enfantements éclairs,
Conscience et folie, raison et passion ne faisant jamais bon ménage,
Le temps advint pour Ulysse et ses hommes de reprendre le large.

Une fois n'est pas coutume, l'Odyssée me dépeint obscure,
Le féminin ayant, hélas, face au masculin, bien mauvaise posture,
Tentatrice et séductrice, perfide démone vile et ensorceleuse,
L'homme ayant la belle part de la sagesse et la femme amoureuse,
Quand une autre, qui l'était tout autant, lasse et passive à souhaits,
Pénélope à son métier à tisser sans compter son temps ni ses regrets ;
Aux anciens Grecs nous pourrions décerner la palme amicale,
Non celle des martyrs innocents mais de la misogynie ancestrale.

Avec sororité,

Piqué le titre à un texte (Le sort de Circé) de la très talentueuse .... Juju je t'<3

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 6 Août 2016

INVENTERESSE de la danse serpentine
INVENTERESSE de la danse serpentine

Je prends le voile,

Q'importent les vents,

Car les rangs se resserrent,

Et les drapeaux se dressent ;

Armes au poing, les femmes,

D'Orient et d'Occident, des femmes,

Entonnent l'hymne, des femmes,

Unies par l’éternelle damnation ;

Alors oui, je prends le voile,

Au jardin du calvaire,

Où le sang coule à flots,

Elles panseront mes plaies, de femme ;

Et je sais leurs peines,

Je connais aussi leurs rêves,

Et leurs choix, par dépit,

Puis conviction ;

Elles seront mes compagnes de lutte,

Au front, mais toujours sous la lune,

Pourtant si solaires à minuit,

Dans l'ombre de leurs amants ;

Je ne veux pas me perdre,

Dans les sinuosités de mon esprit,

Par tes inconstances affaibli :

Mes larmes n'étanchent plus ma soif ;

Dans cette folle guerre,

Je veux un amour fougueux,

Et solide, et vibrant, et fidèle,

Pour exulter et reposer ma psyché ;

Alors oui je prends le voile,

Pour me protéger de toi,

Car pour mettre des distances,

Mon corps difforme ne suffit plus.

Avec sororité,

Voir les commentaires

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Féminin Sacré, #Musique et Poésie, #Trobairitz&Trobadors

Repost 0

Publié le 9 Juillet 2016

Vous avez dit hérésie?

Si le Catharisme est un dualisme, la divinité qui s’y découvre au travers de deux Principes Originels et distincts, est celle du Bien, en contrepoint au mal. Le « dieu » Bon n’est pas de ce monde, n’y a absolument aucune part, ce dernier étant totalement sous la coupe du démiurge, s’inscrivant dans les faits avec toute la violence dont il sait faire œuvre.

Or cette violence, tout aussi quotidienne qu’elle soit, est banalisée à nos yeux et pour nos mains pervertis, qui l’acceptent autant qu’ils l’alimentent. Le Bien Absolu est inconnu à nos considérations simplement humaines, il est alors logique d’en déduire que ce Principe du Bien, plénier, originel, immuable et éternel dans son essence, est étranger et inconnu a ce monde.

« Mon royaume n'est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas. » Jean 18:36.

Les Chrétiens Cathares opposaient donc l’Esprit à la matière, le « Royaume » au monde terrestre, et de ce fait étaient bien dualistes, mais monothéistes, ne croyant qu’en un seul « dieu », un seul créateur, celui des âmes (ou esprits), divins. Cette Éminente Bonté, qui n’a rien à opposer ni à envier au mal, ne fait le moindre mal, non par choix, mais par méconnaissance absolue et ontologique de ce qu’est le mal, car le mal lui est étranger. Le monde, n'est donc pas fait de mélange, car si les deux principes cohabitent en deux « créations » distinctes, elles sont totalement non miscibles l’une dans l’autre: l'âme, principe de Vie, éternelle et parfaite à l'Origine, et la matière, temporelle, éphémère et imparfaite. L'âme ne peut donc se mélanger à la matière, car elle en est asservie, amnésique en l’état de sa véritable nature.
Les Cathares croyaient effectivement en la transmigration des âmes, lesquelles, si elles n’étaient point sauvées en cette vie s’incarnaient à nouveau dans un corps, fut-il celui d’un animal, bien que ce point de vue reste tardif, et encore sujet à de nombreux questionnements, aux vues de sa nature spéculative. On peut alors effectivement parler d’un travail de purification, visant principalement au détachement, celui des passions, de l’ego, du mental, du vouloir, du pouvoir, des affects. Le mythe de la chute est à entendre d’une façon allégorique. Les cathares médiévaux, eux mêmes divisés sur ce point particulier, l’abordaient comme un mythe, ni plus ni moins.

