Publié le 18 Mars 2017

Je ne comprends pas comment, en 2017, avec le nombre d'assos féministes qu'il y a il n'y ait pas de réelle ambition pour les présidentielles? Elles sont toutes a défendre leur candidat, comme les princesses et autres Dames défendraient leur Champion dans un tournoi de chevalerie, coincées entre leurs conflits d'égos surdimensionnés (la quelle laissera son nom gravé dans le marbre de l'histoire du féminisme?) et leur conflit de loyauté entre papa et maman. Genre tu milites (de militaire ; les amazones Kurdes en sont un superbe exemple) dans l'ombre de ceux qui ont déjà du pouvoir, pour te satisfaire des cacahuètes qu'ils te jettent. Tu bouffes leurs restes, tu fais leurs poubelles, les mime, les singe. Et pourtant, la planète et l'humanité sont à sang et à feu à cause de leurs politiques patriarcales et phallocrates, centrées sur la quête de pouvoir et l'esprit de domination plutôt que sur une quête de justice et l'égalité. Nous sommes en 2017, et malgré les centaines d'assos féministes (dont je ne suis pas), nous n'avons pas été capables de nous entendre sur un parti féministe, une candidate féministe, que nous aurions pu porter, toutes ensembles, tous bords confondus. Nous sommes en 2017 et nous ne faisons qu'en fonction de ce que nous laissent les hommes. lol. Et certaines viennent m'expliquer qu'elles suppriment mes billets de leurs groupes car "elles n'adhèrent pas à mes analyses". Et elles se disent universalistes et engagées sans respecter la liberté de conscience et d'expression, rejetant ce qu'elles ne comprennent pas, ou ce avec quoi elles ne sont pas d'accord, sans égard pour l'individualité d'autrui. Exaspérantes ces féministes de comptoir à la solde du patriarcat.
 
Les intégristes religieux font régresser les droits des femmes partout dans le monde, et elles se demandent pour quel candidat il faut voter. 5 femmes pour 49 candidat.e.s, certaines voteront, hélas encore, comme papa ou leur mari/conjoint quand d'autres estimeront qu'une femme n'a pas les épaules pour ce genre de fonction. Bref.
 
Et au passage, bravo et merci à Jon Palais pour ses actions et son engagement, oeuvrant concrètement, lui, pour le pacifisme, en intervenant par exemple dans un tout nouveau module de formation à la non-violence à l'Université.
 
 
#EnCampagneFéministe2022
 

 

 
Avec sororité,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Laïcité

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Publié le 14 Mars 2017

Danger.

 

Non pas que la menace islamiste -tant celle imposant la charria sur notre sol que celle posant des bombes- n'existe pas, mais elle n'est en rien comparable pour le pays, en regard des houles FN qui réveilleraient d'une façon décomplexée les haines, d'un côté comme de l'autre. Laisser les intégristes musulmans mener leurs ouailles un temps, j'entends les laisser faire, permettrait aux intégristes cathos et autres fanatiques nationalistes de légitimer une droitisation des plus nauséabondes en instaurant un climat de terreur délétère. Chacun son terrorisme.

 

J'en reviens à mes rêves, ceux mentionnés dans le laïus introduisant ce blog, ceux que j'ai fait après la naissance de ma fille, il y a 6 ans, et qui m'ont tourmentée au point d'en perdre la raison tant ces visions d'horreur étaient insoutenables. Le pays était à feu et à sang, des filles et des femmes violées, kidnapées pour constituer de nouveaux harems et autres maisons clauses, les maisons et les magasins pillés, les voitures explosant dans la rue, pendant que certains en profitaient pour assassiner, en bandes organisées. Désolation. Et bien entendu, non, il n'était pas question des musulmans, mais d'hommes de nationalités et religions diverses et variées, attendant tapis dans l'ombre afin de pouvoir passer à l'acte. Ce ne sont que des rêves, me direz-vous. Certes. Mais, j'aime autant faire avorter Nyx de sa fille Éris -quand on voit de quoi elle enfante- , déesse de la discorde (tiens cela me fait songer aux discordiens qui la vénèrent, pratiquant la chaos magick, y aurait-il un lien avec l'opération mindfuck?), tant qu'il est encore temps, du moins, si cela est dans mes cordes ; mais je n'y arriverai pas seule. Alors oui, il est vrai que nous pouvons craindre une invasion, car dans le lots de migrants -qui fuient leur pays en guerre-, il y a des terroristes et autres fous de dieu, des fanatiques : le déni des islamo-gauchistes à ce sujet est justement ce qui génère autant de haines et de discriminations, l'invisibilisation de cette problématique nourrissant les fantasmes des uns comme des autres. Halte au relativisme culturel, le risque est réel, pourquoi prendre le peuple pour des mineurs incapables d'entendre, de comprendre, de penser par lui-même? L'idée n'est pas de trop en faire (ou pas assez) mais de dire ce qui ne va pas nous ne sommes pas tous anarchistes ou immatures au point de vouloir faire basculer le pouvoir juste pour en jouir. Certaines bonnes volontés, et ce de façon tout à fait désintéressée ambitionnent sincèrement (naïvement?) de déjouer le sort funeste de l'Humanité, quel que soit le bord politique qui nous gouverne. Nous pouvons, aussi, trouver des solutions, #Ensemble. Je crois que c'est ça, la démocratie participative, non?

 

Parlons d'état d'esprit, car bien entendu, on ne peut pas exclure une -toute prétendue- élite (l'étymologie nous ramène d'ailleurs ici au sens religieux de l'élu) sous seul prétexte qu'elle a du pouvoir et/ou de l'argent ; en revanche, à ces fonctions, elles/ils sont censés représenter le peuple, ses intérêts et servir ses droits or ce sont bien souvent les intérêts de l'Etat qui priment, non pour la Nation en soi mais bien pour ses élus qui se servent plutôt qu'ils ne servent. Pour cette raison le peuple est stratégiquement divisé, seule façon pour certains partis de régner en attisant les haines et en créant des discriminations. Mais ainsi est l'être humain, la classe moyenne préférera taper sur les pauvres qui "abusent" du système plutôt que sur tous ces escrocs corrompus qui détournent impunément des milliards, et pourtant ce sont bien eux les véritables abuseurs d'autant plus rageant qu'ils profitent (parfois) de la clémence de la justice et de la complicité des médias. Ce n'est qu'une question d'argent : comme il se fabrique, à qui profite réellement la pauvreté, à qui profite de maintenir les pauvres (souvent les femmes d'ailleurs), dans cet état de servitude? Je vais vous éclairer sur une conquête sociétale des droites extrêmes ces dernières années, puisque le plafond de verre concernant la carrière des femmes vient d'elles, en paupérisant les femmes seules avec enfants, non seulement elle les rendent vulnérables au point que certaines se remettent en couple acceptant par désespoir des conditions de vie insoutenables, mises en "concurrence" avec les femmes de l'Est ou musulmanes se soumettant avec moins de difficulté car culturellement éduquées à servir le foyer/les hommes, mais en plus elles sont présentées comme un (mauvais) exemple de ce à quoi la quête de liberté peut aboutir, incitant par la même à subir les violences sans rien dire : c'est clairement l'intérêt des hommes Russes qui a fait, dernièrement, dépénaliser les violences domestiques : certains en rêvent, en France, oui oui. Ces hommes veulent nous garder asservies, d'autant qu'ils estiment qu'on leur prend leurs emplois ! Non vraiment, on ne peut pas comparer les luttes des extrêmes gauches et celles des extrêmes droites. 

