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Publié le 9 Mars 2014

Suspens [Droit de réponse de Πενθεσίλεια-Penthésilée]

Les trois angles du prisme laissent passer les rayons,
Des flammes solaires qui dansent lentement sur mon front,
Et mon âme s'élève vers mes soeurs éclatantes,
Quand, enchanteresses, nous évoquons Rhadamanthe ;
Qu'il en soit ainsi, car je suis de divine naissance :
Initiée à l'Art de la guerre, par l'épée se transmet la puissance,
Que m'a légué mon père Arès, le tempestueux,
Respecté et craint à la fois au plus haut des cieux.

Reine parmi les Reines, preuse, mes armes au cygne,
Révélant l'étendue de mes dons et talents est un signe,
De reconnaissance face au plaidoyer des coeurs purs,
Et la vaillance passionnée de celles combattant en armure,
N'a d'égale que l'ondulation de notre beauté provocante,
Portée aux nues par quelques rimes désespérées et piquantes,
Car si les artistes nous louent, d'autres nous tiennent en disgrâce :
Des femmes libres et émancipées, un mythe qui les agace.

Mais il ne faut pas croire que nous oeuvrons par mépris,
Ainsi se lisent nos serments, nous ne désavouons que la misogynie,
Non pas que nous haïssions les hommes qui seraient nos rivaux,
Mais nous déracinons les maux et en faisons nos égaux,
Afin que la concorde règne et que cessent les injustices,
Par la lame forgée d'incantations et maléfices,
Jusqu'à sacrifier le galbe de notre sein droit,
Afin de pouvoir manier l'arc et porter le carquois.

Quant à ceux qui confondraient Érinyes et Amazones,
Je dis que la vengeance ne nous anime et les désarçonne .
Si impunément les mâles infériorisent et humilient,
C'est simplemen pour tenir entre eux leurs homélies,
Car souvent, la femme n'est guère malveillante,
Quant elle est pleine d'une liberté fertile et abondante,
Dont elle ne sait elle-même rien faire de répréhensible,
Tant le bonheur partagé de ses espoirs est la cible.

Les arcanes majeures ne dévoileront l'ésotérique tellurisme,
De notre cercle de rébellion qu'à celles enjouées en féminisme,
Car les morsures d'un Fol Amor de nature célestine,
N'épargne pas l'ouvrage du temps des filles de Mélusine,
La noblesse de la joute invitant à s’entre-tuer,
Comme nous le firent, à Troie, Achille et moi-même Penthésilée,
En un regard, un mot et un geste à l'inspiration dramatique,
Ébranlant en l'espace de la magie d'un instant la gloire phallique.

Sororellement,

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Publié le 9 Mars 2014

Accords [Le droit de réponse d'Esméralda].

Fleur de Lys, mes ballades mélomanes,
Derniers instants avant la lune diaphane,
Drapée dans une fine soie sauvage,
Noire, les embruns iodés sur le visage,
Ne sauraient en aucun cas être errements,
Je fixe la nuit bien plus finement,
Les élixirs de l'éternelle jeunesse,
Éclats stellaires, qui sont plus que promesses.

Fleur de Lys, ta beauté doucement s'éteindra
Car elle n'est qu'ornement et tu douteras.
Tu douteras des filtres et des poisons
Qui t'ont fait t'attacher ce beau garçon,
Dont tu n'as pas su faire un homme
Car l'amour seul transforme.
La morsure de la passion est belle
A qui sait s’éprendre de l’Éternel.

Fleur de Lys, sa main cherche la mienne,
Et ses lèvres gourmandes ont prit gout à la peine,
Que tu m'infligeas d'un regard hautain,
Sous un ciel orageux un beau matin.
Par jalousie, tu me condamnes à la pendaison,
Et si cet homme n'a su entendre raison,
C'est qu'en vain je l'ai aimé de tout mon être
Et qu'avec Quasimodo je dois disparaître.

Fleur de Lys, il est si laid, ce Bossu protecteur,
Que je n'ai su lui faire place dans mon coeur ;
Qu'à cela ne tienne, alors je me ravise,
Et je poserai mes doigts sur sa chemise,
Afin de sentir le sang battre dans sa poitrine,
Et pressentir l'intime communion divine,
Car nul homme n'a le droit de se jouer de moi,
Et d'humilier ainsi la profondeur de mes émois.

Fleur de Lys, accordons-nous, ne soyons pas sottes,
Regarde-le se pavaner, il nous prend pour des idiotes,
Ma force n'est pas de l'aimer mais de m'aimer plus encor ;
Je te prie de bien vouloir faire un effort,
Pour me regarder en face, sois donc honnête,
Tu sortiras de l'église le port altier, diadème sur la tête ;
Il n'a su choisir et nous abuse toutes deux,
Avec du miel et des regards langoureux.

Sororellement,

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Publié le 8 Mars 2014

Par la plume et la lame, tu vaincras.

Profession de foi d'une Chevaleresse-Trobairitz du XXIème siècle.
Au nom des femmes, des arts, de l'amour et de la liberté.

