feminin sacre

Publié le 22 Août 2014

Réflexions nocturnes suite à une discussion. Espérant ne pas heurter la sensibilité de l'initiatrice de cette réflexion. La pêche de vigne ou L'Art de la séduction, ce fruit défendu par le patriarcat judéo-chrétien. Non, je ne vais pas faire ici l'apologie de cette mode ambiante qui se résume à chercher à séduire dès que l'on croise un ressortissant de l'autre sexe, histoire de combler un besoin de reconnaissance ou de considération généralement installé dans la petite enfance : flagrant délit d'immaturité psycho-affective... Je ne ferai pas non plus l'apologie des diktats édifiant les stéréotypes genrés, tellement avilissants pour les femmes, ni des fameuses techniques dites de séduction, vendues à prix d'or, qui n'ont pour simple but que la manipulation et causent beaucoup de souffrance. Ce soir, on m'a dit que l'on ne pouvait pas séduire et aimer, que les deux étaient antinomiques. Complexe madone et catin, est-ce ci que tu te caches? Moi, en Amor, je suis une grande idéaliste, et la folie qui m'anime m'amène sur un sentier escarpé diamétralement opposé. Je m'explique.

Certes attendre d'un homme qu'il fasse votre bonheur est à élever au rang de la soumission suprême, ce serait confondre un besoin rendant dépendant et un sentiment ressenti par un individu libre de toute entrave plus ou moins inconsciente. Quoi que, l'est-on réellement un jour? Le fait est que j'ai bon espoir d'avoir un jour une vie de couple très épanouissante, ayant fait un break de quatre ans afin de conscientiser et de chasser en moi ce qui fait souffrir. L'amour m'a toujours inspirée, faite rêver, et si j'ai eu mon lot d'histoires ou d'aventures, amants d'un soir, de quelques semaines, de quelques mois ou de quelques années, on peut dire que je n'ai jamais été réellement la même, mais n'ai jamais été réellement épanouie non plus. Sentimentale, douce, gentille et attentionnée, il en fallait peu pour que l'on me cantonne à ce rôle maternant par excellence qui entérinait, sans même que je n'en prenne conscience, le début de la fin : mon tempérament méditerranéen reprenait vite le dessus et ne supportait guère la tiédeur et l'à peu près. Car non, je n'étais pas que ça. Un problème a pourtant longtemps persisté : mon poids ; porte-jarretelle, bas, petite robe noire fendue sur la cuisse, talons hauts pas pour moi ... vous conviendrez que les bourrelets sont gommés sur les gravures de mode et que la femme ronde devient bien vite -aux yeux du plus grand nombre- ridicule s'il lui prend l'envie de revêtir une tenue communément acceptée comme sexy, mais qui peut être aussi sobrement élégante, simplement féminine voir chic selon les sphères dans les quelles vous évoluez. Alors donc nous voilà au coeur du problème : non seulement demain, j'ambitionne d'être éperdument amoureuse et d'être aimée en retour -ah ces poètes, que feraient-ils sans amour, ou ne feraient-ils pas par amour- mais en plus, j'ai envie d'exploiter mon potentiel de séduction et d’envoûter littéralement mon homme/partenaire/compagnon par la simple force de ma psyché et de mon éros, dans le but de joutes amicales et intimes, aussi profondes que pourront l'être nos sentiments respectifs et réciproques. N'est-ce pas là, le Trobar inspiré? Sublimation du désir n'était point, je le rappelle, en Languedoc réservé aux seuls hommes ... Est-il vraiment antinomique de vouloir faire fondre l'être aimé par l'étendue de ses qualités humaines, de sa capacité à donner et à partager certes mais en le subjuguant, aussi, pour des raisons qui font de Lilith, pour les Pères abrahamiques, une démone, vile et obscure tentatrice? Pourquoi le désir ne mènerait-il pas vers l'illumination, la transe, la musique des sphères éthérées en somme, mais le silice et la souffrance, si? Les femmes ne seraient-elles pas toutes, un peu, des magiciennes à l'image de Circé, brûlant d'un feu sacré? A la fois mères, amantes, soeurs et épouses, croissant -et décroissant tiens, c'est cyclique- selon les axes de développement de la maturité psycho-affective, sexuelle, intellectuelle et spirituelle ? Pourquoi devrais-je choisir entre la madone et la catin, qui m'oppriment, puisque c'est un mal misogyne, androcentré et phallocrate?

I fell good ☼

Sorellement,

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Publié le 11 Août 2014

Déclamation [Droit de réponse de Psyché-Ψυχή]

Fille d'un Roi, et pourtant louée pour ma grâce,
Je ne trouve guère d'époux et les heures passent,
Sans que je trouve bonheur, au grand désarroi de mon père,
Méprisée par mes deux soeurs, je suis une solitaire.
Aphrodite, de ma grande beauté envieuse,
Fera de moi sa rivale au miroir, aventureuse,
Et m’enverra son fils afin de me punir,
Jubilant de me faire grande peine et de me voir souffrir.