Pour les uns, les Albigeois, dits cathares absolus, Lucifer entraîna dans sa chute une part du Bon Principe puis créa la matière, tout en ordonnant le monde. La part du Bon Principe ayant chuté fut alors divisée et emprisonnée dans des corps, « terre d’oubli ». Cette chute ne relève d’ailleurs pas du libre arbitre, les anges (ou âmes) ayant chuté ne le firent pas par choix, mais furent entraînées par la ruse, hors du Royaume. « Un autre signe parut encore dans le ciel; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, lorsqu'elle aurait enfanté. » Apocalypse selon Jean, La Femme et le Dragon 12 : 3/4.

Pour autant, il ne faut pas croire, comme l’on peut l’entendre, que la matière revête alors quelque aura néfaste pour ces Chrétiens qui osèrent penser autrement que l’institution Religieuse en place, à savoir l’Eglise de Rome. Ils ne haïssent ni un corps, ni un arbre, ni la mer, ni la lune. Il faut bien comprendre que, dans l’absolu, leur foi les amenait à ne rien haïr du tout, mais au contraire, à être véritablement « Aimants » (Agapè) avec tout. S’ils connaissent l’origine du créateur de la matière, ils n’en sont pas moins compassionnels avec sa création, dont nos corps font évidemment partie.

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : car toujours il haïra l'un et aimera l'autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon. » Evangile selon Matthieu 6:24 « L’attachement à la matière engendre une passion contre nature. Le trouble naît alors dans tout le corps; c’est pourquoi je vous dis : «Soyez en harmonie...» Si vous êtes déréglés, inspirez-vous des représentations de votre vraie nature. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. » Marie 8

Le Bon Chrétien, ou Bonhomme (Bonne Chrétienne ou Bonnefemme cela va de soi) est le plus grand des pécheurs par définition. Ceci pourrait sembler être un contre sens à leur prédication mais il n’en est rien, bien au contraire, car pour pécher, il faut différencier le Bien du mal. Pour un Cathare, le pécheur est celui qui sait qu’il pèche, celui qui a conscience qu’il ne fait pas le Bien. Comme nous le disions précédemment, le Bien Absolu est inaccessible à ce monde, impropre à notre nature mondaine. Nous ne pouvons donc dès lors, n’être que pécheur, car, même si nous aspirons à chaque instant à être habité par un plus grand Bien, nous savons que cette perfection rigoureuse de l’âme ne pourra être réelle et réalisée que lorsque celle-ci sera nue, au dernier souffle, quand elle se détachera de notre corps pour aller rejoindre le Royaume, la Jérusalem Céleste. Nous endurons alors notre nature, double, animale et divine, dans la conscience que l’une vient assombrir l’autre, quoi que nous puissions en penser, quoi que nous puissions en faire.

