feminin sacre

Publié le 20 Avril 2017

Il y a dans l'air comme une effluve de Rose,

Celle de mon sang coulant sur tes épines,

En adviendra quelque autre métamorphose,

Sublimant toujours la nature de mon être infime.

C'était subtil et doux, j'en aurais fait une overdose,

Tant de fois charmée j'ai rêvé, d'humeur chagrine, 

Lovée sur ton coeur, Valentin sachant l'apothéose,

Et les frémissements timides de nos âmes carlines.

Sur le bouts des doigts j'aurais appris ta gnose,

Très haut dans les cieux là où l'amour s'enracine, 

Si belles et puissantes sont de telles osmoses,

Qu'elles laissent, en s'éteignant, comme un air de famine.

Tu me manques et alors, j'ai bien le droit si je l'ose,

De ressentir un tel émoi, quand la peine me dessine, 

Ce fut si bon de prendre une pause,

Dans ces tourments que tu devines.

C'est aujourd'hui le jour de la Rose, 

Et je n'ai eu que les sournoises épines,

Sans toi mon printemps sera morose,

Mais je détruirai ce Mal que Kali me destine.

 

 

@ T

 

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Publié le 17 Avril 2017

Que dis-tu mon amour?
 
Cet élixir réanimant, dans la rosée,
Ma psyché comateuse,
Livrée aux quatre vents,
Perdant le Nord,
Désemparée d'un amour fol,
Frustrée dans cette envie !
C'est que l’intérêt que je te porte, démon,
Ne se résorbe pas,
Car il ne se résume pas
À ce soudain appétit sexuel ...
Il est vrai, qu’Éros le bien nommé
Divagua dans les méandres de mes stigmates,
Endolorie par les mémoires camisolées :
C'est la rage que tu as libérée,
Et tous ces émois soudainement saturés,
Par une chape de plomb chimique,
Avortant mes noces alchimiques ...
 
Ris-tu, mon amour?
 
Mon coeur lacéré, démon,
Par tes lames affûtées,
Ton dard de scorpion
À la queue recourbée,
Sur mon corps en famine,
Mendiant une caresse, un baiser ;
Envoûtée par d'obscures messes noires
Endiablant mes idéaux humanistes :
Je suis déchue, peureuse et sombre,
Sans tes yeux posés sur moi,
Sans ta voix si douce à mon âme ;
 
Mais que dis-tu mon amour?
 
Serais-tu réellement si fourbe,
N'as-tu donc juré, par Hygie et Panacée?
J'hallucine, j'hallucine, j'hallucine ;
N'es-tu donc pas si beau, et si riche, humainement, 
Que je te vois, avec mes yeux amoureux et gourmands?
N'as-tu pas un coeur pur sous tes faux-airs de Narcisse?
Ne serais-je que l'écho d'un enchantement désastreux?
Ne serais-tu qu'un placebo, mon amour,
Mon nocebo ...
 
Ne dis-tu mon amour?
 
Un faux pour un vrai,
Un mal pour un bien,
Tu me rends confuse,
Tu joues du paradoxe,
Tu es infaillible, mon amour.
 
Que dis-tu mon amour?
 
Que ton coeur est noir,
Putréfié par l'argent et le pouvoir,
Que tu es un perfide illusionniste,
Manipulateur et sadique,
Bête et méchant?
 
Je ne me résous à le croire, mon amour,
Mon coeur à ce jeu là, ne s'égare jamais,
Et je ne peux douter de t'avoir aimé,
Bouleversée par ce que tu &.
 

Illustration Frantisek Drtikol

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Publié le 11 Mars 2017

Sulfur.

 

Tu sens le soufre.

 

On me l'a dit quelques fois. Cela m'a toujours blessée, car je ne comprenais pas pourquoi.

