religion

Publié le 5 Juin 2015

Charles Marie René Leconte de Lisle, "Hypatie"

Au déclin des grandeurs qui dominent la terre,

Quand les cultes divins, sous les siècles ployés,

Reprenant de l’oubli le sentier solitaire,
Regardent s’écrouler leurs autels foudroyés ;


Quand du chêne d’Hellas la feuille vagabonde
Des parvis désertés efface le chemin,
Et qu’au delà des mers, où l’ombre épaisse abonde,
Vers un jeune soleil flotte l’esprit humain ;

Toujours des dieux vaincus embrassant la fortune,
Un grand cœur les défend du sort injurieux :
L’aube des jours nouveaux le blesse et l’importune,
Il suit à l’horizon l’astre de ses aïeux.

Pour un destin meilleur qu’un autre siècle naisse
Et d’un monde épuisé s’éloigne sans remords :
Fidèle au songe heureux où fleurit sa jeunesse,
Il entend tressaillir la poussière des morts.


Les sages, les héros se lèvent pleins de vie !
Les poëtes en chœur murmurent leurs beaux noms ;
Et l’Olympe idéal, qu’un chant sacré convie
Sur l’ivoire s’assied dans les blancs Parthénons.

Ô vierge, qui, d’un pan de ta robe pieuse,
Couvris la tombe auguste où s’endormaient tes dieux,
De leur culte éclipsé prêtresse harmonieuse,
Chaste et dernier rayon détaché de leurs cieux !

Je t’aime et te salue, ô vierge magnanime !
Quand l’orage ébranla le monde paternel,
Tu suivis dans l’exil cet Œdipe sublime.
Et tu l’enveloppas d’un amour éternel.


Debout, dans ta pâleur, sous les sacrés portiques
Que des peuples ingrats abandonnait l’essaim,
Pythonisse enchaînée aux trépieds prophétiques,
Les Immortels trahis palpitaient dans ton sein.

Tu les voyais passer dans la nue enflammée !
De science et d’amour ils t’abreuvaient encor ;
Et la terre écoutait, de ton rêve charmée,
Chanter l’abeille attique entre tes lèvres d’or.

Comme un jeune lotos croissant sous l’œil des sages,
Fleur de leur éloquence et de leur équité,
Tu faisais, sur la nuit moins sombre des vieux âges,
Resplendir ton génie à travers ta beauté !


Le grave enseignement des vertus éternelles
S’épanchait de ta lèvre au fond des cœurs charmés ;
Et les Galiléens qui te rêvaient des ailes
Oubliaient leur dieu mort pour tes Dieux bien aimés.

Mais le siècle emportait ces âmes insoumises
Qu’un lien trop fragile enchaînait à tes pas ;
Et tu les voyais fuir vers les terres promises ;
Mais toi, qui savais tout, tu ne les suivis pas !

Que t’importait, ô vierge, un semblable délire ?
Ne possédais-tu pas cet idéal cherché ?
Va ! dans ces cœurs troublés tes regards savaient lire,
Et les dieux bienveillants ne t’avaient rien caché.

Ô sage enfant, si pure entre tes sœurs mortelles !
Ô noble front, sans tache entre les fronts sacrés !
Quelle âme avait chanté sur des lèvres plus belles,
Et brûlé plus limpide en des yeux inspirés ?

Sans effleurer jamais ta robe immaculée,
Les souillures du siècle ont respecté tes mains :
Tu marchais, l’œil tourné vers la vie étoilée,
Ignorante des maux et des crimes humains.

L’homme en son cours fougueux t’a frappée et maudite,
Mais tu tombas plus grande ! Et maintenant, hélas !
Le souffle de Platon et le corps d’Aphrodite
Sont partis à jamais pour les beaux cieux d’Hellas !


Dors, ô blanche victime, en notre âme profonde,
Dans ton linceul de vierge et ceinte de lotos ;
Dors ! l’impure laideur est la reine du monde,
Et nous avons perdu le chemin de Paros.

Les dieux sont en poussière et la terre est muette ;
Rien ne parlera plus dans ton ciel déserté.
Dors ! mais, vivante en lui, chante au cœur du poëte
L’hymne mélodieux de la sainte Beauté !

Elle seule survit, immuable, éternelle.
La mort peut disperser les univers tremblants,
Mais la beauté flamboie, et tout renaît en elle,
Et les mondes encor roulent sous ses pieds blancs !

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Musique et Poésie, #Féminisme, #Religion

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Publié le 15 Mars 2015

Bûcher de Montségur, Jacques Fauché
Bûcher de Montségur, Jacques Fauché

Demain, c'est le 16 Mars, date anniversaire du bûcher de Montségur, une façon de commémorer cette date, moi qui ne suis un peu loin pour partager, désormais, les réjouissances ......

"De faire un sirventès - sur cette mélodie qui me

convient.
Je ne veux plus tarder - ni longtemps hésiter ;
Et je sais cependant, sans en douter - qu'il attirera sur
moi la malveillance,
Car je fais ce sirventès
Sur les fourbes, les malappris
De Rome, qui est - à la tête de la décadence,
Où tout bien déchoit

Je ne m'étonne plus, -
Rome, si le monde se trompe,
Car vous avez mis le siècle - en tourment et en guerre,
Et prouesse et merci - meurent par vous et sont ensevelis,
Rome trompeuse,
Guide, cime et racine
De tous maux. - si bien que le noble roi d'Angleterre
Fut par vous trahi.

Rome tricheuse, - la cupidité vous égare :
A vos brebis - vous tondez trop la laine.
Que le Saint-Esprit - qui revêtit un corps humain
Entende mes prières
Et brise tes crocs.
Rome, point de trêve avec moi, - car tu es fausse et
perfide
Envers nous et envers les Grecs.

Rome, aux faibles d'esprit - vous rongez la chair et les
os,
Et vous guidez les aveugles - avec vous vers la fosse ;
Vous outrepassez les commandements - de Dieu, si
grande
Est votre cupidité.
Car vous faites, contre denier.
Remise des péchés. - Rome, vous vous chargez
D'un lourd fardeau de mal.

Rome, sachez bien - que votre lâche marchandage
Et votre folie - ont fait perdre Damiette.
Vous régnez à la male heure, - Rome. Que Dieu vous
abatte
Et vous fasse déchoir !
Car vous régnez trop hypocritement
Pour l'argent, - Rome, de race vile, menteuse

À ses engagements.


