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Publié le 1 Décembre 2016

Discussion ce soir avec une amie qui me demande ce que je pense de Salomé, et justement, cela fait des années que je tourne autour de ce mythe sulfureux sans pour autant ressentir ce personnage féminin comme néfaste. Je pensais plutôt en faire une poésie dans ma série [Droit de réponse] peut-être que cela viendra après. Ce qui me chagrine c'est que d'autres femmes puissent voir dans son comportement une insulte à "dieu" la condamnant à être prédatrice alors qu'il y a de très fortes probabilités que ce mythe ait été misogynisé par les dits pères de l'Eglise comme c'est souvent le cas avec les femmes de la Bible. Alors, si cette petite aventure peut ouvrir une réflexion chez d'autres féministes qui se questionnent elles aussi à ce sujet ..

 

D’abord effectivement on oppose Salomé à Jean le Baptiste qui lui est célébré pour le solstice ... d'été (nuit la plus courte de l'année, ritualisée dans de nombreuses cultures dites païennes) , et ce n'est pas la saison! Rires. En fait, elle est diabolisée autant que lui peut être sacralisé dans son rôle de précurseur du Christ criant dans le désert, baptisant d'eau au delà du Jourdain, à Béthanie (la maison d'Anne?), et je pense même encensé au sein de certaines loges dites des "deux Jean". La peur du pouvoir féminin, la séduction, la danse, la sensualité dans ce mythe précis ne sont-ils pas le caput mortuum de l'ascète -immature?- dévoué à dieu? N'y-a-t'il pas une double initiation dans cette attirance? Pourquoi autant de misogynie? L'ombre de l'archétype de Lilith plane ... et c'est un exemple précis d'imprégnation dans l'inconscient collectif qui oppresse la moitié de l'Humanité, les fameux 52 %.

 

D'où l'enjeu de conscientiser la double quête initiatique à percevoir dans ce mythe ainsi que l'aspect symbolique de la tête qui est demandée par la mère (la Mère?), le crâne (caput mortuum des alchimistes). C'est le  désir sexuel -tout supposé, elle danse- qui en fait, selon l'iconographie patriarcale, donc misogyne, une perfide tentatrice, manipulatrice. Ramenant les hommes à des esclaves de leur libido bien incapables de la maîtriser. Voilons-là! Selon certains dont Oscar Wilde, elle chercherait à séduire Jean Le Baptiste pour le détourner de dieu -ou de son destin-. Exemple d'interprétation à forte domination masculine, n'aurait-elle t'elle pas eu plutôt une mission, une quête spirituelle de même valeur, elle aussi? Et pourquoi non? On le sait, la femme en tant qu'être libre, c'est le mal. L'étymologie de ce prénom nous ramène par ailleurs à שָׁלוֹם Shalom, paix ; je ne pense donc pas qu'il soit réellement question d'une condamnation à mort mais d'une décapitation symbolique, le premier mot qui me soit venu à l'esprit est "capitulation". De plus, subdūcere, séduire, "soulever" donc tirer du bas vers le haut pour certains quand pour d'autres c'est détourner du droit chemin. Question de « charme », d'enchantement donc d'un côté contre une question de manipulation de l'autre. Ici se pose effectivement la question du consentement mutuel à ce jeu là qui est parfois conscient et respecté et parfois pas. La méconnaissance des femmes et de leur rapport à leur éros, ce désir pourtant reconnu comme impérieux chez les hommes ne trouve pas d'écho positif dans sa libre expression en ce qui concerne la psyché féminine -nous pouvons faire une parallèle dans ce rejet avec la sphynge d'Oedipe - qui se doit de recevoir et d'être soumise car ayant un sexe de nature introvertie. C'est oublier que le clitoris est,1 lui aussi, un organe érectile.

 

Salomé par Gustave Moreau

 

Cela fait par ailleurs plusieurs années que je propose le solstice d'hiver sous l'égide d'Angérona la bien nommée, déesse Romaine très ancienne, certainement Étrusque, et pour ceux qui célèbrent aussi le christianisme, je pense que l'on peut parfaitement éclairer la dualité masculine et féminine du Christ en Marie-Madeleine et Jean l’Évangéliste, frère et soeur. En toute égalité.

