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Publié le 14 Février 2017

Certains vous diront, chacun-e son rôle, et c'est précisément l'objectif des droites extrêmes et intégristes religieux mains dans la main : des fils immatures qui recherchent une deuxième maman pour les couver (repas, linge, ménage, éducation des enfants, bref toutes les affaires domestiques) par pur égoïsme car alors qu'elles s'affairent, corvéables à merci, eux se prélassent, s'amusent, s'instruisent, font carrière etc etc. La régression du partage des tâches ménagères est d'ailleurs un indice fort du sexisme qui anime l'inconscient collectif, pourtant, un homme qui se colle -lui aussi- aux tâches les plus ingrates au sein du foyer, c'est quand même ultra sexy et cela laisse plus de temps et d'énergie aux amants pour défaire les lits : faire ou défaire, à deux, c'est quand même mieux! C'est ici que l'on peut identifier me semble-t'il la naissance du complexe madone et catin, celui qui induit que certaines femmes seraient présentables publiquement, de bonnes moeurs, se pliant fort volontiers aux apparences que l'on sait tous parfois trompeuses, donc bonnes à marier car soumises et assignées à ce rôle d'esclaves sexuelles et domestiques, excisées symboliquement, et d'autres au contraire stimulantes et excitantes car plus insaisissables, indépendantes, libres et instruites, un peu à l'image que nous avons des courtisanes et autres femmes libres souvent assimilées à des prostituées dans l'antiquité parce qu'elles ne dépendaient d'aucun homme, du moins en particulier. Je parle là, bien entendu, de représentations symboliques, voir archétypales, dans la psyché masculine, il n'est donc pas question de cataloguer les femmes en fonction de ces deux critères, bien au contraire, c'est d'ailleurs l'objet de ce billet. Mais sexuellement, ce complexe oedipien divise : pourquoi donc y aurait-il la mère, respectable d'un côté et la pute, cristallisant toutes les pulsions, même les plus mortifères, de l'autre -vous conviendrez aisément que l'une et l'autre servent soit l'affect soit l'éros masculins-, WTF? Que ce soit dit, je sors les griffes pour protéger la sphinge en moi, que j'assume parfaitement ; et le p'tit Oedipe, ben il n'est roi, ni au pieu ni à table, faut pas pousser mémé dans les orties, et quand bien même, si je venais à dévorer un pénis, le mec repartirait quand même avec à la fin des débats ; vous me prenez pour qui? A moins qu'il ne me force à ce que je ne consens pas, et là c'est tant pis pour lui, quitte à passer pour virago!

 

Chroniques de Nuremberg

 

Madone et catin ... tiens mais ... ce ne seraient pas les «pères de l'église» qui auraient créé cette dichotomie dans les consciences afin de perpétrer l'infantilisation des êtres humains, instituant ainsi de la façon la plus vicieuse leur asservissement? Madone : Marie, la vierge mère de JC et la catin : Marie, apôtresse des apôtres et amante de JC ... l'une honorée et l'autre diabolisée tout comme le sont Lilith, la fée Morgane, les Amazones, ou la sphinge? La femme offrirait-elle à l'homme le pouvoir de se libérer au point qu'il n'ait plus besoin de croire en toutes ces bondieuseries? Serait-il en son pouvoir de proposer un éther au dessus du 7ème ciel, ou un paradis vivant, sur terre? Car oui, c'est en infantilisant qu'ils assoient leur pouvoir ; pourquoi s'appelleraient-ils pères sinon, d'ailleurs? Et pourquoi les êtres humains adultes que nous sommes auraient-ils besoin de parents de substitution et non de relations où l'on considère l'autre d'égal-e à égal-e, l'envisageant avec au moins autant de valeur que nous en avons nous mêmes? Pourquoi serions nous ces mineur-e-s qui avons besoin que l'on pense ou agisse à leur place, comme si nous étions dans l'incapacité de le faire? Oui, vraiment, je me questionne? Pourquoi donc les pères des églises, les pères des religions auraient à ce point peur des femmes, au point de les haïr dès lors qu'elles estiment et expriment ne pas avoir besoin d'eux, ni des hommes? Car oui, nous parlons d'égalité ici, pas de complémentarité. Je n'ai pas besoin de toi parce que tu me complètes dans l'absolu. Le besoin rend dépendant, pas amoureux. Je ne suis pas la moitié de moi-même, la moitié d'un tout qui te serait destiné et qui formerait une unité avec toi. Je te désire toi, en particulier. Nos qualités et compétences en revanche se complètent, oui! Mais tu es mon égal. Non, je ne suis pas cette enfant naïve qui attend le prince charmant parce qu'on lui met en tête depuis l'enfance justement, avec des contes, qu'elle sera sauvée par un homme. C'est du conditionnement, sociétal et éducationnel à la soumission et à la passivité : à qui profite le crime? Au patriarcat ... à ce monde édifié pour des hommes, par d'autres hommes, pour des fils, par des pères. Une société dans la quelle les hommes se cooptent et se couvrent entre eux, planquant impunément leurs cadavres de femmes, et ravageant la psyché féminine de toute cette violence et cette perversion dont ils savent faire oeuvre.

 

 

Alors et vous, plutôt madone ou catin? Ou bien les deux? Avec le/la même partenaire ou conjoint-e et amant-e(s) différent-e-s? Osez-vous ou n'osez vous pas tout exprimer avec celle/celui que vous aimez? Osez-vous être vous même, avec votre clair-obscur?

 

Avec sororité,

Evidemment, des femmes hypersexualisées, potiches. De belles plantes quoi. Sinon, pourquoi ne pas faire rentrer les Kurdes dans l'UE?

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Sexualité

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Publié le 21 Janvier 2017

L'impact du porno sur la sexualité des hommes a pour conséquence directe la souffrance psychique que cela génère chez les femmes qui brident forcément leur désir ne se sentant elles-mêmes pas désirées pour ce qu'elles sont mais plutôt objétisées, comparées, remplaçables, jetables, non désirables, infériorisées. Je sens poindre encore l'ultime attaque de névrose que je prends de plein fouet à chaque fois que j'aborde le lien très serré entre le désir qu'éprouvent certaines femmes et la capacité qu'ont leurs amants à les érotiser (au sens noble : l'érotisme n'est pas un vice, ni perversion, ni pornographie) c'est à dire à connaître d'autres éthers en fantasmant une joute érotique avec elles. Non, je ne parle pas que de cul, de pénétration, de cuni ou de fellation, mais de tout cet avant plein de promesses, à la fois tendres ou coquines, sensuelles ou torrides, cet avant où l'on ne s'effleure qu'avec les yeux -miroirs des âmes- où nos inconscients se mêlent pour des joutes exquises ... cet avant où l'on s'accorde quel que soit le degré d'intimité désiré (purement sexuel, affectif, intellectuel, spirituel) cet avant où l'on se met au diapason, où l'on se mord, où l'on se pique, où l'on s'entraîne dans les profondeurs abyssales. Alors certes, il y a un avant, le tout premier, et ceux qui suivent : cet avant, c'est le royaume du désir. Une connivence entre deux amant-e-s qui s'interpellent au plus profond sans forcément s'être touché-e-s, c'est une vibration qu'il me plait d'imaginer telle un bouclier protecteur, celui derrière le quel les amant-e-s se trouvent et se retrouvent, communient plus qu'ils ne communiquent, se mêlent et se nouent. Oui, je sais, ça plombe un peu l'ambiance, c'est hormonal paraît-il, le cerveau qui nous jouerait des tours, sans détour. Les troubadours ne le savaient pas quand ils créèrent l'amor de lonh, celui où l'on ne se touche que par la pensée ... au moins pendant un temps. Oui je sais, c'est rome antique, je l'assume parfaitement, au moins autant que j'assume aimer brûler d'un désir plus violent, avide, possessif et les joies du rough sex. Enfin dans mes fantasmes, car je suis à jeun depuis plus de 6 ans (j'ai mal à mon gras et les pro-féministes ne courent pas les rues mais j'ai faim de tout, miam ... j'ai un séducteur nombriliste ou deux qui m'ont mise en appétit ces sadiques ... je les pendrais bien par le nez à un hameçon géant pour les jeter aux requins 凸(`⌒´メ)凸) et je suis encore dubitative quand je repense à mon ex pourtant violent en dehors du sexe, qui ne faisait que l'amour et qu'en douceur, se sentant "sale" dans certains de mes commandos armés et trouvant ma lingerie sexy comme porte ja' en dentelle et autres corsets trop sulfureux à son gout. Maudit complexe madone et catin institué par les pères de l'église, j'aurai ta peau.