Rome, je sais en vérité ; - sans aucun doute, que sous
couleur
De faux pardon -, vous avez livré
Au martyre - les barons de France,
Loin, du paradis,
Et que vous avez assassiné,
Rome, le bon roi Louis - en l'attirant loin de Paris
Par vos prédications trompeuses.

Rome, aux Sarrasins - vous faites peu de dommage,
Mais les Grecs et les Latins - vous les envoyez au
carnage.
Dans le l'eu de l'enfer, Rome, - vous avez élu demeure,
Dans la perdition.
Que jamais Dieu ne me fasse
Participer, Rome, au pardon - ni au pèlerinage
Que vous fîtes en Avignon.

Rome, sans motif- vous avez tué maintes gens.
Et il ne me plaît guère - de vous voir suivre une voie
tortueuse.
Car au salut, - Rome, c'est vous qui fermez la porte.
Aussi suit-il un mauvais guide,

Été comme hiver,
Celui qui marche sur vos traces - car le diable l'emporte
Dans le feu d'enfer.

Rome, il est facile - de voir le mal qu'on doit dire de

vous.
Car, par dérision - vous faites des chrétiens des martyrs;
Mais en quel livre - trouvez-vous que l'on doive,
Rome, tuer les chrétiens ?
Que Dieu qui est le pain véritable et quotidien
M'accorde - de voir advenir des Romains
Ce que je désire.



Rome, il est bien vrai - que vous fûtes trop empressée
Aux pèlerinages hypocrites - que vous avez proclamés
contre Toulouse ;
Vous avez trop rogné de mains - à la façon d'une
enragée,
Rome semeuse de discorde.
Mais si le valeureux comte
Vit encore deux ans - la France portera
Le châtiment de vos perfidies.

Rome, si grande - est votre forfaiture
Que vous plongez dans l'oubli - Dieu et ses saints ;
Et vous régnez si mal - Rome fausse et perfide.
Qu'en vous se cache,
Se réduit et se détruit
La joie de ce monde. — Et vous faites grande démesure
A l'égard du comte Raimon.

Rome, Dieu lui vienne en aide - et lui donne le pouvoir
et la force,
Au comte qui tond - les Français et les écorche.
Et en « fait planche et pont » - quand il est aux prises
avec eux ;
Et j'en ai grande joie.
Rome, que Dieu se souvienne
De vos grands torts - et s'il lui plaît, qu'il arrache le comte

À vous et à la mort.

Rome, je reprends bien confiance, - car avant peu
Vous finirez mal -, si l'empereur loyal
Règle habilement son destin - et fait ce qu'il doit faire.
Rome, je vous le dis en vérité,
Votre puissance, nous la verrons
Déchoir -. Rome, que le vrai Sauveur me permette
De voir bientôt cela !

Rome, pour de l'argent - vous faites mainte vilenie,
Mainte chose déplaisante - et mainte félonie.
Vous voulez tellement - régir le monde que vous ne
redoutez rien,
Ni Dieu ni ses défenses ;
Au contraire, je le vois,
Vous faites plus de mal - que je ne saurais dire,
Au moins dix fois plus.

Rome, vous serrez tellement - votre griffe
Que ce dont vous pouvez - vous emparer, vous échappe
difficilement.
Si vous ne perdez bientôt - la puissance, le monde est
tombé
Dans un mauvais piège,
Il est mort, vaincu.
Et le mérite est détruit : - Rome, voilà les miracles
Que fait votre pape.

Rome, que Celui qui est la lumière - du monde et la
vraie vie
Et le vrai salut, - vous donne une mauvaise destinée,
Car vous commettez tant de méfaits, au su de tous, -
que le monde crie.
Rome déloyale,
Racine de tous maux.
Dans les feux de l'enfer - vous ne manquerez point de
brûler,
Si vous ne changez pas vos pensées.

Rome, en la personne de vos cardinaux, - on a de quoi
vous reprendre.
Pour les mortels - péchés dont ils font parler.
Car ils ne pensent qu'aux moyens- de revendre
Dieu et ses amis.
Et la réprimande pour eux reste vaine.
Rome, il est fort écœurant - d'écouter et d'entendre
Vos sermons.

Rome, je suis irrité - de voir grandir votre pouvoir.
Et de voir grande peine - nous accabler tous à cause de

vous.
Car vous êtes l'abri et la source - de la tromperie, de la

honte
Et du déshonneur.
Vos pasteurs
Sont hypocrites et fourbes, - Rome, et qui les fréquente
Fait bien grande folie.

Rome, il agit mal - le pape, quand il dispute
Avec l'Empereur - le droit à la couronne.
Quand il lui crée des difficultés - et pardonne à ses
ennemis,
Car un tel pardon.
Qui n'est pas amené par de justes raisons,
Rome, n'est point convenable; - qui, au contraire,
cherche à en justifier l'auteur,
Demeure honteux.

Rome, que le Dieu de gloire - qui souffrit douleur
cruelle pour nous
Sur la croix, - vous donne une mauvaise fortune.
Car vous voulez toujours - porter la bourse pleine,
Rome aux viles coutumes,
Dont tout le cœur
Est tourné vers l'argent : - Aussi la convoitise
Vous conduit aux flammes éternelles.

Rome, de la rancœur - que vous portez en la gorge.
Naît le suc dont meurt - le monde, et dont il s'étouffe
Avec (trompeuse) douceur au cœur ; - voilà pourquoi le
sage tremble
Quand il reconnaît et voit
Le venin mortel

(Et sa provenance là-bas -: Rome, il vous coule du
cœur !)
Dont les poitrines sont pleines.

Rome, on a bien toujours - entendu dire
Que ce qui vous tient la tête diminuée (de sens) - c'est
que vous la faites souvent raser ;
Je pense donc et je crois - que vous auriez besoin,
Rome, qu'on vous ôtât la cervelle,
Car vous portez un vilain chapeau,
Vous et Cîteaux - qui fîtes faire à
Béziers
Très affreuse boucherie.

Rome, avec un appât trompeur - vous tendez votre filet
Et vous mangez maint morceau mal acquis - quel que
soit celui qui s'en passe.
Car vous portez en vous - avec une mine innocente
d'agneau,
Des loups rapaces.
Des serpents « couronnés »
Nés d'une vipère - et c'est pourquoi le diable prend
soin de vous.
Comme de ses intimes."

