Publié le 11 Novembre 2018

La nuit fut fructueuse.

 

Ou quand au réveil tu mets ta main à couper (ou presque, c'est ma réflexion du matin, à chaud) que Lacan et Freud ont dû éprouver du désir pour leurs filles et que, hasard, aucun "complexe" n'existe à ma connaissance à ce sujet. Oui, je pense qu'ils les ont investi de leur éros, et que cela peut-être problématique pour l'évolution dans la maturité affective ou sexuelle des filles, que leur père les désire, notamment pour ce qu'il leur ont transmis, -elles leur renvoient leur reflet- narcissisme par excellence.

 

Parce que cela n'est pas sein, même sans "passage à l'acte", et qu'un enfant, réputé pour être une éponge émotionnelle, peut ressentir ces élans libidineux, même sans passage à l'acte. A ne pas confondre avec la simple tendresse parentale, qu'elle soit paternelle ou maternelle...

 

Mais cette science qu'est la psychiatrie n'est elle pas le royaume patriarcal par excellence? Ne qualifie-t'on pas par exemple les prostituées de sphynges eu égard à une prétendue sexualité "débridée" et effrayante, -excisons-les- (quelle sexualité? quel plaisir pour les prostituées? n'y a-t'il pas que les clients qui pensent cela, ou en somme qu'ils sont des "dieux du sexe" alors qu'elles simulent afin qu'ils en aient pour leur argent et pour éviter les coups?), sexualité que refuse Oedipe, face à l'esprit monstrueux car féminin, libre -non maternel et complaisant- de la sphynge, en souhaitant épouser [baiser] sa mère? De là découle le complexe madone et catin, qui invite les hommes à se dissocier dans leur sexualité, complexe qui est d'ailleurs très souvent mal vécu par les femmes, dans les faits soit objetisées telles des prostituées cristallisant tous les bas instincts, l'esprit de domination et de prédation, s'exprimant par le mépris et la violence, soit idéalisées et respectées telles des mères, à ne pas salir avec une sexualité plus instinctive, bestiale, "libérée". Dans la sexualité certes mais aussi dans le quotidien : les œdipiens sont incapables d'autonomie, tant affective que matérielle, attendant du maternel qu'il les panse, qu'il les nourrisse, qu'il les écoute, qu'il s'affaire à leur place aux corvées domestiques, et qu'il s'occupe des enfants évidemment. L'enfant-homme est le roi par excellence, en patriarcat, il s'aime à lui, à travers les attentions infantilisantes qu'il reçoit. L'Œdipe-roi n'est-il pas un mythe central dans les théories de Lacan et Freud?

 

Il est aussi d'ailleurs question de désir dans la théorie du transfert vis à vis d'un.e thérapeute, celle où la.le patient.e transférerait son désir, ou ses affects (positifs et/ou négatifs) depuis l'un de ses parents sur son thérapeute ; or, le désir du.de la thérapeute peut aussi ouvrir l’appétit du.de la patient.e ou celui du.de la patient.e simplement être ouvert sur ce que lui inspire l'autre en tant qu'individu dans une relation d'adulte à adulte. Mais ne peut-on envisager que le.la thérapeute jouisse de façon malsaine du pouvoir qu'il.elle a sur son.sa patient.e en abusant de sa confiance? De nombreux témoignages, de femmes notamment, vont en ce sens, une pétition a d'ailleurs vu le jour il y a quelques mois afin d'inscrire dans le code de déontologie médicale l'interdiction pour un.e médecin d'avoir des relations sexuelles avec son.sa patient. Qu'il soit question de désir en soi n'est pas gênant ni dégradant : le.la patient.e peut désirer de façon saine et consciente son.sa thérapeute pour sa bienveillance affichée, parce qu'il.elle prend soin de lui.elle et que c'est touchant, troublant (réellement aimable et désirable comme comportement de la même façon que l'on peut être séduit .e par un regard, une façon de se mouvoir, de communiquer, de sourire etc tout ce qui fait les jeux et plaisirs de la séduction habituellement) sans forcément tout ramener à l'enfance ou à un lien parental ; de la même façon que le.la médecin peut être touché.e, troublé.e par son.sa patient.e et être amené.e à le.la désirer de façon saine et consciente, mais son devoir sera alors de se maîtriser parfaitement et de ne rien laisser transparaître, bien au contraire, histoire de fermer la porte et de ne pas alimenter l'attirance, surtout dans le cadre d'un suivi régulier.

 

Ce qui n'est pas dit, c'est ce que risquent ces patientes à dénoncer de tels agissements, notamment lors du déni du praticien qui aura tôt fait de "pathologiser" le comportement de sa victime, surtout dans un cadre psychiatrique/psychologique, le plus fréquent.

 

Freud, Lacan, les femmes et leur place, leur misogynie, il doit bien y avoir, en creusant bien, le mythe d'un dieu s'unissant/enfantant avec sa propre fille... Non pas que je sois une férue de psychanalyse, mais l'imprégnation de ce genre d'histoire est vivace dans l'inconscient collectif et se traduit par les schèmes comportementaux malsains souvent banalisés, notamment quand ce sont les filles et les femmes qui les subissent. Genre "Peau d'âne" doit avoir une origine bien plus ancienne...

 

Avec sororité

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Figures féminines, #Féminisme, #Mythes Fondateurs, #Sexualité

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