 

La problématique du porno, c'est qu'aujourd'hui avec internet tout le monde y a accès en un rien de temps sans la moindre surveillance et que donc [c'est le plus terrible] des gosses à peine sortis de l'enfance y trouvent matière à parfaire voir carrément à instruire leur éducation sexuelle. Le sentiments, la romance, le respect, le consentement, les préliminaires, le désir même sont vandalisés, les femmes rabaissées, humiliées, violentées et les pratiques de plus en plus hard sont devenues le commun au grand dam des actrices de films X qui acceptent, selon Ovidie, des condition de travail absolument insoutenables. Le problème, c'est qu'à un moment donné, cette perversion instillée au goûte à goûte s'est étendue insidieusement au point que nous sommes dans une permissivité laxiste et relativiste tolérant ce que jamais nous ne devrions, au moins afin de préserver l'innocence. Je pense à un Polanski par exemple, poursuivi par les EU pour des faits "graves mais anciens" selon A. Azoulay Ministre de la Culture, ayant drogué et violé une mineure de 13 ans, qui aujourd'hui est nommé président des Césars : n'y avait-il personne de plus ... exemplaire? Un choix éthique et juste n'est-ce pas ce qu'attend le public, finalement? Autre exemple, cette affaire de réseau pédophile sur Youtube, vous me demanderez le rapport, mais c'est des causes aux effets ... Les trois P, Prostitution, Pornographie et Pédophilie, les trois piliers du patriarcat. Ici l'un de ces piliers, que le féminisme vise bien entendu sciemment : la pédocriminalité. Oui car on évitera de dire [pédo] philie : philia φιλία est le mot grec qui exprime le sentiment qu'est l'amitié, et de fait la réciprocité dans ce lien. On considère qu'un élève par classe est victime d'inceste ... Quand les gosses font leur éducation sexuelle sur uporn, que le sentiment est devenu le boulet des "faibles", que le respect et le consentement ne sont plus transmis dans l'éducation, que la violence et la domination sont des codes sociétaux forts, cela donne un bien vilain horizon, surtout pour les filles et les femmes, à priori, mais pour les garçons et le hommes aussi, qui deviennent pervers en devenant addicts à cette violence, car cela en est, de la violence. Et quand on lit les témoignages de paye ton bahut/ta fac/ton couple/ta robe/ta blouse, c'est à pleurer. Pour prendre conscience de ce qu'est réellement la misogynie au quotidien, il n'y a pas mieux !

 

Bref, pas de quoi vouloir faire des gosses/construire ou sauver un couple avec ce genre de personnalité formatée par ce qui relève d'une éducation genrée, c'est un conditionnement sociétal, un barbarisme dont je me demande bien le but? Quand j'écoute certains conseils sexo assez communs comme "imaginez faire l'amour avec qqn d'autre pour mettre du piment"  ou "les femmes désirent leur homme quand il les trompe, car ce qui attise le désir, c'est le manque" je dois avouer que je me sens particulièrement mal à l'aise : l'autre n'est pas une poupée gonflable (et dire qu'il en est commercialisé qui ressemblent à des enfants, spécialement pour les pédocriminels) et l'exclusivité plutôt que le manque peut, aussi, attiser le désir, des femmes. Là encore, objection patriarcale de subir des relations toxiques où l'on se fait humilier et rabaisser sous prétexte que les hommes seraient "comme ça". En fait, les sexologues étant souvent des hommes, (il est mal vu qu'une femme s'intéresse, affiche ou vive librement sa sexualité), il n'est bien entendu jamais question d'abandonner certains privilèges! C'est donc demander aux femmes d'endosser un rôle maternel et sacrificiel en acceptant et endurant des souffrances intolérables sous prétexte qu'elles servent la toute puissance du sacro-saint phallus. En fait, c'est pervers. Et je doute que les hommes, amoureux, supporteraient à ce sujet 1/3 de ce que l'on subit à être mises en permanence en concurrence, pornifiées, humiliées. Bien entendu, il faut aller au delà du cas individuel, et voir les causes, ainsi que les effets. A qui profite réellement la stimulation de ce désir masculin vagabond si savamment orchestrée et cette pornification des femmes dont on s'évertue à éteindre le désir, diabolisé depuis la nuit des temps? Ah mais oui, à la préséance de la domination masculine!

 

Donc en cette journée extraordinaire de marche mondiale des femmes contre l'investiture du Trump je vous dis, avec sororité, qu'on ne se laissera pas abattre, la porte est et restera toujours ouverte, chez moi.

 

Edit du 22/01 à 21h17

 

Ouh là là, fallait s'y attendre, si certains estiment ce billet carrément initiatique d'autres réclament le porno comme un droit (comme ce fut le cas avec la prostitution) nous disant  "insurgez-vous plutôt sur la maltraitance Animale que sur des vidéos de cul qui rendent service" ou d'autres encore estimant que *pudibonderie* les représentations sont tabous car le sexe serait un aspect rejeté de la vie. Ils ne savent plus quoi inventer pour pouvoir continuer à se masturber sans culpabiliser, ces amateurs de voyeurisme. Alors bien entendu, on va commencer avec l'hypocrisie nauséabonde, genre, nous demander de nous insurger contre la maltraitance animale plutôt que contre les maltraitances faites aux femmes sous prétexte que certains ont besoin du porno pour avoir une érection ... pauv' gars! Ensuite, il n'est pas question de rejeter les représentation de l'éros, mais de faire en sorte qu'il reste intimement lié à la psyché afin que s'épanouisse la volupté ... mais pour les deux amants, pas que pour un seul! Les femmes ne sont pas au service des hommes, et dans le porno, elles sont trop souvent violentées, humiliées, rabaissées. Les hommes n'ont pas plus de libido que les femmes, et s'ils travaillaient plutôt à faire croître le désir et la tension érotique de leur amante, ils connaîtraient des merveilles qu'aucun porno ne pourrait remplacer : pourquoi les femmes rendraient-elles services, comme esclaves sexuelles, aux hommes? Là on parle de porno, pas d'érotisme et il n'est que très très très rarement question de l'érotisation du corps des hommes à destination des fantasmes des femmes. Du reste, je n'ai pas d'érection (clitoridienne) en me rinçant l'oeil sur un homme dont je ne sais rien de son "intérieur" (sa psyché)... un abruti, un mec creux, fasciste, intégriste, islamiste, nazi ne me donne pas envie, qu'en sait-on sur papier glacé? Excusez-moi de ne pas donner dans la superficialité : les hommes seraient-ils tous aussi peu profonds? Mais il est vrai que je suis sapiosexuelle, je vous en demande un peu trop. Les femmes ne sont pas des objets prédestinés à vous faire dresser la verge messieurs, ni juste là pour votre bon plaisir. Ce qui est réellement tabou, c'est la violence et l'humiliation que subissent les femmes sous prétexte que "ça rend service" à des frustrés sans le moindre égard pour l'objet de leur désir, tant qu' ils jouissent. C'est pervers. Et puis, franchement, il y a des Clubs où l'on peu s'exhiber, regarder, échanger, caresser, lécher, pénétrer, se faire pénétrer, attacher, soumettre (...) l'entrée est payante, réservée aux adultes consentant-e-s et où l'on peut s'adonner à tous types de fantasmes (je ne parle pas de cruauté ni de perversion) en étant, dans le feu de l'action, conscients de la condition et du consentement des participant-e-s et de la façon dont les femmes (et les hommes) sont réellement traité-e-s. What else?