Sororellement,

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Publié le 27 Août 2014

Très chère,

Il y a peu, vous «découvriez benoîtement», pour reprendre vos mots, mon billet au sujet de l'Art de la séduction -à la Languedocienne- et vous êtes alors servi de votre plume afin d'exprimer votre ressenti sur le sujet (voir ici : http://adelaisetjasmine.over-blog.com/2014/08/le-pecher-de-vigne-ou-l-art-de-la-seduction.html). Pour mes lectrices et lecteurs, j'ajoute en lien votre article surprenant, criant à mon sens de clichés sexistes, et je vous remercie de me donner ainsi du blé à moudre, car les échanges ayant matière à réflexion profonde ne courent pas les trottoirs citadins si étroits.

Oui, je l'affirme à nouveau, j'aime séduire. Non pas un inconnu, les hommes en général, mais mon âmant. J'insiste sur l'accent circonflexe. Subjuguer, faire perdre la tête, induire à des états de conscience modifiée, cela me plait. Juste pour la grande beauté et la magie de l'instant.

Au sujet de mes kilos superflus, voyez-vous, -car ils le sont- même si je m'efforce de m'accepter telle que je suis après avoir pris 26 kg suite à une médication ayant chamboulé mon hypophyse, j'aspire à retrouver la ligne -un petit 40/42- afin de prendre plaisir à me vêtir comme il me plait, et non comme je le peux ; tout en me remettant au sport afin de me galber (je n'aime pas les bourrelets inesthétiques que font les bas sur mes cuisses). Ayant qui plus est un métier tourné vers le public, ma présentation compte : vous n'êtes pas sans savoir qu'en ce monde, fondé sur les apparences, tout se joue dans les 3 premières minutes, les trois premiers regards, les trois premiers mots, les trois premiers gestes. Mieux vaut donc être alèse et droite dans ses bottes.

Mais revenons-en à l'objet de cette réponse. Non, vraiment, quand on sait qu'étymologiquement le mot séduction nous vient du latin ECCLÉSIASTIQUE seductio, c'est à dire action de corrompre, et que ces mêmes ecclésiastes et autres docteurs en foi utilisent ce vocable essentiellement pour définir la tentation, qu'elle émane du diable ou des femmes libres, à la sexualité affirmée et à l'intellect indépendant, opposant donc la pureté au vice suprême du mensonge que revêt la tentatrice, alors que merda, c'est bien aux hommes d'apprendre à résister, faibles et lâches pour ceux qui succombent et ne le devraient pas ... Pas question de materner ou de soumettre, mais de faire perdre la conscience de l'espace, du temps, et de la matérialité. Non, vraiment quand on sait que séduire nous vient du Latin subdūcere « soulever; retirer » «Tirer de bas en haut»... Non, vraiment, quand on sait que certaines opposent séduire (ou "charmer" je devrais dire) à être soi-même ... Assimilant donc séduction et mensonge, alors que c'est ce que font les Pères de l'Eglise avec Lilith, La Reine de Saba ou Salomé pour ne citer qu'elles....

Non, vraiment, je ne comprends pas pourquoi on ne rend pas ses lettres de noblesse à cet Art millénaire, j'avais pour ma part en tête l'érotisme au sein du couple, (au sens noble, pas de cliché pornographique), qui est bien un jeu de séduction, pas aussi superficiel qu'il n'y parait à mon sens car source d'inspiration et de méta-morphoses, sublimant des états d'âme rares hors sentiments -du moins pour moi-. Vu la confiance que ce genre de joute demande, et n'accordant cette dernière pleinement que par amour, il va de soi que cette séduction, instrument d'émois (bien connu des Trobardors et Trobairitz) ne peut être assimilée à un mensonge, mais bien à une joute, un duel (non sado-maso, cela va de soi) ... De l'éros à l'agapé dites-vous, en effet, pour moi la libido est graduelle (sexe/coeur/conscience/esprit) et trouve sa pleine raison d'être, vitale, dans le clair obscur de la psyché. Enfin bref, on peut être parfaitement soi-même en séduisant et en mettant son âmant à la "merci" de ses charmes, soulever son âme, le retirer de la mondanité.

Il est bien question, à mon sens, de séduction [subdūcere, tirer de bas en haut, donc, élever] chez les fedeli d'amore, dont je ne peux m'empêcher d'associer la Tradition (ésotérique) à celle du Trobar ... La sublimation de la frustration, c'est à dire la transmutation du désir -qui donne des ailes comme le souligne le mythe d'Apulée Éros et Psyché- est une joute se pratiquant réellement à deux. Hélas, nous n'avons guère d'exemple de femmes fedeli d'amore/fidèle d'amour. Dans tous les cas, il est bien question d'alchimie spirituelle. Quelques Trobairitz, c'est mieux que rien. Et l'excellent ouvrage de R.Nelli "L'érotique des Troubadours" ainsi que celui de Delphine Aguilera "Femmes poètes du moyen-âge : les trobairitz".

Non, vraiment, le complexe madone et catin est une invention misogyne.

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Spiritualité, #Symbolisme, #Sexualité, #Société, #Féminisme, #Religion

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Publié le 22 Août 2014

Réflexions nocturnes suite à une discussion. Espérant ne pas heurter la sensibilité de l'initiatrice de cette réflexion. La pêche de vigne ou L'Art de la séduction, ce fruit défendu par le patriarcat judéo-chrétien. Non, je ne vais pas faire ici l'apologie de cette mode ambiante qui se résume à chercher à séduire dès que l'on croise un ressortissant de l'autre sexe, histoire de combler un besoin de reconnaissance ou de considération généralement installé dans la petite enfance : flagrant délit d'immaturité psycho-affective... Je ne ferai pas non plus l'apologie des diktats édifiant les stéréotypes genrés, tellement avilissants pour les femmes, ni des fameuses techniques dites de séduction, vendues à prix d'or, qui n'ont pour simple but que la manipulation et causent beaucoup de souffrance. Ce soir, on m'a dit que l'on ne pouvait pas séduire et aimer, que les deux étaient antinomiques. Complexe madone et catin, est-ce ci que tu te caches? Moi, en Amor, je suis une grande idéaliste, et la folie qui m'anime m'amène sur un sentier escarpé diamétralement opposé. Je m'explique.