 

Alors non, le FN ne sera pas la panacée, bien au contraire, pensez-y ... Si l'ordre naît du chaos selon certains, d'autres estiment que le chaos représentera le salut et purifiera les Nations, un bain de sang censé apaiser le courroux des cieux. Alors, vraiment, non merci.

 

 

Edit  du 18/03, je m'adresse à MHV, qui m'a soufflé des mots doux sorores, -peut-être est-elle trop pro FN- quand je lui ai demandé un peu de franchise sur les raisons qui lui ont fait supprimer mon billet? Je souhaitais lui répondre, parce que ce genre de trouduc' se dit féministe et vient t'humilier en privé, sans raison, juste pour le plaisir. Sans grand courage d'ailleurs. Juste de la malignité, rien de constructif, vous en conviendrez.

 

"Ah, et donc, tu prônes un universalisme où seul ce qui te semble digne d’intérêt a le droit d'être? Parce qu' en dehors de toi rien n'a le droit d'exister? Tu connais le principe de liberté, d'expression notamment? Tu sais que je me bats pour que toutes les femmes puissent s'exprimer librement, même celles que je ne comprends pas, même celles que je n'aime pas, même celles dont j'abhorre les idées, même celles qui ne peuvent faire qu'avec mépris et condescendance, comme toi?"

 

 

Avec sororité,

 

Illustration : Nyx avec le génie de l'amour et des études, Pablo Americo.

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Féminicides, #Figures féminines

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Publié le 13 Mars 2017

"Virginia Woolf avait raison : « Tuer la fée du foyer reste le premier devoir d’une femme qui veut écrire. » Si j’osais ! Mais les fées du foyer ont la vie dure, et dans mon cas, il faudrait tuer dans la foulée la mère et la grand-mère ! Woolf a sous-estimé le problème : elle n’avait pas d’enfants et Beauvoir non plus. Il aurait fallu me prévenir il y a très longtemps." Benoite Groult, "Mon Evasion".
 
Pari relevé, suite à grève de ménage (et de sexe) en réaction à violences conjugales physiques et psychologiques, certes il y a quelques années, mais comme l'affaire n'est toujours pas réglée....prenez-en de la graine. C'est dingue hein, mais j'ai discuté avec deux femmes aujourd'hui, maniaques du ménage. Je me sens toujours comme une moins que rien face aux maniaques du ménage, ils/elles te font les gros yeux et t'évaluent à ta capacité à astiquer, quoi que tu fasses à côté. Ma mère et ma grand-mère étaient femmes de ménage. Comme si la valeur des femmes était fonction de la façon dont elles tiennent "leur" maison (en demande-t'on autant à ces messieurs?), ces "bonnes ménagères". Et en plus le patriarcat te fait croire que c'est honorifique, de t’acquitter avec coeur de ces corvées qui font de toi une esclave.
 
 
Je ne suis la boniche de personne, pas même de mes filles. Chez moi c'est le strict minimum, je sais faire hein, parfaitement même, mais je préfère ... faire autre chose. La révolution, peindre, écrire, écouter de la musique, penser la société, le féminisme, me battre pour mes droits, ceux de mes filles, rêver, méditer. Faire des dreamcatchers, des bijoux, trouver l'inspiration, bâtir un monde plus égalitaire, plus juste. Donc deux fois aujourd'hui "on" me ramène au ménage et je tombe -encore- sur ma chère Benoîte Groulte, découverte alors que j'étais enfermée en psychiatrie, dans la bibliothèque de l'hôpital : "Ainsi soit-elle" que je recommande à toutes. Elle me sauve, 2 fois ! Car à ma première lecture, j'ai compris que ce n'était pas moi qui n'allait pas, mais le monde qui me traitait mal.
 

Cela va sembler exagéré à certain.e.s mais non, vraiment, je ne reviendrai pas sur ce point, et ce n'est pas une simple provocation extrémiste : je préfère rester seule que me taper tout toute seule pendant que chouchou écrit/lit/regarde un match de foot/rêvasse/va au café. Et je pense que Najet, il y a peu, l'a compris quand je lui ai expliqué que moi mon trip, c'était l'égalité, moit-moit, que je voulais TOUT partager, même les affaires domestiques. Elle voulait me présenter l'un de ses fils semble-t'il mais elle m'a avoué qu'à la maison ils ne faisaient rien du tout, qu'ils ne l'aidaient pas, ces garnements. Alors quand elle m'a demandé pourquoi je n'avais pas refait ma vie, je lui ai dit que c'est parce que je ne supportais plus les hommes. Promis la prochaine fois je répondrais que c'est parce que je n'ai pas trouvé l'amour que je cherche ;-)

 

C'est vrai quoI, si je préfère balancer des sorts de bannissement ou envoyer de bonnes ondes, à la place?

 

 

Avec sororité,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société

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Publié le 12 Mars 2017

On m'a fait remarquer que je ne regardais plus les hommes. En fait, si, je les vois, mais plus comme d'éventuels amants, futurs partenaires de joutes amoureuses, mais plutôt comme de potentiels ennemis, non à abattre mais dont il faut se méfier. Oui, selon mon expérience, je trouve les hommes lâches, fourbes et potentiellement dangereux, essentiellement car ils sont très égocentrés, habitués qu'il sont à être infantilisés et servis. Il n'empêche que je puisse être touchée par ce qu'il dégagent, ou la nature de leurs réflexions et leur engagement humanistes mais là encore, je ne les considérerais pas comme de potentiels amants, simplement comme des êtres dignes d’intérêt, éveillant ma curiosité. Je ressentirais un élan de tendresse, de l'empathie, de la sympathie, parfois même des affects plus profonds, mais je ne les considérerais toujours pas comme des amants potentiels : je les vois, mais pas dans mon lit. Par contre, il me suffira de la magie d'un instant, aussi infime soit-il, un frémissement dans la voix, un regard éperdu, vibrer d'un frôlement ou d'une attention timide mais sincère pour basculer totalement. Ce qui est redoutable, c'est que ces moments là puissent être reniés, voir, pire, feints ! Oui, je redoute, à ce jeu là, ces putains de tordus d'hommes menteurs, et séducteurs, acquérant leurs techniques de manipulation en bande organisée, visant à piller la psyché féminine, car une amante qui se livre tout à fait, garante des rites de souveraineté, plus savoureuse, plus tendre, plus généreuse : une véritable porte vers le ciel, initiant à des plaisirs éthérés exquis.