 

Edit du 30 Janvier à 21h

Ce matin, alors que j'avais publié ce billet dans le groupe "Pour une éthique contemporaine", sur facebook, l'un des administrateurs, au près du quel je défendais que la pornographie n'aidait pas à la jouissance féminine car trop violente, m'affirmait au contraire que le porno aidait à l'épanouissement de la sexualité des femmes, et soulignait mon puritanisme (lol). Il s'agit de Gérard Vignaud, psychologue et psychanalyste, président de l'Institut d'éthique contemporaine, dont les deux dernières conférences avait pour thème la femme libre. Depuis, j'ai été éjectée du groupe sans préavis, et mon billet aurait été supprimé, lui aussi, selon un membre de l'Institut avec le quel j'ai discuté en messagerie privée. Si quelqu'un connait ce Monsieur, saluez le de ma part et proposez-lui plutôt de revenir aux basiques et de se former en éthique humaniste, car la misogynie et l'irrespect flagrant dont il a fait preuve, sans compter le déni de la violence en question, -ce qui est le propre des pervers- sont hélas le pâle reflet de ce que les femmes ont a subir quand il s'agit de leur sexualité. J'adore quand un vieux bitard veut m'expliquer ce qui doit ou non m'exciter. 

"On entre en éthique quand, à l’affirmation par soi de sa liberté, on ajoute ... la liberté de l’autre ..." Paul Ricoeur (piqué sur leur site, à mourir de rire)

Good night

 

Illustration Emily Balivet, Les trois Parques, ou Moires

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Sexualité

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Publié le 29 Octobre 2016

Tiens aujourd'hui, j'écoute France Inter, une émission sur l'avenir du couple. Au bout de 40 mn, j'étais dépitée : alors ainsi, les intervenants, Marcela Iacub, juriste et chercheuse et  Philippe Brenot, psychiatre, sexologue et anthropologue annoncent gaiement que le désir vagabond est un piment pour le couple, du moins ce qu'il en reste face à l'avenir radieux que propose le polyamour. La fidélité, la monogamie, l'exclusivité, c'est has been. Cela vous inquiète, vous ou pas? Entendre parler dé polyamour à tout va ça me fait comme une impression assez surréaliste car je n'envisage absolument pas -et n'ai jamais pu l'envisager- de partager, l'homme dans les bras du quel j'ai envie de me lover sous la couette en me disant tiens, où a encore trempé ta verge à la quelle je voue un culte (mais chut ne dites rien à mes copines féministes), pour qui a donc frémit ton âme avec la quelle la mienne a fusionné, quelles sont les autres femmes que je côtoie dans ton coeur dont je m'évertue à prendre soin? Parce qu'évidemment, bien au delà de la jalousie et de l'inconfort insoutenables que génère ce genre de situation quand on fait le choix des sentiments profonds plutôt que les plaisirs superficiels et immédiats, quand on considère l'autre comme autre chose qu'un produit de consommation courante jetable, j'avoue, j'avoue que je kiffe d'adorer mon homme à moi. Et rien que lui. J'adore n'avoir une érection clitoridienne qu'en le regardant à lui, j'adore en faire le centre de mes pensées  vagabondes, j'adore avoir envie de le rendre fou de de désir, et de plaisir aussi accessoirement. J'adore me dire que même si je ne sais pas exactement ce qui m'a enflammée de passion, c'est avec lui que j'ai envie de partager mes règles, mes bouderies et mes rêves. J'adore me dire que c'est à lui que je brûle de faire des attentions débiles amoureuses. Et puis aussi, trêve d'altruisme, j'adore savoir, -car l'illusion ne me suffit pas- que je suis la seule. Alors oui, je sais, on va m'assigner à résidence afin de me déconditionner et de me dépolluer des dessins animés de mon enfance, le prince charmant n'existe pas, vouloir être la seule c'est un désir infantile, un complexe psy lié au père, blablablabla. Moi je suis une vraie rebelle JE VEUX me nourrir de cette certitude que je suis la seule, et lui donner envie de l'être. Et qu'il soit fou de désir, de tendresse, d'attentions, d'amour quoi, pour MOI. Ah, vous aussi? C'est vrai, on sait quand on se rencontre, on sait comment une histoire commence, jamais quand et comment elle finira. Je suis intimement convaincue qu'il y a une gamme de sensations, d'émotions, de désirs même à la quelle nous n'avons accès qu'en vibrant à l'unissons, qu'en nous synchronisant au battements de coeur ainsi qu'à la psyché de celle/celui qui nous tient en éveil. Un mariage, pour la vie, c'est déraisonnable d'y croire quand on a un passé amoureux tumultueux, et vécu en couple plusieurs fois. Mais s'engager quand même l'un à côté de l'autre en se disant «je ferai tout pour que nous puissions aller sexes emboîtés, yeux dans les yeux et main dans la main, le plus loin possible», c'est quand même se dire «j'ai envie de faire un bout de chemin avec toi en particulier, de construire, de nous stimuler, de nous protéger».

 

Chacun chez soi ne pourrait-il pas être une alternative au mariage et au polyamour pour sauver le couple? Certes, pas la plus économique! Mais quand on sait que, finalement, c'est souvent la routine ainsi que les habitudes qu'on ne supporte pas chez l'autre qui tuent l'amour et fragilisent le couple dont l'un-e ou l'autre s'échappe parfois afin d'aller chercher de l'air ailleurs? Chacun garde sa liberté, sa solution de repli en cas de crise, de saturation, de dispute ; ne s'enflammerait-on pas plus longtemps l'un pour l'autre en n'étant pas sous le même toit? Encore faut-il pouvoir surmonter le besoin de fusion des instants magiques des premières fois, et trouver le/la partenaire qui n'aura pas besoin de partager un repas/un lit systématiquement en rentrant du travail : nous sommes inégaux face au stress subi la journée et passer les nuits séparément peut se révéler être un frein au développement du sentiment amoureux réciproque source de réconfort et de sécurité. Personnellement, si j'entrevois cette possibilité comme la plus adaptée à ma situation, c'est qu'étant maman solo, je jouis d'un logement social plus que correct, et que je peux répondre ainsi au besoin de sécurité matérielle de ma progéniture. Mes échecs passés, la violence que j'ai subie, car je rappelle ici que je me suis quand même retrouvée SDF pendant quelques mois puis hébergée en foyer, est un marquage au fer chaud dans mon âme : non seulement je n'attends pas un sauveur avec le quel partager un loyer et ainsi pouvoir m'offrir plus de bouquins, mais en plus, ce serait ce que j'estime être une inconscience de lâcher cette sécurité que j'apporte à mes filles pour un homme qui s'avérera finalement peut-être manipulateur, violent, menteur, infidèle etc. Oui oui, toutes les femmes ne rêvent pas d'un prince charmant bourré de thunes qui leur offre un voyage à Maurice, un diamant et des Louboutin. Chui plutôt we bivouac dans la forêt de la Sainte Baume ou au Mont-Aimé, grenat brut et Pendragon. D'autant que vu le nombre d'années de célibat que je traîne, moi qui aime tant le silence, moi pour qui il est désormais éprouvant de communiquer verbalement, je vivrais une trop grande proximité soudaine comme une intrusion, et ce me serait insupportable. Une autre alternative serait d'initier les êtres humains à une connaissance d'eux mêmes qui soit moins superficielle afin de cesser de construire nos relations amoureuses selon les besoins qui nous animent à l'instant T : une fois ce besoin honoré, on jette le partenaire avec l'eau du bain ou on en change afin d'en satisfaire un autre (de besoin). D'une certaine façon, le sentiment amoureux qui anime est sincère certes mais uniquement à l'égard de soi-même et non de l'autre. Alors, peut-on vraiment parler d'amour?