 

« L'attachement à la matière
engendre une passion contre nature.
Le trouble naît
"Soyez en harmonie..."
Si vous êtes déréglés,
inspirez-vous des représentations
de votre vraie nature.
Que celui qui a des oreilles
pour entendre entende. » Évangile de Marie-Madeleine

 

Alors à ceux qui m'on fait remarquer que ces deux personnages féminins "voulaient être" de même niveau que les deux Jean, je rétorque que non, ce n'est pas une question de vouloir mais d'être, car c'est ontologique. Et je n'attends absolument pas que ce me soit validé par des pontes mâââles ni chez les cathares, ni chez les franc-maçons, les martinistes, les rose-croix ou que sais-je encore qui, ne représentent pour moi aucunement un pouvoir, un ascendant spirituel quelconque au quel je devrais me soumettre.

 

Avec sororité, 

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Publié le 8 Août 2016

Elle et ses chats noirs ...
Elle et ses chats noirs ...

Fille du Soleil pour les uns, je rayonne de beauté et de grâce,

Ou d'Hécate la lunaire pour les autres, je m'impose par l'audace,
Et j'attire dans mes filets les voyageurs aux longs cours,
Marins, héros ou guerriers, ils rêvent de me faire la cour,
Alors pour les éprouver, je les séduis et les enivre gaiement,
Mais qu'ils ne se jouent de moi ou ce sont des nuits de tourments,
Qu'il leur sera infligé, mes colères sont telluriques et anciennes,
Mes filtres en fauves les transformeraient, je suis magicienne.

Si ma naissance fait de moi une créature envoûtante, céleste,
La légende, elle, me prête une aura maléfique, noire et funeste,
Car mes poisons d'une grande renommée sont sorcellerie :
Je commande au ciel, fait choir les étoiles et ma jalousie,
N'ayant d'égale que le feu animant ma passion pour la vie terrestre,
C'est au coeur de mon somptueux palais que je séquestre,
Les malheureux qui croisent ma route et cherchent à me dominer,
Braves loups ou lions, grâce à mes breuvages, à mes pieds.

Tout est de métal précieux sous ma main délicate et experte,
Il me plait d'entonner de troublantes mélopées aux dieux offertes,
Sur mon ouvrage, tissant ma toile aussi grande que la mer, immortelle,
Ouvrant la destinée d'Ulysse, humiliant ses compagnons rebelles,
Aux lois qui sont les miennes sur l'île d'Aiaié, où je domestique,
Les âmes sauvages des hommes les rendant amnésiques,
De leur liberté passée, ils vont, chiens et chats sous mes doigts,
Quand ce n'est pas en pourceaux que je les métamorphose sans émoi.

Mais mon cœur s'éprit pour ce roi qui venait d'Ithaque, c'est ardemment,
Aidé par Hermès, et le moly à fleur laiteuse, qu'il résista à mon enchantement,
Homme de bravoure et de tempérance, il échangera un corps à corps,
Contre la vie de ses hommes et son retour au Pays, non pour de l'or,
Après l'avoir effleuré de ma baguette, le plaisir brûlant les chairs,
Une année de communion de sens, de partages et d'enfantements éclairs,
Conscience et folie, raison et passion ne faisant jamais bon ménage,
Le temps advint pour Ulysse et ses hommes de reprendre le large.

Une fois n'est pas coutume, l'Odyssée me dépeint obscure,
Le féminin ayant, hélas, face au masculin, bien mauvaise posture,
Tentatrice et séductrice, perfide démone vile et ensorceleuse,
L'homme ayant la belle part de la sagesse et la femme amoureuse,
Quand une autre, qui l'était tout autant, lasse et passive à souhaits,
Pénélope à son métier à tisser sans compter son temps ni ses regrets ;
Aux anciens Grecs nous pourrions décerner la palme amicale,
Non celle des martyrs innocents mais de la misogynie ancestrale.

