Publié le 18 Mars 2014

Le Printemps s'en vient [Droit de réponse de Flore]

Je suis ode à la vie, la rayonnante à la gorge laiteuse,
Les lèvres pourpres ou rose tendre, audacieuse,
Non pour le plaisir de la chair mais pour celui de rire,
Regarder la nature s'éveiller doucement, et revivre,
Après le long repos hivernal et la stagnation profonde,
Le soleil étend désormais les bras et ses merveilleuses ondes,
Pour que les couleurs pales resplendissent de mille éclats,
Et que dansent les pétales et corolles sur un alléluia.

Satanée Rome antique faisant de moi une courtisane,
Seules les initiées à mon culte sauront lire les arcanes,
De la résurrection dont il est question à mes fêtes,
Je suis lune et l'autre parmi les astres, du ciel la conquête,
Et je pourfend la mort de ma lame tranchante,
Panse avec les simples la douleur lancinante,
Des corps célestes se relevant de la guerre et du trépas,
Grâce aux incantations des sorcières et des fées des bois.

Nul ne dit que Zéphyr n'avait point mon consentement,
Quand il m'enleva pour faire de moi son épouse, librement,
Ou si, comme le veut la légende il vit en moi une femme publique,
Prostituée vouant son corps-objet facile à l'étreinte alchimique,
Des dieux dominateurs s'éprenant d'une simple mortelle,
Faisant des femmes des filles mineures, sous leur tutelle,
Ils m'impotent peu car mes racines sont en Rome ancienne,
Celle que les Étrusques ont édifiée, belle et souveraine.

A Toulouse où l'on célèbre encor le Trobar on me vénère,
Pour l'ancienne Académie des Jeux Floraux je suis l'altière,
Et les trobadors des temps modernes ressortent leur plume,
Louant la nostalgie de la grâce et les humides brumes,
Qui se lèvent aux Printemps quand l'astre diurne les pénètrent,
Laissant courir jaune d'or et rouge sang sur les vagues champêtres,
Et embrasent le coeur de toute choses en un opus commun,
Dont les nymphes se font l'écho, chantant sous les embruns.

Et la nuit et le jour, voici donc qu'ils se joignent,
En un cercle parfait tel un yin et un yang,
Il est temps de préparer l'équinoxe de printemps,
De clore le cycle en célébrant le premier jour de l'an,
Où les heures filent dans la durée parfaitement équitable,
Je suis celle qui dans les sabliers rajoute le sable,
Pour que ce clair-obscur ne dure qu'un instant fécond,
Laissant emprunter aux héroïnes l'escalier en colimaçon.

Sororellement,

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Publié le 17 Mars 2014

Mon sang et ma chair font l'histoire des Albigeois,

De Toulouse à Carcassonne sur le fil, je m'octroie,

Une ballade en terres sanctifiées par le sang versé,

Ecouter le murmure des pierres racontant le clergé,

Et l’insolente insoumission de mes gens face à l'oppresseur,

Languedociens fiers de défendre le pays qui est le leur,

Faits d'armes, paysans enhardis et noblesse révoltée,

Le diable inquisiteur semant le trépas sur les bûchers.

Sans mon époux qui sait si la croisade aurait été lancée?

Il dénonça l'hérésie et demanda main forte pour déraciner,

L'esprit de tolérance et de partage animant l'Occitanie,

Que la France souhaitait soumettre par la force et à l'envi ;

Raymond V faisant le jeu despote et sournois des catholiques,

Face à la maison Trencavel protectrice des hérétiques,

Sonna le glas de la religion dite des Bonshommes,

Uns et indivisibles dans l'esprit en ce Royaume.

L'histoire ne dit pas s'il me répudia car je pris leur défense,

Avant de dire au Roi mon frère sa mauvaiseté et sa violence,

Certes, de haut lignage je fus dans le sillage du Vatican,

Si hérétique je ne fis, je ne souhaitais guère de mal à ces pauvres gens,

Qui méprisaient au plus haut point les mariages politiques,

Préférant les unions d'amour plutôt que stratégiques ;

Mais, Princesse de France je fus soumise à mon destin,

Celui d'être objet, monnaie d'échange pour Souverains.