 

Si je me questionne sur l'appartenance catholique, même inconsciente, de certains occitanistes -car je ne peux simplement pas comprendre qu'après toutes ces persécutions, tous ces massacres (des cathares aux franc-maçons, en passant par les templiers et les sorcières),  certains se revendiquent encore de cette religion en terme de spiritualité, à moins que seul le gout du pouvoir ne les anime-, c'est que les choses sont claires : les manifestations de ces dernières années contre les droits des homosexuels, la régression des droits ainsi que des libertés des femmes, visant à repositionner la famille dite traditionnelle comme exemple moteur et fondamental de la Société sont, aussi, des persécutions. Mais si je me questionne pareillement sur les sympathisants cathares fleurtant avec les droites extrêmes, je ne peux non plus me réduire à penser que le déclin de notre belle civilisation soit le fait de Na Loba, la sulfureuse louve dont personne ne sait lire le mercure, archétype de femme plutôt que celui de mère, à l'instar de Marie-Madeleine face à la Vierge ou Lilith plutôt qu'Eve, femmes libres assimilées à des démones prostituées par les pères de l'église comme le fut Acca Larentia, lupa, à l'origine de Rome, et certainement issue d'un culte anciennement Étrusque. Tellement facile, encore une fois, d'exciser symboliquement la force et la fougue féminines, de museler le(s) désir(s) des femmes, et de les voiler afin de les soumettre, en niant leur être plutôt que d'éduquer ces mâles au consentement et au respect. La louve, symbole fort chez les Celtes, les Romains et les Nordiques (entre autres), symbolisant les instincts, la force et la puissance, le retour à la nature sauvage, la meute ... La louve, mère adoptive de Mowgli, aussi.

Dans l'absolu, distinguant l'être humain de ses pensées et de ses actes, l'un étant ontologiquement bon (concept d'égalité concernant ce qui nous anime) et le reste dépendant de l'expérience, donc du vécu, du conditionnement familial et sociétal, des tramas et autres fractures psychiques, du rapport à la violence et à la souffrance, au bonheur, de la résilience au malheur, de la capacité à aimer et être aimé, de la chimie du cerveau etc etc. Bref, de son rapport individuel au monde.- Néanmoins, au delà des conceptions philosophiques sur la nature des esprits ou le sexe des anges, ne pouvant relever que de l’agnosticisme me semble-t'il, il faut admettre que si seul l'Amour peut être céleste et divin, on ne peut nier que la réflexion initiale censée mener à un cheminement spirituel ne peut aller de paire avec la violence exprimée par certaines croyances menant à un endoctrinement servant la malignité, le pouvoir... Je ne pense pas que nous puissions comparer les droites extrêmes intimant les pauvres à rester asservis, esclaves du Système dont les salaires ne permettent qu'à payer leurs factures, ou encore alimentant et protégeant l'hégémonie phallocrate visant à faire des femmes des esclaves sexuelles et domestiques ou encore excluant et persécutant des êtres humain.e.s plus bronzé.e.s, selon leurs convictions spirituelles ou leurs choix amoureux et les luttes pour la justice, l'égalité et la vérité de ces mêmes persécuté.e.s, humilié.e.s, violenté.e.s, esclaves modernes, victimes du patriarcat.

D'ailleurs, tout comme le fait ci-dessous la philosophe Simone Weil, j'ai personnellement attribué la cause de cette défaite Occitane au Comte de Toulouse ici.

"Ce coup les fit plier ; il avait été infligé à cet effet. Il ne leur fut pas permis de s'en relever ; les atrocités se succédèrent. Il se produisit des effets de panique très favorables aux agresseurs. La terreur est une arme a un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent a conserver leur liberté et leur bonheur que ceux qui songent à détruire et à écraser ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent les hommes libres contre des agresseurs. Les gens d'oc subirent défaite après défaite : tout le pays fut soumis. S'il faut croire le poète, Toulouse, ayant prété serment à Simon de Montfort, sur le conseil du comte de Toulouse lui-même, après la défaite de Muret, ne songea pas à violer sa parole ; et sans doute les vainqueurs auraient pu s'appuyer sur l'esprit de fidélité qui dans ce pays accompagnait toujours l'obéissance. Mais ils traitèrent les populations conquises en ennemies, et ces hommes, accoutumés à obéir par devoir et noblement, furent contraints d'obéir par crainte et dans l'humiliation. "  Simone Weil, "L'inspiration Occitane".