Si le couple se fragilise, comme il est dit à maintes reprises lors de l'émission, c'est que l'amour, les sentiments ne sont pas valorisés : profit, rendement, compétitivité sont les piliers du capitalisme, comment vouliez-vous que le sublime amour, l'altruisme par excellence n'en pâtisse pas? Tiens, justement pâtir ... passiio... souffrir ... passion... [action de souffrir]. J'injecte ici, moi, issue de l'univers des médias, que si le couple se fragilise c'est d'une part que les femmes tendent à moins subir et n'hésitent plus à se séparer d'un partenaire malveillant, et d'autre part que la tentation est partout, sur papier glacé : la publicité, les tabloids véhiculent une image de la femme objétisée, pornifiée devrais-je dire, image exclusivement dévouée au plaisir des sens de ces messieurs à la tête de ces tous médias trop souvent encore dirigés par des hommes. Ainsi va le Patriarcat : une Société édifiée par des hommes pour des hommes où la femme est un objet de plaisir, les hommes (oui je sais pas tous, j'en connais des très très bien) n'envisageant absolument pas à travailler sur eux de réprimer leur instinct de prédateur sexuel, alors ils passent par la philo pour nous faire gober la pilule! Et si tout était à réinventer, en travaillant en profondeur les valeurs plutôt qu'en s'adaptant à une Société malade? Et puis, l'idée de la philanthropie sexuelle selon Fourier que défend Mme Iacub, c'est à dire que certaines personnes "très désirables" feraient acte de charité auprès d'autres qui le seraient moins, c'est d'une part très narcissique, élitiste, et l'idée un peu sotte que la prostitution peut sauver l'humanité ; c'est glauque car contrairement à la prétendue démocratie défendue est instaurée une hiérarchie définie exclusivement par la beauté [extérieure], le paraître, ferment par excellence de l'idéologie matérialiste, et ça fait très Raélien .... Le désir de volupté que je discerne cependant dans ces insinuations ne me semble pas avoir réellement trouvé son point de bascule, son apogée, son degré de maturité : l'éros dont il est question ici ne vise-t'il pas la psyché plutôt qu'un furtif plaisir épidermique? N'y a-t'il pas une mystique de la sublimation visant à élever la psyché jusqu'à des éthers mystérieux, éthers bien connus des poètes? Cet éros sublimé n'est-il pas la materia prima de l'amor de lonh du Trobar, n'est-il pas celui qui transporte le fedeli d'amore Dante, dans la Vita Nuova? Pourquoi vouloir rebâtir une Société en putréfaction sur de bases qui semblent ma foi malsaines? La perversion, le narcissisme, la souffrance, la violence, sont ce qu'engendre la course folle au pouvoir, à la domination, à l'argent, au matérialisme, au capitalisme, au mercantilisme. Pourquoi s'adapter?

Edit en cette lune noire en scorpion, Lilith pour les intimes. Il semblerait que mon billet ait été pris pour une insulte au mode de vie qu'est le polyamour et qu'il soit un jugement moraliste. Alors, biensûr, l'idée n'était pas de blâmer les femmes qui y trouvent un épanouissement, je comprends que ce concept puisse séduire. Cela dit, je ne peux m'empêcher de le rapprocher de la dite libération sexuelle des femmes post soixanthuitarde qui a été voulue et qui a surtout servi les hommes qui ont ainsi pu baiser à tour de bras sans sans compter fleurette et s'engager. Je comprends aussi quand on me dit "personne n'a le droit de m'imposer l'exclusivité". Certes. Mais ce n'est pas parce que je suis féministe que je vais forcément adhérer à tout ce qui vient de la nouvelle génération : certes, personne n'a a te l'imposer mais, il y a des règles. Genre, on ne va pas mimer les mecs pour se défendre des souffrances qu'endurent les femmes (en général). "Comme si ça avait quoi que ce soit de révolutionnaire pour un mec hétéro de se taper plusieurs nanas... " Précisément. Donc, en fait, personnellement, ce qui me perturbe, ce n'est pas que le polyamour existe, mais de le faire consciemment avec qqn qui n'est pas [vraiment] consentant. Quand on se veut libre, normalement, on est censé être suffisamment intelligent-e d'une part pour distinguer l'amour du désir, et -cela relève de l'art-, et pour choisir un partenaire qui a [vraiment] les mêmes moeurs. C'est à dire on assume, on essaye de faire le moins de mal possible quitte à envisager une rupture, juste parce qu'on a une conscience. Car j'insiste, infliger ce type de souffrance consciemment en ne pointant que la jalousie de l'autre, et en arguant qu'il doit le faire par amour, c'est quand même hyper malsain. Voilà. Excusez-moi les filles de vous avoir froissées; j'ai toujours été dubitative quand à la réelle équité du couple dit libre, je crains toujours, qu'il y en ait un qui en souffre et qui s'adapte juste pour faire plaisir à l'autre, par amour. Du reste; j'espère bien que les femmes, féministes ici en l'occurrence, seront bien supérieures aux hommes en la matière, puisque vous savez -ou peut-être pas- que l'un des maux qui nous brûlent et que nous nous transmettons de génération en génération, silence compris, est ce fameux "tu te fais des histoires, il ne s'est rien passé". Mine de rien, ceci est une arme fatale masculiniste qui se transmet aussi de génération en génération. Voilà donc en ce qui concerne la question du mimétisme qui protège, ou pas, de ce genre de violence psychologique. Car j'insiste, imposer son polyamour à qqn qui souhaite l'exclusivité, c'est une violence psychologique.

Chacun ses choix, la profondeur et la noblesse ou la facilité et le consommable, rêver d'une Utopie n'est pas donné qu'aux plus beaux, aux plus riches, et aux plus puissants, heureusement car ils font ça mal....

 

Romantique à souhait, c'est dur à assumer tout autant que d'être polyamoureuse ;-)

 

Love

Sororité

Amistats

 

 

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Sexualité

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Publié le 19 Octobre 2016

Au bout de 700 ans, finalement, c'est fait. L'Évêché d'Ariège a demandé pardon pour le bûcher de Montségur et des centaines de sympathisants sont allé rendre hommage aux cathares, Dimanche 16 Octobre alors que les zozos de LMPT étaient dans la rue pour casser du PD et des FEMEN. Tu vois Ludovine, je voulais te toucher deux mots sur mon genre, pas princesse ni rose du tout, mais plutôt violet et chevaleresque.

 

Je pense que la psyché de l'être humain, pour atteindre un état de plénitude "réel" et constant, doit avoir des axes d'évolution parfaitement ajustés. Ainsi, maturités affective, intellectuelle, sexuelle et spirituelle me semblent indissociables et indispensables au bon développement psychique de la femme et de l'homme, en dehors de l'aspect physique, ou parallèlement, c'est entendu. On pourrait penser à des normes graduées, comme par exemple viser un esprit critique affiné, l'honnêteté et l'éthique pour l'intellect, la sincérité, l'assertivité et la bienveillance pour l'affect, l'intégrité, la réciprocité et la fusion pour l'éros, l'étude, la tolérance et le libertinage pour les choses de l'esprit. Le leurre est de penser qu'en malmenant, ignorant l'un de ces 4 aspects, l'être humain pourra se libérer de sa condition d'esclave esclavagiste, progresser, être le meilleur de lui même, dans le vrai, l'authentique, le "soi" de Jung.  L'empathie, les neurones miroirs, permettent de comprendre la souffrance et la compassion, de la ressentir. L'expérience permet elle d'éprouver, d'endurer notre dualité, et de nous améliorer, d'apprendre à devenir juste et bienveillant non en refoulant notre partie obscure, au contraire, en l'éclairant de notre conscience, en l'aimant "quand même". Je prends l'exemple du désir sexuel, la libido ou l'éros donc, au quel je donne 5 niveaux d'expression, de développement : instincts (sexe), besoins (ventre), affects (coeur), intellect (tête), et plus si aff'. La sublimation de cette énergie vitale et sacrée est bien mystérieuse.... Me comprends-tu Ludovine ou vous n'apprenez pas ça au caté? Qu'en disent les prêtres pédo-criminels chez vous? Désolée, c'est que chez nous, les femmes ont un esprit et s'en servent. Tu vois Ludovine,  mon expérience de vie ne vaut pas mieux que la tienne, et inversement. Je souligne juste ici que l'on ne peut guère écouter activement, aiguiller, conseiller, panser les maux de l'âme sans connaître le type de combat/remous dont il s'agit, surtout chez les hommes : l'archidiacre Frollo se croit bien en mission pour dieu. Cette haine/peur, mépris des femmes ainsi que ce "désir de pureté"  sont pathologiques : ce sont des pulsions libidineuses de prédation refoulées que les femmes ainsi que les enfants hélas subissent depuis la nuit des temps... Pourtant, ce sont bien souvent ces mêmes hommes malades qui conseillent et ordonnent, qui guident les peuples ....