Que n'ai-je eu la force d'âme et le courage d'Aliénor,

Mariée à mon frère, marchandant pour mon pesant d'or,

Ma vie est une tragédie sur la quelle personne ne se penche,

A l'ombre des fastes de la cour j'ai trouvé tous mes dimanche,

Dans un petit village du Tarn où ma fille aux yeux lilas,

Sera éduquée avec son fils aux arts et à l'amour courtois ;

Ils sont si bons que ma souffrance ne fut pas vaine,

Ils font honneur au sang bleu qui coule dans leurs veines.

En Palestine j'ai trouvé raison d'être et de rire,

A l'Ordre des Hospitalier je me suis liée pour revivre,

Dans le don afin d'oublier le sang et la croisade,

Qui ont fait rouler mes larmes en cascade ;

Les Templiers me sont grès des legs que je leur fit,

J'ai reconnu les chrétiens par leurs oeuvres accomplies,

Qui ne sont pas mensonges mais vérités sages,

Tout comme l'étaient en Languedoc les prodigues du paratge.

Sororellement,

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Publié le 14 Mars 2014

Noli me tangere [Droit de réponse de Myriam de Magdala]

Je suis l'amante, l'inconsolée, la madone et la catin,
L'initiée au culte des mystères, le saint des saints,
Celle qui fit face aux Romains sur le chemin de croix,
Qui ne trouve grâce aux yeux des hommes de la Loi,
Mon Rabouni dont je suis disciple et belle âmie,
Fut par delà les cieux mon intime envie,
Ce fils de dieu dédicant à l'amour sur son sillage,
Grand commandeur des anges, des astres et des sages.

Ma paroles et mes louanges sont fleurs bleues,
Que ma beauté sereine et sauvage transcende,
Couverte d'or et de joyaux scintillants,
Je me consume de mille feux dévorants,
Mon âme, déchaînée, au quatre directions,
Des vents déshonorants la folle Passion,
Du Christ supplicié et condamné à mort,
Trahi par les siens et condamné à tort.

Au désert mes compagnes Lilith et Salomé,
Lèvent leur voile rouge sur l'infernale réalité,
Celle des Justes sous le joug de la perversion,
Ô, prophétesses des sables, levez cette malédiction,
Qui rend aphone face aux perfides malveillances,
Et impuissante sans le sang pur de l'espérance ;
Ils ont crucifié mon Roi, celui que j'attendais,
Le visage entre les mains dans les jardins d’Éternité.

Le choeur des anges m'est tristement familier,
Je m'y suis consacrée à trop voir ma peine ruisseler,
Je ne me repens de rien, je n'ai pas commis de faute,
Mais j'erre du soir au matin la pluie filant entre les notes,
Des mélopées célestes des âmes exilées sur une île,
Celle des bonne gens souffrant, l'écume de l'amère entre les cils ;
Je suis Une et bénie entre toutes les femmes,
Le paraclet ondoyant sur moi a posé sa flamme.

Qu'importe alors que je sois la mère ou la fille,
L'épouse, la soeur, l'apôtresse ou sa seule famille,
Il a su en un regard revenir sur le Temple perdu,
Celui de l'apocalypse annonçant les anges déchus,
La jalousie des hommes n'est que feinte,
En réalité ils me haïssent, pour l'étreinte,
Celle que jamais ils n'auront en un frisson,
Qui entrelace les battements de coeurs au diapason.

Sororellement,

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Publié le 11 Mars 2014

Sang Royal [Droit de réponse d'Aliénor d'Aquitaine]

Alors que mon aïeule Languedocienne m'a légué la violette,
Le souffre m'embaume car aux hommes je vole la vedette,
Et si personne ne sait guère y lire le mercurius,
C'est que je règne en d'autres coutumes et us,
Un palais fait d'or noir aux jardins d'espérance,
Je suis la Reine, la grande Éléonore de France,
Celle que les dévots auraient pu condamner pour hérésie,
Mais, ô grands dieux, j'ai su tenir les rennes de ma vie.