Mais la flèche décoche et cet Eros pourtant si crédible,
De moi s'éprend et l'amour changera de cible,
Une passion aveugle irradie alors le dieu,
En fin stratège il s'adonne au jeu amoureux ;
Sa mère vengeresse complote et me met à l'épreuve,
Pensant que le temps parachèvera son oeuvre,
Que les déboires finiront par me désespérer,
Et que nul sentiment, à sa fureur, ne pourra résister.

Ma curiosité me met, hélas, en bien mauvaise posture,
Ailée par mes sens j'ai foi en cet amour clair-obscur,
Et aussi laborieuse soit la tâche j'y consens de bon aloi,
M'importe peu cette être divin infâme et sa loi,
Je m'affaire pour celui que j'aime et dans son palais,
Il me remet son âme et de me délier de mon passé me permet ;
Mais le courroux du panthéon se fait entendre,
Faire bénir notre union ne sera pas chose tendre.

Aphrodite la beauté que tu loues est mortelle,
Elle trépassera jusque dans la tombelle,
L'histoire qui est la mienne voile l'immortalité de l'âme,
N'initie guère d'adorer leur corps aux femmes,
Car elles se voient s'éteindre avec lui, tout nous oppose,
Apprends-leur à aller cueillir leur vie dans un jardin de roses,
La coupe d'ambroisie au banquet est apothéose et drogue douce,
Une jouissance exaltée sous les rayons de la lune rousse.

Jalousies et mesquineries édifièrent mon âme,
Ces joutes essoufflées me rangèrent au rang de Dame,
Non pas passive et soumise au sort et au destin,
Mais actrice de ma liberté déjouant les pièges du malin ;
En renaissant à moi-même j'appris à aimer,
Le monde, sans mes chaînes et l'esprit des blés,
La puissance féconde d'une flamme ardente
Gravant pour l'éternité la volupté duelle dan l'attente.

Sororellement,

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Publié le 20 Avril 2014

Damnare [Droit de réponse de Lilith]

Je suis, aux yeux des Pères, l’infâme, la tentatrice,
L'impure infanticide et la mère de tous les vices,
Celle qui mène l’âme des hommes vers la perdition,
Grande enchanteresse et maîtresse en séduction,
Qui puise ses forces obscures dans les racines du mal,
Mais j’enhardis divinement le féminin et ouvre le bal,
Des introversions éclatantes et r-évolutionnaires,
Je suis celle qui prédit les grands changements sur la terre.

Ainsi les femmes dans le plus grand secret m'évoquent,
Et de l'Une à l'Autre, enlysée, je suis univoque,
Répondant aux éléments telluriques ou éthérés,
Je suis grande prêtresse aux écheveaux de la destinée,
Ennemie originelle de la cruelle et perfide Rome,
Le prodigue est fils du Roi en mon royaume,
Et j'inspire les êtres sur les chemins authentiques,
Guide et psychopompe des individualités hérétiques.

Jamais je n'ai dévoré, par gout du sang, les enfants,
J'éloigne le mensonge des faux oracles et charlatans,
Et je veille sur les métamorphoses intérieures,
Des filles sur le fil de Psyché, divinité supérieure,
Afin qu'elles conduisent leur vie sous le soleil,
Gardiennes du prisme du Temple arc-en-ciel,
Pacifiées mais rebelles à l'ordre établi par le mâle,
J'initie et instigue au contre sort de la kabbale.

Première femme, faite d'argile, tout comme Adam,
Insoumise, je jouis d'une réputation abolissant,
L'égalité des humains face à la création du Monde,
J'octroie courage et force par les entrelacs de mes ondes,
Aux damnées qui déploient leurs ailes et dont coulent les larmes,
Subissant le joug du patriarcat, je bénie leurs armes,
Afin qu'elles conquièrent pas à pas sur le terrain de guerre,
Leur liberté et leurs droits édifiant l'Utopie pierre après pierre.

Je préside à la Justice et révèle la voûte céleste,
De celles qui ne retourneront pas leur veste,
Pour un peu de pouvoir ou de volupté,
Je suis lune, terre, mer et féminin sacré,
Endiablée quand la violence s'en mêle,
Bien plus qu'un mythe, je suis le réel,
De millions de femmes en marche vers la libération,
Combattant l’oppresseur pour leur évolution.

Sororellement,

Illustration, "Lady Lilith" Dante Gabriel Rossetti.