"Mais que personne ne pense que je m'abaisse pour les riches, s'ils deviennent pires qu'ils ne sont ; car une joie pure naît en moi et me guide ; cela me tient doucement joyeux et me délasse dans la parfaite amitié de celle qui me plaît le plus ; et si vous voulez savoir son nom, demandez-le dans la contrée de Carcassonne." Peire Vidal

Alors, encore un mythe misogynisé?

 

Avec sororité.

Illustration : "Na Loba" toile en cours, noir et bronze, acrylique

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Publié le 14 Janvier 2017

Ce livre est une véritable révélation pour moi, tant il concentre tous les sujets de réflexions qui m'animent depuis l'adolescence. Non pas que j'y apprenne beaucoup, mais quand la Société te met dans la marge tant tes sujets de recherche et ta pensée sont singuliers, il est vraiment salvateur, cet écho. Bien-sûr, Jacqueline Kelen n'est parfois pas tendre, notamment avec certains de mes défauts ou mauvaises habitudes, mais que je suis foncièrement encline à corriger : le simple fait de savoir que nous sommes au moins deux à avoir ces réflexions sur l'amour et le divin -en soi, et celui que la vie nous intime à partager- est absolument libérateur. Je vais enfin pouvoir reposer en paix, sans me demander sans cesse ce qui ne tourne pas rond chez moi pour être a ce point habitée par cet esprit ardent, que je devine aujourd'hui contagieux.

 

Jamais je n'aurais pu imaginer que mon rapport à l'amour, à la vie, à la spiritualité, au féminin, au sacré, pouvait être aussi familier à une autre femme ... que j'ai découverte au hasard d'une vidéo où il était question à la fois des cathares, du trobar, de la fin'amor, des fedelis d'amor, d'éros et psyché, du complexe madone et catin, de la misogynie des Ecritures dites saintes, de poésie et d'[extase].

 

Exquise, cette femme et exquise et parle un langage qui fait scintiller toute la poussière d'étoiles en mon âme. Quelques extraits (mais pas trop) du début du livre "Un chemin d'ambroisie" de J.KELEN, que j'ai dévoré. Elle a été productrice à France Culture 20 ans et est l'autrice d'une 30aine d'ouvrages. Elle est d'une spiritualité qui sonne avec authenticité. Je recommande vivement cet ouvrage, qui rend assurément ses lettres de noblesse au plus mystérieux des sentiments...

 

"Je comprends que le manichéisme, puis le catharisme aient voulu résoudre cette sombre énigme en évoquant le Démiurge mauvais, créateur de ce monde."

"Lorsque deux fins amants ont célébré le rituel d'amour, ont communié et louangé dans cette secrète liturgie, désormais la prétentieuse sexologie, les bizarreries érotiques et les élucubrations freudiennes leur paraissent totalement dérisoires." 

"Mais pour les catholiques bien endoctrinés, l'appel de l'éros et, pire, le consentement à l'éros ont fait naître en eux un nouveau péché, la culpabilité. C'est même une caractéristique majeure du psychisme des catholiques."

"Le château de l'amour se construit par le toit. Et ses plans sont d'abord tracés dans le ciel."

"Peu de préceptes religieux résistent lorsqu'on évacue de la psyché humaine la peur, la honte et la culpabilité. Plus précisément, ce qui résiste n'a rien à voir avec la morale ou l'endoctrinement : c'est le message spirituel vivant." 

"Le côté du coeur joue volontiers des tours à la femme Celle-ci préférera souvent le malheur, l'exil et le châtiment, mais avec l'homme qu'elle aime, plutôt que la liberté, la joie et la beauté vécues solitairement."

"On n'épouse pas une femme libre. Mais celui qui aimerait véritablement une femme libre aurait pour seul désir de devenir libre lui aussi."

"Le lien est tissé menu entre une vie spirituelle authentique et la vie amoureuse que l'on y mène, y compris dans les relations sexuelles : ce qui est en Haut (les réalités célestes) résonne dans ce qui est en Bas (les éventements terrestres, la condition humaine et charnelle) ; et ce qui vit en bas réjouit ou afflige l'en Haut. L'érotique désigne précisément le lien indissoluble, forcément amoureux, entre l'en Bas et l'en Haut."

"A ressasser la douceur de la virginale mère, il devient pour un homme impossible ou effrayant de s'abandonner à l'amour de la femme."