La terre fertile et les eaux cristallines ont béni mon âme,
Chevauchant la vallée bercée par la danse des flammes,
Puissance et beauté auréolent de gloire mon nom,
Noblesse et patience sanctifient mon bleu d'horizon.
Ma légende est telle que les Rois se bousculaient pour un instant amantin,
Et virent en l'éclat de ma sombre prunelle l'étoile du matin,
L'éblouissante Vénus aux reflets roses et cuivrés,
Aux sens électriques et à l’envoûtante mélopée.

Mes racines s'entrelacent dans le Sud, je suis une Occitane,
Qui enrichit le Trobar à mille lieues du monde profane,
Du nectar de la voie lactée des poètes à l'aérienne vocalise,
Dans mes salons l'on ne prie ni crie, mais l'on devise,
Ma cour d'Amor d'un renom qui n'est plus à prouver,
S'est faite à l'ombre des tours et détours d'un ostal fortifié,
Et j'ai vu naître les premières grandes cathédrales gothiques,
L'architecture, autre art sacré par vagues amnésiques.

Soeurs d'armes il me plait de partir en Croisade suivie,
Par celles et ceux de mon peuple pourfendant l'ennemi,
Ou avivant mes passions et protégeant mes intérêts,
Aussi fidèlement que si nos sangs étaient mêlés.
Je manie l'épée pus finement que les fils de Pendragon,
Et le verbe aussi sûrement que les Amazones,
Le plaisir de combattre se transmet haut le coeur
Quand il s'agit de protéger et de défendre ses soeurs.

Pour m'être rebellée je perdis 16 ans de ma vie en prison,
Peine levée par mon bien aimé fils Richard au Coeur de Lion,
Scandaleuse et séductrice sont des traits qui souvent reviennent,
Quand il est question de l'insoumise et indomptable Reine,
Mes affaires de coeur semblent primer dans l'Histoire sur mon courage,
Déterrez donc mes qualités afin de me rendre hommage,
Faites de moi une femme libre et ambitieuse à souhait,
Ayant transmis la fougue et l'appétit de la vie au peuple Français.

Sororellement,

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Publié le 11 Mars 2014

Le chant du cygne [Droit de réponse de Léda&Némésis]

-Je suis l'obscure, l'absente, la fille de la nuit,
Justicière impactant bruyamment sur vos vies,
L'implacable vengeresse des crimes inhumains,
Scrutant inlassablement vos penchants malsains,
Et je rétribue équitablement à bonne ou mauvaise fortune,
L'on m'évoque par l'air et l'eau les soirs de pleine lune,
Afin de redresser le sort d'un être malchanceux
Ou de rendre clairs quelque déboire amoureux.

-Je suis la lumineuse, la présence, la grâce solaire,
Peintres et poètes romantiques fascinés par mon éther,
Brodent autour d'une histoire vielle comme le monde,
Qui aurait certainement rougit les foudres d'Esclarmonde,
Celle d'un dieu s'éprenant d'une simple mortelle,
Qui ne se soumet point à sa loi et se rebelle,
Et se retrouve fixée, éternelle, dans la voie lactée,
Ayant fui avec empressement afin de trouver la paix.

Némésis, tu combats aussi escroquerie et boniment,
Gloire aux Cieux qui t'ont vue naître, de Nyx ou d'Océan,
Mais au fond des âges importe peu ta parentelle,
Zeus n'a guère besoin d'eux pour te trouver fort belle,
A une incessante course il se presse à ton corps et tes pieds,
Oubliant même l'art consistant à te laisser respirer,
Ce jeu de plaintes et d'intimidations est harcèlement,
Sinon toi, qui peut le punir d'être aussi violent?

-Léda, en effet, Zeus nous poursuit depuis la nuit des temps,
Pour nous faire siennes, c'est humiliant et lassant,
Rien d'un beau mythe, c'est une tragédie féminicide,
Mais les gynécées sont des maisons closes aux remous acides,
Encerclant les femmes et leurs idées au minimum vital,
Une prison dorée pour l'univers microcosmique de leur mental,
Insidieusement dociles et soumises au sexe dit fort elles errent,
En Etrurie plutôt qu'en Grèce et Rome elles auraient pu s'y soustraire.