 

Un homme vraiment amoureux de moi -et non de lui-, non, je crois que je ne sais pas ce que c'est. Je laisse trop de liberté, et n'en ai jamais assez, ce qui se retourne toujours contre moi. Mettre un cadre, poser des limites, ses conditions : on négocie une relation comme on le fait avec un contrat, imposant des règles censées nous protéger de la trahison, de la tromperie, de l'abus. Et on me demande encore pourquoi je n'ai jamais voulu me marier ou pourquoi je ne veux pas revivre avec quelqu'un? Cela ne ressemblerait-il pas à une stratégie guerrière plus qu'à de l'amour? Ishtar?

 

Alors le prochain, je mettrai mes règles : on travaille à se faire moins de mal (le plus de bien?) possible, on se ment le moins possible. On communique -avec le corps, les yeux, la langue, les lèvres, les corps à corps, l'esprit, la conscience, les inconsciences, les symboles, la parole-, autant que peut se faire. On prend le temps, et please, Goddess, rien de tiède ou de gris, je veux être tourmentée par la passion, le désir et le manque. Un fol amour ou rien ^^

 

C'est vrai, je ne mate pas les mecs comme des bouts de viande ;-)

 

#AdopteUnChatNoir

 

 

Avec sororité,

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Sexualité

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Publié le 11 Mars 2017

Sulfur.

 

Tu sens le soufre.

 

On me l'a dit quelques fois. Cela m'a toujours blessée, car je ne comprenais pas pourquoi.

 

Si je me questionne sur l'appartenance catholique, même inconsciente, de certains occitanistes -car je ne peux simplement pas comprendre qu'après toutes ces persécutions, tous ces massacres (des cathares aux franc-maçons, en passant par les templiers et les sorcières),  certains se revendiquent encore de cette religion en terme de spiritualité, à moins que seul le gout du pouvoir ne les anime-, c'est que les choses sont claires : les manifestations de ces dernières années contre les droits des homosexuels, la régression des droits ainsi que des libertés des femmes, visant à repositionner la famille dite traditionnelle comme exemple moteur et fondamental de la Société sont, aussi, des persécutions. Mais si je me questionne pareillement sur les sympathisants cathares fleurtant avec les droites extrêmes, je ne peux non plus me réduire à penser que le déclin de notre belle civilisation soit le fait de Na Loba, la sulfureuse louve dont personne ne sait lire le mercure, archétype de femme plutôt que celui de mère, à l'instar de Marie-Madeleine face à la Vierge ou Lilith plutôt qu'Eve, femmes libres assimilées à des démones prostituées par les pères de l'église comme le fut Acca Larentia, lupa, à l'origine de Rome, et certainement issue d'un culte anciennement Étrusque. Tellement facile, encore une fois, d'exciser symboliquement la force et la fougue féminines, de museler le(s) désir(s) des femmes, et de les voiler afin de les soumettre, en niant leur être plutôt que d'éduquer ces mâles au consentement et au respect. La louve, symbole fort chez les Celtes, les Romains et les Nordiques (entre autres), symbolisant les instincts, la force et la puissance, le retour à la nature sauvage, la meute ... La louve, mère adoptive de Mowgli, aussi.

Dans l'absolu, distinguant l'être humain de ses pensées et de ses actes, l'un étant ontologiquement bon (concept d'égalité concernant ce qui nous anime) et le reste dépendant de l'expérience, donc du vécu, du conditionnement familial et sociétal, des tramas et autres fractures psychiques, du rapport à la violence et à la souffrance, au bonheur, de la résilience au malheur, de la capacité à aimer et être aimé, de la chimie du cerveau etc etc. Bref, de son rapport individuel au monde.- Néanmoins, au delà des conceptions philosophiques sur la nature des esprits ou le sexe des anges, ne pouvant relever que de l’agnosticisme me semble-t'il, il faut admettre que si seul l'Amour peut être céleste et divin, on ne peut nier que la réflexion initiale censée mener à un cheminement spirituel ne peut aller de paire avec la violence exprimée par certaines croyances menant à un endoctrinement servant la malignité, le pouvoir... Je ne pense pas que nous puissions comparer les droites extrêmes intimant les pauvres à rester asservis, esclaves du Système dont les salaires ne permettent qu'à payer leurs factures, ou encore alimentant et protégeant l'hégémonie phallocrate visant à faire des femmes des esclaves sexuelles et domestiques ou encore excluant et persécutant des êtres humain.e.s plus bronzé.e.s, selon leurs convictions spirituelles ou leurs choix amoureux et les luttes pour la justice, l'égalité et la vérité de ces mêmes persécuté.e.s, humilié.e.s, violenté.e.s, esclaves modernes, victimes du patriarcat.

D'ailleurs, tout comme le fait ci-dessous la philosophe Simone Weil, j'ai personnellement attribué la cause de cette défaite Occitane au Comte de Toulouse ici.

"Ce coup les fit plier ; il avait été infligé à cet effet. Il ne leur fut pas permis de s'en relever ; les atrocités se succédèrent. Il se produisit des effets de panique très favorables aux agresseurs. La terreur est une arme a un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent a conserver leur liberté et leur bonheur que ceux qui songent à détruire et à écraser ; l'imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c'est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d'imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent les hommes libres contre des agresseurs. Les gens d'oc subirent défaite après défaite : tout le pays fut soumis. S'il faut croire le poète, Toulouse, ayant prété serment à Simon de Montfort, sur le conseil du comte de Toulouse lui-même, après la défaite de Muret, ne songea pas à violer sa parole ; et sans doute les vainqueurs auraient pu s'appuyer sur l'esprit de fidélité qui dans ce pays accompagnait toujours l'obéissance. Mais ils traitèrent les populations conquises en ennemies, et ces hommes, accoutumés à obéir par devoir et noblement, furent contraints d'obéir par crainte et dans l'humiliation. "  Simone Weil, "L'inspiration Occitane".

"Mais que personne ne pense que je m'abaisse pour les riches, s'ils deviennent pires qu'ils ne sont ; car une joie pure naît en moi et me guide ; cela me tient doucement joyeux et me délasse dans la parfaite amitié de celle qui me plaît le plus ; et si vous voulez savoir son nom, demandez-le dans la contrée de Carcassonne." Peire Vidal

Alors, encore un mythe misogynisé?

 

Avec sororité.