Certes attendre d'un homme qu'il fasse votre bonheur est à élever au rang de la soumission suprême, ce serait confondre un besoin rendant dépendant et un sentiment ressenti par un individu libre de toute entrave plus ou moins inconsciente. Quoi que, l'est-on réellement un jour? Le fait est que j'ai bon espoir d'avoir un jour une vie de couple très épanouissante, ayant fait un break de quatre ans afin de conscientiser et de chasser en moi ce qui fait souffrir. L'amour m'a toujours inspirée, faite rêver, et si j'ai eu mon lot d'histoires ou d'aventures, amants d'un soir, de quelques semaines, de quelques mois ou de quelques années, on peut dire que je n'ai jamais été réellement la même, mais n'ai jamais été réellement épanouie non plus. Sentimentale, douce, gentille et attentionnée, il en fallait peu pour que l'on me cantonne à ce rôle maternant par excellence qui entérinait, sans même que je n'en prenne conscience, le début de la fin : mon tempérament méditerranéen reprenait vite le dessus et ne supportait guère la tiédeur et l'à peu près. Car non, je n'étais pas que ça. Un problème a pourtant longtemps persisté : mon poids ; porte-jarretelle, bas, petite robe noire fendue sur la cuisse, talons hauts pas pour moi ... vous conviendrez que les bourrelets sont gommés sur les gravures de mode et que la femme ronde devient bien vite -aux yeux du plus grand nombre- ridicule s'il lui prend l'envie de revêtir une tenue communément acceptée comme sexy, mais qui peut être aussi sobrement élégante, simplement féminine voir chic selon les sphères dans les quelles vous évoluez. Alors donc nous voilà au coeur du problème : non seulement demain, j'ambitionne d'être éperdument amoureuse et d'être aimée en retour -ah ces poètes, que feraient-ils sans amour, ou ne feraient-ils pas par amour- mais en plus, j'ai envie d'exploiter mon potentiel de séduction et d’envoûter littéralement mon homme/partenaire/compagnon par la simple force de ma psyché et de mon éros, dans le but de joutes amicales et intimes, aussi profondes que pourront l'être nos sentiments respectifs et réciproques. N'est-ce pas là, le Trobar inspiré? Sublimation du désir n'était point, je le rappelle, en Languedoc réservé aux seuls hommes ... Est-il vraiment antinomique de vouloir faire fondre l'être aimé par l'étendue de ses qualités humaines, de sa capacité à donner et à partager certes mais en le subjuguant, aussi, pour des raisons qui font de Lilith, pour les Pères abrahamiques, une démone, vile et obscure tentatrice? Pourquoi le désir ne mènerait-il pas vers l'illumination, la transe, la musique des sphères éthérées en somme, mais le silice et la souffrance, si? Les femmes ne seraient-elles pas toutes, un peu, des magiciennes à l'image de Circé, brûlant d'un feu sacré? A la fois mères, amantes, soeurs et épouses, croissant -et décroissant tiens, c'est cyclique- selon les axes de développement de la maturité psycho-affective, sexuelle, intellectuelle et spirituelle ? Pourquoi devrais-je choisir entre la madone et la catin, qui m'oppriment, puisque c'est un mal misogyne, androcentré et phallocrate?

I fell good ☼

Sorellement,

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Publié le 14 Août 2014

"A Secret", Fred Appleyard

Alors voilà, cela fait des mois voir des années que je potasse, ou que j'étudie -par curiosité- si vous le préférez, le christianisme tout en gardant un regard critique quant aux fêtes religieuses qui nous ont été imposées sur le calendrier, fêtes et symbolismes souvent empruntés au paganisme, c'est à dire à des cultes plus anciens, que l'on retrouve notamment en Egypte, Grèce ou Rome Antique (donc en Étrurie aussi) , voir chez les anciens Celtes. Il me vient l'envie de partager le fruit de ce travail de recherches et d'analyse, que je mettrai à jour au fur et à mesure que le courage me prendra, c'est laborieux comme tâche! Espérant que vous partagez mon plaisir ;-)

6 Janvier, l'Epiphanie. Oui, c'est bien le jour où l'on se partage la galette, et ce serait une tradition qui remonterait à la Rome Antique où l'on tirait de véritables fèves en l'honneur de Saturne ; les Romains célébraient aussi à cette période Janus, dieu à double face, celui qui regarde en avant et vers l'arrière, dieu du commencement et des fins, dieu des portes ! L'épiphanie/théophanie (de "théo" dieu et "phan" apparaître) célèbre désormais Jésus visité par les Rois Mages venus d'Orient afin d'offrir l'or, la myrrhe et l'encens ; simples mages [μάγοι], la tête dans le ciel étoilé, ils ne deviendront rois qu'à partir du IIIème siècle sous la plume de Tertullien, écrivain Carthaginois issu d'une famille Berbère, devenu théologien et Père de l'église, luttant activement contre le Paganisme et le Gnosticisme, même chrétien. Mais il existait aussi une épiphanie [Ἐπιφάνεια] d’Apollon à Delphes (c'est à dire son arrivée), représentée sur le fronton Est de son Temple selon Pausanias. Avant le IVème siècle l'on célébrait aussi Noel à cette date...Oui, les Rois-Mages auraient bien suivi une étoile pour trouver l'enfant, et, pour l’anecdote entre le 1er et le 6 Janvier nous pouvons voir, si nous observons le ciel, une pluie d'étoiles filantes dans la constellation du Bouvier, si chère aux cathares, les "quadrantides". L'épiphanie correspond au début du carnaval ["carnaval" est issu du latin "carnelevare" ("carne" viande et "levare" enlever), signifiant "entrer en carême", le carnaval débutant le 6 Janvier pour l’Épiphanie (célébrant JC visité par les Rois Mages) et s'arrête le mardi gras, où tout est permis, veille du début du carême. Cette fête hautement populaire serait donc rythmée par les croyances et un calendrier "saint" chrétien]. Carnaval, carnelevare, enlever la viande, donc ne plus manger de viande? Je n'en suis pas si sûre. On peut avoir une autre lecture, du moins, moi j'ai la mienne. Ôter la viande, la chair, pourrait autant exprimer le trépas, le dernier souffle, la mort physique. Quitter son corps pourrait aussi revêtir un sens plus symbolique ou spirituel : mourir à soi-même, transcender les appétits mondains, l'égo, les pulsions charnelles afin de voir évoluer sa psyché loin des obligations et moeurs purement matérielles, vers une foi plus profonde ou la sagesse, la méditation, le détachement. Ainsi, "quitter son corps" ou s'en détacher symboliquement pourrait être, aussi, une définition littérale de carnelevare. Une ascèse, mais là encore, à ne pas entendre au sens religieux mais philosophique voir poétique, terme emprunté au terme grec originel askêsis «exercice», qui s'appliquait à de nombreuses disciplines dont l'athlétisme, aux métiers ainsi qu'aux arts. En Egypte Antique, cette période correspond à la célébration la crue du Nil fertilisant les semences, et à celle du dieu Rê, le soleil, le feu divin.