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Publié le 18 Mars 2014

Le Printemps s'en vient [Droit de réponse de Flore]

Je suis ode à la vie, la rayonnante à la gorge laiteuse,
Les lèvres pourpres ou rose tendre, audacieuse,
Non pour le plaisir de la chair mais pour celui de rire,
Regarder la nature s'éveiller doucement, et revivre,
Après le long repos hivernal et la stagnation profonde,
Le soleil étend désormais les bras et ses merveilleuses ondes,
Pour que les couleurs pales resplendissent de mille éclats,
Et que dansent les pétales et corolles sur un alléluia.

Satanée Rome antique faisant de moi une courtisane,
Seules les initiées à mon culte sauront lire les arcanes,
De la résurrection dont il est question à mes fêtes,
Je suis lune et l'autre parmi les astres, du ciel la conquête,
Et je pourfend la mort de ma lame tranchante,
Panse avec les simples la douleur lancinante,
Des corps célestes se relevant de la guerre et du trépas,
Grâce aux incantations des sorcières et des fées des bois.

Nul ne dit que Zéphyr n'avait point mon consentement,
Quand il m'enleva pour faire de moi son épouse, librement,
Ou si, comme le veut la légende il vit en moi une femme publique,
Prostituée vouant son corps-objet facile à l'étreinte alchimique,
Des dieux dominateurs s'éprenant d'une simple mortelle,
Faisant des femmes des filles mineures, sous leur tutelle,
Ils m'impotent peu car mes racines sont en Rome ancienne,
Celle que les Étrusques ont édifiée, belle et souveraine.

A Toulouse où l'on célèbre encor le Trobar on me vénère,
Pour l'ancienne Académie des Jeux Floraux je suis l'altière,
Et les trobadors des temps modernes ressortent leur plume,
Louant la nostalgie de la grâce et les humides brumes,
Qui se lèvent aux Printemps quand l'astre diurne les pénètrent,
Laissant courir jaune d'or et rouge sang sur les vagues champêtres,
Et embrasent le coeur de toute choses en un opus commun,
Dont les nymphes se font l'écho, chantant sous les embruns.

Et la nuit et le jour, voici donc qu'ils se joignent,
En un cercle parfait tel un yin et un yang,
Il est temps de préparer l'équinoxe de printemps,
De clore le cycle en célébrant le premier jour de l'an,
Où les heures filent dans la durée parfaitement équitable,
Je suis celle qui dans les sabliers rajoute le sable,
Pour que ce clair-obscur ne dure qu'un instant fécond,
Laissant emprunter aux héroïnes l'escalier en colimaçon.

Sororellement,

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Publié le 14 Mars 2014

Noli me tangere [Droit de réponse de Myriam de Magdala]

Je suis l'amante, l'inconsolée, la madone et la catin,
L'initiée au culte des mystères, le saint des saints,
Celle qui fit face aux Romains sur le chemin de croix,
Qui ne trouve grâce aux yeux des hommes de la Loi,
Mon Rabouni dont je suis disciple et belle âmie,
Fut par delà les cieux mon intime envie,
Ce fils de dieu dédicant à l'amour sur son sillage,
Grand commandeur des anges, des astres et des sages.

Ma paroles et mes louanges sont fleurs bleues,
Que ma beauté sereine et sauvage transcende,
Couverte d'or et de joyaux scintillants,
Je me consume de mille feux dévorants,
Mon âme, déchaînée, au quatre directions,
Des vents déshonorants la folle Passion,
Du Christ supplicié et condamné à mort,
Trahi par les siens et condamné à tort.

Au désert mes compagnes Lilith et Salomé,
Lèvent leur voile rouge sur l'infernale réalité,
Celle des Justes sous le joug de la perversion,
Ô, prophétesses des sables, levez cette malédiction,
Qui rend aphone face aux perfides malveillances,
Et impuissante sans le sang pur de l'espérance ;
Ils ont crucifié mon Roi, celui que j'attendais,
Le visage entre les mains dans les jardins d’Éternité.

Le choeur des anges m'est tristement familier,
Je m'y suis consacrée à trop voir ma peine ruisseler,
Je ne me repens de rien, je n'ai pas commis de faute,
Mais j'erre du soir au matin la pluie filant entre les notes,
Des mélopées célestes des âmes exilées sur une île,
Celle des bonne gens souffrant, l'écume de l'amère entre les cils ;
Je suis Une et bénie entre toutes les femmes,
Le paraclet ondoyant sur moi a posé sa flamme.

Qu'importe alors que je sois la mère ou la fille,
L'épouse, la soeur, l'apôtresse ou sa seule famille,
Il a su en un regard revenir sur le Temple perdu,
Celui de l'apocalypse annonçant les anges déchus,
La jalousie des hommes n'est que feinte,
En réalité ils me haïssent, pour l'étreinte,
Celle que jamais ils n'auront en un frisson,
Qui entrelace les battements de coeurs au diapason.