Avec sororité,

Piqué le titre à un texte (Le sort de Circé) de la très talentueuse .... Juju je t'<3

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Publié le 29 Avril 2015

CES FEMMES QUI ONT FAIT L'HISTOIRE...Rosa Bonheur.

Rosa Bonheur (née à Bordeaux en 1822 et morte en 1899 en Seine et Marne)

Marie-Rosalie Bonheur, peintre et sculptrice Française, s'est imposée à force de détermination et grâce à son talent sans borne dans le monde de l'art ; captivée par le dessin dès l'enfance, elle alliera à sa passion pour les animaux la peinture et deviendra la plus grande peintre animalière de son temps, exposant dans le monde entier. A talent hors du commun, tempérament et vie hors norme, c'est ce que nous allons découvrir au travers du vent de liberté qui souffle sur cette destinée glorieuse déjouant les interdits moralisateurs de son siècle...

Garçon manqué, elle sera élevée à la campagne avec ses deux frères, à une époque qui considérait les femmes comme mineures et incapables. Son père, idéaliste, peintre paysagiste et professeur de dessin, étant très en avance sur son temps quant au statut des femmes, initiera de la même façon ses enfants aux arts, les encourageant tous à suivre sa propre voie, le talent ayant précocement éclot dans la fratrie. Elle quittera la campagne Girondine en 1830 afin de rejoindre, accompagnée de sa mère et de ses frères, son père à Paris, et deviendra élève dans son atelier après avoir été apprentie couturière après la mort de sa mère en 1833. A 14 ans, elle rencontre le grand amour de sa vie, Nathalie Micas, qui deviendra peintre elle aussi, dont le père commande un portrait à Raymond Bonheur, son propre père. Elles ne se sépareront plus qu'à la mort de Nathalie, en 1889. Elle expose pour la première fois au Salon de sculpture et de peinture de Paris à à peine 19 ans, et s'y fera remarquer en obtenant ne médaille de bronze. En 1849, elle succédera son père, qui vient de mourir, au poste de directrice de l'école gratuite de dessin pour jeunes filles. Montant à cheval comme un homme, fumant le Havane et s'habillant de vêtements masculins avec l'aval d'un permis de police qui lui était accordé pour raisons médicales, jamais pourtant, la moindre ombre ne vint ternir le tableau de sa réputation. Ses contemporains iront même jusqu'à la comparer à George Sand, pour son amour pour la campagne et ses manières masculines. C'est grâce à son oeuvre «Le marché aux chevaux» en 1853, qu'elle acquiert une notoriété lui valant une reconnaissance internationale, alors même que les femmes n'étaient pas admises au conservatoire. Après 1855, toute sa production étant vendue d'avance, elle ne paraît plus au Salon. Forte de ces succès, en 1865, l'impératrice Eugénie, qui l'avait déjà visitée l'année précédant dans son très grand atelier qu'elle fit construire à By, près de la forêt de Fontainebleau, où elle vit avec Nathalie, Madame Micas mère et sa lionne Fatma, en liberté -non sans aménager des espaces pour ses autres animaux-, viendra lui remettre en main propre les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur, ce qui fera d'elle la première femme artiste à recevoir cette distinction. Elle recevra une panoplie de Sioux, des arcs, et des flèches de la main de Buffalo Bill en 1889, à l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris alors qu'elle l'avait invité chez elle. Rosa refera sa vie avec Anna Klumpke, une autre peintre, qui lui survivra.

De nos jours, il est toujours possible de visiter son atelier au musée-château de By, près de Thomery.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Figures féminines, #Féminisme

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Publié le 23 Décembre 2014

La grande [Droit de réponse d'Al-Lāt اللات ]

J'embaume le Persan Jasmin à des nuées à la ronde,
Celles qui ont succombé à mes célestes et mystérieuses ondes,
Ont soulevé l'Orient au début des années deux mille,
La colère mena la révolution des femmes et des filles,
Violée, excisée, lapidée, cachée, défigurée à l'acide,
Je suis la grande déesse, celle de la féminité, apatride,
Et je rompt la glace, pour Lune et l'Autre, que nul ne devine,
Délivrant des enfantements psychiques aux profondeurs abyssines.