2 Février, la Chandeleur ou purification chez les chrétiens car Marie, comme toute mère Juive, devait offrir un sacrifice 40 jours après l'accouchement pour le "rachat de son premier né", car "dieu" avait épargné les premiers nés Hébreux lorsqu'il avait infligé les dix plaies d'Egypte aux Égyptiens. Purification qui doit être effectuée avant la présentation de Jésus au Temple... Le vocable "chandeleur" nous vient du mot chandelle et l'origine de la fête est païenne ; elle était donnée en l'honneur du dieu Pan pour les Lupercales, les Romains parcourant les rues en agitant des flambeaux. Lupercale est aussi le nom de la grotte qui aurait abrité la louve ayant allaité Romulus et Rémus au pied du mont Palatin, mythe fondateur de Rome, dont les trois premiers rois furent Étrusques. Leur mère, Réa Sylva, vestale, fut condamnée car elle avait fait voeux de chasteté et devait rester pure pour veiller sur le feu sacré du Temple. Leur nourrice sera Acca Larentia, parfois assimilée à une prostituée comme le sont souvent les femmes libres dans l'antiquité Gréco-Romaine. Acca Larentia, déesse chthonienne (ou tellurique, divinité ancienne) qui fut elle même rapprochée de la déesse Angérona. Mais chez les Celtes aussi, on fêtait Imbolc, célébrant la fertilité deBrigit, déesse mère, soeur et filles des dieux, veillant à l'inspiration, à la guerre ainsi qu'à la guérison : rite de purification de la fin de l'hiver et du renouveau de la vie, les jours rallongeant à cette période. C'est donc, depuis des temps anciens, une fête de la lumière et de la purification.

25 Mars l'Annonciation. L'annonciation, qui préfigure la naissance du Christ, est souvent représentée par l'archange Gabriel offrant un lys, symbole de pureté, de virginité, à la Vierge Marie. Or ces représentations ne seraient que tardives, suivant l'introduction du lys en France par les Croisés revenus de Moyen Orient. Cette fleur avait déjà une forte valeur symbolique et le catholicisme en fit l'attribut de la Vierge Marie. Mais ce qui est saisissant c'est que dans la mythologie Romaine, Junon, reine des dieux et déesse du mariage, enfanta Mars (nom, comme vous pourrez le constater, du premier mois du Printemps) sans l'aide de son brutal époux Jupiter grâce à un lys enchanté que lui aurait offert la déesse Flore, sur un simple contact, ; en bref, par l'opération du Saint-Esprit! Selon la mythologie Grecque, le lys serait issu du lait pur d'Héra (Junon chez les Romain), donc, nous l'avons vu, mère du ciel, reine des dieux, Héraclès la tétant avec tant de force que deux goûtes tombèrent, l'une dans le ciel, formant la voie lactée, et l'autre sur terre, créant ainsi le lys immaculé. C'est enfin la période de l'équinoxe de Printemps, date à la quelle la journée est égale à la nuit, mais nous reviendrons avec la fête de Pâques.

Pâques est la fête chrétienne la plus importante, elle célèbre la résurrection de Jésus après sa passion [du latin passio du verbe patior c'est à dire souffrir, endurer ; nous parlerons d'endura, vocable occitan définissant l'ascèse très stricte et rituelle observée par celles et ceux qui demandaient le consolament, c'est à dire le baptême spirituel par imposition des mains, chez les chrétiens dits cathares.] Sa date est fixée au premier dimanche qui suivra la pleine lune après le 21 Mars, date de l'équinoxe de printemps. Il ne faut pas la confondre avec la Pessa'h (Pâque) Juive au cours de la quelle on commémore l'exode des Juifs hors d'Egypte. Mais cette résurrection n'est pas une tradition, un culte nouveaux. Les anciens Celtes célébraient par exemple Ostara, symbolisant le renouveau de la nature après la longue période hivernale. La vie après la mort en somme, alors qu'en équinoxe la nuit et le jour sont d'égale durée. C'est la période où l'on sème dans les champs, où les animaux font leurs parades amoureuses. Le nom anglais de cette fête est Easter, d'une ancienne déesse anglo-saxonne, Ēostre -pour l'équinoxe de printemps le soleil se lève exactement à l'est, east en anglais-, que nous pouvons rapprocher de la Babylonienne et Assyrienne Ishtar, encore Inanna chez les Sumériens ou de la Phénicienne Astarté, déesse duelle, insufflant la vie et de la mort, maîtresse en amour comme à la guerre. L'un des symboles de cette déesse est l'étoile, celle de vénus, brillant le matin et le soir, l'étoile du berger, en réalité une planète, l'astre le plus brillant après la lune et le soleil. Rien à voir à priori mais à cette période de l'année, tous les 24 Mars, les Galles, prêtres de Cybèle, déesse Phrygienne, s'émasculaient à l'occasion des sanguinarias, célébrant ainsi la puissance de la déesse qui, dans un excès d'amour éperdu rendit fou Attis qui se castra.

L'Ascension quant à elle, célébrée 40 jours après Pâques, marque, dans la tradition chrétienne, l'élévation de Jésus vers le ciel. Les anciens Celtes célébraient Beltaine, fête ou le feu tient une place sacrée, purificatrice, nourri d'offrandes aux dieux. A cette date, les beaux jours s'annoncent, passant de la saison sombre à la saison claire, le soleil réchauffe la terre fertilisée par ses rayons, faisant naître les premières fleurs ; le voile entre ce monde et le monde céleste est fin, propice aux rencontres avec des êtres surnaturels. Selon la légende, Le roi Arthur et sa demi-soeur, la fée Morgane s'uniront une nuit de Belataine et concevront Mordred, qui donnera la mort des années plus tard à son père, souhaitant siéger sur son trône. Les Romains quant à eux célébraient la déesse Flore (Chloris chez les Grecs) avec les floralies ou jeux floraux, célébrant la floraison, et, pour l'anecdote, l'une des plus vieilles sociétés savantes d'Europe est l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse, qui fut fondée par des troubadours Languedociens après la Croisade contre les Albigeois ou cathares, où sont encore aujourd'hui primés de talentueux poètes.

