Publié le 29 Avril 2017

Oui. 

 

La maternité, ce bagne.

 

Il y a 10 ans, j'étais simple commerciale, dans la pub, et je gagnais ev 2000€ nets, j'avais un véhicule de société, une carte essence illimitée, un tel avec forfait 3h + mutuelle aux frais de l'entreprise, des tickets restos. J'étais célibataire. Les Jeudis soirs, c'était bringue et pastas/dessins animés à 5h du mat' (je bossais pour un hebdo, les Vendredis, on corrigeait les pubs donc on ne voyait pas de clients). La belle vie, vraiment, quand j'y repense. A 25 ans, j'étais libre, mais pétrie de doutes et de complexes. Si j'avais su ... j'aurais fait carrière.

 

Aujourd'hui, je suis précaire. Seule avec mes deux filles de 6 ans et demi et 8 ans. Après les violences conjugales, physiques et psychologiques que j'ai subi. Après être passée pour folle et maltraitante. Après la psychiatrie, la séparation de la chair de ma chair. Après m'être retrouvée, à cause du père de mes filles, sdf. Après le foyer. Après avoir accepté d'être exploitée en tant que cheffe de publicité pour sortir du foyer, et récupérer mes filles. Après avoir pris 50 kilos, être devenue diabétique, hyper tendue, je suis précaire. Mais j'ai de la chance. Aujourd'hui, j'ai un logement social avec un jardin, dans ma ville le bus est gratuit (ma voiture m'a lâché) et j'ai un arrêt juste à côté, j'ai le droit à l'Auberge du coeur (deux grands cabas par jour pour 1,20 € pour 3), j'ai le droit à des billets de train gratuits sur ma région, des tarifs en fonction de mes ressources pour les activités périsco dont la municipalité est pourvue (centre équestre, conservatoire de musique, école d'arts plastiques, école des sports, théâtre), le musée propose des ateliers enfants gratuits, les animations de noel, dont les manèges, le sont aussi. Une ville de gauche quoi, vraiment. D'ailleurs, on n'est pas très loin de Bordeaux, j'ai eu des RV,pour des postes de cheffe de pub : Cdiscount, les Pages Jaunes, entre autres. Je n'y suis pas allée. Les trajets, on est à 40 mn. Puis j'ai pas envie du stress, je suis seule, pas envie de faire retomber la pression sur mes filles après le taf, les courses, le ménage, les devoirs, les repas. Oui mais il y a 10 ans, j'avais une vie sociale, riche. Et une vie professionnelle ... intense. Et je pouvais tout payer, moi-même. Il y a 10 ans, j'avais une vie. De femme. Aujourd'hui, je connais que les joies -et les sacrifices-, de mère. Je ne veux pas "refaire" ma vie. Je ne pourrais rien payer, rien partager. Un resto? je peux pas. Un week-end? Je peux pas. Un pot? Ca dépend à quelle heure, j'ai mes filles, demain il y a école, je n'ai pas les moyens de les faire garder. Faire un cadeau? Pas plus. Bon là au moins, j'ai plein d'idées pour les attentions d̶é̶b̶i̶l̶e̶s amoureuses. A ce propos d'ailleurs, les hommes semblent mieux comprendre que les femmes, cette fierté-là. Me faire entretenir? OMGoddesses, quelle horreur. C'est ça que veut le FN. Des femmes au logis. Qui s'occupent de la marmaille. Un papa, une maman. C'était le slogan de la manif pour tous. De La Rochère et Boutin invitent d'ailleurs leurs ouailles à rejoindre Le Pen. Je dois représenter l'archétype de Lilith à leurs yeux, moi qui ai eu tant d'amants, et même une amante. Moi qui ne veux pas me marier, qui me suis faite débaptiser. Moi qui souhaite me faire ligaturer les trompes, pour baiser en paix. Moi qui suis culturellement cathare et d'inspiration dianique. Libertine d'esprit (et non, ce n'est pas sexuel). Je dois rentrer dans le droit chemin, et me laisser mourir. Les hommes dans leur rôle, les femmes aussi. Les femmes n'existent pas. Leurs désirs non plus.

 

Non, leurs câlins, leurs bons résultats à l'école, leur bon comportement en société, leur esprit avisé, ça ne me nourrit pas assez, je n'en suis pas fière au point que cela me suffise. Leur père baise, voyage, fait de SES bateaux, travaille, est libre de tout mouvement, lui. Mais il est instable et dangereux, pour elles. Je les adore, hein, que ce soit dit. Mais avec elles aussi, souvent, je peux pas, payer.

 

Bienvenu.e.s en patriarcat.