Hélas, notre Société Occidentale tend à sacraliser l'intellect seul et voue un culte à l'argent et au corps. La notion de pouvoir devient alors indispensable pour écraser les rivaux dans cette compétition qu'est la vie, tout les coups sont permis, manipulation et humiliations publiques se démocratisent. Ce monde avilissant, bourré de principes pourtant, de dogmes, et méprisant les valeurs élevées rend malade : la conscience de toute cette violence et de toute cette souffrance ne peuvent que mener, après l'abattement et la révolte, à une quête de sens. 

Mourir sans avoir vécu avec intensité son Aventure intérieure profonde et sublime, quel gâchis!

 

Amistats et avec sororité,

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Publié le 7 Août 2016

Cycle Dianique
Cycle Dianique

La Parité, selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales : 1. Rapport d'égalité, de similitude entre deux choses ou deux êtres (le plus souvent comptables). Parité absolue d'idées; parité parfaite; parité de salaire, de traitement. Ces deux terribles journées (...) avaient coûté à l'ennemi cent cinquante mille hommes de ses meilleures troupes, dont cinquante mille tués sur le champ de bataille. Il n'y avait nulle parité avec nos pertes, qui ne s'élevaient pas à cinquante mille (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t.2, 1823, p.27).À quinze ans, un adolescent et une jeune fille sont vraiment du même âge. Ils s'aiment ou ils croient s'aimer. À vingt ans, cette parité d'âge n'est plus que dans les dates (Bourget, Sens mort, 1915, p.217).

***

La parité absolue, concept philosophique du XXIIème siècle?

Voilà, tu vois, la parité, à la base c'est pas compliqué. C'est considérer les femmes comme des êtres humains à part ... entière! Mais moi, la parité, parce que je suis une grande idéaliste, je l'imagine partout, à chaque instant, à chaque battement de coeur. Peut-être est-ce parce que j'ai été habituée à -presque- tout partager à part égale que j'envisage l'autre systématiquement comme mon égal-e, avec au moins autant de valeur que moi? Un peu, genre, ce que dit le préambule de la constitution qui garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme depuis 1946!

Car oui, la parité, c'est une question de salaire, certes, -à postes et qualifications égales les femmes sont rémunérées, en moyenne, 24% de moins- ; d'accession à l'éducation, à la formation et à l'embauche ; c'est aussi le problème de la précarité, notamment des femmes seules avec enfants et des retraitées (pour rappel : http://adelaisetjasmine.over-blog.com/pr%C3%A9carit%C3%A9-des-femmes-en-2013-des-donn%C3%A9es-alarmantes ), ou les affaires domestiques dont se chargent environ deux fois plus les femmes que les hommes. Que dire alors de la parité en politique? Jamais de femme présidente réellement pressentie en France, seulement 15% de femmes maires ou 19 % à l'Assemblée Nationale? Qu'en est-il de cette autre strate édifiante de notre Société, la Haute Fonction Publique ou même des directions et conseilsd'administration des grosses entreprises? Les médias? Puis est-ce qu'il y a des p'tits garçons qui rentrent au pays l'été afin qu'on leur coupe une partie du gland -plaisir sacrilège oblige- et qu'on les force à se marier avec des femmes de 20, 30, 40 ans leurs aînées, voir plus? 12 768 viols ont été déclarés en France en 2014, soit un viol toutes les 40 minutes (et encore qu'il ne s'agit que ceux qui sont déclarés). Une femme meurt tous les 2 jours et demi sous les coups de son conjoint. Voilà pour la piquouze de rappel, des faits quantifiables, pour rafraîchir la mémoire voir informer au besoin.

Mais, philosophiquement, qu'est-ce qu'un concept -le quel pourrait même devenir fondamental et s'étendre au racisme ou à l'homophobie par exemple- pourrait nous apporter ? φιλοσοφία ou «aimer la sagesse», oui, l'idée est bien de remonter aux causes afin d'essayer d’arrêter de panser les plaies béantes des unes comme des autres, qui ne sont hélas, que les conséquences d'un manque de parité, dû à la misogynie patriarcale. Et là je viens de manger un kiwi, histoire de réflexion, car je ne sais pas comment aborder ce qui suit. Pour moi, nous avons, nous féministes, à travailler sur l'inconscient collectif, car c'est là que Pandore est trop curieuse, Lilith trop sulfureuse, Al-lat une impudique éhontée (pour reprendre le terme de Sérénade Chafik qui m'a en partie inspiré ce billet d'humeur avec son article «Nous femmes sur nos terres d'Islam»(http://laregledujeu.org/2016/06/20/29392/nous-femmes-sur-nos-terres-d-islam/) Penthésilée trop virago, ou bien encore Flore et Cassandre violées, Héra subissant les infidélités chroniques de son violeur de Zeus, Esméralda la duperie mortelle de Phoebus ainsi que la perversion de Frollo, Aliénor et Esclarmonde, trop libres, Maryam de Magdala, trop initiée, Salomé, trop sensuelle, Boadicée, trop rebelle, Circé, trop ensorcelante... Et qui sais-je encore? N'est ce pas dans cette trame inconsciente que le mâle se sent légitime dans son rôle de dominant voir de prédateur? N'ont-elle pas été, toutes, non soumises par essence, par nature, mais soumises par le-s mâle-s, l'histoire, le mythe? N'est-ce pas ce qu'elles sont en tant que femmes, ou êtres humaines, qui est piétiné, souillé, brisé, banni? Sans parler des dégâts inhérents aux grandes religions monothéistes, dans les quelles les femmes n'existent qu'en tant que filles, ou mères : dévastateur en réalité, une excision psychique, symbolique. Or elles ne servent en rien «dieu», elles servent les hommes, qui se servent, entre eux. Un autre genre de plafond de verre, en somme. Reste à définir pourquoi certaines ont besoin d'entrer en religion et de crouler sous le poids des dogmes et des maîtres plutôt que de vivre une spiritualité libre? Toujours est-il que je préfère accompagner ces femmes dans leur trip plutôt que leur opposer la laïcité à tout prix, l'un n'empêchant pas l'autre : ce n'est pas le chemin le plus facile pour se libérer, mais que vaut l'expérience du vécu? Qui suis-je pour réduire leur choix à de la folie, de l'inconscience? Vous trouverez sur ce blog plusieurs poésies issues d'un recueil en cours d'écriture, "De Lune à l'Autre", déclamant un droit de réponse de plusieurs personnages féminins issus de la littérature, de l'histoire ou de la mythologie, et soulignant la misogynie qu'on ne perçoit pas toujours...

Travailler sur l’inconscient collectif c'est aussi soigner nos refoulements, frustrations, souffrances, hontes, culpabilités et autres joyeusetés transgénérationnelles, tout ce que l'on encaisse car d'autres générations ont encaissé en se disant c'est normal, c'est relatif à tel ou tel genre. Des exemples concrets. Etre au service, faire plaisir. Je ne dis pas que dans une relation équilibrée ce n'est pas jouissif, quand c'est réciproque. J'affirme que les femmes sont éduquées depuis des lustres à se sacrifier. Autre exemple alors même que TOUS les hommes que j'ai connu n'auraient jamais supporté d'être mis en concurrence, c'est moi qui en prenait plein la tête si je faisais remarquer l'indélicatesse voir carrément une fois, l'infidélité. Qui n'a pas vécu ce genre de situation ou l'autre devient nettement manipulateur voir malveillant avec des phrases du genre "tu te fais des films","tu fais des histoires","c'est pas vrai il ne s'est rien passé" et arrivent à te faire douter alors que ça c'est passé sous tes yeux? Un piège pervers et narcissique aussi vieux que l'humanité. Et là, dans ces situations précises, c'est bien aux femmes de s'armer car eux aussi se transmettent ce subterfuge de génération en génération.... Technique malhonnête, comme souvent, plutôt lâche et infantilisante : c'est patriarcal. Faire passer les femmes pour folles ou hystériques, c'est pas nouveau, et ça marche, pourquoi s'en passer après tout. N'est-ce pas ce qu'on risque chaque fois que nous sommes poussées à bout, quand nous explosons, finalement? Cette conscience ne nous pousserait-elle pas à subir plutôt qu'à nous révolter, par crainte, d'être effectivement prises pour folles ou de la violence que pourrait éventuellement générer cette résistance?