24 Juin Saint Jean le Baptiste ou Saint Jean d'été. Jean là est un prophète, ascète du désert, ayant annoncé la venue de Jésus, et la tradition chrétienne nous dit qu'il baptisait d'eau au bord du Jourdain. Pour la Saint-Jean, on danse autour des feux de joie, rite qui permettait, dans les anciennes croyances, de bénir les moissons. Cette date n'est pas anodine, c'est celle du solstice d'été, Litha chez les anciens Celtes, journée la plus longue de l'année, le soleil étant à son zénith. La déesse est enceinte du dieu qui va naître à Yule, autre sabbat mineur, pour le solstice d'hiver. Moment propice pour célébrer l'amour et la prospérité des récoltes Les Romains célébraient Fortuna (Tyché chez les Grecs), déesse de la chance et du hasard ; elle est la divinité de la destinée comme les Parques, distributrice des biens et des évènements, mais aussi déesse du passage. Fors (fortuit) comme Fortuna dériveraient de la même racine indo-européenne que le verbe ferre, "porter" "donner". En Mésopotamie aussi, où l'on célébrait Tammuz/Dumuzi, dieu de la végétation, symbolisant la mort et la renaissance de la nature, berger devenu l'amant d'Inana/Ishtar qu'il remplace aux enfers.

15 Aout assomption.

1 Novembre toussaint

25 Décembre noel

27 Décembre saint jean l'évangéliste

Pâques/ascension

La croix

La colombe

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Religion, #Spiritualité, #Symbolisme, #Mythes Fondateurs, #Manipulation

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Publié le 9 Août 2014

Je trouve malheureux de prendre parti aveuglément pour la Palestine, effectivement opprimée par cette guerre certes mais sans garder un esprit critique vis à vis du HAMAS, mouvement islamiste radical et extrémiste, fondé par les frères musulmans. Personnellement, je souhaite mieux aux Palestiniennes qu'un Etat dirigé par les intégristes... C'est oublier les attaques des intégristes au Liban, au Cameroun en Libye, en Syrie, en Irak, sans oublier les Coptes en Egypte ; de la persécution des chrétiens, et autres minorités comme les Yézidis, des viols et "mariages" forcés de ces milliers de filles et de femmes qui subissent ces mouvements et sont converties de force à l'islam, comme ces 200 jeunes filles Nigérianes enlevées par la secte BOKO HARAM. Nous ne pouvons pas ne pas penser encore à Malala, jeune fille Pakistanaise qui a essuyé une tentative d'assassinat par les Talibans parce qu'elle défend le droit à l'instruction des filles ... Ou encore penser à la journaliste Masih Alinejad menacée de mort elle aussi car elle dévoile les Iraniennes ... Que dire des Turques aux quelles il a été conseillé de ne pas rire fort en public? Ou le rapprochement, par les très saints exégètes du Coran, du mortel tremblement de terre à Alger et toutes ces femmes dénudées, en bikini, sur les plages? Qui s'intéresse au sort de ces chrétiennes Irakiennes vendues comme des esclaves au souk de Mossoul? Des exemples, nous en avons par centaine, il suffit de les chercher ; je sais, c'est un long labeur ...

Soyons conscient(e)s que cette coalition "religieuse" et politique en Orient, ne vise pas que les pays musulmans! Je ne dis cependant pas non plus qu'il faut encenser Israël : faisons de l'humain et de ses droits une priorité, dans les deux camps, sans prendre radicalement partie pour les tortionnaires phallocrates, pour ces exactions patriarcales de sociétés androcentrées, un art de la guerre millénaire, d'un côté comme de l'autre... Mais j'ai la nette impression que c'est bien vu chez les intellectuels et autres humanistes de gauche d'être "du côté du peuple Palestinien colonisé et brutalisé par la guerre que mène Israël" ; c'est pour moi incompréhensible qu'on ne pense pas à l'identique pour le peuple Israélien et qu'on ne se positionne pas contre l'antisémitisme décomplex dont il souffre. Hallucinant de fermer les yeux à ce point!

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Religion

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Publié le 17 Mars 2014

Mon sang et ma chair font l'histoire des Albigeois,

De Toulouse à Carcassonne sur le fil, je m'octroie,

Une ballade en terres sanctifiées par le sang versé,

Ecouter le murmure des pierres racontant le clergé,

Et l’insolente insoumission de mes gens face à l'oppresseur,

Languedociens fiers de défendre le pays qui est le leur,

Faits d'armes, paysans enhardis et noblesse révoltée,

Le diable inquisiteur semant le trépas sur les bûchers.

Sans mon époux qui sait si la croisade aurait été lancée?

Il dénonça l'hérésie et demanda main forte pour déraciner,

L'esprit de tolérance et de partage animant l'Occitanie,

Que la France souhaitait soumettre par la force et à l'envi ;

Raymond V faisant le jeu despote et sournois des catholiques,

Face à la maison Trencavel protectrice des hérétiques,

Sonna le glas de la religion dite des Bonshommes,

Uns et indivisibles dans l'esprit en ce Royaume.

L'histoire ne dit pas s'il me répudia car je pris leur défense,

Avant de dire au Roi mon frère sa mauvaiseté et sa violence,

Certes, de haut lignage je fus dans le sillage du Vatican,

Si hérétique je ne fis, je ne souhaitais guère de mal à ces pauvres gens,

Qui méprisaient au plus haut point les mariages politiques,

Préférant les unions d'amour plutôt que stratégiques ;

Mais, Princesse de France je fus soumise à mon destin,

Celui d'être objet, monnaie d'échange pour Souverains.

Que n'ai-je eu la force d'âme et le courage d'Aliénor,

Mariée à mon frère, marchandant pour mon pesant d'or,

Ma vie est une tragédie sur la quelle personne ne se penche,

A l'ombre des fastes de la cour j'ai trouvé tous mes dimanche,

Dans un petit village du Tarn où ma fille aux yeux lilas,

Sera éduquée avec son fils aux arts et à l'amour courtois ;

Ils sont si bons que ma souffrance ne fut pas vaine,

Ils font honneur au sang bleu qui coule dans leurs veines.