Sur mon tapis volant, d'Orient, elles se prédestinent au voyage,
Qui les mèneront à bon port, nuit comme jour, quel qu'en soit l'âge,
Celui qui les verra, debout, rebelles à la loi et à l'ordre établi,
Quand elles viendront chercher en Occident un alibi,
Pour qu'en Iran, pays du soleil, enfin, librement elles se dévoilent,
Que les Saoudiennes conduisent sans l'accord d'un mâle,
Que Malala puisse insuffler aux filles le droit de s'instruire,
Et qu'ensemble nous puissions échafauder les plans de l'avenir.

Isis, Sammuramât, ils veulent convertir de force l'Europe,
Qu'ont-ils donc au fond de l'âme; provoquer ainsi le cyclope,
Nuirait aux pacifistes savants, frères de coeur, à la tradition,
Mais n'ont-ils donc aucune intégrité, bonté divine, aucune raison,
Pour épouser ainsi les frénésies du diable, et sa décadence,
Pensent-ils que les Occidentaux vont passer sous silence,
La violence qu'ils savent et que tous les jours ils constatent,
Les affrontements sont imminents, quelle qu'en soit la date.

Ishtar, Nisaba, n'avez-vous donc pas un sort évoquant un djin,
Nous devons contribuer à la paix dans nos attributions divines,
Tout en feignant la soumission, car nous n'aurons la puissance,
Qu'en volant des lames aiguisées, quelle aberrance,
Car nous devons défendre celles qu'ils tiennent en esclavagisme,
Combattant armes au poing, tête haute par notre activisme,
Que soient libres les femmes Yézidis, de leur vie, leurs mouvements,
De choisir l'expression de leur foi, leur toit, et leurs hommes évidemment.

Ô mes soeurs de sang, sinon, il vous reste l'astrolabe,
Pour prendre les mesures du ciel dans votre langue Arabe,
Et nous dire si vous maintenez le port du foulard ou non,
Et s'il vous plait ne me dites pas que là n'est pas la question,
Car savoir, à nos yeux, la haine et l'attirance pour les femmes,
Malgré tout génies impures et viles tentatrices infâmes,
Car demain nous devrons ensemble nous accorder,
Et vivre main dans la main le printemps des effrontées.

Sororellement,

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Publié le 21 Décembre 2014

Logos [Droit de réponse d'Angérona et Tacita]

Au commencement était le verbe, et ciel que je fus bavarde !
Mais sororale, je perdis la langue violemment par mégarde,
Sous les foudres de Jupiter aux appétits mondains célèbres,
Décidant de mon triste sort qui aurait été funèbre,
Si je n'avais conquis le coeur du sain et précieux Mercure,
Qui plutôt que me mener aux enfers, tenta l'aventure,
Pénétrant les eaux alchimiques dont je suis la souveraine,
Pourfendant ainsi les porteurs de médisances et haines.

Protectrice des bâtisseurs et gardienne des plans édifiés,
Je suis garante du secret et du silence de l'initiée,
Qui découvre sombrement l'hiver et voit naître le solstice ;
Je guéris les maux, panse et referme les cicatrices,
Préside à la lumière qui revient et cultive le mystère,
Des cycles de la vie, du rythme qui s'accélère,
Et si l'on me représente un doigt sur la bouche, fermée,
C'est pour mieux représenter les enjeux des destinées.

Toutes deux liées à la naissance de la perfide Rome,
Écrivant l'histoire rapportée d'un puissant Royaume,
Pourtant d'Origine Étrusque dont on ne presque sait rien,
Civilisation de fins artistes qui nous surprendra demain,
Alors que la guerre partout battra son plein et se fera entendre,
Nous reparlerons de ces femmes insoumises et de leurs cendres,
Des quelles le majestueux phénix renaîtra et nettoiera ses plumes,
Libérant ainsi nos soeurs, brisant la loi du silence sans amertume.