Pour autant, aux yeux du Père, de Dieu, du Bon Principe, le péché n’existe pas ! Comment se pourrait-il en être autrement ? S’il se dessine à nos yeux de simples mortels comme l’éminente Bonté, logiquement, nous ne pouvons qu’en déduire qu’il ne peut émettre un jugement, une condamnation, ou une punition comme le pourrait faire le dieu vengeur et despote de l’ancien testament. Le péché n’existe pas ! Nulle ambition de soumettre ce propos au commandement de dieu, ou d’en faire une volonté divine. L’anthropomorphisme qui pourrait s’y dessiner n’a de valeur que par analogie comparative à la Loi, à cet autre dieu en lequel nous pouvons alors aisément, sous cette optique, reconnaître l’image et les effets malins et pervers du diable, qui s’alimente de notre méconnaissance du Bien, grand illusionniste et diviseur qu’il est, dès l’Origine. Nous pouvons dès lors convenir que ces deux Principes, ces deux « dieux » sont présents en toutes cultures, Spiritualités : n’y a-t’-il pas, par exemple, chez les anciens Grecs, deux Eros, un grand et un petit ? Un Zeus Justicier mais impitoyable ? Ne retrouve t-on pas chez certains Anciens Philosophes Grecs une recherche de cette expression Divine et Bienfaisante, sans pour autant la trouver, se perdant dans les entrelacs des dieux successifs et de leurs rejetons, qu’ils soient humains ou divins ? « Qu'est-ce que le péché du monde ? Le Maître dit : " Il n'y a pas de péché. C'est vous qui faites exister le péché lorsque vous agissez conformément aux habitudes de votre nature adultère. Là est le pêché. Voilà pourquoi le Bien est venu parmi vous ; Il a participé aux éléments de votre nature afin de l'unir de nouveau à ses racines. » Marie, 13 à 22.

En accord avec l’expression de leur Spiritualité, les Cathares ne jugent ni ne condamnent, ne rendent pas les coups, n’appliquent pas la Loi du Talion, ne « savent » pas, ou plutôt, savent leur ignorance. Pour cette raison accepter l’autre dans son immensité individuelle rend indulgent, tout en sachant que la nature humaine, la sienne en premier lieu, est loin d’être incorruptible et parfaite. Ils se retrouvaient alors autour d’un rite mensuel, l’Apparelhement, cérémonie publique reconnaissant l’imperfection collective, durant laquelle les Bonshommes se confessaient. L’ « absolution » était donnée par un ancien dans la Foi, un Diacre. Si j’insiste sur l’Ancienneté de l’expression de la Foi, c’est simplement car c’est ainsi que se structurait le clergé séculier (Evêque, Diacre, Ancien) cathare, avec une hiérarchie horizontale et non verticale. C'est-à-dire que cet Ancien était reconnu pour sa Foi, et la justesse avec laquelle il l’appliquait dans sa propre vie. Il ne représentait donc aucun pouvoir ni commandement temporel, si ce n’est ce qui se devine en force et profondeur dans la sagesse appliquée de l’entendement de l’Evangile.

L’on peut considérer sous cette optique que la hiérarchisation du clergé visait alors à déléguer la disponibilité offerte aux croyants, tout en découpant les zones géographiques (Albigeois, Carcasses, Razès, Toulousain et Agenais) afin de répondre de manière efficace aux attentes et démarches spirituelles des communautés. L’Eglise Cathare « Fuit et Pardonne », pour cette raison, elle n’a pas survécu à la seconde croisade et à l’inquisition, aujourd’hui toujours présente au sein de l’église Catholique au travers de la « Congrégation pour la doctrine de la Foi », fondée par Paul III en 1542, visant de lutter contre les hérésies, présidée par 1981 à 2005 par le Cardinal Ratzinger, plus connu aujourd’hui comme étant le Pape Benoit XVI.

L’Amour et le Pardon ne sont pas des grâces Divines pour un Cathare, mais sont « dieu », dans son immense et infinie Bonté. Pour cette raison, ils gardaient en conscience que n’importe quel « voyou », légat du Pape ou inquisiteur par exemple, pouvait être sauvé avant eux. Ainsi, les dettes à payer n’existent pas, il suffit alors de son vivant de tourner son âme vers le Bien, et d’en faire la demeure du Christ, ne fut-ce que 10 minutes avant le dernier souffle, l’essentiel étant de se trouver en cet état lors de sa dernière heure, la profondeur de la Foi Véritable primant alors sur la quantité d’heures passées tourné vers « dieu », ou à faire le « bien ». Ce qu’il faut bien comprendre, pour les Cathares, c’est que le Christ est un Ange (du Grec ἄγγελος, angelos, « messager ») lequel, en nous livrant le Logos (le Verbe), nous annonce l’avènement de notre retour au Royaume. Or ce Christ, qui n’est fait ni de chair ni de sang, se trouve être en chacun de nous, intimement lié à la nature de notre âme prisonnière, dont Satan, Prince de ce Monde est le geôlier. Pour cette raison, nous rejetons la divinité de Jésus, lequel à d’ailleurs pu exister en tant qu’homme, mais nous dissocions ces deux natures, l’homme et l’émanation divine, Jésus et le Christ, bien que nous voyions dans le trait d’union entre l’un et l’autre toute la complexité et la dualité de l’expression initiale du Christianisme. « Car c’est à l’intérieur de vous qu’est le Fils de l’Homme; allez à Lui: ceux qui Le cherchent Le trouvent En marche ! Annoncez l’Évangile du Royaume. » Marie 9.