Alors oui, la parité ne peut-être qu'absolue, finalement.

Avec sororité.

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Spiritualité, #Sexualité

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Publié le 31 Juillet 2016

JW WATERHOUSE
JW WATERHOUSE

Hey toi, je te vois de là avec ton regard glauque et libidineux, non, ce post ne s'adresse pas à toi, ta branlette n’intéresse pas plus que ton avis sur le sujet. Je n'écris pas pour ton plaisir personnel, mais pour le mien.

Je viens de lire un excellent article sur l'arnaque de l'amour patriarcal https://hortensedulac.wordpress.com/2015/01/01/lamour-patriarcal-est-une-arnaque-monumentale/ et si j'adhère presque en tous points sur les différents sujets dont il traite, j'avais envie de revenir sur le chapitre de la jouissance féminine. Parce que, oui, les femmes sont capables de jouir, elles aussi, quand elle veulent. Oui, les femme peuvent dissocier amour et sexe, mais l'extase est tellement plus ravisseuse quand les deux sont intimement mêlés. Alors oui, l'amour patriarcal c'est de l'arnaque, viriliste, androcentré, macho, sexiste et tt ce que vous voudrez, mais quand même, pourquoi cracher sur un plaisir sain (je n'ai pas dit facile), et gratuit?

D'abord, s'aimer soi-même. Hélas, c'est compliqué pour les femmes qui sont mises en perpétuelle compétition tant le mâle a besoin de diviser pour mieux régner, grand prédateur qu'il est dans l'absolu. C'est compliqué aussi car les merdias (dont les têtes pensantes sont essentiellement masculines) véhiculent une image des femmes stéréotypée, pornifiée, et, il faut le dire, presque toujours retouchée. Ensuite, les femmes sont effectivement éduquées à aimer, donner, pardonner, être sages, passives et gentilles, et non à être en paix {entre elles et} avec elles-mêmes. Apprend-on réellement à se découvrir et à nous contenter de ce que nous sommes, dans la conscience de notre perfectibilité? Ah les fameux complexes liés aux dicktats de la beauté (physique), de la minceur, de la fermeté, du glabre, de la longueur des cheveux ou de la taille des seins... Injonctions patriarcales, quand tu nous tiens! Ne plus oser sortir non coiffée/maquillée/apprêtée est par ailleurs bien souvent un dilemme pour certaines, même pour aller chercher le pain. Il faut paraître. Etre présentable. Car oui, dans ce monde ne se nourrissant que des apparences, se focalisant sur la forme et non le fond, seule l'image compte, c'est bien connu! Et le hic c'est ça, c'est que pour jouir, faut un minimum se connaître ... et se laisser aller ; je sais que c'est difficile pour certaines, l'idée n'est pas de les culpabiliser mais au contraire d'encourager à se donner du plaisir, à en prendre là où on nous a toujours appris dans les magasines féminins à en donner ! L'orgasme ne doit pas être une fin en soi, mais enfin, s'il se présente, autant se donner les moyens de l'accueillir, non? Quand je pense que certain-e-s ont même créé un business avec ces pratiques masturbatoires (par un tiers moitié coach-moitié gourous), je me dis qu'il vaut mieux garder son fric, et, finalement, s'accorder la chance d'éprouver du plaisir, sans forcément attendre que ce soit un tiers qui nous le procure, en se caressant ou en se frottant par exemple, car non, ce n'est pas sale et se masturber n'est pas l'apanage des garçons.

Apprendre à se connaître, c'est aussi ne plus accepter de pratiques qui nous déplaisent pour faire plaisir à l'autre, c'est savoir s'écouter et dire non quand on n'a pas envie. Bref libre à nous de refuser la sodomie, de faire une fellation, l'échangisme, le bondage, le sadomasochisme, ou je ne sais quoi d'autre quand on n'en a pas envie! C'est savoir être directives et dire ce qui nous fait envie, aussi. C'est s'accorder -OMGoddesses- d'éprouver des vagues désir intense qui nous submergent, car oui, les femme sont capables, elles aussi, de désirer intensément et de chavirer. L'étymologie du vocable "désir" nous ramène par ailleurs à la contemplation des astres, n'est ce pas là l'idée que l'on pourrait se faire de la sidération dans la quelle nous entraîne l'extase? L’érotisme, au sens noble, ne serait-il pas, d'abord, une question de désir, et d'espérance? Oui, au sens noble, car j'entends par là relatif à Éros, l'amour, amant mystérieux de Psyché, l'âme, dont l'union donnera Volupté après de nombreuses (mes)aventures dont Psyché seule est l'héroïne? Si le besoin rend dépendant, le désir comme moteur ne rendrait-il pas, lui, libre de toute entrave, de tout devoir conjugal, qu'il soit homo ou hétéro? Certaines me diront que les harceleurs, les violeurs, désirent, eux aussi. Il me plait de donner une graduation au désir, en remontant symboliquement, afin de sublimer, du sexe vers la tête, en passant par le coeur, le niveau bassement sexuel s'attardant sur des pulsions bestiales que certains ne maîtriseraient pas. Alors pourquoi n'y aurait-il pas d'érotique féministe s'édifiant sur la confiance, l'égalité, la réciprocité, le partage? Pourquoi renoncer à ces délices alors que nous pourrions simplement apprendre à construire nos relations différemment en nous connaissant nous-mêmes? Peut-on encore se dire féministe radicale en ayant des orgasmes et en aimant la pénétration? En refusant le complexe madone et catin? En aimant les joies que procure l'amour, notamment les joutes érotiques? Je me le demande...

Edit du 03/08, 14h32 après relecture, à l'attention de Flo&Yannick en premier lieu, en soutien et pour le plaisir de la provoc'. S'il est vrai qu'il est impératif de se défaire des normes patriarcales, des diktats qui oppriment les femmes, je tenais à ajouter cependant que si j'assume parfaitement de sortir -parfois- en crocks, pas maquillée et les cheveux dredlockés, ma plus grande frustration actuellement après prise de poids conséquente est de ne pas pouvoir me fringuer comme je le souhaite. J'aime m'épiler, me gommer au sucre et au miel, avoir la peau veloutée d'huiles précieuses, me faire des masques à la rose de Damas, et crève d'envie de bas couture sur un porte ja', avec des talons ... de corsets, de bustiers, de petites robes légères, de soie sauvage, de lacets, c'est te dire Flo si ma "féminité" me pique aussi ;-) Se plaire, avoir une bonne image de soi-même (intérieurement et extérieurement) n'est pas forcément du narcissisme, et avoir envie de séduire son amant et là plus précisément son mari n'est pas non plus signe de soumission hein. L'idéal restant de se faire plaisir sans (se) faire mal! C'est beau l'amour, qu'on se le dise. Moi je trouve plutôt sympa que Yannick te défende publiquement. Et inversement, toujours. Un couple soudé qui sait se protéger des intempéries, ça me fait kiffer! Bises à vs deux!

Alors voilà mon point de vue, certes teinté de romantisme, -on ne se refait pas- sur l'amour, le sexe, le désir, le plaisir. Je terminerai avec un extrait d'une lettre d'Anaïs Nin à un collectionneur d'histoires érotiques : "Cher collectionneur, Nous vous détestons. Le sexe perd tout son pouvoir et toute sa magie lorsqu’il devient explicite, abusif, lorsqu’il devient mécaniquement obsessionnel. C’est parfaitement ennuyeux. Je ne connais personne qui nous ait aussi bien enseigné combien c’est une erreur de ne pas y mêler l’émotion, la faim, le désir, la luxure, des caprices, des lubies, des liens personnels, des relations plus profondes, qui en changent la couleur, le parfum, les rythmes, l’intensité." http://www.deslettres.fr/lettre-danais-nin-collectionneur/

Avec sororité,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Sexualité, #Société, #Féminisme

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Publié le 22 Juillet 2016

Éloge du plaisir ... et de la déconvenue !