Que serait donc la femme si sa parole était réellement vaine,
Occidentales, veuillez apprécier cette grâce, cette aubaine,
De pouvoir délier votre langue et dire les méfaits,
Qu'inlassablement quotidiennement vous subissez ;
Il n'y aura nulle autre façon de faire mieux tourner le monde,
Car tout comme votre sein gauche, nu, la terre est ronde,
Prenez les armes et le pouvoir, évoquez Tyché, Fortuna,
Tournez la roue, plantez le clou de la déesse Nortia.

Que ne s'arrêtent les symbolistes de creuser ce silence,
Qui est notre sceau, notre étendard et toute la violence,
Que certaines ont encore à endurer dans ce monde dit civilisé,
Où les larmes ne cessent de couler sur les remords oubliés,
Car seules, vivantes et debout, elles ont à défendre leurs droits,
Ne pouvant pas toujours compter sur la justice et sur la loi ;
Elles sont une à une les déesses animées par l'étincelle,
D'un précieux savoir céleste et ancestral, notre sel.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Figures féminines, #Féminisme, #Féminin Sacré

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Publié le 21 Décembre 2014

Lawrence Alma Tadema
Lawrence Alma Tadema

Caressant, à l'aube, les perles de rosée,
Sur le tapis vert ou s'étend le frêle muguet,
Brin sauvage laissant un sillage embaumé,
Prédisant à la venue du joli mois de Mai,
Tant de dons m'ont été octroyés,
Et pourtant lourd est le fond de ma pensée,
Les larmes roulant le long de mes joues dorées,
Mes maux sont hécatombe pour l'humanité.

Zeus, encore lui, le tout puissant,
Me créa sur un coup de colère infligeant,
Aux hommes dans leurs désirs aliénants,
La punition divine par le feu et le sang,
Péché fou de l'âme attisée et convoitant,
Le corps d'une femme courtisant,
Musicienne et gracieuse, librement,
La fougue et le bon sens de son amant.

Fruit humain de la coalition divine,
Ma grande beauté n'est pas anodine,
L'esprit insufflé par les cieux me destine,
Chevelure plongeant sur ma poitrine,
A répandre le chaos et rester chagrine,
Malgré tous mes dons et mon intelligence fine,
Ma curiosité cadeau d'Hermès à l'origine,
Faisant choir le mal et mêler ses racines.

Qu'ont-ils donc, ces dieux, à créer pour punir,
Une victoire pour l'humain en devenir,
Quelques flammes volées pour réunir,
Autour de l'âtre les âmes à accueillir,
Pour exulter autour du savoir et agir,
Édifier un monde où s'irise l'avenir,
Où s'étendent les ailes de l'âme, sans l'alourdir,
Où l'astre solaire s’apprête à alunir.

Tout comme Ève et Lilith, je serais la fautive,
Prométhée, lui, un héros, pas d'alternative,
La femme donc toujours sujette aux invectives,
Quand il s'agit d'un mythe à la trame déconstructive,
Grecs et Romains à l'assaut de la légende abusive,
Influant sur les mentalités simples et craintives,
Faisant le beau sexe perfide et oisives,
Tels sont les échos mondains dans nos archives.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Féminin Sacré, #Figures féminines

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Publié le 3 Décembre 2014

Berthe-Corinne Le Barillier (Jean Bertheroy) , &quot;Sémiramis&quot;.

Ce n'était pas assez d'étendre son empire
Des rives de l'Euphrate au fleuve Etymander ;
Ce n'était pas assez de conquérir la mer
Et de fertiliser le pays de la myrrhe.

Il lui fallait encore des palais de porphyre,
Des jardins suspendus sous les feux du soleil,
De gigantesques tours dont le dôme vermeil
Captive les rayons de l'astre qui s'y mire.

Il lui fallait des lacs au bord des quels le soir,
Charmeresse lascive elle venait s'asseoir,
Quand sa voix se mêlait à celle du zéphyre ;
Alors elle rêvait qu'accélérant leurs pas
Les plus beaux fils d'Asie accouraient dans ses bras
Avec des élans de satyre.