La croix, bien entendue est rejetée, instrument de torture et de misère par excellence, mais les reliques ou les idoles le sont aussi, quelles qu’elles soient : elles sont mémoires de l’humanité de Jésus, de « Marie » ou des Apôtres, aussi mystérieux que ces personnages puissent être, mais elles nourrissent des Cultes asservissants et avilissants pour l’Humanité, qui affectionne alors tour à tour un bout de chair, un bout de tissus, de la matière modelée de main d’homme ou le bourreau et ses outils. Idolâtries qui n’honorent pas « dieu », et c’est en ce sens qu’il faut entendre que le Catharisme est une religion de l’Esprit, non tournée vers la matérialité, la souffrance et le monde. Si l’Eglise Chrétienne Cathare n’est faite ni de bois ni de pierre, c’est qu’elle EST là où deux, au moins, se réunissent en « son nom ». Elle est le temple intérieur de l’homme, celui en lequel les ténèbres et la lumière se côtoient parfois sans se voir, ni même se reconnaître. Eglise, du Grec « ἐκκλησία » ekklêsía, assemblée du peuple, entendons par là assemblée de croyants véritables.

Pour cette raison, les Bons Chrétiens ou Bonshommes, allaient deux par deux, sur les chemins, de maison en maison, à la rencontre de tout un chacun en prêchant l'Évangile, et en rompant afin de le partager, le « Pain ». Il semblerait que les Bonnes femmes, elles, n’étaient pas itinérantes (peut-être par mesure de sécurité à l’époque), et faisaient leurs prédications au même titre que les hommes depuis leur maison, dans laquelle elles vivaient en petit groupe, tout en veillant à l’éducation des enfants.

Pour la plupart, ce choix se faisait à l’issue d’une vie de famille bien remplie, et la décision du couple de se séparer car l’un ou l’autre souhaitait entrer dans la vie religieuse était nécessairement sans heurt, le conjoint délaissé pour l’Eglise donnant sa bénédiction. Ces maisons devenaient alors des lieux de vie, de travail, de catéchèse, ou tout simplement d’accueil, de soins et de rencontres, bien que la communauté religieuse observe alors strictement la « règle » mise en place par la maisonnée. Les enfants n’étaient pas reçus dans l’Eglise, pas même par le biais du baptême, concrétisation diabolique de l’église de Rome. Le seul baptême ayant valeur d’ordination était le Consolament, sacrement utilisé lors de la cérémonie de réception dans l’Eglise, l’entrée en vie Religieuse, alors signifiée par l’imposition des mains. Ce sacrement était aussi administré aux mourants qui le demandaient, nous pouvons alors le comparer à « l’extrême onction ».