Aujourd'hui je me questionnais sur ce qu'il restait finalement quand on n'a plus rien à partager avec quelqu'un. Non pas par mépris ou affront mais simplement parce qu'on a bu jusqu'à la lie le calice de malveillance, aussi infime son contenu puisse-t'il paraître. Ou parce qu'on a changé, évolué, voir involué. Parce qu'on regarde l'autre et qu'on ne lui en veux plus de nous avoir fait souffrir, de nous avoir trahi, abandonné, rejeté, humilié. Parce qu'on s'est essoufflé à trouver la force de l'aimer quand même malgré les échardes dans le coeur... Alors, que reste-t'il quand on désaime? Du respect, certes.. et encore? Mais aussi, souvent, une image de soi déformée, si notre miroir était les yeux de l'autre. Et si cet autre est la famille? Est-ce que je lui dois quelque chose? Que cache l'obligation du devoir familial, quand on n'aime plus la famille? Aujourd'hui, on m'a fait remarquer mon silence. Je sais me taire quand je n'ai pas envie de parler, quand je n'ai rien à partager. Sans me sentir mal alaise. Je n'aime pas faire semblant. Je n'aime pas la notion de devoir. Ni celle de principe. Si ce qu'intimement je suis, en tant qu'être sensible, est écorché consciemment, juste parce que j'ai en face de moi un autre qui n'existe qu'en écrasant, écorchant, ben j'estime que je ne lui dois rien. Pas même un sourire : si je n'ai pas envie, je n'ai pas envie. Je n'ai d'ailleurs jamais considéré devoir plus respecter mes aînés que ceux qui étaient moins avancés dans l'âge que moi. Le respect, ça se conquiert, en toute réciprocité. D'égal-e à égal-e. Ça se gagne et ça se perd, à l'instar de la confiance. Est-ce que ça me fait plaisir de te sourire? De te saluer? De venir te voir? De t'ouvrir mon coeur? Est-ce que j'en ai envie? Si ta simple présence m'insupporte, pourquoi me forcer? Et si c'étaient mes valeurs fondamentales qui étaient ébranlées quand je me mens et que je te souris, ou que je te parle, que je viens te voir? Alors, être fidèle, oui, mais d'abord à soi-même, à ce qui nous épanouit, aux racines de notre bien. Ainsi sont le premiers pas vers la véritable liberté, celle d’être soi-même, en toutes circonstances.

Vous me direz, c'est difficile, à moins de vivre en ermite. Mais si au lieu de faire notre devoir, nous faisions simplement ce qui nous semble juste? Pas par obligation, mais parce que nous en avons envie? Certes, on me l'a souvent reproché, de ne faire que ce que j'avais envie, notamment dans le cadre professionnel, et cela m'a valu quelques avertissements. Mais si le travail est fait et les résultats sont là? Ne sommes nous pas capables de compromissions réciproques en vue d'un plaisir partagé plus authentique et plus intense? Doit-on soumettre, se soumettre, paraître, ou être? Le bonheur ne construit-il pas avec tous ces petits plaisirs, que nous nous accordons? Dont ceux notamment de faire plaisir à autrui quand nous en avons vraiment envie? De même, le gars qui va consulter une pute pour ses troubles sexuels ou affectifs ne s'encombre pas des désidératas de la praticienne et ne se rend pas compte qu'il la viole, alors même que je prends un plaisir incommensurable à veiller au désir de mon amant et suis absolument incapable de prendre du plaisir -avec lui- si lui n'en prend pas -avec moi-. C'est dire si penser à ses envies et son plaisir personnel est égo centré ! Après tout, c'est ça être libre, se faire plaisir sans opprimer/dévaloriser/rabaisser autrui. Tout le reste n'est que servitude volontaire.

Ainsi les principes ne sont que des dogmes édifiés pour des êtres humains incapables de penser par eux mêmes. De juger de la valeur d'une pensée, d'un acte, par eux même. Avec les principes, on doit ou l'on ne doit pas, mais on ne se doit jamais à soi-même. Avec les principes, on n'affine pas son esprit critique, sa citoyenneté, on n'évalue pas la justesse d'un geste, d'un idéal. Les principes ne sont pas des garde fous, ils sont des règles religieuses. Penser égalité me semble alors être la base de toute relation saine, mais peut-être suis-je trop insubordonnée à fuir ainsi les schémas de dépendances, du moins quand je les décèle et que j'ai le courage de les combattre... Moi je ne peux pas m'empêcher d'offrir des petits plaisirs sincères, un regard tendre, un sourire, un compliment, une caresse, une fleur.

Dans tous les cas ainsi en est il de la notion de PARATGE en langue d'Oc, n'est-ce pas? À la vie à l'Amor, alors ;-)

Avec sororité,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Spiritualité, #Sexualité, #Féminisme

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Publié le 23 Février 2015

"La légende d'Eros et Psyché" Angélica Kauffmann
"La légende d'Eros et Psyché" Angélica Kauffmann

50 nuances de gris sous mes doigts,
Sa tignasse ébouriffée sur la soie,
Qui glissait le long de la cambrure de mes reins,
Ou crissant sous ses doigts libertins ...
Jamais au fond de ses yeux l'inquiétante lueur,
L'instinct de domination du prédateur,
Juste un désir ardent éclipsant la raison,
Initiant les jeux de deux corps au diapason ;
Le souffle court, les lèvres caressantes,
Monts et merveilles, caresses troublantes,
Autre, toujours estimée comme le précieux sel,
De l'alchimiste fou découvrant l'or immatériel ;
Je reconnais bien là son caractère fort,
Son tempérament fougueux et le décor,
De nos éclats de voix quand la tension monte,
Sans la moindre violence, jamais, en acompte ;
L'un qui ne cherche pas à soumettre ou humilier,
Sait que l'autre plus encore à donner :
Des instants amantins aux extases éclatantes,
Et la journée durant, ces souvenirs nus, hantent,
De l'audace d'un âmant joueur et attentionné,
Aux rythmes endiablés d'une chevauchée,
Laissant les corps passablement épuisés,
Sans frustration ni honte et un gout de plaisir partagé.

Sororellement,

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Publié le 27 Août 2014

Correspondance. Anne, ma soeur Anne, séduire serait-il mentir, vraiment?

Très chère,

Il y a peu, vous «découvriez benoîtement», pour reprendre vos mots, mon billet au sujet de l'Art de la séduction -à la Languedocienne- et vous êtes alors servi de votre plume afin d'exprimer votre ressenti sur le sujet (voir ici : http://adelaisetjasmine.over-blog.com/2014/08/le-pecher-de-vigne-ou-l-art-de-la-seduction.html). Pour mes lectrices et lecteurs, j'ajoute en lien votre article surprenant, criant à mon sens de clichés sexistes, et je vous remercie de me donner ainsi du blé à moudre, car les échanges ayant matière à réflexion profonde ne courent pas les trottoirs citadins si étroits.

Oui, je l'affirme à nouveau, j'aime séduire. Non pas un inconnu, les hommes en général, mais mon âmant. J'insiste sur l'accent circonflexe. Subjuguer, faire perdre la tête, induire à des états de conscience modifiée, cela me plait. Juste pour la grande beauté et la magie de l'instant.

Au sujet de mes kilos superflus, voyez-vous, -car ils le sont- même si je m'efforce de m'accepter telle que je suis après avoir pris 26 kg suite à une médication ayant chamboulé mon hypophyse, j'aspire à retrouver la ligne -un petit 40/42- afin de prendre plaisir à me vêtir comme il me plait, et non comme je le peux ; tout en me remettant au sport afin de me galber (je n'aime pas les bourrelets inesthétiques que font les bas sur mes cuisses). Ayant qui plus est un métier tourné vers le public, ma présentation compte : vous n'êtes pas sans savoir qu'en ce monde, fondé sur les apparences, tout se joue dans les 3 premières minutes, les trois premiers regards, les trois premiers mots, les trois premiers gestes. Mieux vaut donc être alèse et droite dans ses bottes.