"Comme la plupart des femmes préfèrent avoir un homme dans leur vie plutôt que de manifester l'Eternel Féminin et d'éclairer le monde par leur esprit, il y a infiniment plus de gentilles ménagères rebaptisées muses que de femmes éveilleuses et créatrices. Celles-ci sont le plus souvent solitaires, à la fois par gout, par destin, et par défection masculine."
 
 

 

Avec sororité, 

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Publié le 1 Décembre 2016

Discussion ce soir avec une amie qui me demande ce que je pense de Salomé, et justement, cela fait des années que je tourne autour de ce mythe sulfureux sans pour autant ressentir ce personnage féminin comme néfaste. Je pensais plutôt en faire une poésie dans ma série [Droit de réponse] peut-être que cela viendra après. Ce qui me chagrine c'est que d'autres femmes puissent voir dans son comportement une insulte à "dieu" la condamnant à être prédatrice alors qu'il y a de très fortes probabilités que ce mythe ait été misogynisé par les dits pères de l'Eglise comme c'est souvent le cas avec les femmes de la Bible. Alors, si cette petite aventure peut ouvrir une réflexion chez d'autres féministes qui se questionnent elles aussi à ce sujet ..

 

D’abord effectivement on oppose Salomé à Jean le Baptiste qui lui est célébré pour le solstice ... d'été (nuit la plus courte de l'année, ritualisée dans de nombreuses cultures dites païennes) , et ce n'est pas la saison! Rires. En fait, elle est diabolisée autant que lui peut être sacralisé dans son rôle de précurseur du Christ criant dans le désert, baptisant d'eau au delà du Jourdain, à Béthanie (la maison d'Anne?), et je pense même encensé au sein de certaines loges dites des "deux Jean". La peur du pouvoir féminin, la séduction, la danse, la sensualité dans ce mythe précis ne sont-ils pas le caput mortuum de l'ascète -immature?- dévoué à dieu? N'y-a-t'il pas une double initiation dans cette attirance? Pourquoi autant de misogynie? L'ombre de l'archétype de Lilith plane ... et c'est un exemple précis d'imprégnation dans l'inconscient collectif qui oppresse la moitié de l'Humanité, les fameux 52 %.

 

D'où l'enjeu de conscientiser la double quête initiatique à percevoir dans ce mythe ainsi que l'aspect symbolique de la tête qui est demandée par la mère (la Mère?), le crâne (caput mortuum des alchimistes). C'est le  désir sexuel -tout supposé, elle danse- qui en fait, selon l'iconographie patriarcale, donc misogyne, une perfide tentatrice, manipulatrice. Ramenant les hommes à des esclaves de leur libido bien incapables de la maîtriser. Voilons-là! Selon certains dont Oscar Wilde, elle chercherait à séduire Jean Le Baptiste pour le détourner de dieu -ou de son destin-. Exemple d'interprétation à forte domination masculine, n'aurait-elle t'elle pas eu plutôt une mission, une quête spirituelle de même valeur, elle aussi? Et pourquoi non? On le sait, la femme en tant qu'être libre, c'est le mal. L'étymologie de ce prénom nous ramène par ailleurs à שָׁלוֹם Shalom, paix ; je ne pense donc pas qu'il soit réellement question d'une condamnation à mort mais d'une décapitation symbolique, le premier mot qui me soit venu à l'esprit est "capitulation". De plus, subdūcere, séduire, "soulever" donc tirer du bas vers le haut pour certains quand pour d'autres c'est détourner du droit chemin. Question de « charme », d'enchantement donc d'un côté contre une question de manipulation de l'autre. Ici se pose effectivement la question du consentement mutuel à ce jeu là qui est parfois conscient et respecté et parfois pas. La méconnaissance des femmes et de leur rapport à leur éros, ce désir pourtant reconnu comme impérieux chez les hommes ne trouve pas d'écho positif dans sa libre expression en ce qui concerne la psyché féminine -nous pouvons faire une parallèle dans ce rejet avec la sphynge d'Oedipe - qui se doit de recevoir et d'être soumise car ayant un sexe de nature introvertie. C'est oublier que le clitoris est,1 lui aussi, un organe érectile.