L'Oeuf nait de deux et un est un trois, maxime des alchimistes,
Nous fumes toutes deux l'ombre de l'une, pacifistes,
Quand nous aurions dû guerroyer pour notre dignité,
Au fil de ces entrelacs plutôt que gagner l'éternité,
Sans l'une et l'autre Troie n'aurait pas eu sa place,
Dans les manuels répartis dans le temps et l'espace,
Et la beauté d'Hélène aurait jouit d'un autre renom,
Si nous avions mis, alliées, nos âme au diapason.

Sororellement,

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Publié le 9 Mars 2014

Les trois angles du prisme laissent passer les rayons,

Des flammes solaires qui dansent lentement sur mon front,

Et mon âme s'élève vers mes soeurs éclatantes,

Quand, enchanteresses, nous évoquons Rhadamanthe ;

Qu'il en soit ainsi, car je suis de divine naissance :

Initiée à l'Art de la guerre, par l'épée se transmet la puissance,

Que m'a légué mon père Arès, le tempétueux,

Respecté et craint à la fois au plus haut des cieux.

 

Reine parmi les Reines, Preuse, mes armes au cygne,

Révélant l'étendue de mes dons et talents est un signe,

De reconnaissance face au plaidoyer des coeurs purs,

Et la vaillance passionnée de celles combattant en armure,

N'a d'égale que l'ondulation de notre beauté provocante,

Portée aux nues par quelques rimes désespérées et piquantes,

Car si les artistes nous louent, d'autres nous tiennent en disgrâce :

Des femmes libres et émancipées, un mythe qui agace.

 

Mais il ne faut pas croire que nous œuvrons par mépris,

Ainsi se lisent nos serments, nous ne désavouons que la misogynie,

Non pas que nous haïssions les hommes qui seraient nos rivaux,

Mais nous déracinons les maux et en faisons nos égaux,

Afin que la concorde règne et que cessent les injustices,

Par la lame forgée d'incantations et de maléfices,

Jusqu'à sacrifier le galbe de notre sein droit,

Afin de pouvoir manier l'arc et porter le carquois.

 

Quant à ceux qui confondraient Érinyes et Amazones,

Je dis que la vengeance ne nous anime et les désarçonne .

Si impunément les mâles infériorisent et humilient,

C'est simplement pour tenir entre eux leurs homélies,

Car souvent, la femme n'est guère malveillante,

Quant elle est pleine d'une liberté fertile et abondante,

Dont elle ne sait elle-même rien faire de répréhensible,

Tant le bonheur partagé de ses espoirs est la cible.

 

Les arcanes majeures ne dévoileront l'ésotérique tellurisme,

De notre Cercle de rébellion qu'à celles enjouées en féminisme,

Car les morsures d'un Fol Amor de nature célestine,

N'épargne pas l'ouvrage du temps des filles de Mélusine,

La noblesse de la joute invitant à s’entre-tuer,

Comme nous le firent, à Troie, Achille et moi-même Penthésilée,

En un regard, un mot et un geste à l'inspiration dramatique,

Ébranlant en l'espace de la magie d'un instant la gloire phallique.

Sororellement,

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Publié le 9 Mars 2014

Accords [Le droit de réponse d'Esméralda].

Fleur de Lys, mes ballades mélomanes,
Derniers instants avant la lune diaphane,
Drapée dans une fine soie sauvage,
Noire, les embruns iodés sur le visage,
Ne sauraient en aucun cas être errements,
Je fixe la nuit bien plus finement,
Les élixirs de l'éternelle jeunesse,
Éclats stellaires, qui sont plus que promesses.

Fleur de Lys, ta beauté doucement s'éteindra
Car elle n'est qu'ornement et tu douteras.
Tu douteras des filtres et des poisons
Qui t'ont fait t'attacher ce beau garçon,
Dont tu n'as pas su faire un homme
Car l'amour seul transforme.
La morsure de la passion est belle
A qui sait s’éprendre de l’Éternel.

Fleur de Lys, sa main cherche la mienne,
Et ses lèvres gourmandes ont prit gout à la peine,
Que tu m'infligeas d'un regard hautain,
Sous un ciel orageux un beau matin.
Par jalousie, tu me condamnes à la pendaison,
Et si cet homme n'a su entendre raison,
C'est qu'en vain je l'ai aimé de tout mon être
Et qu'avec Quasimodo je dois disparaître.