Sororellement,

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Publié le 11 Mars 2014

Sang Royal [Droit de réponse d'Aliénor d'Aquitaine]

Alors que mon aïeule Languedocienne m'a légué la violette,
Le souffre m'embaume car aux hommes je vole la vedette,
Et si personne ne sait guère y lire le mercurius,
C'est que je règne en d'autres coutumes et us,
Un palais fait d'or noir aux jardins d'espérance,
Je suis la Reine, la grande Éléonore de France,
Celle que les dévots auraient pu condamner pour hérésie,
Mais, ô grands dieux, j'ai su tenir les rennes de ma vie.

La terre fertile et les eaux cristallines ont béni mon âme,
Chevauchant la vallée bercée par la danse des flammes,
Puissance et beauté auréolent de gloire mon nom,
Noblesse et patience sanctifient mon bleu d'horizon.
Ma légende est telle que les Rois se bousculaient pour un instant amantin,
Et virent en l'éclat de ma sombre prunelle l'étoile du matin,
L'éblouissante Vénus aux reflets roses et cuivrés,
Aux sens électriques et à l’envoûtante mélopée.

Mes racines s'entrelacent dans le Sud, je suis une Occitane,
Qui enrichit le Trobar à mille lieues du monde profane,
Du nectar de la voie lactée des poètes à l'aérienne vocalise,
Dans mes salons l'on ne prie ni crie, mais l'on devise,
Ma cour d'Amor d'un renom qui n'est plus à prouver,
S'est faite à l'ombre des tours et détours d'un ostal fortifié,
Et j'ai vu naître les premières grandes cathédrales gothiques,
L'architecture, autre art sacré par vagues amnésiques.

Soeurs d'armes il me plait de partir en Croisade suivie,
Par celles et ceux de mon peuple pourfendant l'ennemi,
Ou avivant mes passions et protégeant mes intérêts,
Aussi fidèlement que si nos sangs étaient mêlés.
Je manie l'épée pus finement que les fils de Pendragon,
Et le verbe aussi sûrement que les Amazones,
Le plaisir de combattre se transmet haut le coeur
Quand il s'agit de protéger et de défendre ses soeurs.

Pour m'être rebellée je perdis 16 ans de ma vie en prison,
Peine levée par mon bien aimé fils Richard au Coeur de Lion,
Scandaleuse et séductrice sont des traits qui souvent reviennent,
Quand il est question de l'insoumise et indomptable Reine,
Mes affaires de coeur semblent primer dans l'Histoire sur mon courage,
Déterrez donc mes qualités afin de me rendre hommage,
Faites de moi une femme libre et ambitieuse à souhait,
Ayant transmis la fougue et l'appétit de la vie au peuple Français.

Sororellement,

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Publié le 11 Mars 2014

Le chant du cygne [Droit de réponse de Léda&Némésis]

-Je suis l'obscure, l'absente, la fille de la nuit,
Justicière impactant bruyamment sur vos vies,
L'implacable vengeresse des crimes inhumains,
Scrutant inlassablement vos penchants malsains,
Et je rétribue équitablement à bonne ou mauvaise fortune,
L'on m'évoque par l'air et l'eau les soirs de pleine lune,
Afin de redresser le sort d'un être malchanceux
Ou de rendre clairs quelque déboire amoureux.

-Je suis la lumineuse, la présence, la grâce solaire,
Peintres et poètes romantiques fascinés par mon éther,
Brodent autour d'une histoire vielle comme le monde,
Qui aurait certainement rougit les foudres d'Esclarmonde,
Celle d'un dieu s'éprenant d'une simple mortelle,
Qui ne se soumet point à sa loi et se rebelle,
Et se retrouve fixée, éternelle, dans la voie lactée,
Ayant fui avec empressement afin de trouver la paix.

Némésis, tu combats aussi escroquerie et boniment,
Gloire aux Cieux qui t'ont vue naître, de Nyx ou d'Océan,
Mais au fond des âges importe peu ta parentelle,
Zeus n'a guère besoin d'eux pour te trouver fort belle,
A une incessante course il se presse à ton corps et tes pieds,
Oubliant même l'art consistant à te laisser respirer,
Ce jeu de plaintes et d'intimidations est harcèlement,
Sinon toi, qui peut le punir d'être aussi violent?

-Léda, en effet, Zeus nous poursuit depuis la nuit des temps,
Pour nous faire siennes, c'est humiliant et lassant,
Rien d'un beau mythe, c'est une tragédie féminicide,
Mais les gynécées sont des maisons closes aux remous acides,
Encerclant les femmes et leurs idées au minimum vital,
Une prison dorée pour l'univers microcosmique de leur mental,
Insidieusement dociles et soumises au sexe dit fort elles errent,
En Etrurie plutôt qu'en Grèce et Rome elles auraient pu s'y soustraire.