Illustration : "Na Loba" toile en cours, noir et bronze, acrylique

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Publié le 19 Février 2017

Si je me prête à ce jeu aujourd'hui, c'est qu'il est souvent question d'obscurantisme quand il s'agit de religion, et que le catharisme n'y coupe pas : qui se sera intéressé au sujet de près aura pu constater qu'il attire bon nombre d'illuminé-e-s plus ou moins sectaires, plus ou moins dangereux, et que dans tous les cas il est un ciment très prisé pour les conflits d'ego, ce qui est diamétralement opposé à l'esprit, s'il en est, cathare. Ce qui suit n'est que ma définition personnelle, que je ne cherche bien entendu pas imposer à qui que ce soit, mais qui peut, peut être, éclairer d'autres chercheuses-eurs en marche vers ce pacifisme décomplexé. Ce billet permettra en outre aux militant-e-s féministes qui me connaissent plus ou moins de lever certains doutes quant à un éventuel prosélytisme et aux abonné-e-s de mon blog de savoir avec plus de précision de quelle façon je me situe personnellement face aux différents courants que représentent le catharisme actuellement.

 

Tout d'abord, même si je milite pour l'accès à l'ordination des femmes quelles que soient les religions, -ce qui était déjà le cas en catharisme au Moyen Age-, je n'envisage pas le catharisme comme une religion à proprement parler, faite de dogmes et de rites mais plutôt comme une spiritualité de la transcendance de l'être aspirant à une paix profonde et à une connaissance de lui-même et du monde tout aussi approfondie. Je rejoins rarement Freud mais pour le coup je dois avouer qu'il me semble avoir raison quand il exprime que le besoin du religieux, du père, est immaturité flagrante : récemment, j'expliquais que les religions, dans leur ensemble, infantilisent. Agnostique plutôt qu'athée, c'est à dire me questionnant plutôt qu'affirmant mon intime conviction, j'appréhende d'un très bon oeil que les dits cathares aient abordé le problème de la divinité en parlant de bon ou mauvais principes, et aient considéré l'ordination en elle même comme le fait de s'ouvrir à l'entendement du bien. Pour le reste, j'ai fait mienne l'approche d'Abraham Maslow, père de la psychologie humaniste, estimant que chaque être humain est susceptible de connaître des états paroxystiques ou autres extases, le fameux sentiment océanique du Nobel de Littérature pacifiste et humaniste Romain Rolland, proche de la féministe Malwida Von Meysenbug et fervent opposant à la première guerre mondiale : on a trop tendance, aujourd'hui, à refuser aux individus d'être animés par des valeurs spirituelles ou humanistes (d'autant plus s'il s'agit de féminisme) fortes, de partir à la découverte de leur psyché ou de défendre avec convictions leurs idées et droits, d'expérimenter des états de conscience modifiés sous prétexte que la psychiatrie les assimilerait à des délires. C'est l'éternel problème : qu'est-ce qui est réellement démentiel, qu'est-ce qui ne l'est pas? Qu'est-il interdit d'aborder sous prétexte que nous n'en savons pas assez scientifiquement sur le sujet? Finalement, est-ce que je ne connais pas existe ou n'existe pas? Est-ce que ce que je ne connais pas est forcément condamnable, nuisible? Juste parce que moi je ne sais pas ou que cela ne me ressemble pas? Pour illustrer ces propos, je prends toujours l'exemple des extra-terrestres. Si demain Pierrette, Paula ou Jacqueline viennent me voir pour me dire qu'elles ont vu des extra-terrestres, je vais les croire. Je n'ai pas dit que je croirais aux extra-terrestres, mais je croirais qu'elles, en tous cas, elles croient en avoir vu. Pourquoi remettrais-je en question ce qu'elles me disent sous prétexte que moi, je n'en ai jamais vu? Et d'ailleurs, est-ce que parce que je ne les ai jamais vus, ils n'existent pas?

 

Le catharisme, ce n'est pas des gars qui croient qu'au paradis il y a 72 vierges qui les attendent, ou d'autres qui estiment qu'une femme respectable se doit de s'identifier à une sainte ayant enfanté sans se «souiller». D'ailleurs, ce sont bien ces croyances en particulier qui génèrent un viol toutes les 7 minutes, en France, sans compter les viols pédocriminels ni les viols conjugaux : n'est-il pas souvent reproché aux femmes d'avoir trop bu, d'être habillées trop court plutôt que de reprocher aux hommes de ne pas savoir maîtriser leurs pulsions, et ainsi d'être des criminels? Pourtant, le profil de l'archidiacre Frollo est assez commun, et c'est bien aux femmes, impures et tentatrices, que l'on demande de se voiler : est-ce à dire que [tous] les hommes sont incapables de se maîtriser? Quelle insulte! Le catharisme estimait que les esprits qui habitent les corps sont les mêmes chez les femmes et les hommes, et considérait donc chacun-e comme égal-e. Le catharisme, estimait que la violence et la souffrance sont fils et petit fils du diable, donc du mauvais principe -pour cette raison, ils rejettaient la croix et la crucifixion au sens large-, et que ce sont pourtant elles qui mènent ce monde où «dieu» n'a aucune part, hors mis dans le coeur des hommes. Oui, chez les cathares, le message de Jésus etait pris au pied de la lettre : dieu est Amour. D'où l'idéal de bienveillance absolue que nous leur connaissons. Les cathares estimaient néanmoins, que chacun-e pouvait avoir accès aux Ecritures dites saintes et les enseignaient à toutes et tous afin que chacun-e soit libre de se défaire de l'endoctrinement de l'époque, c'est à dire celui de l'église catholique laquelle estimait, elle, que seules les élites pouvaient être instruites ; mais tout cela n'avait-il pas vocation à maintenir les esprits dans l'asservissement et l'ignorance afin de mieux les manipuler? Le terreau était propice au vivre ensemble, spirituellement et humainement, au Paratge, à la mystique des amant-e-s qu'était (entre autres) le Trobar, qui fut une réelle valeur ajoutée de cette civilisation Occitane, celle où l'amour de dieu, quel qu'il soit, des femmes, des hommes et de l'humanité était réellement un but individuel et collectif : Convivéncia, Larguesa, Sens, Valor, Onor, une très belle trame d'écheveau qui fut endommagée -jamais détruite- par ce génocide culturel,  car elles rendaient peut-être trop conscient-e-s, trop libres .... En tous les cas, j'ai toujours défendu, en la matière, la valeur de Marie-Madeleine, l'apôtresse, l'initiée, l'amante, et la sagesse de son Evangile apocryphe. Cela ne changera pas. Et je propose, depuis des années, ici officiellement et très sérieusement, de lui associer la cardabelle tout comme le sont d'autres chardons pour les douleurs du Christ ou de la Vierge, en symbolisme. Pourquoi les siennes, en tant que femme et non mère, seraient-elles invisibilisées? Son Evangile (du Grec ancien εὐαγγέλιον «bonne nouvelle»), exprime pourtant très bien le rejet de Pierre qui l'humilie publiquement, Pierre ayant renié Jésus sur la croix, trois fois, et pourtant père du catholicisme... 

 

Question : que savons nous de la chimie du cerveau lors d'une assomption, d'une ascension et autres extases ... orgasmiques ? N'avez-vous donc jamais été ravis, vous aussi, par les anges? Les neurosciences proposeraient-elles, à l'avenir, des explications à certains états hors du commun sans passer par la pathologisation de la moindre hypersensibilité, intuition, soif accrue de liberté ou idéalisme?