Fleur de Lys, il est si laid, ce Bossu protecteur,
Que je n'ai su lui faire place dans mon coeur ;
Qu'à cela ne tienne, alors je me ravise,
Et je poserai mes doigts sur sa chemise,
Afin de sentir le sang battre dans sa poitrine,
Et pressentir l'intime communion divine,
Car nul homme n'a le droit de se jouer de moi,
Et d'humilier ainsi la profondeur de mes émois.

Fleur de Lys, accordons-nous, ne soyons pas sottes,
Regarde-le se pavaner, il nous prend pour des idiotes,
Ma force n'est pas de l'aimer mais de m'aimer plus encor ;
Je te prie de bien vouloir faire un effort,
Pour me regarder en face, sois donc honnête,
Tu sortiras de l'église le port altier, diadème sur la tête ;
Il n'a su choisir et nous abuse toutes deux,
Avec du miel et des regards langoureux.

Sororellement,

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Publié le 5 Mars 2014

Ravissement.

Fragile la destinée des séraphines,
Quand elles sont dévoilées
Et que les oracles
Commandent à l'insondable
Echo, immuable, de la fraternité.
Les braises maintiennent
Les éclats dans l'âtre ;
Trois pincements dans l'âme,
Et les couleurs célestes se dégradent
Jusqu'aux tons gris.
Par delà les nuages,
Les messagers vont et viennent,
Et l'emprise du temps
Laisse choir les nobles idéaux.
Les eaux clandestines
Chassent l'éther lumineux
D'un éclair roulant sur
Les coulées volcaniques.
L'ordre naît du Chaos ;
En Nadir suis l'éclat polaire,
Soulèves enfin le coeur
Et pèse au creux de la main
Le peu qu'il reste ;
Si ce n'est que poussière,
Qu'elle s'épure sur ton coeur
Fier et lourd d'ange incarné,
Fixé tel une étoile
Dans le firmament et l'éternité.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie, #Trobairitz&Trobadors

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Publié le 1 Mars 2014

Tremblement de Ciel.

La nuit, la clarté des Astres
Baigne le sang des Amazones,
Et elles pansent,
A la lueur d'une bougie,
Leurs plaies béantes,
Armes aux pieds,
Avec les simples et minéraux
Que leur offre la Terre.
Après l'Aurore, le feu du soleil
S'empare de leur être,
Et elles renouvellent leurs voeux,
Au petit matin ;
Elles s'éveillent au râdieux,
Et puisent dans la source vive
Des eaux éthernelles
La science de la Fractale.

Illustration : « Wonded Amazon » Franz von Stuck.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Trobairitz&Trobadors, #Musique et Poésie, #Spiritualité

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Publié le 1 Mars 2014

παθολογία [pathologia], « examen des passions ».

Quand mon âme tangue et chavire,
Submergée par les sillons de la dérive,
Ou qu'elle se répand dans la fournaise infernale,
Que les émois sortent de leur trêve hivernale,
Je n'entre point en résistance,
Les éléments se déchaînent en silence,
Je laisse l'esprit poétique sonner le glas,
De celle qui n'est déjà plus moi.
Car c'est en Vie que j'aime être,
M'extasier face aux cieux orageux à la fenêtre,
L'éclair rougeoyant et le tonnerre bruyant,
Au creux de la gorge l'hypocras enivrant.
L'éther transporte dans sa mélopée
Les plus démunis face à leur destinée,
Le malin rôdant, déjouant les pièges,
En haut des forteresses, où les femmes tiennent un siège.
Alors, laissez-moi, laissez moi donc me débattre,
Avec mes passions qu'il me faut combattre,
Et m'épouvanter sur la réalité,
Tout en pulsant sur les ondes colorées.
De la folie je sors, grandie, la tête haute,
Et, Insoumise, je n'ai guère la fibre d'une dévote,
Puisque d'Est en Ouest mon étoile scintille,
Depuis le Nord jusqu'au Sud, de fil en aiguille.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

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