***

Car elle était la femme aux désirs invaincus.
Dercéto qui l'avait, au souffle de Bélus,
Engendrée en la nuit profonde
Avait mis dans son âme et jeté dans son sang
Le germe du génie indomptable et puissant
Qui devait étonner le monde.

A son pouvoir sans nom rien n'avait résisté :
Elle avait tout sondé, tout refait, tout tenté,
Créé des forts et des royaumes ;
Elle avait dominé les peuples insoumis,
Et devant sa grandeur ses plus fiers ennemis
S'effaçaient comme des fantômes.

Et quand elle attirait sur son coeur triomphant
Le Chaldéen nubile ou le Médique enfant
Le prince ou le soldat farouche,
Nul de de ceux qu'elle avait admis à son baiser
-Philtre que versait l'âme au corps sans l'apaiser-
Ne sortait vivant de sa couche.

***

Pour immortaliser leur rêve souverain
D'autres s'étaient taillés dans le marbre ou l'airain
Une impérissable statue ;
Mais elle, qui changeait toute chose à son gré,
Dédaignait de sentir d'un contour mesuré
Sa gloire immense revêtue ;

Et s'attaquant au sol d'un gigantesque mont,
Elle ordonna qu'il prit la forme de son front,
Le galbe de son corps splendide ;
Et le mont ébauché projeta sous le ciel,
En face des splendeurs étranges de Babel,
L'ombre de la reine Abbasside !...

***

Maintenant des chacals sont errant en ces lieux
Et plus rien ne survie aux jours de Babylone :
Une arcade brisée, une antique colonne
Rappellent tristement le lointain glorieux.

Des herbes ont poussé sur le terrain crayeux
Où jadis s'élevaient les temples de délices ;
Et, louches instruments des suprêmes justices,
S'y promènent en paix des scorpions hideux.

Sémiramis est morte et mort Sardanapale ...
A peine voyons-nous encor leur face pâle
Dans la nuit du passé se dresser à nos yeux ;

Car rien n'est éternel ni l'orgueil ni la gloire,
Et les voyant si grands, la décevante Histoire
Doute des Héros et des Dieux !

Sororellement,

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Publié le 9 Novembre 2014

CES FEMMES QUI ONT FAIT L'HISTOIRE...Aliénor d'Aquitaine

La plus piquante des reines de France est Occitane. Petite fille de Guillaume IX, Duc d'Aquitaine et de Gascogne, premier troubadour connu, et Languedocienne par sa grand-mère Philipp(e)a comtesse de Toulouse, Aliénor aurait donc voulu prétendre à ce Comté ; mais non, dans toute sa grandeur, mon intrigante préférée fut tour à tour reine de France puis d'Angleterre, personnage hautement sulfureux dans l'inconscient collectif, car souvent pointée du doigt par les hommes, notamment les prélats qui l’entouraient ... et dieu sait que le sort des femmes au moyen âge n'est pas à envier, même celles de son rang, considérées comme de simples monnaies d'échange dans des stratégies politiques et financières qui menaient au mariage, voyant les femmes (vous avez lu femmes, mais rappelons ici qu'Aliénor fut donnée en première noce à Louis VII à l'âge de 15 ans) libres de ... se soumettre de l'autorité du père à celle de l'époux. Louée par sa cour de troubadours et trouvères qu'elle protégeait, nous ne savons rien cependant sur son physique, pas même la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, si ce n'est qu'elle était très belle, auréolée de ses multiples talents qui devaient lui octroyer un charme insaisissable, rebelle et artiste dans l'âme, son intelligence fine lui allouant de surcroît un magnétisme inégalable. Femme politique à la poigne de fer, son gout prononcé pour le pouvoir et les mondanités évoluera au fil des ans, la laissant tantôt frustrée ne pouvant pas gérer le duché d'Aquitaine qu'elle apportait en dot, tantôt épanouie dans le rôle -fort tardif- de régente de son fils "au coeur de lion", protecteur, lui aussi, des troubadours et faiseur de rimes.