Dans les Ecritures, la réception de l’Esprit Saint n’est d’ailleurs pas figurée par l’immersion au Jourdain professée par Jean le Baptiste. « Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint Esprit. Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu. » Jean 1 :33/34. Jean le Baptiste reconnait donc lui-même que le baptême d’eau qu’il professe n’a aucune valeur spirituelle. D’ailleurs, toujours dans Jean, même si le sujet est ambigu, il n’est jamais question de l’immersion de Jésus : « Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait » Jean 1 :28. Ne nous y trompons pas, le baptême des petits enfants, tel qu’il nous est connu aujourd’hui, est un contre sens à sa dimension spirituelle initiale. A l’époque des Pères de l’Eglise, le Baptême Pascal, la Confirmation ainsi que l’Eucharistie sont célébrés en même temps et constituent les étapes d’une initiation Chrétienne, celle d’un adulte demandant un catéchuménat (préparation à la réception de sacrements Chrétiens afin d’entrer dans la vie de l’Eglise). Ce baptême, aurait pour symbolisme, initialement, la conversion du péché exprimé par le passage de la mer Rouge pour entrer sur la terre promise (église de Jésus Christ). Ce serait seulement aux environs du XIIème siècle, sous l’influence de la renaissance de la pensée Augustinienne (rappelons ici au passage qu’Augustin d’Hippone, en son temps, combattait avec ferveur les hérésies, dont le Manichéisme qu’il avait pourtant embrassé durant sa jeunesse), notamment au travers des conceptions relatives au péché originel, que ce baptême aurait perdu sa dimension Pascale et serait devenu indispensable au « Salut », dès la naissance, permettant ainsi de donner une réponse au angoisses relatives au taux de mortalité infantile croissant. Le catéchuménat disparait, le baptême est séparé de la confirmation, et se fera toute l’année plutôt qu’aux fêtes Pascales. Par ailleurs, n’oublions pas que le symbolisme inhérent à la purification ou à la renaissance par l’eau est présent dans de nombreuses traditions et rites initiatiques préchrétiens, cet élément étant naturellement utilisé pour les ablutions ou les immersions. Carl Gustav Jung rapprochera même ces rituels à une recherche de la mémoire fœtale in-utero !

Bien entendu, pour l’Eglise Chrétienne Cathare, aucun endoctrinement n’est envisageable. La « décision » de croire [en] ne peut être prise qu’en l’âme et conscience de chacun, dans l’attente de ce que l’on pourrait appeler l’âge de Raison. La conscience étant définie comme une faculté mentale d'appréhender sa propre existence il est alors évidemment impossible d’envisager de convertir de force un adulte, et a fortiori, un enfant ! Entrer dans l’Eglise ne peut et ne doit être qu’un choix individuel et libre. L’Apôtre Paul nous le rappellera d’ailleurs lors de son incarcération : «Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l’appel que vous avez reçu de Dieu : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit. Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous » Epitre de Paul aux Ephésiens.

Ce Baptême, que déclame Paul avec tant de passion, ne peut être que celui de l’Esprit Saint, baptême de Feu, représenté « tel une colombe » au Jourdain ou « semblable à des langues de feu » descendant sur les Apôtres pour Pentecôte.
Nous avons connaissance d’un « Notre Père » cathare lequel diffère quelque peu de celui de l’église Catholique. Cette prière est issue du « Rituel Cathare » de Dublin, (l’un des ouvrages médiévaux qui a subsisté, nous en avons deux autres, Lyon et Florence, écrits en Occitan ou en Latin), ainsi qu'un « Père Saint », dont l’introduction se suffit à elle-même :

« Père Saint, Dieu juste des bons esprits,
toi qui jamais ne te trompes, ni ne mens, ni ne doutes
de peur d’éprouver la mort dans le monde du dieu étranger,
puisque nous ne sommes pas du monde
et que le monde n’est pas de nous
donne-nous à connaître ce que tu connais
et à aimer ce que tu aimes. »

Avec sororité,

Voir les commentaires

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Spiritualité, #Religion, #Société, #Féminin Sacré, #Féminisme

Repost 0

Publié le 20 Décembre 2015

La souffrance est inutile...