En Palestine j'ai trouvé raison d'être et de rire,

A l'Ordre des Hospitalier je me suis liée pour revivre,

Dans le don afin d'oublier le sang et la croisade,

Qui ont fait rouler mes larmes en cascade ;

Les Templiers me sont grès des legs que je leur fit,

J'ai reconnu les chrétiens par leurs oeuvres accomplies,

Qui ne sont pas mensonges mais vérités sages,

Tout comme l'étaient en Languedoc les prodigues du paratge.

Sororellement,

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Publié le 16 Février 2014

Alors que la crise donne un exutoire aux colères nourries par la conscience de sa triste condition humaine, l'on peut très nettement constater une résurgence des spiritualités humainement hiérarchisées, visant à la connaissance de soi ainsi qu' à celle du divin ; du moins, c'est ainsi qu'elles sont vendues. L'épanouissement personnel passerait, (après une lutte intérieure coûtant en énergies psychiques) donc par le pacifisme, l'abnégation de soi, le pardon ou le renoncement ; l'amour, immatériel et non possessif serait l'objectif à atteindre après un travail sur soi profond, et de longue halène de surcroît. Certains s'imposent d'ailleurs en maîtres -sur autrui alors même qu'ils ne se maîtrisent pas eux-mêmes-, profitant de la vulnérabilité apparente de certains individus en quête d'eux mêmes ou de fraternité. Ces pseudos spiritualités visent à asservir l'homme et à le détacher du fruit cultivé à la sueur de son front, qu'il soit spirituel ou matériel, afin de l'en déposséder. Le calme et l'équilibre sont appréciables, et se réchauffer auprès des vielles et des vieux Sages est certes nourricier mais quand ils/elles sont effectivement emplis d'une véritable sagesse humaniste désintéressée. La jeunesse se doit, quant à elle, d'être combative et de lutter contre les injustices et les inégalités afin de ne point se laisser corrompre ou soumettre, chemin terriblement ingrat par les temps qui courent, surtout quand l'on n'est pas masochiste. Il faut s'armer plutôt que de subir le Système car, pernicieusement, femmes et hommes se sont habitués à subir et n'expriment plus rien de la révolte qui apaiserait, pourtant, leur âme. C'est le jeu des puissants de ce monde de vouloir des masses viles, asservies par leurs besoins de bases et bas instincts, abruties devant leurs téléviseurs, plus aptes à penser à elles mêmes en dehors de leur condition matérielle -et encore-. Au moins, demain, si une guerre éclate, le plus grand nombre sera résigné face à la violence sournoise des armées ...

Il m'est avis qu'une vraie spiritualité, livrant la femme ou l'homme seul(e) face à lui même sur son cheminement initiatique intérieur, à la découverte de son âme et des merveilles du monde, plutôt que de répandre une doctrine dogmatique comme cela est le cas pour les religions, devrait enseigner à être libre, c'est à dire détaché de ses passions (du latin passio : souffrir, endurer), des mensonges inhérents à la construction de son identité face aux normes sociales, mais, surtout, visant à l'autonomie intellectuelle et par la même à la liberté de pensée, d'être et de dire face à la cohue toxique du monde, souvent agressif devant les individualités aux caractères réfléchis et non soumis. Ainsi, le but ultime de toute spiritualité serait de nous sauver de notre condition d'esclave, en commençant par briser les chaînes qui entravent notre bien-être ; souvent, la perception que nous avons de nous-mêmes, habitués à être comparés à plus ou moins car ainsi est fait le système, est amoindrie.

Le catharisme est une voie juste car anarchiste spirituellement, aucune hiérarchie ou grade n'y étant toléré. Rien de secret, tout est dit en toute transparence, les forums et rencontres sont publics, ce qui permet de ne point alimenter les egos ou les fantasmes, au centre de la volonté prédatrice de domination. Cette voie nous apprend juste à mieux aimer, et à mieux écouter les voix du monde ...

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Religion, #Manipulation

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Publié le 9 Février 2014

S'il est un milieu éminemment masculin, c'est bien celui des médias -presse, télévision, radio, internet- à quelques exceptions près. Véritable centre névralgique de notre Société, c'est grâce à eux que sont relayées les informations locales ou mondiales (ce qui n'est plus exactement le cas aujourd'hui grâce aux blogs personnels et aux réseaux sociaux), que sont lancées les modes, que sont véhiculés l'art et la culture, les idées politiques et religieuses, que sont manipulées les masses, comme c'est le cas actuellement en ce qui concerne les polémiques autour du genre, voile opaque minimisant l’oppression féminine face aux intégrismes religieux guidant les droites extrêmes.

Prenons ben conscience que la femme, telle que nous la trouvons dans les publicités (quand ce ne sont pas de toutes jeunes filles de 12, 13 ou 14 ans) est un produit marketé visant donc à la consommation. Mais l'argent n'est pas le seul moteur à l'objétisation de ce genre féminin mannequin, maltraité par le milieu de la mode. Le fantasme masculin phallocrate permet ainsi de nourrir des rivalités entre les filles, car, en divisant, il peut régner en maître et ébranler la cohésion féminine qui nous permettrait pourtant de nous imposer brillamment et en force dans toutes les sphères représentatives du pouvoir.

Sournoisement et insidieusement, les hommes sculptent donc un, voir plusieurs modèles féminins selon leur imaginaire malade. Tiens, cela me souvient le mythe d'Adam délaissant Lilith, libre et faite d'argile tout comme lui, pour se faire une Ève selon ses propres mesures et désidératats. Ainsi en va-t'-il de la complémentarité : moitié et moitié ne font qu'un, c'est ce qu'il est dit du mariage (culte garantissant à l'homme la soumission de l'épousée). Alors que chez moi, 1 + 1 font deux, mais deux est un 3. Nous disions donc, les "hommes" créent leurs fantasmes féminins à la plastique plus que parfaite (retouchée par des logiciels) et hypersexualisés (sois belle, sensuelle et tais-toi) et ces créatures envahissent les médias, inspirant les jeunes filles forgeant leur personnalité ou culpabilisant les femmes normales, moins superficielles, plus évoluées, ne vouant pas un culte à leur corps. Oui, la beauté est toute relative, et oui, moi aussi je préfère regarder des courbes plus esthétiques que mes bourrelets et mes vergetures. Parce que je suis conditionnée par les stéréotypes de la beauté, transmis par les médias et donc les hommes. Si certaines se font refaire la bouche, les seins, se mettent au régime, se vernissent les ongles, s'épilent, se découvrent, c'est surtout pour leur plaire, quoi qu'elles en disent. Ainsi les efforts, en séduction, ne sont pas égaux entre femmes et hommes, car les femmes sont éduquées afin de (se) donner et cette générosité inclut le sens et la profondeur du pardon. Ce qui me pose un cas de conscience car cette trame inconsciente est le fait religieux des attributs de la dite Vierge Marie ou d'autres déesses à l'imago maternelle. Les femmes, ainsi, sacrifient ce qu'elles sont afin de répondre à ce que la norme sociale, savamment édifiée en androcentrisme, attend d'elles.