 

 

Alors, il est vrai que je suis Carcassonnaise, et que chez nous, cette histoire est toujours vivante, vibrante, secrète, excitante ; certains n'y verront certes qu'une utopie mais n'a-t'on pas besoin de souffler dans les voiles de nos idéaux pour faire avancer nos embarcations? Devons-nous nous laisser abattre et accepter la violence si prégnante ici bas où nous sommes en pleine guerre idéologique et au bord de la guerre mondiale, assommé-e-s par toutes formes de radicalisations et autres terrorismes? Devons nous faire semblant de ne pas voir ce qui ne va pas? Ne peut-on pas envisager une nette amélioration, l'espérer, oeuvrer pour? Bâtissons, bâtissons.

 

 

Adelphiquement

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Féminisme, #Société, #Catharisme, #Religion, #Spiritualité, #Occitanie, #Laïcité

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Publié le 14 Février 2017

Certains vous diront, chacun-e son rôle, et c'est précisément l'objectif des droites extrêmes et intégristes religieux mains dans la main : des fils immatures qui recherchent une deuxième maman pour les couver (repas, linge, ménage, éducation des enfants, bref toutes les affaires domestiques) par pur égoïsme car alors qu'elles s'affairent, corvéables à merci, eux se prélassent, s'amusent, s'instruisent, font carrière etc etc. La régression du partage des tâches ménagères est d'ailleurs un indice fort du sexisme qui anime l'inconscient collectif, pourtant, un homme qui se colle -lui aussi- aux tâches les plus ingrates au sein du foyer, c'est quand même ultra sexy et cela laisse plus de temps et d'énergie aux amants pour défaire les lits : faire ou défaire, à deux, c'est quand même mieux! C'est ici que l'on peut identifier me semble-t'il la naissance du complexe madone et catin, celui qui induit que certaines femmes seraient présentables publiquement, de bonnes moeurs, se pliant fort volontiers aux apparences que l'on sait tous parfois trompeuses, donc bonnes à marier car soumises et assignées à ce rôle d'esclaves sexuelles et domestiques, excisées symboliquement, et d'autres au contraire stimulantes et excitantes car plus insaisissables, indépendantes, libres et instruites, un peu à l'image que nous avons des courtisanes et autres femmes libres souvent assimilées à des prostituées dans l'antiquité parce qu'elles ne dépendaient d'aucun homme, du moins en particulier. Je parle là, bien entendu, de représentations symboliques, voir archétypales, dans la psyché masculine, il n'est donc pas question de cataloguer les femmes en fonction de ces deux critères, bien au contraire, c'est d'ailleurs l'objet de ce billet. Mais sexuellement, ce complexe oedipien divise : pourquoi donc y aurait-il la mère, respectable d'un côté et la pute, cristallisant toutes les pulsions, même les plus mortifères, de l'autre -vous conviendrez aisément que l'une et l'autre servent soit l'affect soit l'éros masculins-, WTF? Que ce soit dit, je sors les griffes pour protéger la sphinge en moi, que j'assume parfaitement ; et le p'tit Oedipe, ben il n'est roi, ni au pieu ni à table, faut pas pousser mémé dans les orties, et quand bien même, si je venais à dévorer un pénis, le mec repartirait quand même avec à la fin des débats ; vous me prenez pour qui? A moins qu'il ne me force à ce que je ne consens pas, et là c'est tant pis pour lui, quitte à passer pour virago!

 

Chroniques de Nuremberg

 

Madone et catin ... tiens mais ... ce ne seraient pas les «pères de l'église» qui auraient créé cette dichotomie dans les consciences afin de perpétrer l'infantilisation des êtres humains, instituant ainsi de la façon la plus vicieuse leur asservissement? Madone : Marie, la vierge mère de JC et la catin : Marie, apôtresse des apôtres et amante de JC ... l'une honorée et l'autre diabolisée tout comme le sont Lilith, la fée Morgane, les Amazones, ou la sphinge? La femme offrirait-elle à l'homme le pouvoir de se libérer au point qu'il n'ait plus besoin de croire en toutes ces bondieuseries? Serait-il en son pouvoir de proposer un éther au dessus du 7ème ciel, ou un paradis vivant, sur terre? Car oui, c'est en infantilisant qu'ils assoient leur pouvoir ; pourquoi s'appelleraient-ils pères sinon, d'ailleurs? Et pourquoi les êtres humains adultes que nous sommes auraient-ils besoin de parents de substitution et non de relations où l'on considère l'autre d'égal-e à égal-e, l'envisageant avec au moins autant de valeur que nous en avons nous mêmes? Pourquoi serions nous ces mineur-e-s qui avons besoin que l'on pense ou agisse à leur place, comme si nous étions dans l'incapacité de le faire? Oui, vraiment, je me questionne? Pourquoi donc les pères des églises, les pères des religions auraient à ce point peur des femmes, au point de les haïr dès lors qu'elles estiment et expriment ne pas avoir besoin d'eux, ni des hommes? Car oui, nous parlons d'égalité ici, pas de complémentarité. Je n'ai pas besoin de toi parce que tu me complètes dans l'absolu. Le besoin rend dépendant, pas amoureux. Je ne suis pas la moitié de moi-même, la moitié d'un tout qui te serait destiné et qui formerait une unité avec toi. Je te désire toi, en particulier. Nos qualités et compétences en revanche se complètent, oui! Mais tu es mon égal. Non, je ne suis pas cette enfant naïve qui attend le prince charmant parce qu'on lui met en tête depuis l'enfance justement, avec des contes, qu'elle sera sauvée par un homme. C'est du conditionnement, sociétal et éducationnel à la soumission et à la passivité : à qui profite le crime? Au patriarcat ... à ce monde édifié pour des hommes, par d'autres hommes, pour des fils, par des pères. Une société dans la quelle les hommes se cooptent et se couvrent entre eux, planquant impunément leurs cadavres de femmes, et ravageant la psyché féminine de toute cette violence et cette perversion dont ils savent faire oeuvre.

 

 

Alors et vous, plutôt madone ou catin? Ou bien les deux? Avec le/la même partenaire ou conjoint-e et amant-e(s) différent-e-s? Osez-vous ou n'osez vous pas tout exprimer avec celle/celui que vous aimez? Osez-vous être vous même, avec votre clair-obscur?

 

Avec sororité,

Evidemment, des femmes hypersexualisées, potiches. De belles plantes quoi. Sinon, pourquoi ne pas faire rentrer les Kurdes dans l'UE?

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Sexualité

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Publié le 11 Février 2017

Je viens de lire un excellent billet de Céline Héquet, ici sur les prétendus préjugés et discriminations que certains hommes subiraient notamment à cause des féministes dans notre société. Il est évident qu'ils souffrent, aussi, du conditionnement lié à l'éducation genrée et du poids des stéréotypes. C'est indéniable. Mais a-t'on déjà vu une classe dominante se plaindre de ce que lui fait subir la classe qu'elle opprime? #NotAllMen. Nan nan, je ne pratique pas la méthode d'amplification de l'équipe féminine de Mystère Obama à la Maison Blanche!