Bien ancrée dans ce siècle obscur, alors que certains répandent de bien viles pensées, inquisitrices et moyenâgeuses, je m'engage à m'honorer moi-même en tant que femme libre, spirituelle et artiste. Que ma lame reste affûtée et ma plume alerte afin de dénoncer les pressions et multiples violences que subissent les femmes, et que ma langue se délie savamment afin de défendre leur dignité ainsi que leurs droits, notamment celui de s'exprimer librement en toute sécurité. Que je ne me résigne pas face aux injustices et que je sache aviser les consciences éclairées des engrenages grippés quand je repérerais le coup du sort faisant blocage. Que la liberté, celle qui ne nuit à personne, soit mon seul but et que mes forces naturelles me permettent d'être en Joy en toutes circonstances ; que mes choix consolident mon opiniâtreté ainsi que mon indépendance d'esprit. Que mon envie d'aimer soit fin'amor, dans le respect de ma sensibilité et mes sentiments ainsi que mes désirs sublimés. Que ma fibre artistique, qu'elle plaise ou non, me permette d'exprimer mes émois les plus profonds sans honte, culpabilité, remord, ni regret. Que l'esprit des lieux continue à m'inspirer au moins autant que les grands noms de l'insurrection et que ma rébellion ne se nourrisse jamais de haine. Que je trouve le courage de rester juste et vraie face à l'adversité. Que les coeurs soient réchauffés et les âmes confuses apaisées à mon contact, les espoirs lumineux et les rêves en route ....

8 Mars 2014, journée internationale des droits de la femme et de la paix internationale.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Trobairitz&Trobadors, #Société, #Spiritualité

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Publié le 5 Mars 2014

Ravissement.

Fragile la destinée des séraphines,
Quand elles sont dévoilées
Et que les oracles
Commandent à l'insondable
Echo, immuable, de la fraternité.
Les braises maintiennent
Les éclats dans l'âtre ;
Trois pincements dans l'âme,
Et les couleurs célestes se dégradent
Jusqu'aux tons gris.
Par delà les nuages,
Les messagers vont et viennent,
Et l'emprise du temps
Laisse choir les nobles idéaux.
Les eaux clandestines
Chassent l'éther lumineux
D'un éclair roulant sur
Les coulées volcaniques.
L'ordre naît du Chaos ;
En Nadir suis l'éclat polaire,
Soulèves enfin le coeur
Et pèse au creux de la main
Le peu qu'il reste ;
Si ce n'est que poussière,
Qu'elle s'épure sur ton coeur
Fier et lourd d'ange incarné,
Fixé tel une étoile
Dans le firmament et l'éternité.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie, #Trobairitz&Trobadors

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Publié le 1 Mars 2014

Tremblement de Ciel.

La nuit, la clarté des Astres
Baigne le sang des Amazones,
Et elles pansent,
A la lueur d'une bougie,
Leurs plaies béantes,
Armes aux pieds,
Avec les simples et minéraux
Que leur offre la Terre.
Après l'Aurore, le feu du soleil
S'empare de leur être,
Et elles renouvellent leurs voeux,
Au petit matin ;
Elles s'éveillent au râdieux,
Et puisent dans la source vive
Des eaux éthernelles
La science de la Fractale.

Illustration : « Wonded Amazon » Franz von Stuck.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Trobairitz&Trobadors, #Musique et Poésie, #Spiritualité

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Publié le 1 Mars 2014

παθολογία [pathologia], « examen des passions ».

Quand mon âme tangue et chavire,
Submergée par les sillons de la dérive,
Ou qu'elle se répand dans la fournaise infernale,
Que les émois sortent de leur trêve hivernale,
Je n'entre point en résistance,
Les éléments se déchaînent en silence,
Je laisse l'esprit poétique sonner le glas,
De celle qui n'est déjà plus moi.
Car c'est en Vie que j'aime être,
M'extasier face aux cieux orageux à la fenêtre,
L'éclair rougeoyant et le tonnerre bruyant,
Au creux de la gorge l'hypocras enivrant.
L'éther transporte dans sa mélopée
Les plus démunis face à leur destinée,
Le malin rôdant, déjouant les pièges,
En haut des forteresses, où les femmes tiennent un siège.
Alors, laissez-moi, laissez moi donc me débattre,
Avec mes passions qu'il me faut combattre,
Et m'épouvanter sur la réalité,
Tout en pulsant sur les ondes colorées.
De la folie je sors, grandie, la tête haute,
Et, Insoumise, je n'ai guère la fibre d'une dévote,
Puisque d'Est en Ouest mon étoile scintille,
Depuis le Nord jusqu'au Sud, de fil en aiguille.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Trobairitz&Trobadors, #Musique et Poésie, #Spiritualité

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Publié le 19 Février 2014

Déranger les Pierre(s).

Aux creux de la nuit, avec ou sans lune,

Mes pas se fondent hors de l'espace et du temps ;

Cet amour me porte, les ailes au vent,

Et me donne la force de gravir les dunes.

Ma main effleure, mes yeux sont clos,

L'espoir perdure en chaque génération.