Je ne comprends pas, je ne comprends pas comment on peut faire souffrir quelqu'un consciemment ou le laisser souffrir quand on a la possibilité de l'apaiser. Je ne comprends pas d'où vient cette propension de l'être humain à honorer, glorifier, sanctifier la souffrance. La crucifixion? Il est vrai que certains adorent la croix, tandis que d'autres, comme les cathares, la considéraient comme un instrument du diable. Elle est le mal. La souffrance, c'est le mal. Or combien sont convaincus que l'on peut faire avancer ou aider quelqu'un, que l'on peut -voir même doit !- faire un mal pour un bien? Et tous ces coups, ces paroles incisives que nous infligeons à nos enfants sous couvert d'éducation alors même que les dernières connaissances sur le cerveau dévoilent que les paroles humiliantes par exemple détruisent les neurones des enfants? Cette inclination au sadisme d'où vient-elle? Nous endurons ce monde, nous, êtres empathiques et compassionnels, mais comment faire afin d'alléger le poids de la souffrance qui nous anime et anime autrui? Comment appliquer une éducation parfaitement bienveillante quand on a soi-même été très malmené? Comment avoir des relations interpersonnelles parfaitement saines et équilibrées alors même que certain-e-s n'ont la sensation d'exister qu'en écrasant/humiliant/dévalorisant/rabaissant autrui, trop préoccupé-e-s par l'image qu'ils donnent que par ce qu'ils sont réellement? Quels chemins délivrent de la souffrance, et quels autres de la violence? La spiritualité, La philosophie, L'humanisme? Quels chemins, encore, égarent vers l'égoïsme et le narcissisme?

Aussi, ayant été à vif ces derniers jours et puisque cette période de l'année y est propice, je médite sur Angérona, la patronne du solstice d'hiver, ancienne déesse Italique donc peut-être Étrusque. Elle était la déesse du silence et de l'initiation qui apaisait les maux intérieurs ... Donc il y aura un peu d'elle dans mon Hypocras solsticial ;-)

Sororalement,

Voir les commentaires

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminin Sacré, #Spiritualité

Repost 0

Publié le 21 Décembre 2014

Logos [Droit de réponse d'Angérona et Tacita]

Au commencement était le verbe, et ciel que je fus bavarde !
Mais sororale, je perdis la langue violemment par mégarde,
Sous les foudres de Jupiter aux appétits mondains célèbres,
Décidant de mon triste sort qui aurait été funèbre,
Si je n'avais conquis le coeur du sain et précieux Mercure,
Qui plutôt que me mener aux enfers, tenta l'aventure,
Pénétrant les eaux alchimiques dont je suis la souveraine,
Pourfendant ainsi les porteurs de médisances et haines.

Protectrice des bâtisseurs et gardienne des plans édifiés,
Je suis garante du secret et du silence de l'initiée,
Qui découvre sombrement l'hiver et voit naître le solstice ;
Je guéris les maux, panse et referme les cicatrices,
Préside à la lumière qui revient et cultive le mystère,
Des cycles de la vie, du rythme qui s'accélère,
Et si l'on me représente un doigt sur la bouche, fermée,
C'est pour mieux représenter les enjeux des destinées.

Toutes deux liées à la naissance de la perfide Rome,
Écrivant l'histoire rapportée d'un puissant Royaume,
Pourtant d'Origine Étrusque dont on ne presque sait rien,
Civilisation de fins artistes qui nous surprendra demain,
Alors que la guerre partout battra son plein et se fera entendre,
Nous reparlerons de ces femmes insoumises et de leurs cendres,
Des quelles le majestueux phénix renaîtra et nettoiera ses plumes,
Libérant ainsi nos soeurs, brisant la loi du silence sans amertume.

Que serait donc la femme si sa parole était réellement vaine,
Occidentales, veuillez apprécier cette grâce, cette aubaine,
De pouvoir délier votre langue et dire les méfaits,
Qu'inlassablement quotidiennement vous subissez ;
Il n'y aura nulle autre façon de faire mieux tourner le monde,
Car tout comme votre sein gauche, nu, la terre est ronde,
Prenez les armes et le pouvoir, évoquez Tyché, Fortuna,
Tournez la roue, plantez le clou de la déesse Nortia.

Que ne s'arrêtent les symbolistes de creuser ce silence,
Qui est notre sceau, notre étendard et toute la violence,
Que certaines ont encore à endurer dans ce monde dit civilisé,
Où les larmes ne cessent de couler sur les remords oubliés,
Car seules, vivantes et debout, elles ont à défendre leurs droits,
Ne pouvant pas toujours compter sur la justice et sur la loi ;
Elles sont une à une les déesses animées par l'étincelle,
D'un précieux savoir céleste et ancestral, notre sel.

Sororellement,

Voir les commentaires

Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Figures féminines, #Féminisme, #Féminin Sacré

Repost 0