 

Salomé par Gustave Moreau

 

Cela fait par ailleurs plusieurs années que je propose le solstice d'hiver sous l'égide d'Angérona la bien nommée, déesse Romaine très ancienne, certainement Étrusque, et pour ceux qui célèbrent aussi le christianisme, je pense que l'on peut parfaitement éclairer la dualité masculine et féminine du Christ en Marie-Madeleine et Jean l’Évangéliste, frère et soeur. En toute égalité.

 

« L'attachement à la matière
engendre une passion contre nature.
Le trouble naît
"Soyez en harmonie..."
Si vous êtes déréglés,
inspirez-vous des représentations
de votre vraie nature.
Que celui qui a des oreilles
pour entendre entende. » Évangile de Marie-Madeleine

 

Alors à ceux qui m'on fait remarquer que ces deux personnages féminins "voulaient être" de même niveau que les deux Jean, je rétorque que non, ce n'est pas une question de vouloir mais d'être, car c'est ontologique. Et je n'attends absolument pas que ce me soit validé par des pontes mâââles ni chez les cathares, ni chez les franc-maçons, les martinistes, les rose-croix ou que sais-je encore qui, ne représentent pour moi aucunement un pouvoir, un ascendant spirituel quelconque au quel je devrais me soumettre.

 

Avec sororité, 

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Publié le 8 Août 2016

Elle et ses chats noirs ...
Elle et ses chats noirs ...

Fille du Soleil pour les uns, je rayonne de beauté et de grâce,

Ou d'Hécate la lunaire pour les autres, je m'impose par l'audace,
Et j'attire dans mes filets les voyageurs aux longs cours,
Marins, héros ou guerriers, ils rêvent de me faire la cour,
Alors pour les éprouver, je les séduis et les enivre gaiement,
Mais qu'ils ne se jouent de moi ou ce sont des nuits de tourments,
Qu'il leur sera infligé, mes colères sont telluriques et anciennes,
Mes filtres en fauves les transformeraient, je suis magicienne.

Si ma naissance fait de moi une créature envoûtante, céleste,
La légende, elle, me prête une aura maléfique, noire et funeste,
Car mes poisons d'une grande renommée sont sorcellerie :
Je commande au ciel, fait choir les étoiles et ma jalousie,
N'ayant d'égale que le feu animant ma passion pour la vie terrestre,
C'est au coeur de mon somptueux palais que je séquestre,
Les malheureux qui croisent ma route et cherchent à me dominer,
Braves loups ou lions, grâce à mes breuvages, à mes pieds.

Tout est de métal précieux sous ma main délicate et experte,
Il me plait d'entonner de troublantes mélopées aux dieux offertes,
Sur mon ouvrage, tissant ma toile aussi grande que la mer, immortelle,
Ouvrant la destinée d'Ulysse, humiliant ses compagnons rebelles,
Aux lois qui sont les miennes sur l'île d'Aiaié, où je domestique,
Les âmes sauvages des hommes les rendant amnésiques,
De leur liberté passée, ils vont, chiens et chats sous mes doigts,
Quand ce n'est pas en pourceaux que je les métamorphose sans émoi.

Mais mon cœur s'éprit pour ce roi qui venait d'Ithaque, c'est ardemment,
Aidé par Hermès, et le moly à fleur laiteuse, qu'il résista à mon enchantement,
Homme de bravoure et de tempérance, il échangera un corps à corps,
Contre la vie de ses hommes et son retour au Pays, non pour de l'or,
Après l'avoir effleuré de ma baguette, le plaisir brûlant les chairs,
Une année de communion de sens, de partages et d'enfantements éclairs,
Conscience et folie, raison et passion ne faisant jamais bon ménage,
Le temps advint pour Ulysse et ses hommes de reprendre le large.

Une fois n'est pas coutume, l'Odyssée me dépeint obscure,
Le féminin ayant, hélas, face au masculin, bien mauvaise posture,
Tentatrice et séductrice, perfide démone vile et ensorceleuse,
L'homme ayant la belle part de la sagesse et la femme amoureuse,
Quand une autre, qui l'était tout autant, lasse et passive à souhaits,
Pénélope à son métier à tisser sans compter son temps ni ses regrets ;
Aux anciens Grecs nous pourrions décerner la palme amicale,
Non celle des martyrs innocents mais de la misogynie ancestrale.