Mais revenons-en à l'objet de cette réponse. Non, vraiment, quand on sait qu'étymologiquement le mot séduction nous vient du latin ECCLÉSIASTIQUE seductio, c'est à dire action de corrompre, et que ces mêmes ecclésiastes et autres docteurs en foi utilisent ce vocable essentiellement pour définir la tentation, qu'elle émane du diable ou des femmes libres, à la sexualité affirmée et à l'intellect indépendant, opposant donc la pureté au vice suprême du mensonge que revêt la tentatrice, alors que merda, c'est bien aux hommes d'apprendre à résister, faibles et lâches pour ceux qui succombent et ne le devraient pas ... Pas question de materner ou de soumettre, mais de faire perdre la conscience de l'espace, du temps, et de la matérialité. Non, vraiment quand on sait que séduire nous vient du Latin subdūcere « soulever; retirer » «Tirer de bas en haut»... Non, vraiment, quand on sait que certaines opposent séduire (ou "charmer" je devrais dire) à être soi-même ... Assimilant donc séduction et mensonge, alors que c'est ce que font les Pères de l'Eglise avec Lilith, La Reine de Saba ou Salomé pour ne citer qu'elles....

Non, vraiment, je ne comprends pas pourquoi on ne rend pas ses lettres de noblesse à cet Art millénaire, j'avais pour ma part en tête l'érotisme au sein du couple, (au sens noble, pas de cliché pornographique), qui est bien un jeu de séduction, pas aussi superficiel qu'il n'y parait à mon sens car source d'inspiration et de méta-morphoses, sublimant des états d'âme rares hors sentiments -du moins pour moi-. Vu la confiance que ce genre de joute demande, et n'accordant cette dernière pleinement que par amour, il va de soi que cette séduction, instrument d'émois (bien connu des Trobardors et Trobairitz) ne peut être assimilée à un mensonge, mais bien à une joute, un duel (non sado-maso, cela va de soi) ... De l'éros à l'agapé dites-vous, en effet, pour moi la libido est graduelle (sexe/coeur/conscience/esprit) et trouve sa pleine raison d'être, vitale, dans le clair obscur de la psyché. Enfin bref, on peut être parfaitement soi-même en séduisant et en mettant son âmant à la "merci" de ses charmes, soulever son âme, le retirer de la mondanité.

Il est bien question, à mon sens, de séduction [subdūcere, tirer de bas en haut, donc, élever] chez les fedeli d'amore, dont je ne peux m'empêcher d'associer la Tradition (ésotérique) à celle du Trobar ... La sublimation de la frustration, c'est à dire la transmutation du désir -qui donne des ailes comme le souligne le mythe d'Apulée Éros et Psyché- est une joute se pratiquant réellement à deux. Hélas, nous n'avons guère d'exemple de femmes fedeli d'amore/fidèle d'amour. Dans tous les cas, il est bien question d'alchimie spirituelle. Quelques Trobairitz, c'est mieux que rien. Et l'excellent ouvrage de R.Nelli "L'érotique des Troubadours" ainsi que celui de Delphine Aguilera "Femmes poètes du moyen-âge : les trobairitz".

Non, vraiment, le complexe madone et catin est une invention misogyne.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Spiritualité, #Symbolisme, #Sexualité, #Société, #Féminisme, #Religion

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Publié le 22 Août 2014

Le pêcher de vigne ou L'Art de la séduction

Réflexions nocturnes suite à une discussion. Espérant ne pas heurter la sensibilité de l'initiatrice de cette réflexion.

La pêche de vigne ou L'Art de la séduction, ce fruit défendu par le patriarcat judéo-chrétien.

Non, je ne vais pas faire ici l'apologie de cette mode ambiante qui se résume à chercher à séduire dès que l'on croise un ressortissant de l'autre sexe, histoire de combler un besoin de reconnaissance ou de considération généralement installé dans la petite enfance : flagrant délit d'immaturité psycho-affective... Je ne ferai pas non plus l'apologie des diktats édifiant les stéréotypes genrés, tellement avilissants pour les femmes, ni des fameuses techniques dites de séduction, vendues à prix d'or, qui n'ont pour simple but que la manipulation et causent beaucoup de souffrance.

Ce soir, on m'a dit que l'on ne pouvait pas séduire et aimer, que les deux étaient antinomiques. Complexe madone et catin, est-ce ci que tu te caches? Moi, en Amor, je suis une grande idéaliste, et la folie qui m'anime m'amène sur un sentier escarpé diamétralement opposé. Je m'explique.

Certes attendre d'un homme qu'il fasse votre bonheur est à élever au rang de la soumission suprême, ce serait confondre un besoin rendant dépendant et un sentiment ressenti par un individu libre de toute entrave plus ou moins inconsciente. Quoi que, l'est-on réellement un jour? Le fait est que j'ai bon espoir d'avoir un jour une vie de couple très épanouissante, ayant fait un break de quatre ans afin de conscientiser et de chasser en moi ce qui fait souffrir. L'amour m'a toujours inspirée, faite rêver, et si j'ai eu mon lot d'histoires ou d'aventures, amants d'un soir, de quelques semaines, de quelques mois ou de quelques années, on peut dire que je n'ai jamais été réellement la même, mais n'ai jamais été réellement épanouie non plus. Sentimentale, douce, gentille et attentionnée, il en fallait peu pour que l'on me cantonne à ce rôle maternant par excellence qui entérinait, sans même que je n'en prenne conscience, le début de la fin : mon tempérament méditerranéen reprenait vite le dessus et ne supportait guère la tiédeur et l'à peu près. Car non, je n'étais pas que ça. Un problème a pourtant longtemps persisté : mon poids ; porte-jarretelle, bas, petite robe noire fendue sur la cuisse, talons hauts pas pour moi ... vous conviendrez que les bourrelets sont gommés sur les gravures de mode et que la femme ronde devient bien vite -aux yeux du plus grand nombre- ridicule s'il lui prend l'envie de revêtir une tenue communément acceptée comme sexy, mais qui peut être aussi sobrement élégante, simplement féminine voir chic selon les sphères dans les quelles vous évoluez. Alors donc nous voilà au coeur du problème : non seulement demain, j'ambitionne d'être éperdument amoureuse et d'être aimée en retour -ah ces poètes, que feraient-ils sans amour, ou ne feraient-ils pas par amour- mais en plus, j'ai envie d'exploiter mon potentiel de séduction et d’envoûter littéralement mon homme/partenaire/compagnon par la simple force de ma psyché et de mon éros, dans le but de joutes amicales et intimes, aussi profondes que pourront l'être nos sentiments respectifs et réciproques. N'est-ce pas là, le Trobar inspiré? Sublimation du désir n'était point, je le rappelle, en Languedoc réservé aux seuls hommes ... Est-il vraiment antinomique de vouloir faire fondre l'être aimé par l'étendue de ses qualités humaines, de sa capacité à donner et à partager certes mais en le subjuguant, aussi, pour des raisons qui font de Lilith, pour les Pères abrahamiques, une démone, vile et obscure tentatrice? Pourquoi le désir ne mènerait-il pas vers l'illumination, la transe, la musique des sphères éthérées en somme, mais le silice et la souffrance, si? Les femmes ne seraient-elles pas toutes, un peu, des magiciennes à l'image de Circé, brûlant d'un feu sacré? A la fois mères, amantes, soeurs et épouses, croissant -et décroissant tiens, c'est cyclique- selon les axes de développement de la maturité psycho-affective, sexuelle, intellectuelle et spirituelle ? Pourquoi devrais-je choisir entre la madone et la catin, qui m'oppriment, puisque c'est un mal misogyne, androcentré et phallocrate?

I fell good ☼

Sorellement,

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