Si son épopée vous inspire, laissez-vous embarquer sur les flots par l'Ensemble Tre Fontane, "Musiques à la cour d'Aliénor d'Aquitaine", et découvrez des compositions de troubadours et trouvères l'ayant connue.

Je terminerai avec un extrait de "Sang Royal", une prose déjà publiée sur ce blog :

"Pour m'être rebellée je perdis 16 ans de ma vie en prison,
Peine levée par mon bien aimé fils Richard au Coeur de Lion,
Scandaleuse et séductrice sont des traits qui souvent reviennent,
Quand il est question de l'insoumise et indomptable Reine,
Mes affaires de coeur semblant alors primer sur mon courage,
Déterrez donc mes qualités afin de me rendre hommage,
Faites de moi une femme libre, aussi précieuse qu'un diamant,
Ayant transmis fougue et rébellion au peuple Occitan."

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Figures féminines, #Féminisme, #Occitanie

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Publié le 1 Septembre 2014

Vengeance céleste [Droit de réponse de Boadicée]

Vengeance céleste [Droit de réponse de Boadicée]

Ah, perfide Rome, tu soumets et colonises,
Tandis que notre force vive s'amenuise,
L'arme au poing tu convoites, voles, pilles,
Et tes hommes font violence à nos filles,
Tant et si bien que la révolte, sourde, gronde,
Avec les druides nous entrelaçons les ondes,
Et mettons en place la saine résistance,
Remplaçant la soumission et la loi du silence.

Mais mon époux, affaibli, rendra vite l'âme,
Reine et guerrière je suis néanmoins femme,
Et ma rage éclate alors que sont violées mes deux filles,
Par ces maudits soldats Romains, de bonne famille,
Considérant mon peuple Icéni, de fiers Celtes,
Comme de vils barbares arrogants à soumettre ;
Fouettée jusqu'aux sangs j'ai juré au ciel que je nous vengerai,
Et que je prendrai les rennes pour une Bretagne libérée.

Mais regardez-vous, vous avez peur d'une simple femme,
Certes furibonde, au fond des yeux l'ardente flamme,
Chevauchant telle une déesse la lance à la main,
Déterminée à écraser l'ennemi, à épouser le destin,
Des Anciennes l'ayant inspirée, Brigit, Rihannon ou Dana,
Celles qui défendent et protègent le peuple depuis l'au-delà,
Regardez ma longue chevelure fauve voler au quatre vents,
Vous avez provoqué mes pleurs, entendez mes hurlements!

Allons, allons Bretons, éprouver la bravoure du gouverneur,
Ils nous ont tant humiliés qu'ils ont révélé notre fureur,
Brûlons, rasons leurs temples et leurs habitations,
Ils nous ont dépossédés de nos terres, et de notre raison,
Le mal combattra le mal, nous sommes de valeureux guerriers,
Si les dieux sont avec nous rapidement nous en serons libérés,
L'oppresseur reculera et son joug fondra comme neige au soleil,
Montrons-leur les mille éclats de nos âmes rebelles.

Nous avons perdu, c'est ce que l'histoire raconte ;
Mais qui se souvient encore de cette Reine sans honte,
Qui souleva son peuple sur ses propres terres,
Pour défendre la dignité des siens ainsi que leurs mères?
Ne pas céder et plutôt se résigner à la mort,

Je choisirai le poison plutôt que de voir leur essor.

Vraiment fragiles et douces, êtres faibles à protéger,
Alors que nous traversons le temps sans un regret...

Sororellement,

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Publié le 22 Août 2014

Le pêcher de vigne ou L'Art de la séduction

Réflexions nocturnes suite à une discussion. Espérant ne pas heurter la sensibilité de l'initiatrice de cette réflexion.

La pêche de vigne ou L'Art de la séduction, ce fruit défendu par le patriarcat judéo-chrétien.