 

Quand inlassablement, finalement, tu décides de faire confiance, quand même. Parce qu'au delà des clivages et des stéréotypes de genre, tu sais pertinemment ce qui les conditionne et la puissance de l'égrégore (pensée/inconscient collectif d'un groupe) de la meute masculiniste ... Les femmes combattent pour leurs droits, leur dignité alors que ces mâles guerroient, eux, pour leurs privilèges et garder le pouvoir. Nous ne cherchons pas des alliés pour les dominer, les séduire, les perdre en leur faisant du chantage ou en les harcelant, nous ne visons pas leurs places, ne voulons pas leur mal ... je sais ces peurs très profondément ancrées dans la psyché masculine, je sais aussi trop bien la violence qu'elles éveillent, j'ai regardé de nombreuses fois, impuissante, des hommes que j'aimais -amis, amants- basculer dans ce côté obscur et se repaître de ma souffrance parce qu'ils finissaient par m'évaluer comme dangereuse, bien satisfaits de m'avoir mise hors d'état de nuire .. mais dangereuse pourquoi? Pour leur virilité? Leur statut de dominant? Nous cherchons des alliés pour combattre la misogynie, et les inégalités que nous subissons tous les jours, pour dénoncer les injustices devant les quelles plus personne ne se lève tant elles sont banalisées. Oui, toi, homme, je persiste à te faire confiance et à avoir envie de t'aimer, malgré mon coup de mou après l'élection de Trump et tous les remous que je sais qu'elle provoquera, lui qui hait tant les femmes ... Alors oui, il faut savoir faire confiance, pas tout le temps, pas sans condition, mais je l'assume, questions d'éducation.

 

 

Les pères de la psy, de la politique, de la communication, de la justice, des finances, de l'industrie, de la médecine, de la philosophie, des sciences etc etc sont, bien entendu, des hommes. Tout a été pensé et créé, par eux et pour eux, c'est le principe même du patriarcat que les féministes s'évertuent de détricoter, théorisant selon l'expérience et le savoir féminins, non en tant que tels ontologiquement mais se transmettant transgénérationnellement selon les normes sociétales et éducationnelles. Or, sous prétexte que ces théories ne se reflèteraient pas parfaitement dans les leurs ou pointeraient autre chose comme par exemple le fait que ce soit la structure de la psyché des femmes pauvres et maltraitées et non la violence et la justice patriarcales qui soient à remettre en question concernant la personnalité sensitive soit disant pathologique, elles auraient moins de valeur? Comment alors ne pas pathologiser la violence ou la perversion qui édifient quand même la structure du patriarcat? Pourquoi toujours envisager Camille Claudel comme une malade mentale, une femme fragile, et non comme une artiste talentueuse, certainement hypersensible et traumatisée par ce que lui a fait subir le "grand" Rodin, narcissique et égoïste, s'appropriant leurs oeuvres à deux mains, et humiliant ses sentiments en la manipulant au point de la mettre sous emprise? Qu'en dirait un-e victimologue comme Muriel Salmona aujourd'hui? Des exemples psy car ils me semblent tellement plus faciles à saisir afin d'illustrer mon propos. Et que j'ambitionne de décrocher un Doctorat, en psycho. Oui. Je vais révolutionner la psycho. J'en ai assez de ces théories et concepts, de ces préjugés parfaitement misogynes .....

 

Avec sororité, 

 

Illustration : L'amour vainqueur de Bouguereau (toujours autour du mythe d'Eros et Psyché, Psyché que l'on reconnait, cachée, à ses ailes de papillon)

 

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme

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Publié le 29 Janvier 2017

Ma fille a fait un bisous à A en cachette de E. Elle m'a expliqué qu'en fait il était amoureux des deux, mais qu'il la préférait à E, il le lui avait dit. Je lui ai demandé comment elle se sentirait si A et E se faisaient des bisous en cachette? Et ce qu'elle ressentait en pensait qu'il était aussi amoureux d'E? Si cela lui faisait de la peine? Si elle était sûre qu'il ne disait pas la même chose à E? Finalement elle préfère K ou V qui ne sont amoureux que d'elle, car en plus ils sont gentils, font des blagues et sont intéressants. Mais elle ne sait pas quoi leur dire, elle me dit être timide.

Curieusement j'ai toujours trouvé très très sadique de faire endurer à plusieurs personnes (femmes ou hommes) de se concurrencer et de faire des "efforts" afin de séduire quelqu'un-e. Non seulement celles (ou ceux) mis en compétition se soumettent a une règle dégradante, humiliante et inique en acceptant de souffrir (ces masochistes), mais en plus que se cache-t'il de forcément déviant dans le coeur (ou l'esprit) de l'affreux/se narcissique qui jouit d'autant de pouvoir sur autrui en les abaissant à des rôles d'objets à sa disposition? Bon, il aura fallu que j'ai près de quarante ans pour savoir ce que c'est d'avoir deux personnes en tête (oui, chez moi l'un-e chasse systématiquement l'autre et encore c'est si j'ai vraiment été malmenée, à bout de patience et de ce que j'avais a donner) et d'avoir envie des deux, de me sentir proche des deux au point que je serais bien embêtée si je devais choisir tant les deux m'attirent. Disons que le militant à temps plein fait écho à mes propres axes de vie et que je suis particulièrement allergique aux piqûres du scorpion, que je connais tout de même un peu mieux que le premier et que je trouve irrésistible. Dans tous les cas ils m'émeuvent tous les deux, je les désire tous les deux, juste assez pour alimenter quelque rêverie. Mais, si je venais à constater qu'ils étaient tous les deux attirés par moi, il ne me viendrait pas à l'esprit de les mettre en concurrence afin de les départager, voir de leur imposer des épreuves et que le meilleur gagne. Non non non. 