Avec sororité,

Piqué le titre à un texte (Le sort de Circé) de la très talentueuse .... Juju je t'<3

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Publié le 6 Août 2016

INVENTERESSE de la danse serpentine
INVENTERESSE de la danse serpentine

Je prends le voile,

Q'importent les vents,

Car les rangs se resserrent,

Et les drapeaux se dressent ;

Armes au poing, les femmes,

D'Orient et d'Occident, des femmes,

Entonnent l'hymne, des femmes,

Unies par l’éternelle damnation ;

Alors oui, je prends le voile,

Au jardin du calvaire,

Où le sang coule à flots,

Elles panseront mes plaies, de femme ;

Et je sais leurs peines,

Je connais aussi leurs rêves,

Et leurs choix, par dépit,

Puis conviction ;

Elles seront mes compagnes de lutte,

Au front, mais toujours sous la lune,

Pourtant si solaires à minuit,

Dans l'ombre de leurs amants ;

Je ne veux pas me perdre,

Dans les sinuosités de mon esprit,

Par tes inconstances affaibli :

Mes larmes n'étanchent plus ma soif ;

Dans cette folle guerre,

Je veux un amour fougueux,

Et solide, et vibrant, et fidèle,

Pour exulter et reposer ma psyché ;

Alors oui je prends le voile,

Pour me protéger de toi,

Car pour mettre des distances,

Mon corps difforme ne suffit plus.

Avec sororité,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Féminin Sacré, #Musique et Poésie, #Trobairitz&Trobadors

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Publié le 20 Décembre 2015

Je ne comprends pas, je ne comprends pas comment on peut faire souffrir quelqu'un consciemment ou le laisser souffrir quand on a la possibilité de l'apaiser. Je ne comprends pas d'où vient cette propension de l'être humain à honorer, glorifier, sanctifier la souffrance. La crucifixion? Il est vrai que certains adorent la croix, tandis que d'autres, comme les cathares, la considéraient comme un instrument du diable. Elle est le mal. La souffrance, c'est le mal. Or combien sont convaincus que l'on peut faire avancer ou aider quelqu'un, que l'on peut -voir même doit !- faire un mal pour un bien? Et tous ces coups, ces paroles incisives que nous infligeons à nos enfants sous couvert d'éducation alors même que les dernières connaissances sur le cerveau dévoilent que les paroles humiliantes par exemple détruisent les neurones des enfants? Cette inclination au sadisme d'où vient-elle? Nous endurons ce monde, nous, êtres empathiques et compassionnels, mais comment faire afin d'alléger le poids de la souffrance qui nous anime et anime autrui? Comment appliquer une éducation parfaitement bienveillante quand on a soi-même été très malmené? Comment avoir des relations interpersonnelles parfaitement saines et équilibrées alors même que certain-e-s n'ont la sensation d'exister qu'en écrasant/humiliant/dévalorisant/rabaissant autrui, trop préoccupé-e-s par l'image qu'ils donnent que par ce qu'ils sont réellement? Quels chemins délivrent de la souffrance, et quels autres de la violence? La spiritualité, La philosophie, L'humanisme? Quels chemins, encore, égarent vers l'égoïsme et le narcissisme?

Aussi, ayant été à vif ces derniers jours et puisque cette période de l'année y est propice, je médite sur Angérona, la patronne du solstice d'hiver, ancienne déesse Italique donc peut-être Étrusque. Elle était la déesse du silence et de l'initiation qui apaisait les maux intérieurs ... Donc il y aura un peu d'elle dans mon Hypocras solsticial ;-)

Sororalement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminin Sacré, #Spiritualité

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Publié le 21 Décembre 2014

Lawrence Alma Tadema
Lawrence Alma Tadema

Caressant, à l'aube, les perles de rosée,
Sur le tapis vert ou s'étend le frêle muguet,
Brin sauvage laissant un sillage embaumé,
Prédisant à la venue du joli mois de Mai,
Tant de dons m'ont été octroyés,
Et pourtant lourd est le fond de ma pensée,
Les larmes roulant le long de mes joues dorées,
Mes maux sont hécatombe pour l'humanité.