L'Oeuf nait de deux et un est un trois, maxime des alchimistes,
Nous fumes toutes deux l'ombre de l'une, pacifistes,
Quand nous aurions dû guerroyer pour notre dignité,
Au fil de ces entrelacs plutôt que gagner l'éternité,
Sans l'une et l'autre Troie n'aurait pas eu sa place,
Dans les manuels répartis dans le temps et l'espace,
Et la beauté d'Hélène aurait jouit d'un autre renom,
Si nous avions mis, alliées, nos âme au diapason.

Sororellement,

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Publié le 9 Mars 2014

Les trois angles du prisme laissent passer les rayons,

Des flammes solaires qui dansent lentement sur mon front,

Et mon âme s'élève vers mes soeurs éclatantes,

Quand, enchanteresses, nous évoquons Rhadamanthe ;

Qu'il en soit ainsi, car je suis de divine naissance :

Initiée à l'Art de la guerre, par l'épée se transmet la puissance,

Que m'a légué mon père Arès, le tempétueux,

Respecté et craint à la fois au plus haut des cieux.

 

Reine parmi les Reines, Preuse, mes armes au cygne,

Révélant l'étendue de mes dons et talents est un signe,

De reconnaissance face au plaidoyer des coeurs purs,

Et la vaillance passionnée de celles combattant en armure,

N'a d'égale que l'ondulation de notre beauté provocante,

Portée aux nues par quelques rimes désespérées et piquantes,

Car si les artistes nous louent, d'autres nous tiennent en disgrâce :

Des femmes libres et émancipées, un mythe qui agace.

 

Mais il ne faut pas croire que nous œuvrons par mépris,

Ainsi se lisent nos serments, nous ne désavouons que la misogynie,

Non pas que nous haïssions les hommes qui seraient nos rivaux,

Mais nous déracinons les maux et en faisons nos égaux,

Afin que la concorde règne et que cessent les injustices,

Par la lame forgée d'incantations et de maléfices,

Jusqu'à sacrifier le galbe de notre sein droit,

Afin de pouvoir manier l'arc et porter le carquois.

 

Quant à ceux qui confondraient Érinyes et Amazones,

Je dis que la vengeance ne nous anime et les désarçonne .

Si impunément les mâles infériorisent et humilient,

C'est simplement pour tenir entre eux leurs homélies,

Car souvent, la femme n'est guère malveillante,

Quant elle est pleine d'une liberté fertile et abondante,

Dont elle ne sait elle-même rien faire de répréhensible,

Tant le bonheur partagé de ses espoirs est la cible.

 

Les arcanes majeures ne dévoileront l'ésotérique tellurisme,

De notre Cercle de rébellion qu'à celles enjouées en féminisme,

Car les morsures d'un Fol Amor de nature célestine,

N'épargne pas l'ouvrage du temps des filles de Mélusine,

La noblesse de la joute invitant à s’entre-tuer,

Comme nous le firent, à Troie, Achille et moi-même Penthésilée,

En un regard, un mot et un geste à l'inspiration dramatique,

Ébranlant en l'espace de la magie d'un instant la gloire phallique.

Sororellement,

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Publié le 9 Mars 2014

Accords [Le droit de réponse d'Esméralda].

Fleur de Lys, mes ballades mélomanes,
Derniers instants avant la lune diaphane,
Drapée dans une fine soie sauvage,
Noire, les embruns iodés sur le visage,
Ne sauraient en aucun cas être errements,
Je fixe la nuit bien plus finement,
Les élixirs de l'éternelle jeunesse,
Éclats stellaires, qui sont plus que promesses.

Fleur de Lys, ta beauté doucement s'éteindra
Car elle n'est qu'ornement et tu douteras.
Tu douteras des filtres et des poisons
Qui t'ont fait t'attacher ce beau garçon,
Dont tu n'as pas su faire un homme
Car l'amour seul transforme.
La morsure de la passion est belle
A qui sait s’éprendre de l’Éternel.

Fleur de Lys, sa main cherche la mienne,
Et ses lèvres gourmandes ont prit gout à la peine,
Que tu m'infligeas d'un regard hautain,
Sous un ciel orageux un beau matin.
Par jalousie, tu me condamnes à la pendaison,
Et si cet homme n'a su entendre raison,
C'est qu'en vain je l'ai aimé de tout mon être
Et qu'avec Quasimodo je dois disparaître.