Nous sommes là, chevaleresses du mont Sion,

Livrées au chant de la Dame aux châteaux.

Ici une arche, là une clé de voûte,

Sur les remparts, le vent sème la paix,

Et dans les lices les femmes sont en route,

Afin de délivrer leur feu secret.

Se perdre dans les ruelles et ressentir

Les bâtisseurs de l'architecture divine,

Colportant la rumeur ultime

D'un passé en phase de devenir.

Il suffit de les sentir ces traces d'hier,

Et de laisser ses yeux courir sur les catacombes,

Afin de capituler face à l'air

Des divinités glacées sous les tombes.

L'ambitu vibratoire des vieilles pierres

et de sa capacité de résonance,

Nous donne le Tempo datant d'éther

Et enchaîne les correspondances.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Trobairitz&Trobadors, #Musique et Poésie

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Publié le 12 Février 2014

Croiser le fer.

Quand d'intuition ma raison s'éclipse,

Car c'est ainsi que j'entre en lices,

Je laisse au firmament le soin de me guider,

Afin d'oublier tout ce que j'ai ;

Amnésique en l'état des jours vaincus,

C'est là que je m'aime le mieux, nue ;

Je fais une pause dans les profondeurs,

Loin de l'espace-temps, ô pur bonheur.

Mon âme se dévoile aux doux murmures Océaniques,

Loin, bien loin du genre hystérique,

Et je contemple, absorbée par l’indicible,

Le sang, l'éther de l'Autre comme une Bible.

Je joue avec le feu de ses hématomes,

Afin de panser ses maux avec le baume,

Et j'erre sur les chemins de sa vie,

Aussi bien veillante qu'une très douce âmie.

Ainsi se dénouent les histoires sans paroles,

Quand les sceaux se brisent dévoilant la corolle,

Et que le prisme irisé aux sept couleurs se libère,

C'est dans la magie de ces instants suspendus que j'interfère.

L'être est subtil et parfois si fragile

Quand l'éternité s'est faite vile,

Que les tensions se dérobent telles des démons,

Et qu'en l'esprit sont purs poisons.

Alors des mots, en missiles, en rafales,

ou des gestes hautement pourfendables,

Troublent la sérénité jouissive,

De l'intense communion sensitive.

S'il n'est poin sot, l'Autre saura faire sa part,

Et jouter pas à pas afin de goûter le divin breuvage,

Mêlant la Joy d'Amor des enfants sages,

Fruit de l'union d'Eros&Psyché,

Poétiquement nommée Volupté.

La curiosité n'est pas un vilain défaut...

Sororellement,

.

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie, #Trobairitz&Trobadors

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Publié le 9 Février 2014

Entre deux lunes.

Éparses et pourtant re-liées, en pleine lumière, les sons altiers,

Tous les mille ans les vers métamorphosent

Les âmes aux destinées clandestines,

Voile ta face et trace tes lignes,

Les ouragans déchaînent les flots,

Les colères célestines frappent à leur porte,

Le chaos, un état d'être recréé,

Freine les sens car il est endiablé, Ils mentent tous ;

L'image des femmes est déformée,

Au nom d'un Père incréé

Ils falsifient la transcendance :

Domination et prédation sont maîtresses des lieux,

Mieux vaut la solitude que les sentiments,

La profondeur de l'acédie

Que l'énergie de la superficialité

Car en ces Temps obscurs où l'homme initie

A un vaste programme de conquête,

Ils font le sacre de la suprématie masculine devant la divine Éthernelle,

Manipulateurs hors-norme qui blessent les coeurs

Et fendent les armures, de leur zèle ils piétinent

Les fées délicates sans l'ombre d'un remord,

Profanent leurs vies, corrompent leurs moeurs

Et pillent leurs chances.

Aucun dilemme ; rebelle à l'ordre établi?

Il faut se risquer à dire, mais plus à faire l'amour gratuitement

Même pleines de sentiments,

Car leur nature est perverse et ils feignent, ces esprits mauvais.

C'est sans confiance que l'on se sent non entravée,

Et sans espoir que mon coeur ne se rallume

En rêvant de baisers et de gestes sincères.

Mais la capitale m'attend.

Non, pas un plan cul à Paris non. Non, j'aurais choisi plus près. Un plan Q plutôt, je suis impliquée dans une histoire de vielles pierres.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie, #Trobairitz&Trobadors, #Féminicides

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Publié le 31 Janvier 2014

Cygne, Max Rouquette


CYGNE

Cygne qui sait garder ta vie
de tout chant pour mieux recueillir
d'heure en heure l'or du silence
d'un cœur de braise enseveli,
heureux le chant de la merveille
qu'un cœur de neige peut cacher,
ultime fleur, altissime poème
où le désir se vient transfigurer.
Sur le miroir de l'eau tranquille
un phénix blanc songe au bûcher,
tandis que croît, ombre sur plaine,
l'éternel envol d'un chant dernier.

.

MAX ROUQUETTE


"Le tourment de la licorne"

Sororellement,

...

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Symbolisme, #Catharisme, #Trobairitz&Trobadors, #Musique et Poésie

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