Vous devez vous demander où je veux en venir. En fait, la compétition, c'est l'un des piliers de notre société, nous ne sommes pas éduqué-e-s dans le but de nous améliorer ou de coopérer mais plutôt d'arriver en tête en battant l'autre. Oui, battre. Gagner, être le premier, dépasser les autres et non se dépasser à soi-même. Evidemment, vous l'aurez remarqué, certains ne reculent devant rien, n'existant même qu'en écrasant autrui, se sentant vivre quand ils jouissent de la souffrance qu'ils infligent. Cela vous parle? C'est commun, et pourtant, c'est pervers. Alors c'est vrai qu'il arrive à tout le monde d'être blessant-e plus ou moins inconsciemment, l'être humain peut être génial mais il est aussi fait d'orgueil, de narcissisme, de pulsions. Mais tout le monde ne prend pas plaisir à faire mal, certain-e-s font même tout ce qui est en leur pouvoir pour être le plus bienveillant possible. Ce monde est violent, régi par la violence, et rien, à part peut-être la prise de conscience des femmes, ne m'inspire plus réellement confiance, trève d'optimisme :  mon coeur se serre en pensant que les élections amerloques vont se traduire dans la pensée collective et universelle par l'exclusion et la violence, l'intégrisme, la misogynie, l'homophobie, l'antisémitisme, le racisme. Il faut programmer d'avoir à faire face à la malignité dans les années à venir, on sait bien que les states donnent souvent le la, alliés à un autre fou qu'est Poutine contre une non moins prétendue islamisation de l'Occident. Si au moindre combat de coq, nous sommes foutus, même sans -et ce sera tellement plus pernicieux, insidieux- il faut se dire que cette vague scélérate, à moins que l'on ne se distingue lors de ces élections, va nous ensevelir et nous regarderons impuissant-e-s s'effondrer ce qu'il nous reste de bases saines, justes et égalitaires. C'est un peu, en effet, une guerre idéologique : quand on entend que la Russie revient sur sa loi contre les violences intra-familiales par "tradition" ou que les Républicains font censurer une mesure contre la violence éducative ordinaire en excluant  «tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles» de la règle civile devant être lue aux couples au moment du mariage, ou en lisant les commentaires haineux des droites extrêmes contre la Women's March ou les tensions certaines à l'Assemblée pour l'adoption de l'extension au numérique pour le délit d'entrave à l'IVG, ou les circonstances de la mort de Pateh Sabally, cela, je le répète, ne m'inspire rien qui vaille.

 

 

Il n'est jamais trop tard pour se reconvertir, professionnellement ou pas d'ailleurs, se former, reprendre les études en fonction des besoins sociétaux actuels. J'ai 25 ans encore à tirer, autant mettre coeur et esprit à l'ouvrage. Courage et sororité!

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société

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Publié le 21 Janvier 2017

L'impact du porno sur la sexualité des hommes a pour conséquence directe la souffrance psychique que cela génère chez les femmes qui brident forcément leur désir ne se sentant elles-mêmes pas désirées pour ce qu'elles sont mais plutôt objétisées, comparées, remplaçables, jetables, non désirables, infériorisées. Je sens poindre encore l'ultime attaque de névrose que je prends de plein fouet à chaque fois que j'aborde le lien très serré entre le désir qu'éprouvent certaines femmes et la capacité qu'ont leurs amants à les érotiser (au sens noble : l'érotisme n'est pas un vice, ni perversion, ni pornographie) c'est à dire à connaître d'autres éthers en fantasmant une joute érotique avec elles. Non, je ne parle pas que de cul, de pénétration, de cuni ou de fellation, mais de tout cet avant plein de promesses, à la fois tendres ou coquines, sensuelles ou torrides, cet avant où l'on ne s'effleure qu'avec les yeux -miroirs des âmes- où nos inconscients se mêlent pour des joutes exquises ... cet avant où l'on s'accorde quel que soit le degré d'intimité désiré (purement sexuel, affectif, intellectuel, spirituel) cet avant où l'on se met au diapason, où l'on se mord, où l'on se pique, où l'on s'entraîne dans les profondeurs abyssales. Alors certes, il y a un avant, le tout premier, et ceux qui suivent : cet avant, c'est le royaume du désir. Une connivence entre deux amant-e-s qui s'interpellent au plus profond sans forcément s'être touché-e-s, c'est une vibration qu'il me plait d'imaginer telle un bouclier protecteur, celui derrière le quel les amant-e-s se trouvent et se retrouvent, communient plus qu'ils ne communiquent, se mêlent et se nouent. Oui, je sais, ça plombe un peu l'ambiance, c'est hormonal paraît-il, le cerveau qui nous jouerait des tours, sans détour. Les troubadours ne le savaient pas quand ils créèrent l'amor de lonh, celui où l'on ne se touche que par la pensée ... au moins pendant un temps. Oui je sais, c'est rome antique, je l'assume parfaitement, au moins autant que j'assume aimer brûler d'un désir plus violent, avide, possessif et les joies du rough sex. Enfin dans mes fantasmes, car je suis à jeun depuis plus de 6 ans (j'ai mal à mon gras et les pro-féministes ne courent pas les rues mais j'ai faim de tout, miam ... j'ai un séducteur nombriliste ou deux qui m'ont mise en appétit ces sadiques ... je les pendrais bien par le nez à un hameçon géant pour les jeter aux requins 凸(`⌒´メ)凸) et je suis encore dubitative quand je repense à mon ex pourtant violent en dehors du sexe, qui ne faisait que l'amour et qu'en douceur, se sentant "sale" dans certains de mes commandos armés et trouvant ma lingerie sexy comme porte ja' en dentelle et autres corsets trop sulfureux à son gout. Maudit complexe madone et catin institué par les pères de l'église, j'aurai ta peau.

 

La problématique du porno, c'est qu'aujourd'hui avec internet tout le monde y a accès en un rien de temps sans la moindre surveillance et que donc [c'est le plus terrible] des gosses à peine sortis de l'enfance y trouvent matière à parfaire voir carrément à instruire leur éducation sexuelle. Le sentiments, la romance, le respect, le consentement, les préliminaires, le désir même sont vandalisés, les femmes rabaissées, humiliées, violentées et les pratiques de plus en plus hard sont devenues le commun au grand dam des actrices de films X qui acceptent, selon Ovidie, des condition de travail absolument insoutenables. Le problème, c'est qu'à un moment donné, cette perversion instillée au goûte à goûte s'est étendue insidieusement au point que nous sommes dans une permissivité laxiste et relativiste tolérant ce que jamais nous ne devrions, au moins afin de préserver l'innocence. Je pense à un Polanski par exemple, poursuivi par les EU pour des faits "graves mais anciens" selon A. Azoulay Ministre de la Culture, ayant drogué et violé une mineure de 13 ans, qui aujourd'hui est nommé président des Césars : n'y avait-il personne de plus ... exemplaire? Un choix éthique et juste n'est-ce pas ce qu'attend le public, finalement? Autre exemple, cette affaire de réseau pédophile sur Youtube, vous me demanderez le rapport, mais c'est des causes aux effets ... Les trois P, Prostitution, Pornographie et Pédophilie, les trois piliers du patriarcat. Ici l'un de ces piliers, que le féminisme vise bien entendu sciemment : la pédocriminalité. Oui car on évitera de dire [pédo] philie : philia φιλία est le mot grec qui exprime le sentiment qu'est l'amitié, et de fait la réciprocité dans ce lien. On considère qu'un élève par classe est victime d'inceste ... Quand les gosses font leur éducation sexuelle sur uporn, que le sentiment est devenu le boulet des "faibles", que le respect et le consentement ne sont plus transmis dans l'éducation, que la violence et la domination sont des codes sociétaux forts, cela donne un bien vilain horizon, surtout pour les filles et les femmes, à priori, mais pour les garçons et le hommes aussi, qui deviennent pervers en devenant addicts à cette violence, car cela en est, de la violence. Et quand on lit les témoignages de paye ton bahut/ta fac/ton couple/ta robe/ta blouse, c'est à pleurer. Pour prendre conscience de ce qu'est réellement la misogynie au quotidien, il n'y a pas mieux !