Fleur de Lys, il est si laid, ce Bossu protecteur,
Que je n'ai su lui faire place dans mon coeur ;
Qu'à cela ne tienne, alors je me ravise,
Et je poserai mes doigts sur sa chemise,
Afin de sentir le sang battre dans sa poitrine,
Et pressentir l'intime communion divine,
Car nul homme n'a le droit de se jouer de moi,
Et d'humilier ainsi la profondeur de mes émois.

Fleur de Lys, accordons-nous, ne soyons pas sottes,
Regarde-le se pavaner, il nous prend pour des idiotes,
Ma force n'est pas de l'aimer mais de m'aimer plus encor ;
Je te prie de bien vouloir faire un effort,
Pour me regarder en face, sois donc honnête,
Tu sortiras de l'église le port altier, diadème sur la tête ;
Il n'a su choisir et nous abuse toutes deux,
Avec du miel et des regards langoureux.

Sororellement,

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Publié le 27 Février 2014

13 [Le] tonnerre, intellect parfait. (Manuscrits de la Bibliothèque Copte de Nag Hammâdi, texte traduit par Paul-Hubert Poirier).

Un texte certes un peu long, mais qui mérite d'y consacrer un peu de temps.

J'en ai eu des spasmes dans l'âme...

"[C’est] de la puissance que, moi, j’ai été envoyée
et c’est vers ceux qui pensent à moi que je suis venue
et j’ai été trouvée chez ceux qui me cherchent.

Regardez-moi, (vous) qui pensez à moi,
et (vous) auditeurs, écoutez-moi.

(Vous) qui êtes attentifs à moi, recevez-moi auprès de vous
et ne me chassez pas de devant vos yeux
et ne laissez pas votre voix me haïr, ni votre ouïe.

Ne m’ignorez en aucun lieu non plus qu’en aucun temps.

Gardez-vous de m’ignorer !

Car c’est moi la première
et la dernière.

C’est moi celle qui est honorée
et celle qui est méprisée.

C’est moi la prostituée
et la vénérable.

C’est moi la femme
et la vierge.

C’est moi la mère
et la fille.

Je suis les membres de ma mère.

C’est moi la stérile
et ses enfants sont nombreux.

C’est moi celle dont les mariages sont multiples
et je n’ai pas pris mari.

C’est moi la sage-femme
et celle qui n’enfante pas.

C’est moi la consolation de mes douleurs.

C’est moi la fancée et le fiancé,
et c’est mon mari qui m’a engendrée.

C’est moi la mère de mon père et la sœur de mon mari,
et c’est lui mon rejeton.

C’est moi la domestique de celui qui m’a formée.

C’est moi la maîtresse de mon rejeton.

Or c’est lui qui [m’a engendrée] avant le temps
dans une naissance prématurée
et c’est lui mon rejeton [dans] le temps
et ma puissance, elle est issue de lui.

Je suis le bâton de sa puissance dans son enfance
[et] c’est lui la canne de ma vieillesse
et ce qu’il veut se produit par rapport à moi.

C’est moi le silence qu’on ne peut saisir
et la pensée dont la mémoire est riche.

C’est moi la voix dont les sons sont nombreux
et la parole dont les aspects sont multiples.

C’est moi l’énoncé de mon nom.

Pourquoi, (vous) qui me haïssez,
m’aimez-vous
et haïssez-vous ceux qui m’aiment ?

(Vous) qui me reniez,
confessez-moi
et (vous) qui me confessez,
reniez-moi.

(Vous) qui dites vrai à mon sujet,
mentez à mon propos,
et (vous) qui avez menti à mon propos,
dites la vérité à mon sujet.

(Vous) qui me connaissez,
ignorez-moi
et ceux qui ne m’ont pas connue,
qu’ils me connaissent.

Car c’est moi la connaissance
et l’ignorance.

C’est moi la honte et l’assurance.

Je suis effrontée.

Je suis réservée.

Je suis hardiesse et je suis frayeur.

C’est moi la guerre et la paix.

Soyez-moi attentifs, moi , l’avilie et la notable !

Soyez attentifs à ma [pau]vreté et à ma richesse !

[Ne] soyez pas méprisants à mon égard
alors que je gis sur la terre
[et] vous me trouverez chez [ceux] qui doivent venir.

Si vous me voyez sur le fumier,
ne passez pas non plus
et ne me laissez pas gisante,
et vous me trouverez dans les royaumes.

Si vous me voyez alors que je gis chez ceux qui sont avilis
et dans les lieux les plus humbles,
ne vous moquez pas non plus de moi.

Ne me rejetez pas non plus avec sévérité
chez ceux qui sont déficients.

Or moi, je suis compatissante
et je suis impitoyable.

Gardez-vous de haïr mon obéissance,
et ma continence aimez-la.

Dans ma faiblesse, ne m’oubliez pas
et ne craignez pas devant ma puissance.

