Publié le 25 Mai 2014

Ce sont les intégristes cathos, oui oui, les mêmes qui mènent les droites extrêmes du Printemps dit Français et de ses multiples ramifications qui doivent bondir de joie et se féliciter des résultats des Européennes à l'heure qu'il est : bye bye droit des femmes, laïcité, fraternité, égalité, mixité culturelle, tolérance, ouverture et bon jour pour le nazisme, le racisme, la misogynie, l'homophobie, l'antisémitisme, l'eugénisme, l'élitisme ... la perversion narcissique et le délire de toute puissance servant ce parti haineux, et celles et ceux qui revendiquent d'en être. Car avec eux, ce ne sont pas les voiles ou les mariages forcés le problème, mais les boucaques et les nègres qui pillent les aides sociales de la France, bien souvent. Ce n'est pas le viol le problème, mais la longueur de la jupe ou le décolleté de la victime, bien souvent. Ce n'est pas l'holocauste le problème, mais tous ces juifs qui alimentent des réseaux d'influences souterrains et ont main mise sur l'économie Française, bien souvent. Ce n'est pas l'inégalité des salaires entre femmes et hommes, le problèmes, mais les féministes qui détruisent la cellule familiale en encourageant les femmes à s'émanciper, bien souvent. Ce n'est pas les injustices que vivent certain(e)s homosexuel(le)s le problème, mais simplement qu'ils ont une sexualité contre nature, bibliquement impardonnable. La liste est longue, mais vous la connaissez au moins aussi bien que moi.

Ce soir, je discutais avec la veilleuse de nuit, une Européenne d'une 50aine d'années au sujet du résultat catastrophique des élections. Elle me disait, confiante, voir un brin hautaine : "ah ben cela veut dire qq chose" ou "autant les essayer tous, on verra ce que ça donne" ou "moi je pense qu'au point où en est la France, ça ne changera rien" ou "mais c'est l'Europe, pas la France", "ce sont tous les mêmes, des menteurs et des manipulateurs", "avant qu'ils ne s'activent, on passera à d'autres élections", "ils vont passer du temps à guerroyer entre eux, on ne s’apercevra pas de leur passage" , "des aides sociales il y en aura toujours"(...). Bref, une réponse à toutes mes objections, réponse d'un banal et d'une superficialité assez hallucinante. Des fois, mieux vaut la fermer. Moi j'avais jusque là perdu le gout de la politique -quoi que l'ai-je réellement déjà eu?- ne croyant plus aux partis traditionnels tels qu'ils sont présentés aujourd'hui : la manipulation des masses ainsi que la langue de bois m'ont dégoûtée de la télé ainsi que des urnes, voir de la justice. Entrain de me reconstruire, de reconstruire ma famille, loin de chez "moi", dans un logement de 25 m2 pour trois après moult expériences traumatisantes et une grosse erreur de traitement ; bref, au moment où j'ai voulu aller m'inscrire sur les listes, -le dernier jour- je me suis rendue compte que je n'avais pas d'attestation d'hébergement, document que l'on ne pouvait me fournir dans l'instant... Je me suis dit "tant pis, pour les prochaines élections, quand tu seras, enfin, chez toi.'. Ben je regrette d'avoir enflé le taux d'abstention maintenant, et me promet de ne plus, mais alors plus jamais m'abstenir. D'autant qu'il y avait une liste "Féministes Pour une Europe Solidaire".

Bon bref, après le rude combat qu'on mené les féministes pour que les femmes puissent voter, j'ai honte ce soir de n'avoir pas fait mon devoir ; au diable mes circonstances atténuantes. Plus jamais...

J'emmerde, j'emmerde, j'emmerde qui?

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme

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Publié le 23 Mai 2014

Miguel Zamacoïs, L'accent.

De l'accent ! De l'accent ! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort...
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde !"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...

Eh bien non ! Je blasphème, et je suis las de feindre !
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre !
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers !
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne !
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent ? Mais c'est un peu le pays qui vous suit !
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage !
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers !
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose !...

Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !
Je veux qu'il soit sonore et clair, retentissant !
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille !
Mon accent ? Il faudrait l'écouter à genoux...
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages,
Comme chante la mer au fond des coquillages !

Ecoutez ! En parlant, je plante le décor :
Du torride Midi dans les brumes du Nord !
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges,
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges ;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain ;
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole !

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie, #Occitanie

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Publié le 3 Mai 2014

Alfred de Musset à George Sand, Paris, Juillet 1933.

"Mon cher George, j'ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire. Je vous l'écris sottement au lieu de vous l'avoir dit, je ne sais pourquoi, en rentrant de cette promenade. J'en serai désolé ce soir. Vous allez me rire au nez, me prendre pour un faiseur de phrases dans tous mes rapports avec vous jusqu'ici. Vous me mettrez à la porte et vous croirez que je mens. Je suis amoureux de vous. Je le suis depuis le premier jour où j'ai été chez vous. J'ai cru que je m'en guérirais tout simplement en vous voyant à titre d'ami. Il y a beaucoup de choses de votre caractère qui pouvaient m'en guérir ; j'ai tâché de m'en persuader tant que j'ai pu ; mais je paye trop cher les moments que je passe avec vous. J'aime mieux vous le dire et j'ai bien fait, parce que je souffrirai bien moins pour m'en guérir à présent si vous me fermez votre porte.
Cette nuit, pendant que [...] j'avais résolu de vous faire dire que j'étais à la campagne, mais je ne veux pas avoir l'air de faire de mystères ni d'avoir l'air de me brouiller sans sujet.
Maintenant, George, vous allez dire : encore un qui va m'ennuyer! Comme vous dites si je ne suis pas tout à fait le premier venu pour vous, dites-moi, comme vous me l'auriez dit hier en me parlant d'un autre, ce qu'il faut que je fasse. Mais je vous en prie, si vous voulez me dire que vous doutez de ce que je vous écris, ne me répondez plutôt pas du tout. Je sais comme vous pensez de moi, et je n'espère rien en vous disant cela. Je ne puis qu'y perdre une amie et les seules heures agréables que j'ai passé depuis un mois. Mais je sais que vous êtes bonne, que vous avez aimé, et je me confie à vous, non pas comme à une maîtresse, mais comme à un camarade franc et loyal. George, je suis un fou de me priver du plaisir de vous voir pendant le peu de temps que vous avez encore à passer à Paris, avant votre voyage à la campagne, et votre départ pour l'Italie où nous aurions passé de si belles nuits, si j'avais la force. Mais la vérité est que je souffre et que la force me manque.

ALFd DE Mt."

Illustration George Sand et Alfred de Musset par Célestin Nanteuil.

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie

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