 

Bref, pas de quoi vouloir faire des gosses/construire ou sauver un couple avec ce genre de personnalité formatée par ce qui relève d'une éducation genrée, c'est un conditionnement sociétal, un barbarisme dont je me demande bien le but? Quand j'écoute certains conseils sexo assez communs comme "imaginez faire l'amour avec qqn d'autre pour mettre du piment"  ou "les femmes désirent leur homme quand il les trompe, car ce qui attise le désir, c'est le manque" je dois avouer que je me sens particulièrement mal à l'aise : l'autre n'est pas une poupée gonflable (et dire qu'il en est commercialisé qui ressemblent à des enfants, spécialement pour les pédocriminels) et l'exclusivité plutôt que le manque peut, aussi, attiser le désir, des femmes. Là encore, objection patriarcale de subir des relations toxiques où l'on se fait humilier et rabaisser sous prétexte que les hommes seraient "comme ça". En fait, les sexologues étant souvent des hommes, (il est mal vu qu'une femme s'intéresse, affiche ou vive librement sa sexualité), il n'est bien entendu jamais question d'abandonner certains privilèges! C'est donc demander aux femmes d'endosser un rôle maternel et sacrificiel en acceptant et endurant des souffrances intolérables sous prétexte qu'elles servent la toute puissance du sacro-saint phallus. En fait, c'est pervers. Et je doute que les hommes, amoureux, supporteraient à ce sujet 1/3 de ce que l'on subit à être mises en permanence en concurrence, pornifiées, humiliées. Bien entendu, il faut aller au delà du cas individuel, et voir les causes, ainsi que les effets. A qui profite réellement la stimulation de ce désir masculin vagabond si savamment orchestrée et cette pornification des femmes dont on s'évertue à éteindre le désir, diabolisé depuis la nuit des temps? Ah mais oui, à la préséance de la domination masculine!

 

Donc en cette journée extraordinaire de marche mondiale des femmes contre l'investiture du Trump je vous dis, avec sororité, qu'on ne se laissera pas abattre, la porte est et restera toujours ouverte, chez moi.

 

Edit du 22/01 à 21h17

 

Ouh là là, fallait s'y attendre, si certains estiment ce billet carrément initiatique d'autres réclament le porno comme un droit (comme ce fut le cas avec la prostitution) nous disant  "insurgez-vous plutôt sur la maltraitance Animale que sur des vidéos de cul qui rendent service" ou d'autres encore estimant que *pudibonderie* les représentations sont tabous car le sexe serait un aspect rejeté de la vie. Ils ne savent plus quoi inventer pour pouvoir continuer à se masturber sans culpabiliser, ces amateurs de voyeurisme. Alors bien entendu, on va commencer avec l'hypocrisie nauséabonde, genre, nous demander de nous insurger contre la maltraitance animale plutôt que contre les maltraitances faites aux femmes sous prétexte que certains ont besoin du porno pour avoir une érection ... pauv' gars! Ensuite, il n'est pas question de rejeter les représentation de l'éros, mais de faire en sorte qu'il reste intimement lié à la psyché afin que s'épanouisse la volupté ... mais pour les deux amants, pas que pour un seul! Les femmes ne sont pas au service des hommes, et dans le porno, elles sont trop souvent violentées, humiliées, rabaissées. Les hommes n'ont pas plus de libido que les femmes, et s'ils travaillaient plutôt à faire croître le désir et la tension érotique de leur amante, ils connaîtraient des merveilles qu'aucun porno ne pourrait remplacer : pourquoi les femmes rendraient-elles services, comme esclaves sexuelles, aux hommes? Là on parle de porno, pas d'érotisme et il n'est que très très très rarement question de l'érotisation du corps des hommes à destination des fantasmes des femmes. Du reste, je n'ai pas d'érection (clitoridienne) en me rinçant l'oeil sur un homme dont je ne sais rien de son "intérieur" (sa psyché)... un abruti, un mec creux, fasciste, intégriste, islamiste, nazi ne me donne pas envie, qu'en sait-on sur papier glacé? Excusez-moi de ne pas donner dans la superficialité : les hommes seraient-ils tous aussi peu profonds? Mais il est vrai que je suis sapiosexuelle, je vous en demande un peu trop. Les femmes ne sont pas des objets prédestinés à vous faire dresser la verge messieurs, ni juste là pour votre bon plaisir. Ce qui est réellement tabou, c'est la violence et l'humiliation que subissent les femmes sous prétexte que "ça rend service" à des frustrés sans le moindre égard pour l'objet de leur désir, tant qu' ils jouissent. C'est pervers. Et puis, franchement, il y a des Clubs où l'on peu s'exhiber, regarder, échanger, caresser, lécher, pénétrer, se faire pénétrer, attacher, soumettre (...) l'entrée est payante, réservée aux adultes consentant-e-s et où l'on peut s'adonner à tous types de fantasmes (je ne parle pas de cruauté ni de perversion) en étant, dans le feu de l'action, conscients de la condition et du consentement des participant-e-s et de la façon dont les femmes (et les hommes) sont réellement traité-e-s. What else?

 

Edit du 30 Janvier à 21h

Ce matin, alors que j'avais publié ce billet dans le groupe "Pour une éthique contemporaine", sur facebook, l'un des administrateurs, au près du quel je défendais que la pornographie n'aidait pas à la jouissance féminine car trop violente, m'affirmait au contraire que le porno aidait à l'épanouissement de la sexualité des femmes, et soulignait mon puritanisme (lol). Il s'agit de Gérard Vignaud, psychologue et psychanalyste, président de l'Institut d'éthique contemporaine, dont les deux dernières conférences avait pour thème la femme libre. Depuis, j'ai été éjectée du groupe sans préavis, et mon billet aurait été supprimé, lui aussi, selon un membre de l'Institut avec le quel j'ai discuté en messagerie privée. Si quelqu'un connait ce Monsieur, saluez le de ma part et proposez-lui plutôt de revenir aux basiques et de se former en éthique humaniste, car la misogynie et l'irrespect flagrant dont il a fait preuve, sans compter le déni de la violence en question, -ce qui est le propre des pervers- sont hélas le pâle reflet de ce que les femmes ont a subir quand il s'agit de leur sexualité. J'adore quand un vieux bitard veut m'expliquer ce qui doit ou non m'exciter. 

"On entre en éthique quand, à l’affirmation par soi de sa liberté, on ajoute ... la liberté de l’autre ..." Paul Ricoeur (piqué sur leur site, à mourir de rire)

Good night

 

Illustration Emily Balivet, Les trois Parques, ou Moires

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Rédigé par Cicne&Ròsa

Publié dans #Société, #Féminisme, #Sexualité

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