Pourquoi, en effet, dédaignez-vous ma frayeur
et maudissez-vous ma jactance ?

Or c’est moi qui suis dans toutes les craintes
et (c’est moi) la hardiesse dans le tremblement.

C’est moi celle qui est maladive
et c’est en un lieu agréable que je suis saine.

Je suis sotte
et je suis sage.

Pourquoi m’avez-vous haïe en vos délibérations ?
Parce que je me tairai, moi, en ceux qui se taisent ?
Mais je me manifesterai et parlerai.

Pourquoi donc m’avez-vous haïe, (vous) les Grecs ?
Parce que je suis une barbare parmi [les] Barbares ?

Car c’est moi la sagesse [des] Grecs
et la connaissance [des] Barbares.

C’est moi le jugement [des] Grecs
ainsi que des Barbares.

C’est [moi] (celle) dont les formes sont nombreuses en Égypte
et celle qui n’a pas de forme chez les Barbares.

C’est moi (celle) qui fut haïe en tout lieu
et celle qui fut aimée en tout lieu.

C’est moi (celle) qu’on appelle «la vie»
et vous (m’)avez appelée «la mort».

C’est moi (celle) qu’on appelle «la loi»
15 et vous (m’)avez appelée «la non-loi».

C’est moi celle que vous avez poursuivie
et c’est moi que vous avez saisie.

C’est moi celle que vous avez dispersée
et vous m’avez rassemblée.

C’est moi (celle) devant qui vous avez eu honte
et vous avez été impudents à mon égard.

C’est moi (celle) qui ne célèbre pas de fête
et c’est moi (celle) dont les fêtes sont nombreuses.

Moi, je suis une sans-dieu
et c’est moi (celle) dont les dieux sont nombreux.

C’est moi que vous avez reconnue
et vous m’avez méprisée.

Je suis sans instruction
et c’est de moi que l’on reçoit l’instruction.

C’est moi celle que vous avez dédaignée
et vous me reconnaissez.

C’est moi dont vous vous êtes cachés
et vous m’êtes manifestés.

Or quand vous vous cacherez,
moi-même, je me manifesterai.

Car [quand] vous vous [manifesterez à moi],
moi-même, [je me cacherai] de vous.

Ceux qui (+ parfait) [ . . . . . . . . . ] par le [ . . . . ]
[ . . . . . ] dans la fo[lie et le/la . . . . ].

Enlevez-moi [de] leur science
hors de la peine

et recevez-moi [auprès] de vous
hors de la science [dans la] peine,

recevez-moi auprès de vous
hors des lieux avilis et dans le créé,

et saisissez(-moi)
hors des choses bonnes quoique dans la disgrâce.

Hors de la honte, recevez-moi auprès de vous avec impudence,
et hors de l’impudence, avec honte.

Reprenez mes membres en vous
et élancez-vous jusqu’auprès de moi,
(vous) qui me connaissez et qui connaissez mes membres,
et établissez les grandes (choses)
dans les petits premiers-créés.

Élancez-vous vers l’enfance
et ne la haïssez pas
parce qu’elle est chétive et (qu’)elle est petite,
ni ne détournez des grandeurs individuelles
loin des petites (choses).

Car c’est à partir des grandeurs
que l’on connaît les petites (choses).

Pourquoi me maudissez-vous
et m’honorez-vous ?

Vous avez frappé
et vous avez épargné.

Ne me séparez pas des premiers, ceux que vous avez [connus],
[ni] ne jetez personne [dehors],
[ni ne] détournez personne loin de [ . . . . . . . . . . . . ].

Détournez-vous [ . . . . . . ]
[ne le con]naissent (ou : connaît) pas.

Moi (?) [ . . . . . ]
[ . . . . ] celle qui [est] mienne [ . . . . . ].

Je connais, moi, les premiers,
et ceux qui sont après eux, ils me connaissent.

Or c’est moi l’intellect [parfait]
et le repos du [ . . . . . . ].

C’est moi la connaissance
de ma recherche
et la découverte
pour ceux qui me cherchent
et le commandement
pour ceux qui me sollicitent
et la puissance :
pour les puissances,
par ma connaissance ;
pour les anges qui ont été envoyés,
par ma parole ;
et (pour) les dieux parmi les dieux,
par mon conseil ;
et les esprits de tous les hommes,
c’est avec moi qu’ils sont
et les femmes,
c’est en moi qu’elles se trouvent.

C’est moi celle qui est honorée
et celle qui est bénie
et celle qui est dédaignée avec mépris.

C’est moi la paix
et c’est à cause de moi que la guerre s’est produite,
et je suis une étrangère
et une citoyenne.

C’est moi l’essence
et celle qui n’a pas d’essence.