Zeus, encore lui, le tout puissant,
Me créa sur un coup de colère infligeant,
Aux hommes dans leurs désirs aliénants,
La punition divine par le feu et le sang,
Péché fou de l'âme attisée et convoitant,
Le corps d'une femme courtisant,
Musicienne et gracieuse, librement,
La fougue et le bon sens de son amant.

Fruit humain de la coalition divine,
Ma grande beauté n'est pas anodine,
L'esprit insufflé par les cieux me destine,
Chevelure plongeant sur ma poitrine,
A répandre le chaos et rester chagrine,
Malgré tous mes dons et mon intelligence fine,
Ma curiosité cadeau d'Hermès à l'origine,
Faisant choir le mal et mêler ses racines.

Qu'ont-ils donc, ces dieux, à créer pour punir,
Une victoire pour l'humain en devenir,
Quelques flammes volées pour réunir,
Autour de l'âtre les âmes à accueillir,
Pour exulter autour du savoir et agir,
Édifier un monde où s'irise l'avenir,
Où s'étendent les ailes de l'âme, sans l'alourdir,
Où l'astre solaire s’apprête à alunir.

Tout comme Ève et Lilith, je serais la fautive,
Prométhée, lui, un héros, pas d'alternative,
La femme donc toujours sujette aux invectives,
Quand il s'agit d'un mythe à la trame déconstructive,
Grecs et Romains à l'assaut de la légende abusive,
Influant sur les mentalités simples et craintives,
Faisant le beau sexe perfide et oisives,
Tels sont les échos mondains dans nos archives.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Féminin Sacré, #Figures féminines

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Publié le 1 Septembre 2014

Vengeance céleste [Droit de réponse de Boadicée]

Vengeance céleste [Droit de réponse de Boadicée]

Ah, perfide Rome, tu soumets et colonises,
Tandis que notre force vive s'amenuise,
L'arme au poing tu convoites, voles, pilles,
Et tes hommes font violence à nos filles,
Tant et si bien que la révolte, sourde, gronde,
Avec les druides nous entrelaçons les ondes,
Et mettons en place la saine résistance,
Remplaçant la soumission et la loi du silence.

Mais mon époux, affaibli, rendra vite l'âme,
Reine et guerrière je suis néanmoins femme,
Et ma rage éclate alors que sont violées mes deux filles,
Par ces maudits soldats Romains, de bonne famille,
Considérant mon peuple Icéni, de fiers Celtes,
Comme de vils barbares arrogants à soumettre ;
Fouettée jusqu'aux sangs j'ai juré au ciel que je nous vengerai,
Et que je prendrai les rennes pour une Bretagne libérée.

Mais regardez-vous, vous avez peur d'une simple femme,
Certes furibonde, au fond des yeux l'ardente flamme,
Chevauchant telle une déesse la lance à la main,
Déterminée à écraser l'ennemi, à épouser le destin,
Des Anciennes l'ayant inspirée, Brigit, Rihannon ou Dana,
Celles qui défendent et protègent le peuple depuis l'au-delà,
Regardez ma longue chevelure fauve voler au quatre vents,
Vous avez provoqué mes pleurs, entendez mes hurlements!

Allons, allons Bretons, éprouver la bravoure du gouverneur,
Ils nous ont tant humiliés qu'ils ont révélé notre fureur,
Brûlons, rasons leurs temples et leurs habitations,
Ils nous ont dépossédés de nos terres, et de notre raison,
Le mal combattra le mal, nous sommes de valeureux guerriers,
Si les dieux sont avec nous rapidement nous en serons libérés,
L'oppresseur reculera et son joug fondra comme neige au soleil,
Montrons-leur les mille éclats de nos âmes rebelles.

Nous avons perdu, c'est ce que l'histoire raconte ;
Mais qui se souvient encore de cette Reine sans honte,
Qui souleva son peuple sur ses propres terres,
Pour défendre la dignité des siens ainsi que leurs mères?
Ne pas céder et plutôt se résigner à la mort,

Je choisirai le poison plutôt que de voir leur essor.

Vraiment fragiles et douces, êtres faibles à protéger,
Alors que nous traversons le temps sans un regret...

Sororellement,

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