Alors Messieurs, pour plus de justice, comment vivriez vous que nous vous mettions en concurrence déloyale juste pour vous donner l'impulsion de répondre à nos pulsions, même les plus mortifères? Que nous vous dévalorisions au point de ne plus voir en vous qu'un objet marketing interchangeable? Que nous ne nous intéressions plus à qui vous êtes réellement afin de projeter un fantasmagorique idéal masculin que nous définirions nous-mêmes? Que nous arrêtions tout effort afin de vous plaire (ou de sympathiser) et de communiquer avec vous? Que nous vous mettions en compétition afin de savoir ce que vous valez? Que nous prenions de grande décisions sans même vous consulter? Que nous vous interdisions d'être libres? La liste est longue, il suffit d'inverser les rôles...

Mieux vaut s'écouter et être une femme de confort qu'une conquête de réconfort...

Sororellement,

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Publié le 2 Février 2014

En cette lune noire d'Imbolc, alors que l'érotisme, fantasmé par les hommes en mal de féminité devient à la mode, notamment sur les réseaux sociaux, non sans danger puisque, il faut rappeler que cette pratique vise, surtout, les plaisirs charnels sains et partagés et que tout le monde n'est pas à même de savoir sublimer ses désirs (sa libido) ce qui peut générer troubles, tensions agressives, souffrances (n'oublions pas que la psychopathie est, par définition, une souffrance de l'âme) ou déviances. Donc, les hommes se plaindraient de notre manque de féminité. Or que savent-ils du sexisme ordinaire très agressif que nous essuyons à chaque coin de rue quand nous prenons, justement, soin de notre corps et de notre féminité (complexe de Frollo très largement répandu) ? Que savent-ils de nos blessures et colères quand nous lisons des commentaires du genre "la féminité à l'état pur" sous une photo d'une femme dénudée et à la silhouette parfaite? Que savent-ils de la féminité, en dehors de ce qui les fait fantasmer? A quoi jouent ces femmes qui s'amusent à les faire fantasmer si ce n'est pour se nourrir de leur éros afin d'en tirer profit et supériorité? Et elles, ils, voudraient nous guider vers ce qu'ils considèrent être comme l'expression d'une sexualité libérée, plus mature? Quelle est la place des sentiments dans ces jeux précis? Mon corps n'est pas un objet dédié au plaisir masculin et le désir des hommes, quand il est dénué de sentiments, m'agresse et m'indispose. Je ne suis pas une femelle, et, si je manque effectivement de confiance parfois, je ne ressens pas le besoin d'être désirée afin de me sentir être, exister, ou aimée. Ces jeux de rôles, très connotés et fortement stéréotypés démontrent la bestialité ainsi que la prégnance de la domination dans les rapports dits humains.

La frustration sublimée, elle, en effet nourrit l'âme, et il y a un certain nombre de règles à ce jeu là : un Amor vrai, propre, conscient et réciproque (essentiel afin de ne pas tomber dans du sado-masochisme), c'est le minimum requis. Qui cherche trob'art , et je ne doute point de me délecter l'esprit avec l'ouvrage "L'érotique des Troubadours" de René Nelli.

Messieurs, aimez les femmes pour ce qu'elles sont plutôt que de vous aimer vous-mêmes, vous verrez que vous ne manquerez de rien, et que vous n'éprouverez pas le besoin d'aller voir ailleurs afin d'assouvir certains désirs, besoin dont vous nous faites porter la faute, depuis la nuit des temps. Cessons d'inverser les rôles, lles amoureux savent se dire ce dont ils ont envie, et faire ce qui nourrira leur couple. En revanche, si votre femme, mère de vos tris enfants, empêtrée entre le bureau, les affaires domestiques et l'éducation des enfants ne cherche pas à vous séduire, que vous demandez pourquoi et lui en tenez rigueur, allez d'urgence chez un psy, ou prenez le balais et donnez lui un coup de main, non sans amour, afin de la soulager ... Les femmes savent sublimer, bien mieux que les hommes et bien plus qu'il n'y paraît.

On dit les femmes compliquées ... Mais s'ils avaient conscience que c'est autre chose que leurs pulsions sexuelles qui les animent réellement, les révèlent, et les relèvent -et dont ils ont envie- ils envisageraient d'autres options que les fantasmes de prostitution légalisée où le féminin est avili et le corps de la femme objétisé afin de prendre -sans donner- de plaisir. L'hyper sexualisation ne sert qu'à abrutir les masses qui deviennent ainsi plus manipulables. Non les hommes ne sont pas qu'une moitié basse du corps mais les mâles si. Et inversement. Pourtant, croyez moi j'aime le sexe qui serait un anti dépressif puissant (tiens, en temps de crise, quoi de mieux?) ; mais la tournure que prennent les évènement m'indispose au plus au point. Le diktat des phéromones et du sexe facile, mode lancée par des prétendus hommes qui ne sont que des mâles en réalité ... j'ai honte de l'espèce "humaine" qui régresse, comme si la prostitution ainsi que la pornographie (dérivant parfois vers le viol, l'inceste et la pédophilie) les piliers du patriarcat, n'étaient que les seules réponses aux difficultés d'évolution de la psyché vers une pacification et une humanisation des moeurs. Et c'est dangereux car animalité, gout du sang ainsi que prédation y sont associé. C'est très clair comme observation. Mais que personne ne se sente visé ; quoi que. Maudit complexe madone et catin!

J'aurais bien développé un peu plus, mais je garde l'essenciel pour mes plaisirs personnels ;-)

Sororellement,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Sexualité, #Société, #Religion, #Symbolisme, #Féminin Sacré, #Catharisme

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