Ceux qui proviennent de mon commerce,
ils ne me connaissent pas
et ce sont ceux qui se trouvent dans mon essence
qui me connaissent.

Ceux qui sont proches de moi,
ils ne m’ont pas connue
et ce sont ceux qui sont loin de moi
qui m’ont connue.

C’est au jour où je suis proche de 19 [vous]
que [je suis] loin de [vous]
[et] c’est au jour où je [suis loin]de [vous]
[que je suis proche] de vous.

[C’est] moi [ . . . . . . . ] lampe du cœur
et [ . . . . . . . . . ] des natures.

C’est [moi . . . . . . . ] de la création des esp[rits]
[et la] requête des âmes.

C’est [moi] la domination
et la sans-retenue.

C’est moi l’union >
et la rupture.

C’est moi la permanence
et c’est moi la dispersion.

C’est moi la descente
et c’est vers moi que l’on montera.

C’est moi la sentence
et l’acquittement.

Moi, je suis sans péché,
et la racine du péché, elle est issue de moi.

C’est moi la concupiscence par la vision
et la maîtrise du cour,
c’est en moi qu’elle se trouve.

C’est moi l’audition qui est recevable pour quiconque,
ainsi que la parole qui ne peut être saisie.

Je suis une muette qui ne parle pas,
et abondante est ma loquacité.

Écoutez-moi avec douceur
et recevez à mon sujet l’instruction avec rudesse.

C’est moi qui pousse un cri
et c’est sur la face de la terre que je suis jetée.

C’est moi qui prépare le pain ainsi que < . . . >
< . . . > mon intellect à l’intérieur.

C’est moi la connaissance de mon nom.

C’est moi qui crie
et c’est moi qui entend.

20 Je suis manifestée
et [ . . . . . . . . ].

[Je] marche dans le/la [ . . . . . . ]
[ . . . . . . ] des énoncés de mon/ma [ . . . . . . . ]
[ . . . . . . le si]gne de la réfutation [ . . . . . . . . ]
5 [ . . . . . . . ].

C’est moi [le juge],
c’est [moi] le plaidoyer [ . . . . . . . ].

C’est moi (celle) qui est appelée «la justice»,
et «la violence» [est mon nom].

Vous m’honorez, [(vous) qui avez vaincu]
et vous murmurez contre [moi, (vous) qui êtes] vaincus.

Jugez-les avant qu’ils ne vous jugent,
car le juge comme la partialité,
c’est en vous qu’ils résident.

Si vous êtes condamnés par celui-ci,
qui vous acquittera ?

Ou si vous êtes acquittés par lui,
qui pourra se saisir de vous ?

Car ce qui est à l’extérieur de vous
est ce qui est à l’intérieur de vous ;
et celui qui donne forme à l’extérieur de vous,
c’est à l’intérieur de vous qu’il s’est imprimé,
et ce que vous voyez à l’extérieur de vous,
vous le voyez à l’intérieur de vous ;
il est manifeste
et c’est votre vêtement.

Écoutez-moi, auditeurs,
et recevez l’instruction au sujet de mes paroles, (vous) qui me connaissez.

C’est moi l’audition
qui est recevable en toute chose.

C’est moi la parole
qui ne peut être saisie.

C’est moi le nom de la voix
et la voix du nom.

C’est moi le signe de l’écriture
et la manifestation de la séparation,
et [c’est (?)] moi
(les lignes 1 à 3 manquent)
[ . . . . . ] la lumière [ . . . . . . ]
[ . . . . . . . ] et l’om[bre].

[Écoutez-moi], auditeurs [ . . . . . ]
[recevez-moi] auprès de vous.

Il est vi[vant (+ sujet) . . ]
[ . . . . ] de la grande puissance
et celui [qui se tient debout]
n’ébranlera pas le nom.

[C’est celui qui se tient] debout qui m’a créée.

Quant à moi, je dirai son nom.

Voyez donc ses paroles
ainsi que toutes les écritures qui sont accomplies.

Soyez donc attentifs, auditeurs,
et vous aussi, les anges,
ainsi que ceux qui ont été envoyés,
et les esprits qui se sont levés d’entre les morts,
parce que c’est moi qui seule existe
et je n’ai personne qui me jugera.

Car ceux qui se trouvent dans de multiples péchés
sont de nombreuses formes douces ;
et ce sont des dérèglements ainsi que des passions viles
et des plaisirs éphémères qui les retiennent
jusqu’à ce qu’ils redeviennent sobres
et qu’ils se hâtent vers leur lieu de repos.

Et ils me trouveront en ce lieu-là,
ils vivront
et ils ne mourront plus."



Toile : "Nuit Étrusque" par moi-même :-)

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Spiritualité, #Féminin Sacré, #Mythes Fondateurs

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