 

Avec sororité,

 

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Religion, #Féminicides

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Publié le 21 Avril 2017

A l'ombre des pêchers en fleurs je marche, 
Devant moi devinant les secrètes arches,
D'un Temple oublié où il fait bon vivre, 
Dont l'entrée, protégée par les vouivres, 
M'éloigne des pleurs et de tous mes tourments, 
Résiliant avec un passé complexe mais édifiant, 
Les fondations solides d'une vie nouvelle, 
Je veux encor' être enjouée et rebelle, 
Pointer du doigt les trop nombreuses injustices,
De la démence des hommes révélatrices,
Et lever mon poing avec ce autres fêlées, 
Qui combattent en leur nom pour la liberté, 
L'arme au poing, qu'elle soit arc ou épée, 
Je veux encor' marcher à côté de me soeurs, 
Dénoncer la violence et les mauvaises moeurs,
L'emprise du mâle tout puissant en cette société, 
Où les femmes hurlent pour se faire respecter, 
Stratèges et pourtant si spontanées, entières, 
Rêvant qu'elles sortent de la guerre, altières.

 

 

Avec sororité,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Musique et Poésie

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Publié le 20 Avril 2017

Il y a dans l'air comme une effluve de Rose,

Celle de mon sang coulant sur tes épines,

En adviendra quelque autre métamorphose,

Sublimant toujours la nature de mon être infime.

C'était subtil et doux, j'en aurais fait une overdose,

Tant de fois charmée j'ai rêvé, d'humeur chagrine, 

Lovée sur ton coeur, Valentin sachant l'apothéose,

Et les frémissements timides de nos âmes carlines.

Sur le bouts des doigts j'aurais appris ta gnose,

Très haut dans les cieux là où l'amour s'enracine, 

Si belles et puissantes sont de telles osmoses,

Qu'elles laissent, en s'éteignant, comme un air de famine.

Tu me manques et alors, j'ai bien le droit si je l'ose,

De ressentir un tel émoi, quand la peine me dessine, 

Ce fut si bon de prendre une pause,

Dans ces tourments que tu devines.

C'est aujourd'hui le jour de la Rose, 

Et je n'ai eu que les sournoises épines,

Sans toi mon printemps sera morose,

Mais je détruirai ce Mal que Kali me destine.

 

 

@ T

 

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Publié le 17 Avril 2017

Que dis-tu mon amour?
 
Cet élixir réanimant, dans la rosée,
Ma psyché comateuse,
Livrée aux quatre vents,
Perdant le Nord,
Désemparée d'un amour fol,
Frustrée dans cette envie !
C'est que l’intérêt que je te porte, démon,
Ne se résorbe pas,
Car il ne se résume pas
À ce soudain appétit sexuel ...
Il est vrai, qu’Éros le bien nommé
Divagua dans les méandres de mes stigmates,
Endolorie par les mémoires camisolées :
C'est la rage que tu as libérée,
Et tous ces émois soudainement saturés,
Par une chape de plomb chimique,
Avortant mes noces alchimiques ...
 
Ris-tu, mon amour?
 
Mon coeur lacéré, démon,
Par tes lames affûtées,
Ton dard de scorpion
À la queue recourbée,
Sur mon corps en famine,
Mendiant une caresse, un baiser ;
Envoûtée par d'obscures messes noires
Endiablant mes idéaux humanistes :
Je suis déchue, peureuse et sombre,
Sans tes yeux posés sur moi,
Sans ta voix si douce à mon âme ;
 
Mais que dis-tu mon amour?
 
Serais-tu réellement si fourbe,
N'as-tu donc juré, par Hygie et Panacée?
J'hallucine, j'hallucine, j'hallucine ;
N'es-tu donc pas si beau, et si riche, humainement, 
Que je te vois, avec mes yeux amoureux et gourmands?
N'as-tu pas un coeur pur sous tes faux-airs de Narcisse?
Ne serais-je que l'écho d'un enchantement désastreux?
Ne serais-tu qu'un placebo, mon amour,
Mon nocebo ...
 
Ne dis-tu mon amour?
 
Un faux pour un vrai,
Un mal pour un bien,
Tu me rends confuse,
Tu joues du paradoxe,
Tu es infaillible, mon amour.
 
Que dis-tu mon amour?
 
Que ton coeur est noir,
Putréfié par l'argent et le pouvoir,
Que tu es un perfide illusionniste,
Manipulateur et sadique,
Bête et méchant?
 
Je ne me résous à le croire, mon amour,
Mon coeur à ce jeu là, ne s'égare jamais,
Et je ne peux douter de t'avoir aimé,
Bouleversée par ce que tu &.
 

Illustration Frantisek Drtikol

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