Non, je ne vais pas faire ici l'apologie de cette mode ambiante qui se résume à chercher à séduire dès que l'on croise un ressortissant de l'autre sexe, histoire de combler un besoin de reconnaissance ou de considération généralement installé dans la petite enfance : flagrant délit d'immaturité psycho-affective... Je ne ferai pas non plus l'apologie des diktats édifiant les stéréotypes genrés, tellement avilissants pour les femmes, ni des fameuses techniques dites de séduction, vendues à prix d'or, qui n'ont pour simple but que la manipulation et causent beaucoup de souffrance.

Ce soir, on m'a dit que l'on ne pouvait pas séduire et aimer, que les deux étaient antinomiques. Complexe madone et catin, est-ce ci que tu te caches? Moi, en Amor, je suis une grande idéaliste, et la folie qui m'anime m'amène sur un sentier escarpé diamétralement opposé. Je m'explique.

Certes attendre d'un homme qu'il fasse votre bonheur est à élever au rang de la soumission suprême, ce serait confondre un besoin rendant dépendant et un sentiment ressenti par un individu libre de toute entrave plus ou moins inconsciente. Quoi que, l'est-on réellement un jour? Le fait est que j'ai bon espoir d'avoir un jour une vie de couple très épanouissante, ayant fait un break de quatre ans afin de conscientiser et de chasser en moi ce qui fait souffrir. L'amour m'a toujours inspirée, faite rêver, et si j'ai eu mon lot d'histoires ou d'aventures, amants d'un soir, de quelques semaines, de quelques mois ou de quelques années, on peut dire que je n'ai jamais été réellement la même, mais n'ai jamais été réellement épanouie non plus. Sentimentale, douce, gentille et attentionnée, il en fallait peu pour que l'on me cantonne à ce rôle maternant par excellence qui entérinait, sans même que je n'en prenne conscience, le début de la fin : mon tempérament méditerranéen reprenait vite le dessus et ne supportait guère la tiédeur et l'à peu près. Car non, je n'étais pas que ça. Un problème a pourtant longtemps persisté : mon poids ; porte-jarretelle, bas, petite robe noire fendue sur la cuisse, talons hauts pas pour moi ... vous conviendrez que les bourrelets sont gommés sur les gravures de mode et que la femme ronde devient bien vite -aux yeux du plus grand nombre- ridicule s'il lui prend l'envie de revêtir une tenue communément acceptée comme sexy, mais qui peut être aussi sobrement élégante, simplement féminine voir chic selon les sphères dans les quelles vous évoluez. Alors donc nous voilà au coeur du problème : non seulement demain, j'ambitionne d'être éperdument amoureuse et d'être aimée en retour -ah ces poètes, que feraient-ils sans amour, ou ne feraient-ils pas par amour- mais en plus, j'ai envie d'exploiter mon potentiel de séduction et d’envoûter littéralement mon homme/partenaire/compagnon par la simple force de ma psyché et de mon éros, dans le but de joutes amicales et intimes, aussi profondes que pourront l'être nos sentiments respectifs et réciproques. N'est-ce pas là, le Trobar inspiré? Sublimation du désir n'était point, je le rappelle, en Languedoc réservé aux seuls hommes ... Est-il vraiment antinomique de vouloir faire fondre l'être aimé par l'étendue de ses qualités humaines, de sa capacité à donner et à partager certes mais en le subjuguant, aussi, pour des raisons qui font de Lilith, pour les Pères abrahamiques, une démone, vile et obscure tentatrice? Pourquoi le désir ne mènerait-il pas vers l'illumination, la transe, la musique des sphères éthérées en somme, mais le silice et la souffrance, si? Les femmes ne seraient-elles pas toutes, un peu, des magiciennes à l'image de Circé, brûlant d'un feu sacré? A la fois mères, amantes, soeurs et épouses, croissant -et décroissant tiens, c'est cyclique- selon les axes de développement de la maturité psycho-affective, sexuelle, intellectuelle et spirituelle ? Pourquoi devrais-je choisir entre la madone et la catin, qui m'oppriment, puisque c'est un mal misogyne, androcentré et phallocrate?

I fell good ☼

Sorellement,

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